La permaculture apporte des réponses pérennes et efficaces, adaptées à chaque contexte. Créer un jardin potager en permaculture nécessite de comprendre les principes de base pour transformer une parcelle en un écosystème productif. Un potager productif, ça se conçoit. Ne jardinez plus au hasard. L’objectif est de cultiver sur la plus petite surface possible en densifiant et en associant les cultures. Commencez petit, puis étendez-vous. Expérimentez le potager vertical en permaculture !

Fondamentaux : un sol vivant et une gestion optimisée des ressources
Avoir un sol vivant est indispensable pour un potager en permaculture résilient et productif ! Un sol vivant étant un sol suffisamment humide, aéré et riche en matière organique, votre mission numéro 2 consiste à en prendre soin. En stimulant cette vie du sol grâce, notamment, à l’apport de matière organique - déchets de cuisine, compost, fumier, etc. - tout déchet devient une ressource inexploitée. Composter, c’est recycler.
L’eau, source de vie, est considérée en permaculture comme un flux énergétique. Économiser l’eau au potager en permaculture est un enjeu primordial. La récupération de l’eau de pluie des toitures et le stockage en citerne, ou la collecte via une mare dans le potager, sont des solutions efficaces. Un arrosage maîtrisé évite les gâchis d’eau et d’énergie humaine.
Planification et organisation de l'espace cultivé
Faire ses plans potagers est une étape incontournable de l’organisation au jardin. Quelles sont vos besoins ? Avez-vous envie d’autonomie pour vous seul, votre famille ? Quelles ressources pouvez-vous consacrer à votre projet ? Planifiez votre année au potager en permaculture pour produire des légumes sains toute l’année !
Utilisez et valorisez la diversité. La plupart des légumes du potager peuvent être démarrés en caissette, godets ou autres petits pots divers issus du recyclage de déchets. Vous pouvez même créer votre micro-pépinière sur 2 m². Par exemple, chez Benjamin, on observe une petite zone cultivée intensément avec tout l’espace occupé par des légumes et plantes aromatiques diverses.
Réussir ses semis [TUTO]
L'art de l'association des cultures : au-delà des mythes
En permaculture, associer différents légumes compatibles sur votre parcelle potagère permet de les protéger des nuisibles et d’augmenter la quantité de vos récoltes, sans aucune utilisation d’engrais chimiques ou de pesticides. Ces techniques, que l’on peut aussi appeler “compagnonnage”, s’utilisaient déjà avec succès par nos ancêtres aux quatre coins du monde.
Oubliez les tableaux que l’on trouve sur le net : ils sont remplis de contradictions et nous compliquent plus la vie qu’autre chose. Le principe est d’associer des plantes qui ont une action l’une sur l’autre. Néanmoins, ces associations sont parfois difficiles à mettre en place, car elles peuvent demander beaucoup d’organisation en amont. Ce que nous vous conseillons donc, pour vos associations de cultures, c’est de vous détacher des livres traitant de cela et de les imaginer par vous-même en réfléchissant à la place future que prendra chaque plante lorsqu’elle sera développée.
Les associations « gain de place » et la photosynthèse
Nous ne faisons plus que des associations gain de place. Le principe est d’associer des plantes au port plus ou moins haut pour maximiser la photosynthèse sur une surface donnée en jouant sur les étages de végétation. Les plantes utilisent l’énergie de la lumière pour séparer l’eau (H²O) en oxygène et en hydrogène. L’hydrogène, mélangé au carbone capté dans l’atmosphère, produit des sucres simples et donc de la matière.
Un exemple probant est la Milpa, ou « les 3 sœurs », pratiquée depuis très longtemps en Amérique Centrale, où le maïs est associé aux haricots grimpants et aux courges. Le maïs sert de tuteurs aux haricots. Dans cette association, les haricots se servent du maïs comme tuteur, le couple maïs-haricot fait de l’ombre aux courges et ces dernières couvrent le sol pour empêcher la pousse des adventices.

Stratégies de réussite pour le jardinier
Trop d’associations de cultures tue l’association ! Si vous le pouvez, simplifiez-vous la vie et ne dépassez pas trois plantes dans vos associations. Cela permet de faciliter les interventions, c’est-à-dire les récoltes, le désherbage, etc. Préférez créer une nouvelle association, sur la même planche, avec des plantes différentes.
Il est très utile d’installer dans vos associations au potager des plantes qui fixent l’azote atmosphérique. Ce sont les légumineuses. Les pois, haricots, et fèves sont les trois cultures potagères principales qui remplissent cette fonction. Si vous le pouvez, installez-en dans vos associations, cela ne fera que du bien à votre sol.
La gestion temporelle : successions et rotations
Vous pouvez aussi envisager les associations au potager en faisant des successions culturales : une plante à cycle long peut voir plusieurs plantes à cycle court se succéder à ses pieds. Par exemple, lorsque vous plantez vos pieds de tomates en mai, pourquoi ne pas réaliser un ou deux cycles de radis avant que vos tomates ne prennent toute la place ? Quand ils sont récoltés, on enchaîne avec du basilic. Et au mois de septembre, on vient couper le basilic et on installe des navets, des laitues ou autre.

Diversité potagère : variétés et usages
La diversité est la clé de la résilience. Voici quelques légumes incontournables :
- La carotte : Le légume phare des maraîchers. Nous aimons particulièrement la carotte Touchon, la Jaune du Doubs, la Rouge sang et la Colmar à cœur rouge.
- L’aubergine : Rouge, blonde ou verte, elle est intéressante car elle pousse l’été. Nos variétés préférées sont la Listada (striée rose), la Black Pearl, et la Barbentane.
- Les légumes vivaces : L’asperge a toute sa place dans un potager en permaculture. La rhubarbe placée au pied d’un fruitier profitera du soleil en début de printemps.
- Les courges : Reine de l’été. Les variétés que nous préférons sont : la Verte maraîchère, Ronde de Nice, Verte d’Italie, Blanche d’Egypte et la Gold Rush.
Accompagnement par la biodiversité : auxiliaires et fleurs
Favorisez donc tous les types d’auxiliaires au jardin, des plus petits… En plus d’associer des légumes entre eux, vous pouvez également ajouter des fleurs à votre jardin en permaculture ! Tout d’abord, elles prendront de la place qui pourrait être occupée par des mauvaises herbes et préviennent donc de leur prolifération.
Les fleurs, tout comme certaines plantes aromatiques, dégagent une odeur qui peut attirer des insectes : elles détournent donc les ravageurs de vos légumes, tout en attirant les insectes auxiliaires (pollinisateurs) afin de favoriser le développement de vos légumes-fruits. Le souci, par exemple, est réputé pour repousser les pucerons, les nématodes et d’autres insectes nuisibles des tomates.

Vers l'autonomie en semences
Produire ses propres graines dans son jardin en permaculture est à la fois ludique, réjouissant, gratifiant et libérateur. Créez vos sachets de graines ! C’est une excellente pratique pour tester ses associations de légumes d’une année sur l’autre sans racheter de semences.
Toutefois, si vous souhaitez garder vos semences, il vous faudra être vigilant et rigoureux sur le suivi variétal. Bien nommer du semis de la graine à la récolte chaque pied pour être sûr de la variété. Beaucoup de variétés sont très proches, alors on s’emmêle vite les râteaux. Pour reproduire votre semence, pensez notamment à espacer vos pieds de haricots d’au moins 3 mètres.
En suivant ces principes de bon sens, d'observation et d'expérimentation, vous serez en mesure de transformer votre espace en un lieu de production sain, harmonieux et durable. N'oubliez pas que chaque jardin est unique et que la meilleure méthode est celle qui s'adapte à votre propre écosystème.
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