L'ail, cette plante condimentaire herbacée mesurant en général 60 cm de hauteur, est un ingrédient incontournable de nos cuisines. Consommé partout dans le monde quasi quotidiennement, il relève tous nos plats en plus de faire du bien à notre santé. Mais au-delà de sa présence culinaire et de ses vertus médicinales millénaires, de nombreuses interrogations subsistent quant à sa culture, notamment la question du tuteurage ou du nouage de ses tiges. Cet article explore en profondeur les pratiques culturales de l'ail, en se basant sur les expériences de jardiniers passionnés et les connaissances agronomiques, afin de démystifier les gestes à adopter pour une récolte réussie.

Origines et types d'ail : Une histoire millénaire
L'ail, Allium Sativum, est consommé depuis des millénaires. Les premiers écrits décrivant sa culture datent de l’époque sumérienne (-2500 ans), à l’extrême sud de la Mésopotamie antique (actuel Irak). Les Égyptiens, les Grecs et les Romains l’utilisaient en cuisine comme épice mais aussi en médecine comme remède. Ces trois peuples participeront largement à la diffusion de cette plante dans le reste de l’Europe. Les Gaulois instaurent son utilisation quotidienne en cuisine, en France et ce jusqu’à aujourd’hui. Le fameux Capitulaire De Villis de Charlemagne le recommande (ainsi qu’une centaine de plantes, arbres, arbustes et herbes) dans les domaines royaux. Au XVe siècle, Christophe Colomb pourrait avoir introduit l’ail aux Amériques, en important des gousses à Saint Domingue. Il ne gagnera l’Amérique du Nord qu’au XIXe. Le nom "ail" vient du latin allium, qui signifie "très peu de chose", probablement en raison de la petite taille des caïeux.
L'ail cultivé, inconnu à l'état sauvage, est une plante vivace aromatique originaire d’Asie centrale. Comme l’échalote, l’oignon ou le poireau, il fait partie de la famille des alliacées. Le plus commun se présente sous la forme d’un bulbe de 8 à 10 caïeux (ou gousses). Ce petit bulbe blanc, rose ou violet, est un indispensable en cuisine. Le bulbe est un agrégat de gousses ou caïeux, la tige est creuse et produit des fleurs en ombelle. Les fleurs, blanches pour l’ail blanc ou violettes pour l’ail violet, portent également des bulbilles. L’ail ne fleurit malheureusement pas systématiquement sous tous les climats d’Europe.
Il existe trois types d’ail : l’ail blanc, l’ail rose et l’ail violet.
- L’ail blanc : Parmi les variétés, on trouve Messidor, Messidrome, Thermidrome, Therador, Vigor, Supreme, Sabadrome, Corail, Jolimont. La variété Corail est la plus rustique de toutes. Les variétés d'automne, comme l'ail blanc et l'ail violet, sont de moins longue conservation et sensibles à l’humidité excessive, mais résistent bien au froid.
- L’ail rose : Goulurose, Ibérose, Enderose, Jardirose sont des exemples. L’ail rose a une dormance profonde, ce qui signifie qu'il met plus longtemps à se réveiller au printemps. Les variétés de printemps, regroupant l'ail rose et l'ail rouge, sont dites "alternatives" car pouvant être plantées à l’automne ou au printemps en climat doux. Elles se conservent mieux que les variétés d'automne, mais leur productivité est plus faible (petites têtes de 15 à 20 caïeux). L'ail rose 'Arno' est un ail de printemps productif, rustique et de longue conservation.
- L’ail violet : Germidour, Paradour, Primor, Sprint sont des variétés courantes.
En plus de ces types principaux, il existe des variétés spécifiques comme l'ail rocambole, aussi appelé ail d'Espagne ou oignon d'Égypte, qui est un ail de cuisine original. L'ail des ours, quant à lui, est apprécié pour sa floraison décorative et sa récolte s'effectue l'année suivant la plantation, en prélevant au fur et à mesure des besoins.

Préparation du sol et plantation : Les fondements d'une bonne récolte
La réussite de la culture de l'ail est largement conditionnée par l'époque de plantation et la préparation du sol. L'ail est une plante rustique, facile à cultiver et peu exigeante, mais il préfère un sol léger, bien drainé et aéré.
Choisir la bonne période de plantation
L’ail se plante généralement à l’automne, environ 4 à 6 semaines avant que le sol ne soit gelé. Cela permet aux racines de se développer avant l’hiver. En Amérique du Nord, la meilleure période se situe entre la fin septembre et la fin octobre. Pour ce qui est de l'ail blanc et de l'ail violet, une période de plantation dans le courant de l'automne (fin octobre jusqu'à mi-novembre) est souvent recommandée dans les régions proches de l'océan Atlantique. La plantation peut même se faire tardivement en automne.
Selon la variété choisie, l’ail peut être planté au printemps ou à l’automne. L'ail blanc et l'ail violet se plantent à l'automne, et l'ail rose au printemps. Pour les variétés d’automne, la plantation s'étend d'octobre à décembre. Les variétés de printemps ou alternatives peuvent être plantées dès décembre (Sud-Est, Sud-Ouest) ou de la mi-février à fin mars en climat moins clément. Il est important de veiller à ne pas planter l’ail trop tôt ou trop tard à l’automne.
L'intérêt de le planter en septembre pour l'aillet est que l'on va avoir des démarrages d'axillaires (les caïeux du bulbe commencent à grossir). L’ail est très rustique, il supporte des températures pouvant aller jusqu’à -15 degrés. La levée de dormance arrive à des températures fraîches : en dessous de 7 degrés pendant 1 à 2 semaines en moyenne (cela dépend des variétés).
Préparer le sol avec soin
Avant de planter l’ail, il faut préparer le sol. Il est conseillé d’amender le sol avec du compost ou du fumier bien décomposé. L’ail préfère un sol bien drainé et riche en matières organiques. L’ail apprécie aussi un sol légèrement alcalin, avec un pH de 6 à 7. Un sol ameubli, fin et léger est idéal.
Pour une culture en pleine terre, choisissez un endroit ensoleillé. Un bêchage à l’automne et un griffage du sol juste avant la plantation suffisent pour préparer le sol. L'ail pousse dans tous les sols pourvu qu’ils soient aérés et non sableux. Il se contente de reliquats de fumure des cultures précédentes. Une fumure de fond, pourvue en potasse et en soufre mais non azotée, peut néanmoins être profitable.
L’ail ne résiste pas aux rétentions d’humidité qui font pourrir ses bulbes. Si vous avez un sol lourd, retenant l'eau, il est préférable de planter votre ail à partir de fin février jusque mars. Une autre solution est de planter vos caïeux sur de petites buttes de terre que vous aurez façonnées. Si votre sol durcit lorsqu’il fait chaud (souvent les sols argileux, limoneux), il faudra absolument pailler votre ail afin de conserver une terre souple. Autrement, le grossissement du bulbe peut être entravé.
La plantation des caïeux
Avant tout, il est important de choisir une semence certifiée, et non des gousses d’ail de consommation, qui peuvent être porteuses de virus. Une mise en garde : ne pas utiliser l’ail destiné à la cuisine, qui assez souvent semble avoir subi un traitement antigerminatif. Notre astuce pour l’ail : achetez des têtes en magasin bio, peu importe la variété, et plantez-les ! Cette méthode revient beaucoup moins chère qu’en jardinerie. Dès la première année, vous pourrez conserver des bulbes pour replanter l’année suivante.
Une fois que le sol est prêt, séparez chacune des gousses du bulbe d’ail. Ce sont ces gousses, appelées caïeux, que vous plantez. Séparez les gousses délicatement juste avant de les planter, sans enlever la peau qui les entoure. Sur le bulbe, sélectionnez les caïeux les plus gros et bien formés. On utilise généralement uniquement les caïeux du pourtour de la tête : les plus gros. Ceux du centre peuvent être replantés pour la culture d'aillet par exemple.
Plantez les caïeux d’ail à environ 5 cm de profondeur, avec la pointe vers le haut. Assurez-vous d’espacer chaque gousse de 10 à 15 cm et de laisser 25 à 30 cm entre les rangs pour que les plantes aient suffisamment d’espace pour se développer. Enfoncez les caïeux à 4/5 cm minimum pour éviter qu’ils ne se déchaussent en poussant. La pointe peut être disposée de préférence vers le haut, pour favoriser la levée. L’espacement optimal sur le rang est d’environ 15 cm selon le calibre des bulbes et la fertilité de votre sol. Comptez un écartement de 10 cm entre les plants, 20 cm entre les lignes.
Dans les terrains qui se ressuient mal (c'est-à-dire qui se drainent mal), on plante sur des billons d’une dizaine de centimètres de hauteur. On peut aussi planter plus serré pour la production d’aillets dont l’arrachage précoce éclaircira la plantation destinée à une récolte plus tardive.
5 conseils pour bien planter l'ail cet automne #potager
Culture en pot
La plantation d'ail en pot d'extérieur fonctionne parfaitement bien. Choisissez un contenant solide qui restera en extérieur tout l’hiver et suffisamment profond (20 cm minimum). Remplissez celui-ci de terreau potager et d’un amendement à libération lente. Plantez les caïeux à 10-15 cm d’écart et 2,5 cm de profondeur, avec les extrémités pointant vers le haut. Placez la jardinière sur le rebord d’une fenêtre exposée au soleil. Il est possible de rentrer la jardinière dans la maison, cela permet de hâter la récolte de quelques jours. Toutefois, vous devez la laisser à l’extérieur jusqu’à fin janvier, car les bulbes puis les jeunes plantes ont besoin d’une période de froid pour se développer.

Entretien de l'ail : Le rôle crucial de l'eau, des nutriments et du désherbage
Même s’il est peu exigeant, l’ail nécessite quelques soins pour assurer une belle récolte. Un entretien limité mais judicieux fait toute la différence.
Désherbage et aération du sol
L’ail ne tolère pas la concurrence des adventices. Il est donc crucial de désherber régulièrement. Quelques binages pour éliminer les mauvaises herbes et aérer le sol suffiront à obtenir une culture pleine de vigueur. Si votre sol est paillé, commencez par ratisser le paillage pour avoir un sol nu et propre. Désherbez les éventuelles vivaces encore présentes. Passez un coup de griffe si le sol est compact. Le passage de la houe, profondément, permet de retirer toutes les racines des vivaces. Une fois la zone nettoyée, on peut planter facilement les bulbes.
Arrosage et fertilisation
L’ail redoute l’humidité stagnante : un excès d’eau favorise les maladies. Pendant la culture, un arrosage modéré est suffisant, sauf en mai, lors de la formation des bulbes, si le temps est sec. Si le mois de mai est sec, des arrosages au moment de la formation des bulbes seront bénéfiques. L’ail est une culture qui se paille bien lorsque le sol est drainant. Cela permet quasiment d’éliminer les arrosages sur l’année.
Si vous irriguez peu votre jardin, concentrez-vous sur l’essentiel : l’ail a besoin d’eau au moment de la levée et lors du développement du bulbe (généralement du stade 8 feuilles au stade 12 feuilles). Un arrosage lors de la plantation est également le bienvenu si le sol est sec, mais c’est rarement le cas à cette période. Vers la fin de la culture, 2 à 3 semaines avant la récolte, n’arrosez pas votre ail pour favoriser sa conservation. Évitez également d’arroser le soir.
Le développement végétatif de l'ail se fait au début du printemps, lorsque les températures sont encore assez fraîches. Comme les températures sont fraîches, la minéralisation de l’azote organique du sol est faible. Si vous souhaitez augmenter votre rendement, il faudra fertiliser avec des produits contenant de l’azote minéral prêt à être consommé par l’ail : l’urine, les fientes de vos volailles. Pour réaliser un thé de fientes : on mélange des fientes (200 grammes par arrosoir de 10L pour 4m² par exemple), et on arrose notre ail avec ce mélange. Il faudra faire cela assez tôt dans la saison, début février par exemple. Si vous souhaitez fertiliser votre ail pendant la bulbaison (si votre sol est très peu fertile par exemple), utilisez du purin de consoude ou de la cendre (une poignée pour 2 mètres linéaires). Commencez ces apports fin mars.
Il n'est pas nécessaire d'apporter de l'engrais sauf en cas de sécheresse. On peut utiliser un fertilisant pour bulbes à fleurs.
La question du tuteurage, du nouage et de la "castration"
La question initiale était "quand faut-il nouer l'ail pour qu'il grossisse ?" et "faut-il tuteurer l'ail ?". Les avis divergent, mais plusieurs expériences et conseils permettent de clarifier la situation.
Un jardinier a eu des têtes d'ail formidables sans les avoir nouées. L'année suivante, malgré une plantation identique, les têtes étaient petites et la plante semblait "monter" plutôt que de développer le bulbe.
Un autre conseil suggère de nouer les tiges quand elles sont assez longues, ou de simplement les casser. En fait, cela active la maturité mais ce n'est pas du tout obligatoire de le faire.
Le terme "castrer les aulx" a également été évoqué par un vendeur, signifiant couper les tiges en fin de cycle pour faire retomber la sève dans la tête. Caster c'est bien couper la tige.
Sur les ails à cou dur, il est recommandé d'enlever au fur et à mesure les fleurs (tiges florales ou scapes) afin que la plante concentre son énergie dans le développement de son bulbe. Les hampes florales doivent être récoltées avant que les fleurs ne s’ouvrent. Au début de l’été, la fleur d’ail forme une boucle distinctive avant de se redresser et de produire un bouton floral. Récoltez cette fleur avant qu’elle s’ouvre pour permettre à la plante de concentrer son énergie sur le développement du bulbe. La période idéale pour récolter la fleur d’ail se situe environ trois semaines après l’apparition des tiges florales, généralement en juin. Pour la récolter, il suffit de couper la tige à sa base, là où émergent des feuilles. La scape peut être utilisée immédiatement en cuisine, crue ou cuite.
Ces pratiques de nouage, cassage ou coupe des tiges florales (scaps) visent toutes à rediriger l'énergie de la plante vers le bulbe plutôt que vers la production de graines ou la croissance foliaire. Ce n'est pas à proprement parler du "tuteurage" qui consiste à soutenir physiquement la plante. Il s'agit plutôt d'une technique de taille.
Si vous observez le bulbe sortir de terre, buttez-le (c’est-à-dire formez une butte autour de la base de la tige) afin qu’il reste bien enterré.
Enfin, certains jardiniers constatent qu'il n'est pas nécessaire de tuteurer ou de nouer si l'ail est planté dans un sol vivant et propice à sa culture. Le problème des petites têtes peut être lié au pH du sol (5,4 est trop acide) ou à un manque d'azote.

Récolte et conservation : Assurer la longévité de l'ail
La récolte et la conservation sont des étapes cruciales pour profiter de votre ail tout au long de l'année.
Quand récolter l'ail ?
L’ail est prêt à être récolté à la mi-été, en juillet ou en août, lorsque les feuilles commencent à jaunir et à sécher. Assurez-vous de ne pas attendre que toutes les feuilles soient mortes, car cela pourrait faire pourrir les bulbes sous terre. Si vous avez planté vos caïeux à l’automne, comptez 8-9 mois avant la récolte. Les plantations printanières attendront 4-5 mois avant d’être récoltées. Vous saurez que c’est le bon moment lorsque vous verrez les feuilles qui commencent à jaunir. Si cela tarde à se produire, vous pouvez coucher les tiges.
Les bulbes d’ail eux-mêmes devraient être prêts en début d’été. Les bulbes sont prêts à être stockés lorsque leur peau est sèche et a l’aspect du papier. Pour une conservation de longue durée, récoltez l'ail lorsque la moitié supérieure des feuilles est sèche. Récolté à surmaturité, l’ail se conserve moins bien.
Si vous faites la récolte par temps de pluie, laissez les sécher à plat quelques jours dans un local sec et aéré avant de les mettre en tresse et de les pendre. "Ressuyer" est l’action de laisser sécher.
Pour votre aillet, on récolte les bulbes frais, en mars/avril/mai. Si vous souhaitez une récolte mesurée précisément, il est possible de faire le rapport poids des bulbes/poids des feuilles. On prend un échantillon, 20 plants par exemple, et on pèse en faisant la moyenne. Le ratio doit être de 1,6, 1,7. Les bulbes doivent donc être 1,6 fois plus lourds que le poids total des feuilles.
Comment récolter l'ail ?
Pour récolter l’ail, ne tirez pas sur les tiges. Il est préférable de dégager doucement les bulbes avec une fourche ou une bêche pour soulever délicatement la plante du sol. Cela permet d’éviter d’endommager les bulbes. À cette étape, faites attention à ne pas les couper ou les meurtrir, car les blessures peuvent réduire leur durée de conservation.
Une fois l’ail retiré du sol, ne le lavez pas, car l’humidité prolongée peut provoquer de la moisissure pendant le séchage. Récoltez à pleine maturité, par temps sec, de préférence l’après-midi.
Séchage et conservation
Cette étape est cruciale pour conserver l’ail plus longtemps. En vous appliquant bien, vous pourrez conserver votre ail parfois jusqu’à l’année suivante. Laissez sécher tiges et bulbes à l’ombre pendant quelques jours (le soleil provoque des brûlures et diminue la conservation). Il suffit de laisser les bulbes sécher à l’ombre quelques jours (le soleil provoque des brûlures et diminue la conservation). Les enfants pourront ensuite s’amuser à faire des tresses qui décoreront la cuisine !
Dans un endroit sec et aéré, suspendez les bulbes d’ail par leurs tiges. Assurez-vous que les bulbes soient à l’abri de la lumière directe du soleil et de l’humidité. Si vous n’avez pas la possibilité de les suspendre, il est aussi possible de les étaler en couches simples sur un grillage ou des plateaux dans un endroit sec. Laissez sécher en plein soleil dans une cagette pendant quelques jours. Attention à ne pas les superposer, pour ne pas créer des zones humides propices aux maladies.
Le séchage, ou cure de l’ail, est d’une durée d’environ 2 à 4 semaines, selon les conditions d’humidité et de ventilation. L’ail est prêt lorsqu’il a perdu 20 à 30% de son poids. Vous pouvez vérifier cela en pesant un échantillon au départ et en le testant plusieurs fois. Par exemple, si vous prenez 10 têtes d’ail qui font 1 kg, l’ail sera prêt lorsqu’il atteindra environ 750 grammes.
Conservez ensuite l’ail dans un endroit frais, sec et sombre. Un sac en papier brun dans le garde-manger fait l’affaire. Il se gardera plusieurs mois et sera prêt à agrémenter vos plats tout au long de l’année. Conservez les têtes à une température supérieure à 15 degrés, idéalement 18/20 degrés. Privilégiez un environnement sec et ventilé : la cuisine convient parfaitement si elle n’est pas trop chauffée en hiver !
Pour ma part, seuls les bulbes de fin d’été se conservent. Après la récolte, l’ail entre en dormance et est incapable de germer. Une chute de température fait disparaître cette dormance.
Maladies et compagnonnage : Prévenir et optimiser la culture
L'ail est une plante exigeante sur le plan sanitaire. Comprendre les maladies et les associations favorables permet de protéger votre culture et d'augmenter vos rendements.
Les maladies de l'ail
L’ail n’est pas très attaqué et la culture est assez simple à réussir. Néanmoins, il est susceptible d'être affecté par quelques maladies :
- La graisse : C'est une maladie qui survient quand les terres sont trop humides.
- La rouille : Les feuilles jaunissent et des pustules jaunâtres apparaissent. Les cas bénins ne menacent pas forcément la récolte, mais il vaut mieux enlever rapidement toutes les feuilles infestées dès l’apparition des symptômes. Vous pourrez ensuite les brûler ou vous en débarrasser, mais pas dans le compost. La rouille du poireau se rencontre plus souvent lors de longues périodes d’humidité, sur des plants trop rapprochés. Pour lutter, on peut pulvériser de l’huile essentielle de tanaisie.
- La pourriture blanche des allium : Les symptômes incluent le jaunissement des feuilles extérieures, l'arrêt de la croissance, le dépérissement de la plante, des filaments blancs au niveau des racines avec de petites boules noires, et la pourriture des caïeux. Malheureusement, aucun traitement ne peut actuellement en venir à bout.
Pour prévenir ces maladies, la rotation des cultures joue beaucoup. Les cultures d’ail et d’alliacées en général (ail, poireau, oignon, échalote, ciboule…) doivent, si possible, revenir au minimum tous les 4/5 ans sur la même parcelle. Évitez de cultiver sur cette même parcelle des oignons ou des poireaux, sensibles aux mêmes maladies et nuisibles que l'ail. De même, évitez les blessures lors de l’égoussage. Lors de la plantation, refermez bien le sol une fois le bulbe planté. Faites en sorte que votre plantation sorte vite de terre : pour une plantation en octobre, le sol est propice et il ne vous restera plus qu’à arroser correctement votre ail les premières semaines si votre sol est sec.
Compagnonnage de l'ail
Le compagnonnage des légumes au potager est l'art de faire pousser ensemble des légumes qui s'entendent bien. L’ail n’échappe pas à la règle. Certaines cultures lui sont favorables (et réciproquement) et à l’inverse d’autres associations de légumes lui sont nuisibles. Attention, ces associations sont avant tout une question de proximité. C’est-à-dire que des légumes qui vont bien ensemble se retrouveront plantés dans des rangs ou des zones du potager proches. À l’inverse, des cultures qui ne vont pas bien ensemble, pourront se trouver au potager pendant la même période, mais on les éloignera fortement.
L’ail est un excellent compagnon de culture. L’ail s’accommode bien avec la betterave, carotte, céleri, fraisiers, laitues, tomates, ainsi que les pommes de terre et le fenouil. L’ail se plaît suite à une culture de légumineuse ou de pomme de terre.
L'ail a des vertus antibiotiques, insecticides, nématicides, et il permet de lutter contre les maladies cryptogamiques de certains fruitiers. Vous pouvez associer votre ail avec la plupart des légumes du potager ! Ne prenant pas beaucoup de place et ayant de petits besoins de fertilité, il fera un bon compagnon, tant que vous lui laissez suffisamment de place pour qu’il s’exprime. L’association de l’ail avec tous les fruitiers est conseillée, n’hésitez pas à en mettre au pied de vos fruitiers. Leurs composés soufrés aideraient les arbres à lutter contre certaines maladies.
Une association gain de place qui fonctionne à merveille est celle de l’ail avec la mâche. Cette association ne nécessite quasiment pas de main d’œuvre si vous avez laissé vos pieds de mâche monter à graines les années précédentes. On gagne ainsi du temps en réalisant deux tâches en une. Plantez l’ail à 15 cm en tous sens, et la même chose pour la mâche. Vous aurez ainsi environ un plant tous les 7,5 cm en quinconce. Cela permet d’avoir deux récoltes au lieu d’une seule sur la même planche de culture, ce qui est intéressant car la culture de l’ail occupe longuement le sol du potager. La mâche occupe et couvre le sol durant l’hiver, et dès qu’elle est finie de récolter, vous pouvez soit attendre un peu et récolter tout l’ail en aillet et en bulbe frais, puis installer des légumes d’hiver qui se sèment tôt comme le panais (ou des légumes d’été), ou simplement rajouter un petit paillage et attendre la récolte de l’ail à un stade plus avancé.

Les bienfaits de l'ail et ses utilisations en cuisine
Le goût de l’ail est puissant, caractéristique, légèrement piquant, et peut virer à l’amertume selon la cuisson. Cru, il est très aromatique et parfois agressif. Cuit, son goût devient plus doux et sucré. Bien qu’il soit consommé en faible quantité, l’ail apporte plusieurs nutriments intéressants lorsqu’il est intégré régulièrement dans l’alimentation. Il est riche en composés sulfurés aux vertus médicinales, et constitue une bonne source de manganèse, vitamine B6, phosphore, fer, cuivre, sélénium et vitamine C.
Les bienfaits de l’ail sur la santé ne sont plus à démontrer : riche en sels minéraux, antiseptique, stimulant, il est en outre un excellent moyen de lutter contre les troubles circulatoires, les rhumatismes et l’hypertension. Utilisé comme remède depuis l’Antiquité, l’ail est considéré comme une panacée. Les esclaves égyptiens en consommaient pour se protéger des maladies pendant la construction des pyramides. Les soldats romains s’en servaient pour rester en forme. Lors de la peste de Marseille en 1720, quatre voleurs affirmèrent avoir survécu grâce à un élixir à base d’ail, ce qui leur valut la clémence. Les études le prouvent : la consommation d’ail est très bonne pour la santé. En 1732, l’abbé Pluche dans son fameux livre "Le Spectacle de la Nature" insistait sur le fait qu’il fallait consommer de l’ail quotidiennement. En décoction, l’ail est un remède efficace contre toutes sortes de maladies du potager.
En cuisine, l'ail est un ingrédient incontournable. Cru, cuit, haché, pilé ou entier, il s'adapte à de nombreuses préparations. Selon la sensibilité digestive, l’ail peut juste parfumer les plats en les retirant au moment de servir. Il peut être dégusté piqué dans une viande, pressé dans une sauce, frotté sur du pain ou encore émincé dans une salade. Présent dans les ragoûts, le pesto ou les pommes de terre sarladaises ou encore mixé avec les légumes de votre plancha, l’ail relève tous nos plats.
Les feuilles d’ail peuvent se manger comme la ciboulette : en salade, en omelette ou mélangées à du fromage blanc. On peut en avoir toute l’année à la maison en plaçant un bulbe d’ail sur le goulot d’une carafe pleine d’eau que l’on renouvelle régulièrement. Les petits caïeux du centre de la tête peuvent être utilisés pour la cuisine. Les plantes bien vertes issues de plants certifiés permettent de consommer aussi bien le bulbe que les feuilles. À consommer tout de suite car les bulbes encore gorgés d’eau ne se conservent pas.