Scarification chez les Adolescents : Comprendre, Traiter et Guérir

La scarification, une forme d'automutilation sans intention suicidaire, est un phénomène complexe et préoccupant qui touche un nombre croissant d'adolescents. Elle se manifeste par des incisions cutanées superficielles, souvent réalisées avec des objets tranchants, et est l'expression d'une profonde souffrance psychologique. Loin d'être un simple acte de rébellion, la scarification est un cri d'alarme, une tentative désespérée de gérer des émotions accablantes et de retrouver un semblant de contrôle.

Adolescent avec des cicatrices sur le bras

Qu'est-ce que la Scarification ?

La scarification se définit comme des incisions cutanées superficielles faites par l'individu lui-même, s'accompagnant d'un écoulement de sang ou de sérosité. Elles sont effectuées sur son propre corps, souvent sur les bras ou les jambes, mais peuvent se retrouver sur d'autres parties du corps comme les cuisses, les chevilles et les mains. Ces coupures résultent d'un acte d'automutilation réalisé sans intention suicidaire. En effet, les personnes qui se scarifient témoignent du fait que leur intention n'est pas de mourir mais d'apaiser un corps en souffrance. Pour elles, la destructivité de cette dernière s'effectue en versant du sang. Ce sont ces scarifications qui les empêchent de se tuer quand elles sentent qu'elles n'en peuvent plus.

Les Causes Profondes de la Scarification

L'adolescence est une période de grande sensibilité et de changements majeurs, qu'ils soient physiques ou émotionnels. Le corps évolue et l'influence des hormones peut chambouler un équilibre déjà fragile. Parfois, le simple fait de grandir, de passer de l'enfance à la vie d'adulte, peut causer une anxiété difficile à soutenir. Ce chemin de vie difficile, des pensées récurrentes, des difficultés relationnelles, un mal-être ou des traumatismes sont la source de conflits intérieurs et extérieurs, et peuvent renforcer cet état. Il est alors fréquent que l'adolescent se sente en perte de repères.

Un adolescent en souffrance peut voir en la scarification un moyen de « gérer » ses émotions. Le fait de se scarifier pourrait alors lui permettre de sortir physiquement la souffrance de son corps. En s'incisant la peau, il cherche à soulager temporairement une douleur émotionnelle insupportable, en la transformant en douleur physique, alors plus « facile », pour lui, à soigner. La scarification constitue un procédé autocalmant qui apaise passagèrement la tension interne.

Les scarifications sont la conséquence d'un vécu de perte, d'attaque de son narcissisme ou d'une atteinte de son corps. Les moqueries et les humiliations sont des violences qui attaquent notre estime de soi et notre confiance en soi. Cela a des répercussions sur notre espace psychique qui subit une grosse pression. Les scarifications seraient un moyen de faire baisser ladite pression pour éviter toute forme de débordement émotionnel. Un débordement qui fait craindre une explosion émotionnelle impossible à canaliser.

Dans certains cas, comme celui d'Ambre, 14 ans, les scarifications ont débuté après une période de grande tension et de mal-être. Elle a commencé à se faire des coupures quand elle était très énervée et a ressenti que cela la calmait. Après une dispute avec ses copines, elle se souvient être rentrée chez elle et avoir pris une paire de ciseaux pour commencer à se faire de petites incisions. Au début, elle avait peur, c'était douloureux, et puis elle a senti que ça lui faisait en fait du bien, comme si ça évacuait son stress. Plusieurs fois par semaine, elle recommençait, toujours sur les mêmes parties du corps, les avant-bras. Elle expliquait qu'en se coupant, elle trouvait la solution à son angoisse, à son mal-être, et que bizarrement, ça la rassurait. Elle se sentait forte et vivante, comme si, avec la douleur corporelle, elle reprenait le contrôle d'elle-même en maîtrisant sa douleur psychique, en éclipsant ses angoisses et ses tensions intérieures. Elle avait l'impression de se retrouver avec elle-même au moment où elle se scarifiait, car elle était tellement paumée la plupart du temps.

Les causes peuvent aussi être liées à des traumatismes ou des blessures morales. Pour Ambre, un dîner au restaurant avec son père et sa nouvelle amie, où son père s'est montré très disqualifiant et méprisant, a été un déclencheur. Il lui a dit qu'elle était moche et qu'elle le dégoûtait, lui rappelant des paroles similaires au moment du divorce. Ambre a alors coupé les ponts avec son père et a sombré dans un refus scolaire anxio-dépressif. Elle voulait qu'on voie que si elle se mutilait, c'est parce qu'on lui avait fait du mal. Ses automutilations sont devenues le reflet de son intériorité, son corps un support pour exprimer sa souffrance qui ne pouvait se dire autrement.

Certains adolescents éprouvent le besoin de scarifier leur corps car ils n'arrivent pas forcément à dire ce qu'ils ressentent. Pour exprimer leur douleur, ils attaquent leur corps, parce que, disent-ils, "cela leur fait du bien". La douleur physique est plus supportable que la douleur psychique qui elle est floue. La puberté entraîne une sécrétion d'hormones qui provoque la transformation du corps et les adolescents ont la sensation que leur corps leur échappe. La scarification est une façon d'interpeller l'entourage, et de les informer que l'on a besoin d'aide.

Le Dr Jimmy Mohamed parle d'automutilation - Allo Docteurs

Qui est touché par la Scarification ?

L'automutilation survient le plus souvent chez les adolescents et les jeunes adultes, mais les adultes peuvent également y recourir en cas de problèmes de santé psychique. Les filles s'automutilent-elles plus que les garçons, et elles ont aussi tendance à commencer à un âge plus précoce. Cependant, certains experts affirment que les types de comportements d'automutilation auxquels ont recours les garçons sont plus violents et plus dangereux. Plusieurs études l'affirment : les scarifications sont un phénomène en nette augmentation depuis une dizaine d'années. Elles traduisent le mal-être de certains adolescents, et touchent particulièrement les jeunes entre 12 et 20 ans. Les filles sont très nettement majoritaires.

La Prof. Delvenne explique que le développement cérébral est particulièrement important à cette période avec un déséquilibre entre le cerveau émotionnel, particulièrement actif et le cerveau rationnel encore peu mature. Les scarifications s'inscrivent en effet généralement dans une situation de grande tension anxieuse dont les lacérations ne sont qu'un symptôme. Elles représentent même plus précisément une porte de sortie.

Les Conséquences de la Scarification

Les lésions sur le corps peuvent avoir des conséquences graves sur la santé physique, car les lésions peuvent s'infecter et entraîner des complications cutanées. Mais les personnes qui en souffrent n'arrivent pas à se représenter de tels dangers. Ambre, par exemple, me montre aussi des incisions, plus rares, à son poignet. Puis, sans gêne apparente, me présente celles de son avant-bras droit, de ses bras, et me parle de celles sur ses cuisses. Elle m'explique comment elle s'y prend. Je me gratte beaucoup, les avant-bras, les cuisses et aussi les chevilles et les mains, parfois jusqu'au sang. Il m'arrive aussi de me griffer et de me mordre, de me pincer les avant-bras et la main, d'où les bleus. Mais jamais elle ne se frappe ou ne se tape contre les murs.

Les scarifications peuvent également avoir un impact négatif sur les relations avec autrui. Les personnes atteintes de ces troubles peuvent avoir des difficultés à se socialiser et à maintenir des relations amoureuses, amicales ou familiales. Elles peuvent être distantes, isolées et avoir du mal à communiquer leurs besoins et leurs sentiments aux autres. Certains peuvent utiliser les scarifications comme chantage affectif. D'autres encore, n'hésitent pas à montrer leur bras pour sidérer voire terrifier leur interlocuteur. C'est pourquoi il est important que le soin puisse concerner le sujet en souffrance et son entourage familial et/ou affectif.

Les personnes qui s'infligent des scarifications peuvent se sentir honteuses et coupables de leur comportement auto-agressif. Elles peuvent avoir l'impression d'être des personnes décevantes car elles ne se sentent plus dignes de l'amour de leur proche. En effet, les personnes qui se scarifient peuvent être affectées par la honte, la culpabilité, la dépression, l'anxiété, les troubles de l'image corporelle, les problèmes relationnels et les troubles du sommeil. Elles auront tendance à cacher les traces sur leur corps en portant des vêtements amples, des vêtements à manches longues ou de refuser de se déshabiller dans les vestiaires. Toutes ces stratégies demandent beaucoup d'énergie psychique et une vigilance accrue pour ne pas se faire prendre et être des personnes que l'on va traiter de folles. L'anxiété de ne pas pouvoir canaliser les tensions internes peut entraîner des troubles du sommeil. Les pensées intrusives et récurrentes qui arrivent généralement à la tombée de la nuit empêchent de dormir. La préoccupation à propos de ce mal qui peut déborder à tout moment crée une hypervigilance entraînant de la fatigue et de l'agressivité. Dans de nombreux cas, le manque de concentration et d'attention rendent difficile tout processus d'apprentissage scolaire ou professionnel. Lorsque la peur et l'hypervigilance sont présentes, la dépression n'est pas très loin. En effet, la dépression est présente chez les personnes qui se scarifient. Les symptômes de la dépression sont la tristesse, l'apathie, la perte d'intérêt pour les activités et la fatigue. Lorsque le désespoir s'installe, l'élan vital se meurt et les pensées mortifères apparaissent.

Scarification : Signes à Surveiller et Distinctions Importantes

Il peut être difficile de détecter quand quelqu'un se fait du mal, car la scarification est souvent pratiquée en cachette par honte et par peur. Les coupures et égratignures fraîches, les morsures et les brûlures peuvent toutes être des avertissements d'automutilation lorsqu'elles se produisent fréquemment. D'autres signes physiques peuvent inclure des cicatrices, des ecchymoses et des plaques, en particulier ceux qui indiquent une répétition. Une personne sujette aux accidents ou qui porte des manches longues ou des pantalons longs même quand il fait chaud peut être en train de dissimuler les scarifications.

La plupart des personnes qui se scarifient le font pour communiquer leur détresse, pour exprimer le mal-être et pour soulager la colère. La scarification permet de soulager une très grande tension intérieure liée à des souvenirs douloureux ou aux circonstances difficiles. Les personnes qui s'automutilent sont aussi en état d'anxiété ou de dépression ou de labilité émotionnelle, avec un sentiment de désespoir ou d'inutilité. Les jeunes s'entaillent le corps en l'utilisant comme support de l'expression de leur souffrance qui ne peut se dire autrement. L'incision, cette blessure auto-infligée qui laisse une trace irréversible est forcément destinée à être vue.

Nous pouvons paraphraser Donald Winnicott qui dans Jeu et réalité a écrit : « Si se cacher est un plaisir, ne pas être trouvé est une catastrophe » en disant que pour le jeune cacher ses scarifications est un test pour l'amour parental. S'ils s'intéressent à moi (donc m'aiment), ils vont le découvrir que je me scarifie et ils vont comprendre que je souffre. En conséquence, la scarification peut être difficile à détecter, la plupart des jeunes qui s'automutilent sont capables de cacher ce comportement à leurs amis et surtout à leur famille. La facilité de dissimulation des marques d'automutilation et des blessures, associée au manque de sensibilisation sociale généralisée à l'automutilation, rend difficile l'identification des signes avant-coureurs.

Signes d'automutilation

La pédopsychiatre Marie Rose Moro opère une distinction entre la scarification - qui peut faire figure de rite de passage et dans laquelle elle place aussi la volonté de se faire tatouer ou de porter un piercing - et l'automutilation. Selon elle, c'est à l'automutilation des jeunes qu'il faut prêter attention lorsqu'il s'agit d'une pratique qui les soulage, qui diminue leur angoisse, qui leur donne le sentiment de dépasser la douleur, de lutter contre quelque chose dont ils ne connaissent pas le nom.

Certaines cicatrices, comme les chéloïdes de Nina, peuvent être beaucoup plus profondes et impressionnantes, provoquant une excroissance de la peau assortie de douleurs et de démangeaisons. Pendant une période, Nina a même empêché délibérément ses plaies de cicatriser. Elle aimait le caractère moche, hideux, mais aussi très esthétique, voire beau, de ses bras. De fait, la laideur de ses cicatrices et l'impact social la conduiront plus tard à faire appel à la chirurgie plastique reconstructrice.

La Guérison par l'Écriture Thérapeutique

Heureusement, la scarification n'est pas inexorable et différentes approches peuvent être tentées pour dépasser ces pratiques aussi douloureuses pour le corps que pour l'esprit. L'écriture thérapeutique est une voie prometteuse. Catherine Rioult, psychologue clinicienne et psychanalyste, souligne que la scarification est une sorte d'écriture. Elle a donc mis en place des ateliers d'écriture complétés par un accompagnement thérapeutique. Les résultats sont majoritairement positifs car les adolescents déposent sur le papier leurs préoccupations. À travers leurs textes, ils se donnent la preuve de leur capacité créative, ce qui les rassure.

Pour Ambre, la capacité à verbaliser ses difficultés émotionnelles était une force. Le travail psychothérapeutique a consisté à lui donner un espace de parole pour l'aider à panser ses blessures liées à la séparation de ses parents et à sa relation conflictuelle avec son père. En utilisant le concept de Moi-Peau, développé en 1985 par le professeur de psychologie et psychanalyste français Didier Anzieu, Ambre a réussi à mieux définir la limite entre son monde interne et le monde social, et donc à mieux gérer ses affects. Elle a aussi travaillé sur la manière dont elle se montre aux autres et sur son estime de soi corporelle.

Le modèle dit de « vulnérabilité-stress » inauguré par la psychologue néerlandaise Nadja Slee (2008) a également été efficace. Il a permis à Ambre d'apprendre à identifier ces événements angoissants et les pensées toxiques automatiques qu'elle y associe - par exemple, « me scarifier est le seul moyen de me calmer » - de manière à développer des stratégies d'apaisement du stress et des cognitions plus « saines ». Par exemple, elle a découvert un jour que placer un glaçon sur ses poignets apaisait son envie de se scarifier.

Jeune fille écrivant dans un journal

Le Rôle Crucial de l'Entourage et des Professionnels

Parler de la scarification avec un proche est un premier pas vers la cicatrisation. Il n'est pas toujours facile de se confier à une personne proche. Il arrive que l'adolescent soit inquiet à l'idée de blesser ses parents ou encore, de leur faire de la peine. Il peut aussi avoir peur du regard de l'autre, du jugement sur cette pratique qu'il sait destructrice. Si une personne de votre entourage traverse ce type de souffrance, offrir un espace d'échange sans jugement semble un bon prélude à la guérison. L'adolescent peut alors commencer à mettre des mots sur ses sentiments, ses émotions et sur ses craintes, tout en se sachant écouté et entendu par des personnes présentes pour lui.

Lorsque des parents ont un enfant qui se scarifie, certains parents ne disent rien de peur d'être rendus responsables. Ces derniers se rendent coupables alors qu'eux-mêmes sont terrifiés à l'idée même que leur enfant se fasse du mal. Les parents se sentent seuls et isolés. Dans un premier temps, ils tentent de trouver des solutions en interne avec des réactions parfois contre-productives et vont aggraver le symptôme. Au sein de la famille, les scarifications créent effectivement des conflits. Les parents ont à cœur de voir leur enfant en bonne santé. Un parent qui aime son enfant ne veut pas le voir se faire du mal. Ainsi, lorsque les mots ne suffisent pas et que la communication avec son enfant devient impossible, certains parents vont employer les cris, voire la violence verbale et/ou physique. D'autres parents vont menacer de faire hospitaliser leur enfant en hôpital psychiatrique. Mais de telles pratiques ne servent à rien. Bien au contraire, elles ne font que renforcer les défenses de la forteresse dans laquelle son enfant s'est enfermé.

La constatation de scarifications doit toujours conduire à une évaluation soigneuse par le médecin traitant avant un éventuel recours à un psychologue clinicien, voire à un psychiatre dans certains cas. Il ne faut jamais banaliser un tel acte. L'accompagnement du jeune et de ses parents a pour objectif de soulager la souffrance sous-jacente et d'aider le jeune à trouver d'autres moyens de résolution de sa souffrance psychologique. La recherche d'un traumatisme de l'enfance ou plus récent, à l'origine des scarifications, est à rechercher systématiquement : violences subies, maltraitance, abus sexuel, harcèlement, etc. Le soin consiste d'entrer en connexion avec la personne, que l'on comprenne son fonctionnement et qu'on n'est pas là pour lui donner des leçons de morale qui seraient vécues comme une agression, mais de trouver ensemble des solutions pour lutter contre ces symptômes.

Le Dr Jimmy Mohamed parle d'automutilation - Allo Docteurs

Stratégies pour Libérer les Émotions et Prévenir les Crises

Découvrir un adolescent en train de se scarifier est un événement choquant. Toute la difficulté consiste donc à ne pas « réagir », mais à « agir » de manière bienveillante et pondérée à un moment où nous sommes généralement pris de panique. Il est fort probable que cela soit également traumatique pour celui qui est pris en train de se scarifier. Gronder apparaît alors inutile, au même titre qu'essayer de retirer l'objet avec lequel la personne tente de se blesser. Cela pourrait d'ailleurs s'avérer plus dangereux encore.

Ces quelques comportements semblent également à éviter : céder à la panique, minimiser les émotions ressenties par l'adolescent, refuser d'écouter les justifications de l'adolescent, nier les problèmes et le mettre de côté, punir l'adolescent, priver l'adolescent de vie sociale ou de téléphone, supprimer les outils à risque de la maison, comparer la situation de l'adolescent avec celle d'un autre. Le plus important pour l'adolescent est de comprendre qu'il est entendu, qu'il n'a pas à avoir honte ou à culpabiliser d'une situation dont il est lui-même victime, et dont il pourra sortir en étant bien accompagné. C'est aussi l'occasion de lui montrer qu'il n'est pas seul à vivre ces épisodes, que d'autres en souffrent, que l'on peut sortir de cette spirale et que vous êtes là pour l'y accompagner.

Certaines pratiques permettent de libérer la psyché et de détourner ses pulsions. Des activités physiques, comme la course à pied ou le vélo, semblent excellentes, tout comme les approches créatives, utilisées notamment en art-thérapie. Elles permettent d'extérioriser les émotions et le mal-être pour faire de la place pour quelque chose de mieux. Des groupes de parole peuvent aussi être l'occasion de partager son expérience et de se sentir moins seul. Cela permet aussi de trouver des ressources et parfois, des appuis, pour éviter de progresser dans la spirale de la scarification.

Il est important de chercher de l'aide si votre enfant, l'un de vos proches ou vous-même souffrez de scarifications. Des services comme Fil Santé Jeunes, destiné aux 12-25 ans, offrent une écoute professionnelle. La mutuelle Partenamut a également mis en place "Déclic Psy" pour faciliter l'accès à des consultations vidéo individuelles avec des psychologues.

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