L'agriculture moderne est un domaine en constante évolution, où la sélection rigoureuse des cultures agricoles est un pilier fondamental pour garantir la productivité, la rentabilité et la durabilité. Face aux défis environnementaux, économiques et aux exigences croissantes du marché, les agriculteurs doivent prendre des décisions éclairées concernant le choix de leurs semences et de leurs stratégies de culture. Ce processus complexe implique une analyse approfondie de nombreux critères, allant de l'adaptabilité climatique au profil génétique, en passant par la gestion des maladies et des ravageurs, et l'optimisation du rendement.

Critères Fondamentaux pour la Sélection des Semences
La sélection des semences agricoles n'est pas une tâche à prendre à la légère. C’est un processus qui exige une réflexion approfondie et une connaissance précise de divers critères. Sept d’entre eux se démarquent particulièrement.
Adaptabilité aux Conditions Climatiques Locales et Tolérance aux Stress
L’adaptabilité aux conditions climatiques locales est un critère primordial. Opter pour des variétés de semences adaptées à l’environnement local facilite le développement des cultures et renforce leur résilience face aux changements climatiques. Il existe une riche diversité génétique au sein des variétés de semences, offrant une multitude d’options pour les agriculteurs. Les semences paysannes, par exemple, ont démontré leur robustesse dans diverses conditions météorologiques. Des variétés populaires de semences, issues de la sélection locale et traditionnelle, ont également prouvé leur efficacité dans différentes conditions climatiques. Ainsi, le choix des semences est une tâche stratégique pour tout agriculteur soucieux de son rendement. En effet, choisir des labels agricoles qui garantissent la qualité des semences peut être un atout précieux.
Le climat est probablement l’un des éléments qui influence le plus ce que l’on pourra cultiver. Il détermine les dates de semis, la durée des saisons, et la régularité des récoltes. Mais est-ce que le climat est un frein à l’installation ? Ce qui distingue le maraîchage d’autres formes de production, c’est sa capacité à étendre la saison de culture. Grâce aux tunnels chenilles, mini-tunnels, toiles flottantes ou petites serres, il est possible de protéger les cultures et de produire dans presque n’importe quel climat. Alors oui, il est important de connaître son climat, mais ce n’est pas une limite.
La tolérance aux stress biotiques et abiotiques est également cruciale dans la sélection des semences. Les stress biotiques comprennent les attaques de parasites, de maladies ou de prédateurs, tandis que les stress abiotiques sont liés aux conditions environnementales, comme les températures extrêmes, la sécheresse, les inondations ou la salinité du sol. Les conditions environnementales varient énormément d’un lieu à l’autre et peuvent fortement impacter la croissance des plantes. Les semences doivent donc être sélectionnées pour leur capacité à résister aux différentes contraintes du milieu.
Quels sont les effets du changement climatique sur l'agriculture ?
Résistance aux Maladies et Ravageurs
Le secteur agricole, confronté à divers défis, met l’accent sur la résistance aux maladies et aux ravageurs dans le processus de sélection des semences. La génétique joue un rôle essentiel dans cette démarche, offrant des solutions innovantes pour améliorer la résistance des plantes. De nombreuses recherches sont menées pour mettre au point des variétés de semences capables de faire face aux conditions les plus difficiles. La protection des cultures s’inscrit dans une perspective de durabilité et d’efficacité agricole. Le choix de la bonne variété de semences s’avère donc crucial pour garantir productivité et rentabilité. Pour cela, la mise à disposition d’une checklist pratique aide grandement les agriculteurs dans leur décision.
Le comportement des variétés face aux bio-agresseurs est un axe majeur du choix. Il dépend du climat, de la parcelle mais également du système de culture. En parcelles touchées par la mosaïque, la résistance s’impose. En blé de blé, la résistance au piétin verse est à valoriser. L’intérêt de la tolérance à la verse, souvent plus utile dans les zones à fort potentiel, dépend aussi du choix d’appliquer ou non un régulateur.
Potentiel de Rendement Élevé
En agriculture, l’objectif principal est d’obtenir un rendement élevé pour la production de semences, en particulier pour des cultures comme le blé et la pomme de terre. Pour y parvenir, l’adoption de stratégies efficaces s’avère primordiale. La qualité des semences joue un rôle crucial dans cette démarche. Par exemple, la certification biologique, qui garantit la qualité des produits agricoles, se révèle un atout majeur. L’innovation constante dans le domaine agricole contribue également à améliorer le rendement. Divers facteurs, tels que l’économie globale et les politiques gouvernementales, peuvent affecter ce potentiel de rendement.
Le potentiel de rendement et la teneur en protéines n’ont pas la même importance dans le choix en fonction du débouché de la culture : alimentation humaine ou animale. Les variétés à haut rendement sont plutôt destinées à l’alimentation animale, qui représentait environ 1/3 de la production en 2007, et est en augmentation. Pour la boulangerie et la meunerie, la classe de qualité technologique est importante. Plus globalement, quelles que soient les valorisations du blé, dont l’exportation (50 à 55 % des débouchés français), des teneurs en protéines et des poids spécifiques élevés sont recherchés. Dans les régions d’élevage, la prise en compte des débouchés s’élargit à la production de paille.

Qualité Germinative Supérieure
La faculté germinative revêt une importance cruciale dans la sélection des semences agricoles. Une qualité germinative élevée favorise une croissance vigoureuse et un développement optimal des plantes. Plusieurs facteurs, dont l’humidité, la température, la lumière et les nutriments, ont une influence notable sur cette qualité. Par conséquent, une gestion précise de ces éléments peut améliorer la qualité germinative des semences. Une qualité germinative élevée est essentielle pour une agriculture durable. Les technologies innovantes ont permis de maintenir cette qualité dans diverses conditions climatiques. Par ailleurs, cette qualité a un impact conséquent sur la biodiversité des plantes. Au niveau de la conservation des semences, une bonne qualité germinative assure la pérennité des semences certifiées. Malheureusement, certaines erreurs courantes dans la gestion des semences peuvent affecter cette qualité. C’est pourquoi la formation et l’éducation des agriculteurs sur ce sujet est primordiale. En outre, il existe des politiques et réglementations visant à garantir la qualité germinative des semences.
Cycle de Croissance Approprié
Le choix du cycle de croissance des plants s’avère primordial pour optimiser les rendements. Chaque culture possède un cycle spécifique, influençant directement la reproduction des végétaux. L’analyse des différentes phases du cycle de croissance permet de comprendre leur impact sur le développement des plants. Par exemple, une phase de croissance trop courte peut compromettre la qualité des graines et, par conséquent, la productivité. À l’inverse, une phase de croissance trop longue peut exposer les plants à des risques de maladies ou d’attaques de parasites. De plus, le cycle de croissance est étroitement lié aux conditions climatiques. Adapter ce cycle en fonction de la saisonnalité et des conditions météorologiques spécifiques à chaque région permet d’optimiser les rendements. En effet, certaines cultures sont plus adaptées à des conditions de sécheresse, tandis que d’autres préfèrent les climats humides.
La précocité à maturité dépend essentiellement de la région et de la date de semis. Une variété choisie dans le groupe adapté a plus de chance d’exprimer tout son potentiel. Les variétés du groupe 0, les plus précoces, sont à réserver aux semis retardés (début juin). La précocité d’une variété se raisonne ainsi en fonction des contraintes du milieu : climat, réserve utile du sol, précédent cultural. Chaque espèce possède bien évidemment ses spécificités. Le choix de la précocité des variétés se raisonne en fonction des contraintes du milieu : climat, type de sol (notamment par sa réserve utile) et précédent cultural qui conditionne les dates de semis. Une variété tardive à l’épiaison, donc à cycle long, permet d’accéder par l’allongement du cycle à des potentiels de rendement plus élevés. Ce choix est judicieux en sols profonds et sous des climats plus tempérés. En semis précoce, une variété tardive à montaison, photosensible, diminue les risques de gel d’épi.
Profil Génétique Adapté aux Besoins Spécifiques de la Culture
Le profil génétique joue un rôle clé dans le choix de la semence adaptée à la culture. Les caractères génétiques de chaque espèce sont uniques et influencent directement l’adaptabilité des semences et plants. Des facteurs tels que la résistance aux maladies, la tolérance à la sécheresse, la qualité des grains, entre autres, sont déterminés par le patrimoine génétique de la semence.
Le Cetiom a distingué 5 critères principaux pour choisir une variété de soja adaptée. Le potentiel de rendement et la teneur en protéines n’ont pas la même importance dans le choix en fonction du débouché de la culture : alimentation humaine ou animale. Pour l’alimentation humaine, c’est la source de protéines végétales qui est recherchée. La production est quasiment toujours contractualisée, avec un taux protéique exigé de 40% minimum sur graines entières sèches. Il faudra alors se tourner vers les variétés qui optimisent la teneur en protéines.

Autres Critères Essentiels
La sensibilité à la verse et au sclérotinia sont des critères primordiaux dans le choix variétal. Le Cetiom a déterminé plusieurs situations à risque : les parcelles irriguées en sol profond, l’attaque des précédents de culture (pois, tournesol, colza, tabac ou melon), ainsi que les rotations courtes incluant des cultures sensibles.
Enfin la hauteur des premières gousses est un critère important pour le bon déroulement de la récolte. Les variétés à premières gousses hautes sont plus facilement récoltables et induisent moins de pertes de rendement, les premières gousses étant chargées en graines de gros calibre.
L'Importance du Sol dans le Choix des Cultures
La base de toute agriculture biologique réussie, c’est le sol. Un sol vivant, bien structuré, drainant et riche en matière organique, c’est ce qu’on espère tous trouver. Il est recommandé de faire un test de sol avant d’acheter ou de louer une parcelle. Le maraîchage biologique ne dépend pas d’un sol parfait, mais d’une capacité à régénérer et à bâtir ce sol au fil du temps. Évidemment, si l’accès à la terre est temporaire, il est préférable de commencer avec une parcelle déjà productive. Mais si l’engagement est à long terme, un sol imparfait ne doit pas freiner le projet, car il est possible de l'améliorer.
La Gestion de l'Eau
Une bonne source d’eau est nécessaire pour cultiver des légumes. On peut améliorer un sol, adapter son climat. Le maraîchage intensif repose sur une irrigation régulière et fiable. C’est encore plus vrai avec les changements climatiques, qui rendent les précipitations de plus en plus irrégulières. Et ce n’est pas tout. Il faut aussi que l’eau puisse circuler sur la terre. Trop d’eau au mauvais moment peut retarder les semis, noyer les racines et nuire aux plants. Il est important d'observer les pentes naturelles. Lors de l'évaluation d'un site, il est essentiel de prendre note des zones où l'eau peut stagner.

Les Associations de Cultures : Une Stratégie Durable
Avant la chimie, les agriculteurs utilisaient les associations de culture afin de profiter des bénéfices agronomiques qu’elles apportent. Après la seconde guerre mondiale, la mécanisation et l’intensification de l’agriculture a poussé la production vers la monoculture. Malheureusement, cette méthode échoue face aux crises écologiques et économiques que nous traversons aujourd’hui. L’association de culture est une pratique recommandée en agriculture de conservation des sols (ACS) consistant à associer différentes variétés de plantes, ou différentes espèces, choisies selon leur période de développement et leur mode de fonctionnement.
Types d'Associations de Culture
Il est possible d’associer des cultures de différentes manières :
Association de variétés : Sur la même parcelle, il est possible de cultiver une association de plusieurs variétés d’une même espèce. Dans ce cas, les dates de semis et de récolte sont communes aux différentes plantes. D’une part, cela permet de jouer sur la complémentarité des résistances et avantages de chacune des variétés. Ainsi les contaminations entre plantes peuvent être évitées (on parle d’effet barrière). Par exemple, on peut cultiver en même temps plusieurs variétés de blé. D’autre part, cette association permet de lutter contre certains ravageurs en jouant sur la précocité d’une des variétés. L’association d’espèces se différencie de l’interculture, où la culture principale et le couvert d‘interculture ne cohabitent pas.
Associations à double récolte : Ces associations regroupent des cultures semées et récoltées en même temps. Le mélange de grains doit donc être trié à la moisson si l’on veut vendre les espèces séparément. Généralement, les mélanges peuvent être valorisés comme tel, par exemple en ensilages ou en production de foins pour la polyculture élevage.
Associations temporaires : Une association entre une culture principale et une culture secondaire peut être temporaire. La secondaire sert alors de couvert végétal avant le semis de la principale et apporte ensuite une fonction agronomique à la principale. Par exemple, les légumineuses, comme la Féverole, fertilisent le sol en fixant l’azote pour la culture principale. Certains couverts peuvent également avoir un effet allélopathique et empêchent la croissance de certaines adventices. Un exemple peut être l'association temporaire de phacélie et de tournesol.
Couvert permanent : Garder une couverture permanente du sol est un des principes de l’ACS. Cela permet de maintenir la fertilité et la structure du sol. C’est possible grâce aux Techniques Culturales Simplifiées (TCS), premières étapes vers le non-labour. Ces couverts sont généralement des associations d’espèces intéressantes, semées en semis direct ou en semis direct sous couvert. Un exemple peut être l’utilisation de couverts CIPAN en céréales, ou de bandes d’enherbement ou fleuries en vigne ou arboriculture.
Associations entre une culture annuelle et une culture pérenne (agroforesterie) : L’agroforesterie est une association entre arbres et cultures. De plus en plus pratiquée, elle est historiquement très utilisée car elle permet de nombreux avantages. Les arbres créent un microclimat qui protège les cultures des aléas climatiques et de certaines contaminations. C’est aussi un moyen d’augmenter les interactions avec les auxiliaires en les attirant sur les parcelles. Les hautains, par exemple, sont des associations d’arbres et de vignes. Cette technique de hautains était utilisée au Moyen-Âge et est encore employée aujourd'hui.
Association d'une culture annuelle avec une plante auxiliaire : Les plantes auxiliaires n’ont pas vocation à être récoltées mais vont aider au développement de la culture annuelle. Par exemple, on peut planter des haies dans les parcelles de céréales pour protéger de certaines attaques de ravageurs et attirer des auxiliaires.

Avantages Agronomiques des Cultures Associées
Les associations de cultures permettent de profiter de plusieurs avantages et de remplir plusieurs fonctions agronomiques. Elles sont utilisées pour :
- diminuer les apports de produits phytosanitaires
- diminuer les passages au champ et le temps de travail
- favoriser le développement biologique de la plante
On peut alors classer les plantes associées selon les fonctions qu’elles remplissent :
- Les plantes compagnes favorisent la croissance de la culture principale. Elles lui apportent des éléments nutritifs particuliers ou de la matière organique. Par exemple, les engrais verts, dont les légumineuses font partie, fixent l’azote dans le sol et le fertilisent pour la culture suivante. Cela permet de diminuer l’utilisation d’intrants.
- Les plantes “amies” se côtoient facilement sans se concurrencer. Elles ont des interactions ni bonnes ni mauvaises. Ce qui est utile pour un couvert permanent par exemple.
- Les plantes protectrices permettent de rendre la plante cible moins accessible (couverture efficace du sol et concurrence avec les adventices). Elles évitent les problèmes de verse en structurant le milieu. Certaines servent de leurre et attirent les ravageurs, ou camouflent la cible par leur odeur. Par exemple, la moutarde blanche sert d’appât à certains insectes ravageurs, qui les préfèrent et se désintéressent alors de la culture. On parle d’effet push-pull.
- Les plantes inhibitrices limitent le développement d’adventices ou de ravageurs spécialisés. Elles sécrètent des substances inhibitrices ou possèdent des caractéristiques physiques particulières. On parle d’allélopathie. Par exemple, les légumineuses sécrètent par leurs racines une substance nématicide. De même, les alliacées (ail, poireau, oignon…) produisent du soufre qui limitent les risques de contamination fongique (contre le mildiou ou l’oïdium par exemple).
Enfin, les associations de cultures servent à créer un milieu particulier (microclimat et protection du sol). Un couvert réduit les risques d’érosion et de ruissellement par la formation d’une croûte de battance. Une couverture végétale favorise également l'infiltration de l’eau par les sols, et donc la rétention d’eau. Par ailleurs, un sol couvert crée un microclimat sain et riche en matière organique. Cela attire la faune auxiliaire (carabe, araignées…) qui aide à lutter contre les ravageurs. Les ressources du sol sont ainsi mieux exploitées, ce qui permet : des passages au champ moins fréquents, un IFT plus faible, une diminution du travail du sol.
Avantages Économiques des Cultures Associées
SEA (ou LER) et productivité : Il existe un indicateur de productivité du couvert cultural, qui permet d’évaluer l’efficacité d'une association de culture. La Surface Équivalente de l’Association (SEA, ou Land Equivalent Ratio, LER, en anglais) permet de déterminer si l’association est avantageuse. Si le résultat est supérieur à 1, cela signifie que l’association est plus productive que les cultures pures séparées. Un mélange orge - pois qui donne un rendement de 60 quintaux par hectare (40 pour l’orge et 200 pour le pois). Puisque l’orge seule donne 70 q/ha et le pois 30 q/ha, l’indicateur SEA est de 1,24. L’association de l’orge et du pois est donc plus productive qu’en pur. C’est-à-dire qu’il faudrait 1,24 ha de culture d’orge pure pour avoir la même production qu’un hectare en association Orge + Pois. L’indicateur SEA ou LER permet donc d’évaluer les avantages économiques de l’association de culture.
Charge et marge directe : Associer des cultures permet de diminuer la consommation d’intrants et la fréquence de passages au champ. Ainsi, une association de culture bien pensée offre des avantages économiques en diminuant les achats de produits de synthèse et la consommation de carburant du tracteur. De même, les périodes de travaux sont plus étalées dans le temps, ce qui permet à l’agriculteur de libérer des créneaux pour les opérations de gestion organisationnelles et administratives.
Diversification et filière : Associer des cultures peut être un moyen de diversification intéressant. En effet, selon la région de l’exploitation, un couvert végétal particulier peut être valorisé et générer une source de revenu supplémentaire. Par exemple, la récolte d’un couvert végétal peut être valorisée en méthanisation, en ensilage… après avoir offert des avantages agronomiques à la culture associée ! De plus, les associations de cultures entrent dans les rotations de culture et permettent à l’exploitant de construire son assolement selon les principes de l’agroécologie.
Inconvénients Possibles de l’Association de Culture
Malgré tous ces avantages, l’association de cultures implique aussi quelques inconvénients :
- Il y a un risque de concurrence entre les cultures, ce qui provoque inévitablement une perte de rendement individuel.
- Un mélange de semis nécessite du matériel adapté aux différentes tailles et formes des graines. L’utilisation d’un semoir à disques ou à dents est nécessaire en semis direct.
- Une récolte du mélange demande parfois un tri après moisson, ce qui prend du temps.
- Pour réussir à trouver une association efficace, il faut soigneusement construire son mélange de variétés ou d’espèces afin qu’il réponde aux problématiques agricoles spécifiques.
Mise en Place d'une Association de Culture
Il existe plusieurs méthodes pour associer des cultures. Il est possible de mélanger les espèces, de les associer en rangs, en bandes alternées. Il est également possible de varier la période de semis : certaines cultures associées peuvent être semées en même temps alors que d’autres peuvent faire l’objet d’un semis différencié, c’est-à-dire à des périodes différentes. En tout cas, le choix des variétés ou des espèces associées doit se faire en fonction des fonctions agronomiques recherchées et des débouchés commerciaux de la région, pour que la valorisation soit facile.
Pour une association avec des cultures pérennes, il faut réfléchir à l’échelle de l’exploitation, et parfois revoir complètement son système sur le long terme. Dans ce contexte, s’appuyer sur l’expérience et les connaissances de spécialistes peut être indispensable. Plus généralement, il n’existe pas d’association parfaitement adaptée à toutes les exploitations. L'association de culture est une technique efficace et accessible mais chaque parcelle est un cas particulier.
Quels sont les effets du changement climatique sur l'agriculture ?
Comme mélange historique, on parle souvent du milpa, association de maïs, courges et légumineuses. Ce mélange était très utilisé au Mexique par exemple.
Réflexion Stratégique pour l'Exploitation Agricole
Une fois l’assolement calé, il n’est pas simple de choisir ses variétés tant les gammes des semenciers évoluent campagne après campagne. Rien que pour le blé tendre, le catalogue français compte plus de 300 variétés avec, en moyenne, une trentaine de nouveautés chaque année. Toutes ne conviennent pas à chaque terroir ni à chaque débouché. D’où l’importance de faire le bon choix en tenant compte des contraintes pédo-climatiques de ses propres parcelles. Comment identifier la génétique la mieux adaptée à son exploitation ? Les besoins de meuniers locaux ne seront pas les mêmes que ceux d’un acheteur à l’export. Au final, tout est question d’équilibre entre précocité, productivité, résistance au stress hydrique, aux maladies et aux ravageurs.
En moyenne, sur son exploitation, il est conseillé de semer trois ou quatre variétés par campagne, en optant pour différents profils de résistance aux stress et en introduisant une génétique récente pour tester son comportement au sein de sa propre exploitation. Un aide-mémoire précieux permet de suivre, pour chaque espèce et chaque variété, l’itinéraire technique, les rendements, les marges brutes, les coûts de production, les prix moyens de vente… Et donc, de les comparer entre elles. Cela est très utile pour dessiner les assolements des campagnes à venir d’autant que sur la ferme, les sols sont très variés et les cultures, diversifiées : blé, betterave, pomme de terre, maïs, lin, colza, féverole ou haricots verts… Autant d’espèces à répartir sur des sols de craie, des sables ou des limons argileux. Un logiciel peut permettre de lancer des simulations pour les quatre campagnes à venir et de repérer l’espèce, puis la variété, qui se comporte le mieux dans telle ou telle situation. Le fait de disposer d’un relevé technique et économique pour chaque variété permet d’ajuster l’assolement pour identifier le meilleur choix technico-économique.
L’étude s’intéresse à trois filières agricoles françaises particulièrement concernées par ces enjeux : la viticulture, l’arboriculture et les productions de fruits et légumes. Pour répondre à cette question, les auteurs explorent de manière fine les critères de décision des agriculteurs lorsqu’ils choisissent leurs stratégies de protection des cultures. L’appartenance à l’un ou l’autre de ces profils dépend fortement du rôle de l’acteur (agriculteur, conseiller ou chercheur). Ces travaux soulignent l’importance du dialogue entre recherche, conseil et monde agricole pour accompagner la transition vers des pratiques de protection des cultures plus durables.
Le choix du site, c’est ce qui fait toute la différence. Sans une réflexion approfondie sur ce sujet crucial, il est facile de commettre des erreurs coûteuses. Tomber amoureux d’une terre magnifique située à cinq heures de son marché n’est pas forcément viable. Inversement, une terre bien située pourrait s’avérer peu productive.
La superficie nécessaire est souvent surestimée. Deux acres ou moins, bien gérés, peuvent suffire à faire vivre une ferme rentable, sans tracteur ni machinerie lourde. Il ne s’agit pas de cultiver plus, mais de cultiver mieux. Et plus tard, si on ajoute du personnel ou des bénévoles, le rôle évoluera vers celui de gestionnaire, ce qui demande une nouvelle posture et de nouvelles compétences.

Accès au Marché et Communauté
Produire, c’est seulement la moitié du travail. L’autre moitié est de vendre. Le maraîchage fonctionne souvent par la vente en direct, sans intermédiaires, ce qui permet d'établir des liens réels avec des gens qui veulent savoir d’où vient leur nourriture. Il est important de considérer la présence de marchés publics, de restaurants qui s’approvisionnent localement, de groupes d’achat, et d'identifier les concurrents. Surtout, la distance jusqu’aux clients est un facteur clé ; deux heures de route aller-retour chaque semaine, c’est beaucoup. La bonne nouvelle est qu'il n’y a pas besoin de 10 000 clients. Selon l’échelle de la ferme, entre 150 et 3 000 clients réguliers suffisent, ce qui est atteignable avec une bonne offre et un bon service.
La ferme, ce n’est pas juste un lieu de travail. Avant de se projeter sur une terre, il faut imaginer son quotidien. Où iront les enfants à l’école ? Où feront-ils leurs courses ? Y a-t-il accès à un médecin, un garage, une bibliothèque, un café ? Choisir une terre, c’est aussi choisir une communauté. Des fermes s’épanouissent sur des terres imparfaites, simplement parce qu’elles sont ancrées dans un milieu vivant, solidaire, ouvert. Alors avant de signer, il est conseillé de se promener, de visiter le marché et de jaser avec les gens. Choisir une terre, ce n’est pas chercher la perfection. Les six éléments explorés ici - le sol, le climat, l’eau, la superficie, l’accès au marché, et la communauté - ne sont pas une simple liste à cocher. L’essentiel, c’est que la terre choisie soutienne les valeurs, les ambitions, et la vie que l'on veut créer.
La hiérarchie des contraintes et des objectifs doit être établie à l’échelle de l’exploitation et de la parcelle pour choisir les variétés les plus appropriées et diversifier la gamme. Elle est incontournable dans les régions à sols superficiels ou sous les climats du sud de l’Hexagone.
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