L’amandier (Prunus dulcis) est un arbre de la générosité. Il offre de la couleur, de la joie et une forme de renaissance bien avant que le printemps ne soit. Si vous souhaitez récolter vos fruits directement dans votre jardin, vous pouvez commencer à planter des arbres fruitiers pour former votre propre verger. Ces arbres ne demandent pas beaucoup d’entretien, et sont assez simples à planter, et à entretenir. Que vous préfériez une variété à fruit pour une récolte automnale d’amandes gourmandes ou une variété strictement ornementale, vous serez sous le charme de floraisons toujours généreuses, toujours magnifiques. L’amandier est un bonheur au jardin, l’un de ces arbres qui réveille le paysage alors même que l’hiver n’est pas encore fini.

Origines et botanique de l’amandier
L’amandier (Prunus dulcis) est originaire du Moyen-Orient et de l’Asie centrale. Il est cultivé depuis plus de 4 000 ans pour ses fruits secs, les amandes, qui sont très prisées pour leur richesse nutritionnelle et leur polyvalence en cuisine. Répandu autour de la Méditerranée depuis des siècles, l’amandier est un arbre à la fois très ornemental et qui offre à la dégustation ses délicieuses amandes, à croquer fraîches ou sèches. Prunus dulcis fait partie de la famille des Rosacées. Les amandiers que l’on cultive sont issus d’une sélection, pour produire l’amande douce, dépourvue presque entièrement du cyanure dont l’amande amère, sauvage, est riche.
Cet arbre fruitier de taille moyenne peut atteindre 6 à 12 mètres de hauteur pour environ 6 à 8 mètres d’envergure. Il vit entre 50 et 80 ans et possède de belles feuilles de 8 à 12 cm de long de couleur vert clair sur le dessus et vert gris sous le dessous. L’amandier se distingue par sa précocité de floraison, offrant un spectacle enchanteur de fleurs blanches ou roses avant même l’apparition des feuilles. Ses fruits, les amandes, sont en réalité des drupes qui contiennent un noyau, renfermant les graines appelées les amandons.
Choisir la variété adaptée à votre climat
L’essentiel est de choisir un arbre adapté à votre climat. Ce bel arbre se préfère au sud de la Loire bien que quelques variétés tardives s’accommodent d’un climat plus septentrional. Rarement autofertile, il se plante à proximité d’un de ses congénères. Dans ce cas, la distance de plantation sera d’au moins 5 m mais n’excédera pas les 15 m.
Parmi les excellents pollinisateurs, on citera la variété ‘Texas’. Cette variété horticole ancienne originaire des États-Unis est bien résistante au froid et assez tardive. En automne, cet arbre érigé qui atteindra 6 m de haut offrira une fructification très abondante. Il sera un utile voisin pour ‘Ferragnes®’. Également adapté à une culture septentrionale, cet arbre se couvrira au début du printemps d’une multitude de fleurs blanches. Il aura besoin d’un autre amandier pour polliniser ses fleurs et donner du fruit.

En matière de variétés hâtives à réserver plutôt au sud de la France, l’Espagne nous offre la variété ‘Marcona’ et son fruit très arrondi à coque dure dont la qualité gustative exceptionnelle lui vaut d’être au cœur de la fabrication du célèbre Turron. Rustique à -15°C, il se plaira en plein soleil dans des climats doux voire chauds. ‘Marcona’ est, en autres, pollinisé par ‘Texas’ tout comme le ‘Princesse’, partiellement autofertile. Assez tardif - sa floraison survient fin mars - il donne une récolte en sec précoce, dès la fin de l’été.
Enfin, pour les petits jardins ou une culture en pot, choisissez l’amandier ‘Garden Prince®’, une variété naine autofertile. Sa floraison tardive permet une culture sous tous les climats y compris au nord de la France en situation abritée.
Plantation et préparation du terrain
La première chose à prendre en considération est la période. Pour planter un amandier, il faut attendre d’être en octobre et la période s’arrête en avril. Pour l’exposition, choisissez un emplacement ensoleillé et abrité. Le sol peut être un sol ordinaire, il se doit d’être bien drainé, voire caillouteux. L’amandier apprécie les sols filtrants, sur des terrains légers et pierreux. En terre argileuse, une plantation sur une butte ou un terrain en pente peut être réalisée, avec une couche de gravier pour parfaire le drainage.
La première étape pour planter un arbre fruitier, c’est de creuser un trou. Environ 50 centimètres de profondeur et 80 centimètres de large seront suffisants. S’il s’agit d’un sujet en conteneur, mettez la motte à tremper un petit quart d’heure pour bien l’humidifier puis laissez-la bien s’égoutter et décompactez les racines avant de la mettre dans le trou de plantation. Dans le cas d’un sujet à racines nues, retaillez le bout des racines modérément, supprimez les plus abîmées et pralinez l’ensemble.
Après avoir coupé le bout des racines, pour rafraîchir ces dernières, installer un tuteur dans le trou pour maintenir l’arbre droit. Assurez-vous que le point de greffe est bien situé au-dessus de la surface avant de reboucher. Pour terminer la plantation, tasser la terre au pied de l’arbre, et arroser abondamment votre amandier.
Entretien et soins au fil des saisons
Une fois installé, l’arbre est peu exigeant. Donnez-lui un coup de pouce si nécessaire au printemps et en automne avec un apport d’engrais complet ou de fumier au pied que vous aurez préalablement aéré en surface à la binette. L’amandier a besoin d’un arrosage régulier, surtout pendant les premières années après la plantation et en période de sécheresse. Un manque d’eau peut affecter la taille et la qualité des fruits. Il est conseillé de maintenir le sol humide, mais sans excès pour éviter le pourrissement des racines.
#2 TAILLE DE FORMATION - Tutoriel
En ce qui concerne la taille de formation qui survient dans les premières années, elle s’effectue en hiver hors période de gel. Il s’agit là d’établir la charpente en sélectionnant les branches charpentières. Après quelques années, une taille d’entretien sera nécessaire. Elle a plusieurs objectifs : conserver une belle silhouette, maintenir une bonne santé et dynamiser la fructification. Pour ce faire, nettoyez les branches mortes, donnez de l’air et de la lumière en supprimant les branches superflues puis raccourcissez les branches restantes d’un tiers environ.
Gestion des maladies et parasites
Peu fragile, l’amandier pourra cependant souffrir de quelques attaques. Par traitement fongicide à base de cuivre de type bouillie bordelaise, vous combattrez la tavelure ou la cloque du pêcher, deux champignons qui se manifestent sur les feuilles et les rameaux et sont favorisés par l’humidité. La moniliose est un champignon qui provoque le pourrissement des fruits et le flétrissement des fleurs et des rameaux.
Les pucerons sont également friands de cet arbre. Agir dès apparition, voire même par anticipation, vous permettra certainement d’éviter le recours à des traitements insecticides. Vous pouvez doucher le feuillage au jet, abondamment. Lorsque les dimensions du fruitier le permettent encore, vous pouvez pulvériser du savon noir dilué sur les feuilles, qui empêchera la progression des indésirables. Enfin, faites appel à de précieux auxiliaires comme les chrysopes ou les coccinelles qui ne manqueront pas de vous accompagner dans votre lutte écologique.
Récolte et conservation des amandes
À partir de la troisième année, vous pourrez récolter plus de 8 kg de fruits à coque sèche. La récolte des amandes pour une consommation fraîche se fait à la fin du printemps, jusqu’en juillet, mais il faut attendre septembre octobre pour récolter des amandes sèches, la coque qui les entoure est à ce moment-là bien ouverte.
Débarrassez-vous de ces enveloppes pour ne garder que les coques que vous disposerez sur une claie ou dans un panier bien aéré. L’amande séchera ainsi peu à peu et pourra être conservée près d’une année. Les amandes sont ensuite séchées pour assurer une bonne conservation. Une fois sèches, mettez-les dans des sacs de jute dans un endroit frais et sec.
Bienfaits nutritionnels et usages culinaires
Il faut dire que l’amande douce est digne d’intérêt à bien des titres et sous bien des formes. Sa forte teneur en oméga 6 lui permet d’avoir une action en faveur du bon cholestérol. Elle est riche en fibre et favorise donc digestion et transit. Elle contient de la vitamine E en quantité significative, ce qui en fait un antioxydant de choix. Riche en potassium, phosphore, calcium et magnésium, elle agit sur le stress, l’asthénie et la tension nerveuse en général. Son index glycémique bas la rend accessible aux diabétiques.

Les amandes sont très polyvalentes en cuisine. Elles peuvent être consommées crues, grillées, ou transformées en poudre pour la pâtisserie. L’Amandier est un gâteau aux amandes, fondant en bouche et délicieux à déguster. Fouettez trois œufs entiers et 150 grammes de sucre en poudre. Ajoutez 150 grammes de poudre d’amandes à votre mélange, une poudre qui remplace la farine et apporte du moelleux. Versez votre préparation dans un moule, puis enfournez ce dernier dans un four 30 minutes à 180°C. Les amandes sont des fruits à consommer frais, secs, entiers, émincés ou encore râpés. Outre le fruit nature, l’amande douce s’utilise sous forme d’huile à consommer pure ou en tisane ou à appliquer en cataplasme ou en massage.