L'histoire de Mon Petit Gazon (MPG) est celle d'une aventure qui a transcendé le cadre du simple divertissement numérique pour devenir un pilier de la stratégie de croissance de la Ligue de football professionnel (LFP). Publier un livre pour célébrer les 15 ans d'une aventure, ça reste commun. Mais venant d'un projet qui s'est construit dans le monde numérique, l'idée est inattendue. « Ça fait quand même quelque chose », sourit Martin Jaglin, cofondateur du jeu de fantasy football MPG en 2011 et aujourd'hui directeur de la croissance numérique à la LFP.
Avec ses compères, il publie Mercato, valise et trahison (éd. Hugo Sport), en librairie mercredi prochain. L’objet retrace ces 15 ans en racontant à la fois un jeu et un projet entrepreneurial, ses principaux personnages, ses évolutions et certaines anecdotes savoureuses. L'ouvrage est destiné aux aficionados de MPG. Aujourd'hui, ils sont désormais plus d'un million à composer leur équipe à chaque journée de Ligue 1, de Ligue 2 ou d'autres Championnats européens.

De l'antagonisme à l'intégration : La stratégie de la LFP
Leurs réponses à un questionnaire en ligne ont débouché sur cette histoire condensée d'un jeu désormais connu de l'immense majorité des fans de football en France. Et même intimement lié à la LFP depuis trois ans. Alors qu'elle a d'abord vu d'un mauvais oeil ce jeu qui profitait de ses droits, la ligue y a perçu un potentiel carburant à sa croissance médiatique. Au point de l'acheter fin 2022. Le but est de capter les joueurs alors que sa visibilité est à la peine depuis la crise du Covid et le crash de Mediapro en 2020.
Désormais propriétaire de sa propre plateforme de diffusion, Ligue 1+ (disponible sur L'Équipe), la LFP est engagée dans une quête vitale d'audience. Elle vise le 1,16 million d'abonnés d'ici la fin de saison mais a besoin d'atteindre 2,1 millions de fidèles en 2028-2029 pour assurer sa viabilité économique. L'été dernier, les accords avec les distributeurs se sont multipliés malgré l'échec de la reprise des discussions avec Canal+. Pour briser le plafond de verre, Ligue 1+ cherche à enrichir son contenu. La plateforme était tout proche de devenir le diffuseur payant de la Coupe du monde 2026 (11 juin-19 juillet) avant que beIN Sports n'empoche la mise. Elle devra se contenter de matches amicaux des clubs de Ligue 1 et probablement des rencontres de la nouvelle Ligue 3.
Le réservoir d'audience : MPG et MPP comme leviers de croissance
En parallèle, MPG et Mon Petit Prono (MPP), le petit frère grand public dédié aux pronostics de matches, offrent un autre réservoir de potentiels souscripteurs. Les deux jeux continuent d'exister avec l'appui de leur nouveau propriétaire et rassemblent environ 1,3 million de joueurs cette saison, un chiffre légèrement supérieur au nombre d'abonnés à Ligue 1+. Le modèle, financé à 70 % par la publicité et à 30 % par les achats des utilisateurs, est aussi une source de revenus complémentaires. « Ce sont des millions d'euros dégagés chaque année, assure Jaglin. C'est un business rentable. »
L'acquisition a également été le moyen de renforcer les moyens de la LFP sur le digital. Les anciennes équipes MPG (entre 15 et 20 personnes) travaillent désormais sur le développement digital de la Ligue. « On a comblé un trou, image Jaglin. La Ligue était forte sur les réseaux sociaux et l'est toujours (5,9 M de followers sur le compte Instagram de la L1). En revanche, il y avait un déficit sur le site, l'application et tout le digital. Il se trouve que c'est précisément ce qu'on faisait. Donc on est venu pour être une espèce d'agence interne et développer les nouveaux projets digitaux. »
« On a un double rôle : développer l'application Ligue 1+ et utiliser les audiences de nos plateformes pour faire plus d'abonnés », souligne Martin Jaglin. Le travail semble porter ses fruits. En deux ans, le trafic sur le site officiel de la Ligue 1 a été multiplié par dix. L'application propose plus de fonctionnalités (voter pour l'homme du match, noter une rencontre) et offre un contenu vidéo enrichi. « Et il y a les plateformes L1+, MPG et MPP. Tout ça forme un écosystème dans lequel on a plus de sept millions de fans en France dont on a les contacts. Cela n'existait pas avant. »
Reste à atteindre l'objectif central : faire de ces supports et notamment de ces jeux un hameçon pour augmenter le nombre d'abonnements. « C'est l'équation qu'on essaie de résoudre chaque matin. » Elle est loin d'être simple et MPG n'est qu'une petite partie de la solution. « On a un double rôle », explique le cofondateur qui estime que tout le potentiel des jeux n'est pas encore réalisé. « Il y a matière à dépasser la barre des deux millions d'actifs par saison. »
Expérience utilisateur et culture gaming
Pour MPG et MPP, le rachat a déjà permis d'offrir une meilleure expérience aux utilisateurs : cette saison, la vidéo d'un but est visionnable dans la foulée sur le téléphone des personnes ayant aligné le buteur sur MPG. La saison prochaine, les visages des joueurs de Ligue 1 et Ligue 2 seront visibles au moment de faire sa composition. Côté LFP, les deux jeux permettent des premières passerelles marketing vers sa plateforme. L'opération de diffusion des matches en clair le week-end dernier avait par exemple été largement relayée sur l'application MPG.
Sur le plan éditorial, le directeur de la croissance numérique « espère que cette culture gaming va imprégner de plus en plus l'antenne ». Le jeu est mis en avant sur certaines séquences de Ligue 1+. Par exemple lorsque la note MPG (issue d'un algorithme maison fondé sur les données du match) du joueur interviewé à la mi-temps d'un match est intégrée à l'écran. Une façon ludique de donner à voir sur la performance sportive. Les joueurs de L1 utilisateurs de MPG offrent de belles opportunités. « Ce sont souvent des francophones. Ils nous racontent des histoires cocasses où leurs potes leur demandent s'il faut les acheter dans le jeu ou s'ils vont tirer les penalties le week-end. On sait, par exemple, que Valentin Rongier est un gros joueur. Pierre Lees-Melou, pareil. »
Ignatius Ganago, interrogé au micro de Ligue 1+ à la mi-temps de Rennes-Nantes (2-1) dimanche, avait alors été crédité d'un 6 par l'algorithme de MPG. Après une année de lancement, la saison 2026-2027 doit permettre de monter en gamme. « Comment créer plus de ponts avec MPG et MPP pour dire : "tu joues à une plateforme de gaming de la Ligue, regarde, il se passe ça sur Ligue 1+." Faire en sorte que les gens entrent dans une espèce de grande pyramide, c'est le sens de l'histoire. Tu lis quelques articles, tu fais des pronostics, puis tu joues jusqu'à ce que tu puisses vraiment t'abonner à Ligue 1+ », énumère Jaglin.

Analyse technique : La formation 3-4-3 sur Mon Petit Gazon
À la rédaction, on adore le jeu de Fantasy Mon Petit Gazon. Nous vous proposons des analyses des différentes formations et tactiques possibles. Dans cet article, nous allons décrypter la formation en 3-4-3 avec ses points forts et ses faiblesses, et voir si elle vaut le coup. Si vous êtes un joueur régulier de Mon Petit Gazon, il est probable que le 3-4-3 soit votre formation préférée. Nous allons spoiler dès maintenant : il s’agit pour nous de la meilleure formation possible, notamment pour des joueurs novices.
Points forts et optimisation tactique
Le point fort de cette formation réside dans le fait de pouvoir aligner 7 joueurs offensifs en même temps (milieu et attaque). C’est tout simplement la seule formation qui permet d’en aligner autant et donc de maximiser ses chances de buts réels. De plus, avec autant de places sur les postes offensifs, elle permet de profiter au maximum des remplacements tactiques.
Cependant, la formation présente deux petits points faibles : avec seulement 3 défenseurs, le risque de se prendre des buts MPG est grand, surtout lors de méforme du gardien ou des bonus de notes de l'adversaire (type Suarez). De surcroît, la majorité des joueurs jouent avec ce type de système (ou le 4-3-3). La lutte est acharnée pendant le mercato et encore plus si la ligue est de 8 ou 10 joueurs.
Pour optimiser la formation en 3-4-3, il n’y a pas de secret : il faut aller chercher les meilleurs buteurs du championnat et il faut avoir des buteurs à tous les postes, même pour les 4 du milieu. Cependant, même avec une belle ligne offensive, il faut aussi à tout prix sécuriser la défense. En particulier, il faut avoir un gardien régulier dans ses performances et au moins 6 défenseurs titulaires pour s’assurer de ne pas avoir de match où l'on va concéder une série de buts MPG.
La note finale est de 9/10. La formation en 3-4-3 remporte donc la palme de la meilleure formation Mon Petit Gazon en étant celle ayant le meilleur potentiel offensif. En acceptant aussi un petit risque défensif, elle crée les matchs avec le plus de buts et de rebondissements pour un maximum de chambrage le lundi matin.