Dans le petit jargon sympathique du cyclisme, il est une expression qui revient comme une rengaine : les fameux "coups de bordure". Mais kezako ? "Un coup de bordure", "faire un éventail" : toutes ces expressions signifient la même chose. "C'est une position d'un peloton dont les coureurs s'abritent du vent derrière celui qui le précède", raconte Jean Damien Lesay, dans son Dictionnaire savoureux des expressions du cyclisme.

Une histoire d'éventail et de mécanique des fluides
Avec un vent de côté ou de trois quarts, le peloton s'étire en laissant un coureur devant, le suivant se plaçant aux trois-quarts derrière lui pour s'abriter du vent, et ainsi de suite jusqu'à couvrir toute la largeur de la route. Les coureurs qui ne peuvent prendre place dans l'éventail roulent dans la bordure, le bas-côté de la route.
En cyclisme, une bordure est un phénomène aérodynamique qui se produit au sein d’un peloton cycliste lorsque le vent latéral souffle fort. Lorsque le vent est de face ou ne souffle pas, il est simple de rester dans la roue du coureur qui nous précède (l’abri réduit le coût énergétique de près de 30%). En revanche, quand le vent est de côté, l’abri est décalé, en diagonale et ne concerne que peu de coureurs.
"Une bordure, c’est très simple, c’est quand il y a du vent de côté et qu’on doit se mettre de côté, en travers de la route, pour s’abriter et économiser de l’énergie", résumait le coureur Rudy Molard en 2022. "Quand il n’y a pas de vent, on est abrités derrière le coureur qui nous précède. Mais forcément, en se décalant, il n’y a pas la place pour tout le monde et au bout d’un moment, ça casse".
Les conditions impératives pour une bordure
D'abord, il faut qu'il y ait du vent. Une bordure peut survenir à n’importe quel moment à partir du moment où le vent souffle de côté ou de trois-quarts face et que la voie n’est pas abritée par un bâtiment ou des arbres.
Les conditions idéales sont généralement les suivantes :
- Un vent latéral suffisamment fort (supérieur à 20 km/h et d’une orientation côté ou 3/4 dos). Si le vent est fort mais de face, il rendra la course plus facile.
- Une route exposée. Un terrain plat ou vallonné, avec peu de changement de direction et sans végétation qui pourraient couper le vent. L’idéal est une route plate au milieu des champs.
Ensuite, il faut pouvoir compter sur une équipe de rouleurs, assez costauds pour prendre la tête du peloton et accélérer le rythme. Généralement, les portions propices aux bordures sont étudiées en amont par le staff des équipes. Les coureurs savent donc précisément où se placer et quand s’organiser pour accélérer et former un éventail.
La guerre tactique au sein du peloton
Le coup de bordure est un mouvement tactique qui consiste à jouer avec le vent pour casser le peloton. Dans un terrain exposé, si le vent souffle fort, les coureurs forment des éventails. Mouvement collectif très télégénique, la bordure consiste en une accélération, généralement concertée, qui finit par coincer ceux qui sont au bout de l’éventail, du côté de la route opposé au vent.
ANALYSE #9 : LES COUPS DE BORDURE !
Ils sont piégés dans la "bordure" : contraints d’évoluer en file indienne pour ne pas perdre le contact, ils ne sont plus totalement protégés du vent et s’épuisent. Ils finissent par laisser un écart fatal, abandonnés pleinement au vent hostile, qui les conduit souvent à former un deuxième éventail, qui tente de combler l’écart avec le premier. Une fois l’écart creusé, si le vent continue de souffler et que le groupe de tête continue de rouler à un fort rythme en restant bien organisé, il est très difficile de combler le retard, pour les coureurs distancés.
"C’est un peu la guerre", assure Rudy Molard. "Ça se dit : à droite, à gauche. Ouais, c’est un peu la guerre entre les cris et les bruits de vitesse. Chacun veut sa petite place devant, le moindre trou que vous laissez, vous vous faites prendre la place. C’est un moment de grande vigilance et de beaucoup d’adrénaline. Tu peux vite perdre une vingtaine de places, on ne se rend pas compte quand le peloton est en boule mais on peut vite passer de la 10-15e à la 40e place".
L'histoire des bordures marquantes
À la clé, quelques secondes à gagner pour les uns, et beaucoup de forces à perdre pour les autres. Typiquement le genre de mésaventures qui peuvent faire perdre le Tour. En la matière, on se souvient du coup de maître de la Garmin en 2009. Sur une étape similaire, avec arrivée à la Grande-Motte, le Team de Sir Bradley Wiggins avait piégé la quasi-totalité des leaders, parmi lesquels Alberto Contador.
Parmi les coups de bordure célèbres dans l’histoire récente du Tour de France, on peut retenir la troisième étape du Tour 2009, où le revenant Lance Armstrong piégeait son équipier et rival Alberto Contador. L’une des plus fameuses reste aussi l’étape de Saint-Amand-Montrond en 2013, fatale à l’Espagnol Alejandro Valverde qui perdit près de dix minutes. En 2015, les vents de Zélande (Pays-Bas) ont fait des ravages dans le peloton : Alberto Contador et Christopher Froome, deux des favoris, lâchaient 1 minute 28 secondes sur leurs concurrents.
La dimension tactique du cyclisme, sport éminemment collectif, est parfois méconnue. La gestion du vent y prend une part majeure. Comme le dit l’adage du « druide » Cyrille Guimard, ancien coureur et dirigeant d’équipe : « Le vélo, c’est de la voile ».
Mise en perspective technique : du CSS à la réalité physique
Si l'on s'éloigne du bitume pour regarder la structure même de l'affichage numérique, le terme "bordure" prend une autre dimension. Il est possible d'ajouter une bordure à nos balises via le langage CSS. La couleur de base d'une bordure est un noir #000000. Il est possible de définir un angle arrondi ou radius à nos bordures. Ici aussi, il est possible de donner une valeur différente aux 4 bordures.
La première étape consiste à définir un border-style. Pour cela, nous allons utiliser la propriété border-image-source qui va spécifier le chemin vers notre image. Dans le développement web, tout comme dans le cyclisme, la gestion des espaces est capitale. Vous pouvez fixer l'espace entre les lignes et entre les colonnes d'un tableau en pixels. Le cellpadding fixe l'espace intérieur de la cellule, tandis que le cellspacing fixe l'espace des cellules entre elles.

Structure et dimensionnement des éléments
La condition préalable à toutes ces mentions est la présence de l'attribut border= dans le repère d'ouverture