Missions et activités d'un jardinier en EURL : guide complet de l'entrepreneur paysagiste

L'univers du paysagisme et du jardinage représente un secteur dynamique et diversifié, englobant une multitude de compétences allant de la production de végétaux à la conception architecturale, en passant par l'entretien courant des espaces verts. Lorsqu'un professionnel décide de structurer son activité sous la forme d'une EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée), il intègre une dimension juridique et fiscale qui nécessite une compréhension fine des enjeux du métier.

Schéma illustrant les différentes facettes du paysagisme : conception, entretien, et création

La nature complexe de l'activité paysagère

Le secteur du paysagisme regroupe de nombreuses activités : création de parcs et de jardins, production de végétaux, conception, entretien des espaces verts, construction d’ouvrages paysagers. La détermination de la nature de l’activité n’est pas évidente pour cette activité. Nous vous conseillons d’échanger à ce propos avec votre expert-comptable lors de la création de votre entreprise.

Le paysagisme englobe plusieurs activités : les paysagistes producteurs de végétaux, les paysagistes concequeurs, les paysagistes qui réalisent des petits travaux de construction dans le cadre d’ouvrages paysagers, les paysagistes qui entretiennent les espaces verts et les jardins. La nature de l’activité dépend du métier réellement exercé par l’entreprise :

  • Agricole, lorsque la production de végétaux est prépondérante dans l’activité.
  • Commerciale, lorsque l’activité consiste majoritairement à effectuer de l’entretien et vendre.
  • Artisanale, lorsque les travaux de terrassement et de maçonnerie sont prépondérants.
  • Libérale réglementée, lorsque l’entrepreneur utilise le titre de paysagiste concepteur.

Cette distinction est capitale pour le choix des codes APE, tels que le 81.30Z (Services d’aménagement paysager), le 71.11Z (Activités d’architecture) ou les codes des divisions 41, 42 et 43 pour les paysagistes dont l’activité principale est de réaliser des travaux de construction.

Missions quotidiennes du jardinier professionnel

Le jardinier professionnel intervient principalement pour l'entretien des espaces verts : tonte, taille, désherbage, plantations, débroussaillage. Le jardinier est un professionnel du paysage dont la mission est de préserver la nature, les espaces verts, les parcs ainsi que les jardins. Ses connaissances expertes en matière de culture et de plantation lui permettent de travailler, d’entretenir et de réaliser des travaux de jardinage.

Le spécialiste du jardin adapte son emploi du temps et son activité en fonction des saisons. En effet, malgré que ce soit un métier zen, il doit prendre en compte le climat et sa localisation géographique afin d’adapter ses outils et ses gestes. Dans son quotidien, le jardinier prépare le sol avant de planter les végétaux. Il effectue ensuite les semis et optimise les prémices de plantation. Le spécialiste du jardin procède également à la prévention et à l’entretien des végétaux contre les différends nuisibles environnementaux et animaux. Enfin, le spécialiste du jardin et des paysages a également la responsabilité de maintenir l’évacuation et le recyclage des déchets verts, le débroussaillage des espaces ainsi que l’entretien des machines qu’il utilise.

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Réglementations et certifications indispensables

À l’exception des paysagistes concepteurs, aucun diplôme n’est requis pour s’installer. Par contre, des certificats sont nécessaires au niveau des produits phytopharmaceutiques ou biocides.

Le certificat "Certiphyto" est nécessaire pour l’utilisation ou la délivrance de conseils d’utilisation de produits phytopharmaceutiques. Ce certificat s’obtient par formation, par réussite à un test ou en cas d’obtention d’un diplôme valable au cours des 5 années précédentes. De même, ce certificat est nécessaire pour utiliser, vendre et acheter certains produits biocides. Pour cela, il est nécessaire de suivre une formation auprès d’un organisme habilité.

En matière de sécurité, l'entrepreneur doit respecter la réglementation applicable aux produits phytopharmaceutiques et les obligations légales en matière de sécurité, comme le transport du personnel, la mise en conformité des matériels et des lieux de stockage, ainsi que la démarche qualité sur la traçabilité des traitements. Concernant les jeunes travailleurs, il est interdit de confier certains travaux à des travailleurs de moins de 18 ans, notamment les travaux en hauteur portant sur les arbres et autres essences ligneuses et semi-ligneuses.

Le choix de l'EURL et le cadre social

L’EURL permet de se lancer seul en tant que jardinier indépendant. La responsabilité est limitée dans le cas de l’EURL. Les obligations juridiques et comptables sont plus exigeantes que pour l’entreprise individuelle.

Le régime de sécurité sociale dépend notamment du statut juridique de son entreprise. L’activité de paysagiste relève normalement de la seule compétence de la MSA lorsque l’activité consiste relève du domaine agricole. Il n’est donc pas possible de s’affilier à la sécurité sociale des indépendants ou au régime général de la sécurité sociale dans ce cas précis. Lorsque l’activité de paysagiste a une nature commerciale ou artisanale, l’entrepreneur peut s’affilier à la sécurité sociale des indépendants ou au régime général de la sécurité sociale. La sécurité sociale des indépendants s'applique lorsque l’activité est exercée en nom propre, en EURL ou en SARL avec une gérance majoritaire.

Fiscalité et gestion des bénéfices

Comme pour le régime de sécurité sociale, les modalités d’imposition des bénéfices du paysagiste indépendant sont tout d’abord liées à la nature de l’activité (agricole ou autre). Il n’est pas possible d’opter pour le régime fiscal de la micro-entreprise lorsque l’on crée une entreprise de paysagiste affiliée à la MSA. Par contre, il peut bénéficier d’un régime spécifique aux professions agricoles : le régime micro-BA. Sous ce régime, le bénéfice et la base de calcul des cotisations sociales sont déterminés forfaitairement par l’application d’un abattement de 87%.

Le régime réel simplifié BA et le régime réel normal BA sont deux régimes d’imposition dans lesquels le bénéfice imposable se détermine par différence entre les produits et les charges HT comptabilisés selon les règles de la comptabilité agricole. L’entrepreneur est imposé personnellement sur son bénéfice imposable. Enfin, une option pour le régime de l’impôt sur les sociétés est envisageable.

Pour les paysagistes dont l’activité est artisanale ou commerciale, ils peuvent opter pour le régime fiscal de la micro-entreprise sous réserve de respecter les seuils de recettes. Alternativement, le régime réel d’imposition à l’IR ou le régime de l’impôt sur les sociétés permettent de déterminer le bénéfice imposable par différence entre les produits et les charges de l’exercice. Dans le cadre de l'impôt sur les sociétés, c’est l’entreprise qui supporte l’imposition des bénéfices.

Diagramme comparatif des régimes fiscaux pour une entreprise paysagère

Stratégie de développement : les Services à la Personne (SAP)

Vous êtes jardinier paysagiste et souhaitez réaliser des prestations de services à la personne (SAP) ? Cette activité peut vous permettre de développer votre clientèle en lui faisant bénéficier d’avantages fiscaux non négligeables, à hauteur de 50 % de crédit d’impôt. Pour se faire, l’entrepreneur paysagiste doit créer une deuxième structure juridique.

Les services à la personne regroupent des activités exercées à domicile pour répondre aux besoins de particuliers, notamment l'entretien des espaces extérieurs. Parmi les activités retenues par le code du travail figurent les petits travaux de jardinage. Ils rassemblent les prestations d’entretien courant des jardins et potagers de particuliers comme le débroussaillage, la taille des haies et des arbres, la réalisation du gazon et le désherbage, mais aussi la cueillette des fruits et légumes à des fins de consommation personnelle.

Pour faire bénéficier vos clients du crédit d’impôt SAP, votre entreprise doit disposer d’une déclaration SAP délivrée par les services de l’Etat. Les prestations de services à la personne peuvent constituer un bon complément de revenu pour un jardinier paysagiste. Il s’agit dès le départ de distinguer les prestations éligibles aux crédits d’impôts et aux particuliers, des autres, qui constituent votre cœur de métier, à destination des entreprises, des associations, des SCI ou des copropriétés. Des jardiniers paysagistes choisissent de passer par une coopérative de services à la personne pour faciliter ces démarches.

Compétences et exigences du métier de jardinier

La principale qualité pour devenir jardinier est d’aimer la nature et l’environnement. Sur le plan technique, le spécialiste du jardinage doit avoir une solide connaissance en matière de plantation et d’entretien des végétaux, quelles que soient leurs espèces. Ainsi, le spécialiste du jardinage est capable de travailler aussi bien dans un jardin, dans un potager, sur une terrasse, ou dans un complexe sportif pour l’entretien des pelouses.

Dans la mesure où le spécialiste du jardinage participe à l’aménagement des espaces verts, il doit également avoir l’esprit créatif. Enfin, ce professionnel des plantes doit posséder une excellente sensibilité à la notion de développement durable, ce qui lui permet de rester en harmonie avec sa passion pour la nature et l’environnement. Le métier demande une bonne condition physique pour résister aux aléas climatiques, aux postures parfois délicates et au fait de soulever de lourdes charges, ainsi qu'un bon relationnel pour interagir avec des particuliers, des entreprises ou des collectivités.

Formation et parcours professionnel

L'accès aux métiers du jardin se fait souvent par voie d’apprentissage. Pour devenir spécialiste du jardin, il existe de nombreuses formations accessibles en formation initiale et en formation continue comme le CAP travaux paysagers, le Bac professionnel aménagement et travaux paysagers, ou encore le BTS d’aménagement paysager.

Intégrer une formation permet de solidifier vos connaissances théoriques de l’environnement du jardin, mais également vos connaissances pratiques quant à l’utilisation des outils adéquats. Au bout de 10 à 15 ans d’expérience, la rémunération d'un jardinier varie entre 2500 € et 3000 € brut par mois. Cette variation salariale fluctue en fonction du type d’entreprise dans laquelle vous décidez de construire votre carrière professionnelle. En effet, dans certains secteurs d’activité tels que l’hôtellerie de luxe, votre métier vous permet de bénéficier d’avantages qui représentent une part de salaire variable.

La différence essentielle entre un jardinier et un paysagiste repose sur la nature des missions confiées. Véritable architecte de la nature, l’activité du paysagiste consiste à mettre en valeur les espaces verts. Son métier est alors orienté vers la créativité. Tandis que le spécialiste du jardin est un expert des plantes et des végétaux, ayant la responsabilité d’entretenir les espaces verts. L'ouvrier paysagiste débute comme exécutant et prend ensuite peu à peu du galon. Il peut se spécialiser, par exemple, en préparant un CQP en maçonnerie paysagère ou un certificat de spécialisation. Il peut devenir chef d’équipe, avec le niveau bac professionnel au minimum et de l’expérience.

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