Les méthodes de culture traditionnelles ont souvent des effets néfastes sur l'environnement. En réponse à ces pratiques, des approches plus durables, comme la permaculture et l'agriculture biologique, ont gagné en popularité. Ces systèmes s’inscrivent dans une démarche de respect des écosystèmes naturels et visent à créer des jardins sains et autonomes, qui profitent aussi bien à l’environnement qu’à leurs cultivateurs. Tant la permaculture que l'agriculture biologique ont pour but de respecter la nature et de produire des aliments sains pour les consommateurs. Cependant, leurs philosophies et leurs applications peuvent différer significativement, offrant des chemins complémentaires vers une agriculture plus résiliente.
L'Agriculture Biologique : Respecter les Écosystèmes et Proscrire les Synthétiques
L'agriculture biologique recouvre potentiellement le nombre le plus large de pratiques. Cultiver en bio veut dire ne pas utiliser d'intrants, ni de produits phytosanitaires issus de la pétrochimie. En agriculture biologique, les agriculteurs utilisent des pratiques respectueuses de l'environnement, comme la gestion des sols et l'utilisation d'engrais naturels, afin de favoriser la santé des sols et des cultures. Ils peuvent également utiliser des méthodes de compostage pour recycler les déchets végétaux et utiliser des animaux pour fournir de l'engrais et contrôler les parasites. Ce mode de production exclut les produits phytosanitaires - engrais et pesticides - ainsi que les OGM. L'agriculture biologique, avec la biodynamie, sont les modèles les plus stricts : seuls les produits listés dans les standards sont autorisés, et les pesticides synthétiques sont formellement proscrits. Les pesticides de synthèse vont aussi à l'encontre des principes de protection de la santé des sols, de respect et utilisation de la biodiversité, et d'économie d'énergie au cœur de l'agroécologie et de la permaculture. Les standards de l'agriculture biologique et de la biodynamie interdisent les engrais de synthèse. Ils contrôlent également de manière très stricte la qualité des matières organiques appliquées, ainsi que leur origine. Les fertilisants organiques contenant des contaminants ou toxines ne sont pas autorisés par la biodynamie. L'agriculture biologique garantit que le mode de production est respectueux de l'environnement et du bien-être animal.
Bien que l'agriculture biologique soit réglementée par un cahier des charges et fasse l'objet de contrôles, elle est un peu plus souple que d'autres approches concernant certaines pratiques. Par exemple, les rotations et associations de cultures, ainsi que le maintien d'aires naturelles, sont recommandées, mais pas imposées. Pour autant, il existe un bon nombre d'agriculteurs bio, qui, à cette exception près, travaillent presque comme des agriculteurs conventionnels : cultures de plein champs, en rang, sur une terre dénudée, beaucoup de travail du sol, très peu de biodiversité, beaucoup de mécanisation. Il est important de noter que l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, la FAO, reconnaît "qu'en moyenne, le rendement des cultures biologiques est comparable à celui des cultures conventionnelles". En effet, sur 75 % des surfaces de la planète, celle-ci obtient de meilleurs rendements à l'hectare que l'agriculture conventionnelle.

La Permaculture : Une Approche de Conception Systémique et Holistique
La permaculture n'est pas à proprement parlé un système agricole. Son objet est plus vaste. Elle consiste à construire des installations humaines durables et résilientes. Le terme permaculture a été inventé en 1978 par les Australiens Bill Mollison et David Holmgren. Le terme est une contraction de “permanent agriculture”, soulignant l’idée de durabilité à long terme. Plus qu'un modèle agricole, la permaculture se présente comme une éthique, une philosophie et une science. Elle regroupe un ensemble de méthodes culturales qui permettent de maintenir la fertilité naturelle du sol, sans recours aux produits phytosanitaires.
Cependant, la permaculture va plus loin en cherchant à concevoir des systèmes agricoles qui fonctionnent en harmonie avec l'écosystème naturel, optimisant ainsi sa capacité à produire de manière durable. La permaculture se distingue de l'agriculture biologique par une approche plus consciente et planifiée pour maximiser l'abondance de la nature. La permaculture implique de créer des systèmes agricoles complets et interconnectés, qui utilisent de manière efficace tous les éléments du système pour créer une production agricole durable et régénérative. Une approche basée sur la conception peut être utilisée pour répondre aux besoins de notre société tout en préservant l'environnement. Cette approche implique l'utilisation des énergies naturelles, la réduction et la réutilisation des déchets, ainsi que l'implication et la responsabilisation des personnes. La permaculture est une discipline scientifique qui vise à créer des systèmes fermés pour répondre aux besoins de notre société en matière d'alimentation, de vêtements, de transport et d'éducation. La permaculture imite les écosystèmes en travaillant avec la nature au lieu de s’y opposer. Son esprit est de relier tous les éléments d'un système les uns avec les autres, y compris les êtres humains. Tout particulièrement, la permaculture va chercher à recréer la grande diversité et l'interdépendance qui existent naturellement dans des écosystèmes naturels, afin d'assurer à chaque composante, et au système global, santé, efficacité et résilience. C'est un fonctionnement en boucle où chaque élément vient nourrir les autres, sans produire de déchets « exportables ».
Le jardin en permaculture est bien plus qu'un simple jardin biologique axé sur la production alimentaire. C'est un système écologique qui vise à créer un écosystème durable et productif, tout en minimisant les impacts négatifs sur l'environnement. Un aspect clé de la permaculture est sa responsabilité envers l'environnement. Les jardins en permaculture visent à minimiser leur empreinte écologique en évitant la pollution des sols et des eaux environnants. Les jardiniers en permaculture cherchent à ne pas libérer d'excès d'azote dans les cours d'eau, et évitent la dissémination de graines de mauvaises herbes dans les écosystèmes environnants. Les jardins en permaculture sont également conçus pour minimiser le travail manuel et l'apport d'énergie externe. Les permaculteurs sont motivés par la réduction de leur empreinte écologique et le développement d'un mode de vie sain et durable. Ils recherchent également une diversité de produits et une variété dans leur travail, qui garde les gens engagés et enthousiastes à l'idée de cultiver des aliments. La permaculture doit être accessible à toutes les personnes, indépendamment de leur âge ou de leur capacité physique.
12 principes de conception PERMACULTURE
Production en Cycle Fermé et Optimisation des Ressources
Dans un environnement totalement clos, tel que le vide ou l'espace, l'énergie ne se perd jamais car elle est simplement transférée d'un élément à un autre. En revanche, dans un système en permaculture, qui n'est pas conçu pour être complètement clos, il est important de maximiser l'utilisation efficace de l'énergie et des ressources, de manière à ce qu'elles soient réutilisées autant que possible avant de sortir du système. En permaculture, la production alimentaire est conçue de manière à rapprocher les consommateurs des producteurs. Cela permet de réduire l'impact environnemental de la production alimentaire en évitant le gaspillage d'énergie associé au transport des aliments sur de longues distances. De plus, la permaculture vise à intégrer les déchets des consommateurs dans le cycle, ce qui permet de produire de l'engrais naturel et de réduire la quantité de déchets envoyée en décharge.
Dans toutes les formes d'agriculture, y compris l'agriculture biologique, une quantité considérable de minéraux est perdue chaque fois qu'un camion transporte des produits jusqu'au marché. Pour résoudre ce problème, la permaculture vise à fermer le cycle des nutriments en réintégrant les déchets dans le cycle. Toutefois, il est crucial de promouvoir des systèmes permacoles qui permettent aux individus de produire localement ce dont ils ont besoin et de réutiliser les déchets sur place, afin de minimiser la dépendance envers les ressources externes. Cela peut être accompli par la création de systèmes agricoles holistiques qui s'inspirent des processus naturels et qui sont adaptés aux conditions environnementales locales. Les fermes ont souvent tendance à exporter les nutriments vers les marchés extérieurs, ce qui rend indispensable la régénération constante du sol grâce à de bonnes pratiques agricoles et à l'importation de ressources. Cependant, cette approche peut être difficile à mettre en œuvre pour les fermes éloignées des centres urbains. Pour surmonter ce défi, il est possible d'adopter plusieurs stratégies.
L'une de ces stratégies consiste à investir dans les personnes plutôt que dans les machines et à encourager les fermes à ouvrir. En effet, plutôt que d'investir dans des machines coûteuses pour traiter les déchets et les transporter vers les fermes, il est plus efficace de former les personnes à la gestion des déchets et à la réintégration des nutriments dans le cycle. Cela peut inclure la mise en place de programmes de formation, d'ateliers et de visites de fermes pour sensibiliser les agriculteurs et les citoyens aux pratiques permacoles. Une autre stratégie consiste à ramener l'agriculture dans les villes en cultivant des aliments sur des terrains inexploités. En effet, de nombreux espaces urbains tels que les toits, les parcs et les places publiques peuvent être utilisés pour la production d'aliments locaux et frais. Cette pratique permet de réduire les coûts énergétiques liés au transport, au stockage et à l'emballage des aliments en les produisant là où les gens se trouvent. Enfin, dans l'idéal, la permaculture permettrait de cultiver des aliments dans les rues, les jardins, les balcons et les cuisines des villes, en créant ainsi des oasis de verdure et de biodiversité dans les zones urbaines. Cela nécessite une collaboration entre les autorités locales, les citoyens et les agriculteurs pour repenser l'aménagement urbain et encourager la production alimentaire locale.
Les jardins en permaculture s'efforcent de fermer la boucle des engrais en utilisant des déchets organiques, tels que les feuilles mortes, pour enrichir le sol et réduire la dépendance aux intrants externes. En utilisant des méthodes permacoles telles que la rotation des cultures, la culture intercalaire, la plantation de haies, la gestion de l'eau et le développement d'un sol vivant, les agriculteurs peuvent produire des aliments de manière durable tout en préservant les ressources naturelles. Les systèmes permacoles peuvent également inclure des éléments tels que des serres, des animaux de ferme, des arbres fruitiers, des plantes médicinales et des habitats naturels pour la faune sauvage, ce qui peut aider à créer une biodiversité locale et à renforcer la résilience, grâce à la polyculture, du système dans son ensemble.
Complémentarité et Différences : Quand la Permaculture Rencontre le Bio
Bien que la permaculture et l'agriculture biologique diffèrent culturellement, elles sont deux approches agricoles qui peuvent se compléter. La permaculture met l'accent sur la conception en utilisant les principes de la nature pour réaliser une grande partie du travail agricole en minimisant l'utilisation de ressources non renouvelables. Les techniques telles que la gravité pour déplacer l'eau, les brise-vent pour réduire les pertes d'eau et le terrassement pour stocker les nutriments, permettent aux agriculteurs de travailler avec la nature plutôt que contre elle. En utilisant des techniques de culture en bandes, les agriculteurs peuvent cultiver une variété de produits à proximité, créant ainsi des écosystèmes sains et équilibrés. En outre, la permaculture encourage l'utilisation de techniques telles que la rotation des cultures, la gestion de la fertilité du sol et la culture de plantes compagnes pour améliorer la santé du sol et augmenter la biodiversité. Les agriculteurs peuvent également utiliser des pratiques de compostage, de paillage et de couverture pour améliorer la qualité du sol et réduire les besoins en eau. L'agriculture biologique, quant à elle, se concentre sur l'utilisation de pratiques agricoles qui annulent l'utilisation de produits chimiques synthétiques et favorisent la santé des sols et des écosystèmes. Les deux approches sont donc complémentaires, car elles visent toutes deux à produire des aliments de haute qualité tout en préservant la santé de la planète.
Fondamentalement, la permaculture représente une approche plus holistique de l'agriculture biologique en intégrant des pratiques de jardinage et d’agriculture biologiques, mais elle ne s'y limite pas. Elle vise à créer un mode de vie durable qui minimise l'impact de l'homme sur l'environnement en harmonisant les relations entre les êtres vivants et leur habitat naturel. Contrairement à l'agriculture biologique, qui se concentre principalement sur l'utilisation d'engrais naturels et la gestion de la santé des sols, la permaculture adopte une approche plus systémique en utilisant la nature comme modèle et en cherchant à fermer le cycle de l'énergie et maximiser l'abondance de la nature. Ainsi, la permaculture encourage l'utilisation de méthodes telles que l'agroforesterie, la culture en polyculture, la gestion des eaux pluviales, l'utilisation de plantes de compagnie et l'intégration des animaux pour créer des écosystèmes plus résilients.

Quand la Permaculture N'Est-Elle Pas Biologique ?
Si les agriculteurs qui pratiquent la permaculture emploient des matériaux non-biologiques, ils ne peuvent pas se faire considérer comme des agriculteurs biologiques. Cependant, pour réduire les coûts énergétiques, ils peuvent opter pour le recyclage des ressources non certifiées plutôt que d'importer des matériaux biologiques de loin. Il est important de noter que certains projets permacoles ont pour objectif de réhabiliter des sites pollués, ce qui peut ne pas être en conformité avec les normes biologiques. Néanmoins, les intrants utilisés sont souvent des déchets locaux provenant d'élevages ou d'entreprises de tonte de pelouse, qui sont traités à l'aide de processus tels que le compostage thermique et des filtres pour éliminer les toxines. Bien que l'utilisation de fournitures biologiques soit préférable, les avantages sociaux et les coûts de transport élevés peuvent justifier l'utilisation de matériaux non-certifiés ou risqués, en privilégiant les sources locales. En effet, il est crucial de considérer les impacts environnementaux, économiques et sociaux de chaque choix de matériaux, afin de parvenir à une solution durable et cohérente. De plus, la permaculture vise souvent à créer des écosystèmes autonomes et résilients, où les intrants externes sont minimisés au maximum. Dans ce sens, l'utilisation de matériaux non-biologiques peut être considérée comme une solution temporaire, en attendant de pouvoir créer des systèmes autosuffisants et durables.
La Permaculture en Pratique : Du Concept au Jardin
Chaque projet de conception est véritablement unique, car il est spécialement créé pour s'adapter harmonieusement au paysage environnant. Chaque élément de conception, qu'il s'agisse des bâtiments, de sentiers, de réservoirs, d'étangs, de jardins intensifs ou d'espèces alimentaires de la forêt, est soigneusement sélectionné pour répondre aux besoins locaux, tandis que sa taille est ajustée pour convenir aux particularités du sol et des microclimats présents sur place. L'emplacement de chaque élément de conception est choisi avec soin en fonction des énergies naturelles disponibles, telles que la gravité, le vent, la sédimentation et l'eau, afin de favoriser une connexion productive et durable avec l'environnement environnant. L'objectif est de créer un écosystème vivant, où chaque élément contribue à la prospérité de l'ensemble. Les jardins intensifs et les espèces alimentaires de la forêt sont soigneusement choisis pour s'adapter aux conditions locales, tandis que les bâtiments sont conçus pour maximiser l'efficacité énergétique et minimiser l'impact environnemental. En somme, chaque projet de conception est une œuvre d'art unique qui reflète l'harmonie entre les besoins de l'homme et les ressources naturelles de l'environnement.

Pour ce faire, la phase d’observation et d’analyse de votre environnement est primordiale. Observez la présence des plantes “naturelles”, des insectes et des animaux. Notez comment votre terrain est orienté, s’il est exposé ou pas au vent, s’il est ensoleillé un peu ou souvent. Que vous désiriez mettre en place la permaculture dans un petit jardin ou dans un grand espace, prenez le temps de vous connecter avec l’environnement immédiat de votre maison. Les jardins en permaculture visent à imiter la nature autant que possible, en maximisant l'utilisation de l'eau, du soleil et d'autres énergies naturelles, telles que le vent, la poussière et les feuilles mortes. Dans les jardins en permaculture, le sol est rarement nu, la conservation du sol et de l'eau est une priorité élevée, et les plantes sont intercalées pour la lutte antiparasitaire. Les plantes sont autorisées à monter en graine, ce qui stimule la biodiversité et encourage la pollinisation.
Un aspect important de la permaculture est sa capacité à fournir un habitat pour les humains et les animaux. Les jardins en permaculture offrent des aliments nutritifs et un environnement sain pour toutes les espèces, tout en favorisant la biodiversité et la durabilité à long terme. La zone 1 correspond à celle où l’activité humaine est très fréquente et elle se situe au plus près de la maison. À l’inverse, la zone 5 est celle où l’activité humaine est quasi inexistante. Elle est la plus éloignée de votre habitation. Faites-en sorte que chaque élément présent dans votre jardin remplisse plusieurs fonctions. Pour mettre en place un jardin autonome, veillez aussi à ce qu’une fonction particulière puisse être remplie par plusieurs éléments de votre environnement. C’est un des principes clés de la permaculture afin de ne pas épuiser les ressources.
Le projet Chikukwa au Zimbabwe est un exemple remarquable de la façon dont la permaculture peut être utilisée pour créer des pratiques agricoles durables. Les méthodes utilisées sur cette ferme permettent d'optimiser la production tout en réduisant l'impact sur l'environnement. En utilisant des pratiques telles que la rotation des cultures, l'agroforesterie, le compostage et la gestion de l'eau, la ferme de Chikukwa a réussi à créer un système fermé où les déchets sont réutilisés, les sols sont fertilisés naturellement, et les besoins de la communauté locale sont satisfaits.
La Permaculture et le Paysage Agricole Français
La France a été pionnière en agroécologie, qui recouvre un ensemble de méthodes de production agricole respectueuses de l’environnement. En effet, la permaculture n’est pas seulement une nouvelle pratique culturale. Elle se revendique comme une démarche éthique, qui préserve le capital naturel (eau, sol, biodiversité) et qui garantit une activité viable pour les agriculteurs. La permaculture a pour vocation d’atteindre une efficacité énergétique maximale dans les modes de production, de commercialisation et de réutilisation des déchets. Elle a pour base l’agriculture biologique, mais tout le système de production est remis en question, et pas uniquement l’usage des engrais ou des produits de protection des plantes. Elle inclut la gestion de la forêt, des haies, le développement de la polyculture, des associations culturales et horticoles mais aussi la présence des animaux.
La permaculture a d’abord été testée sur de petites parcelles, par des jardiniers amateurs ou des petits producteurs. L’idée est d’organiser la parcelle par rapport aux besoins, à la disponibilité en eau, à l’environnement proche, pour installer les conditions optimales de production. Finies les rangées linéaires de poireaux et de carottes ! Ensuite, la permaculture a gagné de plus grandes surfaces. En 2014, un jeune agronome Maxime de Rostolan lance le projet « Fermes d’avenir » pour soutenir le développement de l’agroécologie en France, tout en s’inspirant le plus possible de la permaculture. La première micro-ferme expérimentale ouvre alors ses portes en Touraine. Depuis, le réseau « Fermes d’avenir » s’est étoffé, offre des formations et développe des projets avec les pouvoirs publics, comme le projet « Sésame » dans l’Essonne. Le réseau parle désormais davantage d’agroécologie.
Pour ses fondateurs, la permaculture est un véritable engagement citoyen, une réponse pertinente au gaspillage et à la surconsommation d’énergie fossile en agriculture. Cependant, elle doit trouver des réseaux de production, de distribution et de vente adaptés à son modèle économique. La permaculture attire des jeunes - et des moins jeunes - en reconversion professionnelle. Le dernier baromètre Agreste 2021 (1) constate que les micro-fermes sont dirigées par des agriculteurs plus jeunes que la moyenne et par davantage de femmes. Peu d’études existent néanmoins sur la rémunération des agriculteurs en permaculture, essentiellement des maraîchers, avec quelques données la situant autour du Smic. Le développement de la permaculture est, par ailleurs, souvent associé à celui de l’écotourisme et les formations axées sur la vente de produits transformés à la ferme… générant ainsi des revenus complémentaires. Actuellement, il n’existe pas de label « permaculture » reconnu, comme il en existe en « bio ». Ce sont souvent à travers les circuits courts que les consommateurs découvrent la permaculture et l’adoptent aussi dans leurs jardins.
12 principes de conception PERMACULTURE
Un Éventail de Modèles d'Agriculture Durable
Le modèle dominant de l’agriculture conventionnelle, parfois également appelée industrielle ou intensive, est de plus en plus contesté. Ce système de production agricole, qui cherche à maximiser la production grâce au travail des machines et à des intrants divers (engrais et pesticides de synthèses, semences hybrides, carburant pour les machines, eau d’irrigation…), est décrié pour ses conséquences. Il existe en effet d’autres modèles : l’agriculture biologique, l’agriculture régénérative, l’agriculture de conservation, l’agriculture climato-intelligente, la biodynamie, la permaculture ou encore l’agroécologie. Porteuses de nombreuses promesses, ces agricultures ne sont cependant pas toujours faciles à différencier et à évaluer. Toutes ces formes d’agriculture durable proposent d’imiter ce qui se passe dans la nature et de travailler de concert avec elle pour produire des aliments de manière durable. Nous les appellerons ici « agricultures écologisées ». Ces modèles alternatifs se distinguent de l’agriculture de précision ou de l’agriculture raisonnée, qui s’appuient sur la technologie pour une application plus efficiente et plus ciblée des intrants, mais sans remettre en question les principes de l’agriculture conventionnelle.
Certaines formes d’agriculture durable sont certifiées. Leurs pratiques sont réglementées par un cahier des charges et font l’objet de contrôles. D’autres sont gouvernées non pas par un cahier des charges, mais par des principes fondamentaux reconnus par les agriculteurs. De ce fait, il existe une grande diversité d’interprétations et de mises en pratique des principes. Il existe enfin des modèles agricoles qui se fixent des résultats à atteindre sans renvoyer explicitement à des corpus de pratiques ou principes clairs et stabilisés. C’est le cas de l’agriculture régénérative (qui entend régénérer les ressources naturelles) et de l’agriculture climato-intelligente (qui veut améliorer le stockage de carbone par les sols). L’agroécologie, quant à elle, vise une transformation profonde des systèmes agricoles et alimentaires. Comme l'agriculture durable, ce modèle d'agriculture doit permettre aux paysans de vivre décemment de leur métier. L'agriculture paysanne a comme singularité de promouvoir la dimension familiale des exploitations agricoles. Il s'agit de défendre un modèle de petites exploitations contre les exploitations industrielles du type "ferme des mille vaches".
Pratiques Agricoles Comparées
De nombreux indésirables sont tout autant intéressés que nous par nos plantes cultivées : mouches, vers, bactéries et champignons. La réponse, en agriculture conventionnelle, est simple : empoisonnons-les. L'agriculture biologique, avec la biodynamie, sont les modèles les plus stricts : seuls les produits listés dans les standards sont autorisés, et les pesticides synthétiques sont formellement proscrits. Les pesticides de synthèse vont aussi à l'encontre des principes de protection de la santé des sols, de respect et utilisation de la biodiversité, et d'économie d'énergie au cœur de l'agroécologie et de la permaculture. Si elle ne supprime pas totalement le recours aux pesticides de synthèse, la production intégrée vise à réduire fortement leur utilisation. La production intégrée emploie les pesticides en dernier recours, après avoir mis en œuvre d'autres techniques, comme la lutte biologique. La production intégrée ne possède pas à l'heure actuelle de cahier des charges officiel en France, à la différence de l'agriculture biologique.
Dans la nature, rien ne se perd et rien ne se crée, tout se transforme. Les nutriments du sol sont prélevés par les plantes, puis restitués au sol lorsque ces plantes meurent, ou via les excréments d'animaux qui les ont consommées. Cependant, à la récolte, ces nutriments sont exportés pour finir dans nos assiettes. Pour ce faire, l'agriculture conventionnelle a recours à des engrais chimiques de synthèse, dont l'usage intensif pose de nombreux problèmes. Leur production et leur transport consomment des énergies fossiles et émettent des gaz à effet de serre, et ils peuvent occasionner des pollutions (par exemple, les fertilisants phosphatés contiennent souvent du cadmium, du mercure et du plomb). Les standards de l'agriculture biologique et de la biodynamie interdisent les engrais de synthèse. L'usage d'engrais de synthèse ou de matières organiques contenant des contaminants va également à l'encontre des principes de recyclage, de réduction d'intrants, de santé des sols et d'économie d'énergie défendus par la permaculture et l'agroécologie.
Le travail du sol est une pratique très ancienne qui a pour objectif d'améliorer l'aération du sol et le drainage, créer un substrat optimal pour la germination des semences et la croissance des plantes, incorporer la matière organique dans le sol et gérer les mauvaises herbes. L'agriculture conventionnelle a poussé cette pratique à l'extrême en utilisant des machines lourdes permettant de travailler le sol en profondeur. Dans la nature, ce sont les insectes et les vers de terre qui travaillent les sols. Ils creusent des galeries qui permettent à l'air et l'eau de s'infiltrer et de préparer le sol pour le développement des racines. Dans son application agricole, la permaculture s'inspire beaucoup des forêts où le sol n'est pas travaillé.
Dans la nature, des centaines, voire des milliers d'espèces animales et végétales cohabitent. Chacune joue un rôle dans l'équilibre global des écosystèmes. L'agriculture conventionnelle a contribué à une uniformisation extrême des paysages agricoles et à une réduction de la diversité végétale cultivée. Or, les paysages et parcelles dominés par la monoculture sont particulièrement vulnérables face aux bioagresseurs et aux événements climatiques extrêmes. Les agricultures écologisées, à l'inverse, encouragent la diversité et les synergies entre espèces afin de gagner en résilience. La biodynamie est le standard le plus strict. Il impose la rotation et l'association des cultures, autrement dit le fait de changer de culture d'année en année, et de cultiver plusieurs plantes au même endroit. Il impose aussi la construction d'habitats pour la biodiversité auxiliaire, en consacrant au minimum 10 % de la surface de l'exploitation à des infrastructures écologiques (haies, bandes enherbées, etc.). L'agriculture biologique est un peu plus souple, car les rotations et associations de cultures, ainsi que le maintien d'aires naturelles, sont recommandées, mais pas imposées. Concernant la bonne santé et la biodiversité des sols, une récente métaétude de l'INRAE établissait que les modèles d'agriculture durable les plus vertueux étaient, dans l'ordre, la biodynamie, l'agriculture biologique, l'agriculture de conservation.
Que retenir de cet inventaire ? Ces formes d'agriculture écologisées partagent des valeurs communes de respect de l'environnement et participent toutes à la transformation des systèmes agricoles et alimentaires vers plus de durabilité.
Guide Pratique pour un Jardin en Permaculture
La première étape pour créer un potager en permaculture pas à pas est de bien observer. Quelles sont vos besoins ? Avez-vous envie d’autonomie pour vous seul, votre famille ? Quelles ressources pouvez-vous consacrer à votre projet ? À partir de vos observations, vous pouvez esquisser en détails le plan de votre potager en permaculture, les matériaux pour le construire et le délimiter.

Un sol vivant étant un sol suffisamment humide, aéré et riche en matière organique, votre mission numéro 2 consiste à en prendre soin. En stimulant cette vie du sol grâce, notamment, à l’apport de matière organique - déchets de cuisine, compost, fumier, etc. Avoir un sol vivant est indispensable pour un potager en permaculture résilient et productif ! Les jardins en permaculture s'efforcent de fermer la boucle des engrais en utilisant des déchets organiques, tels que les feuilles mortes, pour enrichir le sol et réduire la dépendance aux intrants externes. Le conseil La Vie Claire : Gardez toujours le sol de vos parcelles couvert avec des copeaux de bois, du compost, du carton en faisant des couches. Composter, c’est recycler. Tout déchet est une ressource inexploitée.
L’eau, source de vie, est considérée en permaculture comme un flux énergétique. Récupération de l’eau de pluie des toitures et stockage en citerne, collecte via une mare dans le potager, etc. toutes les solutions sont bonnes. Un arrosage maîtrisé évite les gâchis d’eau et d’énergie humaine. La permaculture met l’accent sur la conservation des ressources naturelles. Installez des systèmes de récupération d’eau de pluie pour arroser vos plantes et réduire l’impact environnemental de votre jardin. Optimisez chaque élément présent naturellement dans votre environnement. Récupérez l’eau de pluie dans de grands récipients disposés à plusieurs endroits de votre jardin pour éviter les déplacements et les efforts inutiles.
Il est recommandé de cultiver sur la plus petite surface possible et de commencer petit, puis de s'étendre progressivement. Densifier et associer les cultures au potager est une pratique clé. La culture en carrés se prête très bien à la pratique de la permaculture. Le jardin en trou de serrure dit aussi keyhole est aussi adapté aux petits jardins ou terrasses. C’est une structure circulaire de 3 m de diamètre et d’1 m de hauteur maximum qui sert à cultiver les légumes dans différents bacs. Les déchets de cuisine sont apportés dans le composteur central. Les plantes installées dans les bacs autour du composteur puisent leurs nutriments, au fur et à mesure que les déchets se décomposent. Le “wicking-bed” ou jardinière auto-suffisante est un système de culture hors sol, autosuffisant en eau et en fertilisant. Il est particulièrement adapté pour les milieux urbains et les endroits où le sol fertile n’est pas accessible. La culture en buttes fait partie des techniques d’aménagement les plus répandues de la permaculture.
Préférez les plantes qui peuvent se ressemer pour limiter le coût financier et de temps. Produire ses propres graines dans son jardin en permaculture est à la fois ludique, réjouissant, gratifiant et libérateur, on adore ! Planifier son année au potager en permaculture est une étape incontournable de l’organisation au jardin. Accélérer la succession des cultures et utiliser et valoriser la diversité. Le petit mémo sur les trous d’envol des nichoirs est un exemple de l'attention portée à la faune auxiliaire. Favorisez donc tous les types d’auxiliaires au jardin, des plus petits. Le cognassier du japon : il sert de brise-vue en été, produit de jolies fleurs en fin d’hiver et des fruits appréciés des oiseaux. Jolie floraison mellifère d’un cognassier du Japon en fin d’hiver. Le lierre commun : il habille n’importe quel support tout au long de l’année, et constitue un refuge pour la biodiversité. En voici une illustration. Abeille domestique butinant une fleur de romarin est un autre exemple d'auxiliaire. Les plantes aromatiques - ciboulette, persil, coriandre, etc. peuvent être cultivées pour leurs multiples fonctions.
La plupart des légumes du potager peuvent être démarrés en caissette, godets ou autres petits pots divers issus du recyclage de déchets. Septembre-octobre : repiquage des choux pommés et des verdures asiatiques sous les tomates encore en place. Légume vivace excellent, l’asperge a toute sa place dans un potager en permaculture. Produisez des légumes sains toute l’année ! Un potager productif, ça se conçoit. Ne jardinez plus au hasard. Si vous n’avez pas de poules mais que vous avez l’espace et l’envie d’en intégrer à votre jardin, c’est une excellente ambition à condition d’être bien accompagné ou formé. Les flocons d’avoine sont riches en fibres. Obtenus après écrasement des grains entre deux cylindres et pré-cuisson à la vapeur douce, les flocons d’avoine sont prêts à être cuisinés et s’utilisent aussi bien dans les recettes salées que sucrées. Jolie récolte de mi-septembre au potager en permaculture : un régal pour les yeux et les papilles avec de quoi faire le plein de vitamines, de nutriments et de goût !
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