Le semis est une phase capitale pour la culture du colza. Le choix de la variété est la première étape pour réussir son colza. Ce choix repose sur l’adéquation entre les caractéristiques de la variété et son environnement. Le choix variétal est le premier levier disponible pour sécuriser la récolte, limiter les charges de production et atténuer l’impact environnemental de la culture. Il représente également un facteur important dans l’implantation de la culture, l’élaboration du rendement, la capacité de résistance de la plante aux maladies ou encore aux ravageurs.

Les fondamentaux de l'implantation et du développement
Le colza a besoin d’un sol fissuré pour favoriser un bon développement du pivot et ainsi assurer une bonne alimentation de la plante. Dans tous les cas, les différents systèmes de culture (semis direct, strip-till, labour…) doivent permettre de conserver une bonne humidité du sol avant le semis. Il est important de réaliser un lit de semence fin pour un bon contact sol-graine et ainsi permettre une germination et un développement rapide. La profondeur optimale est de 2 cm.
La densité optimale est de 30 à 40 plantes/m² en lignées, et de 20 à 30 plantes/m² avec les hybrides. Soit 1 à 2 kg de semences/ha selon le PMG. Les limaces sont très nuisibles durant la phase de levée des cultures. La présence de motte de paille ainsi que l’humidité du sol vont favoriser leur activité. Il faut raisonner sa stratégie de lutte en combinant outils agronomiques et chimiques. Face aux insectes, altises et charançons, des plantes robustes aident à compléter la protection phytosanitaire. Pour réduire la concurrence, mieux vaut éliminer les adventives au plus tôt, avec un programme adapté à la flore de la parcelle.
L'évolution génétique : Lignées versus Hybrides
Depuis plus de 50 ans, Lidea investit dans la recherche pour valoriser au mieux le potentiel génétique du colza d’hiver. Le nouveau flux génétique colza de Lidea, dont les hybrides sont sur le marché depuis 2023, fournit aux agriculteurs une réponse performante. Les variétés hybrides sécurisent l’implantation dans les situations difficiles (faible densité, insectes, hydromorphie…). D’une manière générale, les hybrides ont une meilleure vigueur au démarrage et un meilleur potentiel de rendement.
À l'inverse, les variétés lignées actuellement homologuées sont inférieures aux variétés hybrides modernes en termes de niveau de rendement et de robustesse. En l'absence de renouvellement variétal des lignées en colza depuis plusieurs années, les rendements de ces variétés peuvent paraître insuffisants. Toutefois, le choix entre ces types de semences dépend de la stratégie économique de l'exploitation.

Stratégies économiques : Le mélange variétal
« Avec un coût de semences de 15 à 20 €/ha en colza, les agriculteurs font des économies substantielles sur ce poste en mélangeant un tiers de semences certifiées en variétés hybrides et deux tiers de lignées en semences de ferme », expose Sébastien Louyot, de la chambre d’agriculture de Moselle. Les différences en faveur des mélanges se voient surtout lors des années difficiles et sur les terres à potentiel limité.
La stratégie du mélange variétal prend tout son sens sur les parcelles touchées par la hernie du chou. Terres Inovia conseille d’associer une des dix variétés tolérantes à la hernie à 20-30 % d’un hybride classique sensible. La stratégie du mélange permet de limiter le risque de contournement de gènes de résistance par le parasite causant la hernie. Si la maladie ne s’exprime pas ou peu, la variété sensible à haut potentiel compensera le manque de rendement du colza tolérant.
Adaptation aux défis climatiques et agronomiques
L'agriculture doit relever des défis majeurs liés au changement climatique, à une réglementation complexe et à des marchés très fluctuants. La résistance du colza aux sécheresses de début et fin de cycle, l’adaptation aux attaques des insectes automnaux et l’amélioration de l’efficience azotée sont aujourd'hui nécessaires. Il y a 10 ans, ces contraintes n’étaient pas aussi fortes.
Un colza élongué avant l’hiver est plus exposé au risque de gel et aux attaques de phoma. Pour correspondre au mieux à la situation, à la parcelle et aux objectifs fixés, plusieurs critères sont à considérer :
- Le type de semence : lignée ou hybride.
- La tolérance aux maladies (phoma, cylindrosporiose, hernie du chou).
- La taille des grains : privilégier les variétés à faible PMG et grand nombre de grains/m² dans les zones à risque d’épisodes secs.
Protection et stimulation des semences
Lidea propose des variétés de colza avec le traitement Integral® Pro. Integral® Pro est un traitement de semences destiné à protéger le colza contre le phoma et à stimuler les défenses naturelles. Grâce à ce produit, des bactéries se développent dans la zone racinaire du plantule de colza, ce qui protège durablement la plante.
Atouts du produit :
- Protège les semences contre la fonte des semis causée par des champignons autres que les Pythiacées.
- Améliore l’implantation de la culture.
- Vigueur renforcée lors de la reprise de végétation après l’hiver.
Le ROLE des BACTERIES dans la NUTRITION (collège)
Spécificités régionales et conduite de culture
Les besoins en colza sont élevés en azote, potasse, phosphore et en soufre. Dans la région Nord, les variétés ½ tardives, voire tardives à maturité arrivent régulièrement en tête. Dans le Centre Val de Loire, sur les sols plus légers, il faut privilégier les variétés à maturité ½ précoce à précoce. En cas de présence d’orobanche rameuse (souvent dans le Poitou-Charentes), il existe des variétés à bon comportement.
Pour réussir son colza, il est important d’anticiper le choix avant le début de la campagne. Un semis précoce (par rapport à la pratique régionale) est une bonne stratégie d’esquive face aux ravageurs, notamment les altises. En agriculture biologique, les principaux critères sont le rendement, la vigueur de départ et la sensibilité aux maladies. Privilégiez le semis de précision : semoir monograine pour avoir la possibilité de biner. Semer tôt, aux alentours du 15 août, pour permettre un développement végétatif suffisant à l’arrivée des ravageurs.
Vers une recherche génétique innovante
Le colza est une espèce génétiquement jeune, issue d'un croisement spontané entre B. oleracea et B. rapa il y a moins de mille ans. En renouvelant ce croisement (resynthèses) puis en l'introduisant par croisement dans des variétés élites modernes, la variabilité génétique du colza a pu être considérablement augmentée. Les projets RapsOrg et Cousin se fondent sur ces constats pour élargir le pool génétique.
L'attention se porte sur un nombre élevé de racines secondaires poussant à la verticale avec un angle fermé, afin d’augmenter la capacité d’absorption de l’eau et des éléments nutritifs et composer ainsi avec le stress hydrique et un manque d’éléments nutritifs. Le développement de nouvelles variétés robustes et productives peut apporter une aide précieuse aux agriculteurs pour concilier productivité, qualité de récolte et rentabilité économique dans un contexte de pression biotique et abiotique croissante.