Optimiser la Fertilité de son Sol en Permaculture : Techniques et Approches Inspirées par la Nature

La permaculture, cette technique inspirée de la nature qui minimalise le travail du sol et le désherbage, repose sur un principe fondamental : prendre soin de la terre. Un sol fertile est le garant de la santé et d’une bonne croissance des végétaux, assurant des récoltes abondantes et de qualité. Comprendre et améliorer la fertilité de son sol est donc une étape cruciale pour tout jardinier souhaitant s'engager dans cette voie écologique et durable. En effet, de la fertilité du sol dépendront nos récoltes aussi bien en quantité qu'en qualité.

Schéma illustrant les trois piliers d'un sol vivant

Comprendre le Sol : Un Écosystème Vivant

Un sol vivant est un écosystème complet où bactéries, champignons, vers de terre, insectes, micro-organismes, et tout ce beau monde travaillent ensemble. Chacun a son rôle : recycler les nutriments, aérer le sol, décomposer la matière organique ou encore réguler l’eau. Grâce à cette coopération, le sol peut nourrir les plantes et rester en bonne santé. Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture), un quart de la biodiversité mondiale se trouve dans les sols. Sous nos pieds, une incroyable diversité d’organismes interagissent pour maintenir les cycles naturels essentiels à la vie.

Pour bien comprendre, un sol vivant repose sur trois piliers :

  • La matière organique : C'est la base de l'alimentation de tous les organismes du sol.
  • Les organismes vivants : Vers de terre, bactéries, champignons, insectes, tous contribuent à la structure et à la fertilité du sol.
  • La structure du sol : Une bonne structure permet une circulation optimale de l'eau et de l'air.

Infographie montrant les différentes couches d'un sol sain avec sa biodiversité

Un sol vivant prend soin des cultures sans que le jardinier ait besoin d’ajouter d’intrants extérieurs. Le préserver, c’est penser à la fois à aujourd’hui et à demain. Les micro-organismes décomposent la matière organique en nutriments directement assimilables par les plantes, un processus naturel qui évite le recours intensif aux engrais chimiques. Les organismes vivants, comme les vers de terre, créent des galeries qui améliorent l’aération et le drainage. Une bonne structure permet aux racines de mieux se développer et d’accéder à l’eau et aux nutriments. De plus, un sol vivant retient mieux l’eau, ce qui aide les plantes à traverser les périodes de sécheresse. Il est aussi plus résistant à l’érosion et aux variations climatiques. Les organismes bénéfiques présents dans un sol vivant aident à contrôler les pathogènes en limitant leur prolifération. Un sol vivant est donc un sol en meilleure santé.

Les Différents Types de Structures de Sols

La structure du sol est un indicateur clé de sa santé et de sa fertilité. Il existe différents types de structures de sols :

  • La structure particulaire : Caractéristique des sols majoritairement sableux, elle ne permet pas au sol de retenir l’eau et les nutriments essentiels aux plantes. Un sol sableux est un sol léger qui, à l’inverse du sol argileux, est composé des particules les plus grossières. Il s'agit donc d'un sol facile à travailler et bien drainé.
  • La structure compacte : Caractéristique des sols majoritairement argileux, une structure compacte rend le sol saturé en eau, imperméable à l’air, ce qui crée un milieu asphyxiant pour les plantes et ne permet pas le développement de la vie aérobie qui est la plus importante dans la création de fertilité. Une terre argileuse a assez mauvaise réputation : en effet, lourde et compacte, composée des particules les plus fines, elle est en général assez difficile à travailler.
  • La structure grumeleuse : C’est la structure idéale, caractéristique d’un sol où sables et limons sont liés entre eux par l’argile et forment des agrégats permettant d’avoir un sol à la fois perméable à l’eau et à l’air, pouvant retenir les nutriments et accueillir une belle activité biologique, base d’un sol fertile et vivant. La terre idéale de tout jardinier est la terre franche : 70 % de sable, 10 % d’argile, 10 % de calcaire et 10 % d’humus.

Ce sera un premier indicateur sur la santé et fertilité d’un sol. Nous pouvons tous, même sans trop de connaissances, faire des observations sur cette vie du sol.

Les Fondements de la Permaculture pour un Sol Saines

La permaculture est un principe global de culture qui se base entre autres sur l’écologie naturelle. Le but affiché est une agriculture durable, qui respecte le sol et ce qui y vit tout autant que celui qui y travaille. La permaculture est en effet peu énergivore, autant en termes de travail que de l’utilisation d’énergies non renouvelables. Elle est particulièrement utile au potager.

🍀🐞🥰 Les bases de la permaculture 🍀🐞🥰

Origines et Philosophie

Le mot permaculture est une contraction issue de l’expression américaine "permanent culture" utilisée puis reprise au cours du XXe siècle dans le milieu agronome. Les origines de la permaculture remontent à un agriculteur japonais, Masanobu Fukuoka, microbiologiste et chercheur en pathologies des végétaux. Il a tourné le dos à l’agriculture dite scientifique et productiviste (basée sur les engrais, les pesticides et le travail du sol) pour pratiquer une "agriculture naturelle". Dans sa ferme, il a fait des recherches pour minimiser autant que possible le travail de l’homme et réunifier celui-ci avec la terre qui le nourrit.

La théorie de la permaculture a été pensée dans les années 1970 par deux Australiens, Bill Mollison et David Holmgren, d’après les travaux de Masanobu Fukuoka, mais pas seulement. Ils se sont aussi basés sur des travaux écologiques, d’aménagement, toujours dans le but de lutter contre l’agriculture intensive qui abîme voire détruit les sols. La permaculture est plus "active" que l’agriculture naturelle prônée par le japonais. Pour autant, elle inclut elle aussi des principes philosophiques et éthiques. La permaculture a également une portée holistique, globale, dans le sens où elle vise à la création de sociétés humaines durables via la création par chacun de son propre environnement (production de nourriture, d’énergie, d’habitat) durable et autonome mais connecté aux autres. Bill Mollison et David Holmgren ont enseigné leur théorie à de nombreux étudiants, qui sont devenus eux-mêmes des formateurs dès le milieu des années 1980, entraînant la formation d’écoles, d’associations et autres groupements de permaculture.

Le maraîchage sur sol vivant (MSV) est une méthode agricole qui met la vie du sol au centre de la production. L’objectif est de préserver et d’améliorer la fertilité naturelle du sol en travaillant avec ses écosystèmes, plutôt que de les perturber.

Principes Clés de la Permaculture pour le Sol

En permaculture, on réalise généralement des cultures biologiques, sans intrants chimiques, et avec un mot d’ordre : la "soutenabilité énergétique". On y utilise le moins possible d’énergies non renouvelables, et le moins possible d’énergie de travail. On va y imiter les écosystèmes naturels qui sont considérés comme plus efficaces que les systèmes humains. La forêt est l’un des principaux modèles, qui a donné naissance à l’agroforesterie.

  • Ne pas travailler le sol : C’est pourquoi on recommande très fortement en permaculture de ne pas retourner ou labourer le sol sous peine de briser ce cercle vertueux et de bouleverser l’ensemble de cet équilibre vivant. Une autre raison de ne pas labourer est la préservation des réseaux mycéliens (champignons) dans le sol. Les champignons contribuent pour beaucoup plus que l’on ne croit à la santé de nos végétaux, en créant notamment des associations vertueuses avec les racines des plantes (mycorhizes). Ils mettent à disposition des plantes eau et nutriments en échange de sucres et autres éléments nécessaires à leur survie que les plantes peuvent leur procurer.
  • Couvrir le sol en permanence : Le sol d'un jardin ne doit jamais se trouver à nu, car c'est diviser son potentiel par dix ! La nature, en effet, a horreur du vide. Il est important que le sol soit constamment couvert. On peut utiliser différents types de paillage (paille, BRF, feuilles mortes, carton, mélanges de déchets verts) ou semer des engrais verts. Cette couverture limite le tassement et l’érosion des sols et nourrit le sol qui va nourrir la plante.
  • Multiplier les espèces végétales : La permaculture se montre l’opposé des monocultures intensives. On y multiplie les espèces végétales pour conserver une bonne diversité. Un large choix de variétés de la même espèce permet également des récoltes étalées dans le temps. La permaculture accorde beaucoup de place aux plantes potagères pérennes ou perpétuelles : elles se multiplient seules, ne demandant pas de travail au jardinier durant des années une fois qu’elles sont plantées.
  • Utiliser les associations de plantes (plantes compagnes) : Les végétaux sont rarement installés en lignes par genre, ils sont plutôt mêlés pour utiliser au mieux les associations de plantes et limiter la circulation des organismes pathogènes. Installées à proximité les unes des autres, ces plantes sont bénéfiques les unes pour les autres. Elles se protègent, se rendent service, fonctionnent bien ensemble.
  • Intégrer les animaux d'élevage : On y utilise les animaux d’élevage qui vont contribuer au système : poules, canards, chevaux, moutons. Les poules par exemple se nourrissent de limaces, de chenilles, limitent la pousse des adventices, fournissent du guano qui nourrit le sol, donnent des œufs.

Illustration d'un jardin en permaculture avec différentes cultures mêlées et animaux

Techniques pour Améliorer son Sol en Permaculture

Améliorer la fertilité du sol est possible. Que l'on jardine de manière conventionnelle ou en permaculture, le principe reste le même. La gestion de la fertilité, c’est avant tout la gestion des "flux". Pour un sol fertile, il existe quelques méthodes simples à mettre en œuvre qui permettront d'avoir un bon sol et d'obtenir de beaux légumes par exemple.

1. Ne Jamais Travailler le Sol

Le jardin en permaculture, comme le jardin classique, bannit toute forme de travail qui consiste à mélanger les couches du sol. On croit souvent que retourner la terre, c’est la rendre plus fertile. Mais en réalité, c’est tout l’inverse : on dérange les organismes qui vivent tranquillement en dessous et on abîme la structure naturelle du sol.

  • Préserver la pédofaune : Les 10 premiers centimètres de terre contiennent une pédofaune nombreuse, qui a beaucoup d’influence sur le sol en lui-même et sur les végétaux qui y poussent. Les vers de terre aèrent la terre et l’ameublissent mais ils ne sont pas les seuls : les fourmis, les collemboles, les mille-pattes brassent continuellement la surface du sol ou un peu plus en profondeur, en fonction des espèces.
  • Protéger les réseaux mycéliens : Une autre raison de ne pas labourer est la préservation des réseaux mycéliens (champignons) dans le sol.
  • Utiliser des outils adaptés : Le jardinier peut utiliser des outils comme la grelinette qui permet de décompacter le sol sans le retourner. Si l'on souhaite aérer sa terre, il est conseillé de ne pas aller en-dessous de 5 cm.

2. Couvrir le Sol en Permanence : Le Paillage

Dans un second temps, on s’aperçoit que le sol est constamment couvert. Il est vital de toujours garder le sol couvert grâce à un paillage permanent composé de matériaux divers. Le paillage, qui consiste à recouvrir le sol, apporte de nombreuses solutions pour faire des économies et surtout ne pas avoir besoin d'utiliser de produits phytosanitaires. Myriam, membre de nos formations en ligne depuis de nombreuses années, a réussi, en ajoutant régulièrement de la matière organique sur son sol, à créer une terre fertile dans son jardin qui était au départ un parking en gravier bitumineux.

  • Choix des matériaux de paillage : Qui dit permaculture pense souvent à la paille en premier lieu, en particulier pour un potager. Mais il n'y a pas que la paille qui soit utilisée selon les techniques de la permaculture. Vous pouvez aussi essayer le carton ou les mélanges de déchets verts. D'autres ressources incluent le BRF (bois raméal fragmenté), les feuilles mortes, le foin, les tontes de gazon, les résidus de cultures, le fumier.
  • Avantages du paillage : Cette couverture limite le tassement et l’érosion des sols, conserve l’humidité et les nutriments de la terre. Il nourrit le sol qui va nourrir la plante et limite les mauvaises herbes, réduit l'arrosage, protège le sol et améliore sa teneur en matière organique.
  • Le bon paillage au bon moment : En automne, il faut imiter la nature : les feuilles tombent. Riches en carbone, elles vont avoir besoin de beaucoup d’azote pour se décomposer. C’est donc le moment d’apporter des matières carbonées : feuilles sèches bien sûr, mais aussi BRF, paille, voire branchages fins. En fin d’hiver, les herbacées plus ou moins détruites par le froid se décomposent, fournissant beaucoup d’azote et d’autres éléments nutritifs que leurs racines ont stockés.

Photo de sol paillé avec de la paille, du BRF et des feuilles

3. Les Engrais Verts

Les engrais verts, ce sont des plantes comme le trèfle, la moutarde ou le seigle qu’on sème entre deux cultures. Leur mission ? Protéger le sol, enrichir la terre en matière organique et en nutriments, et empêcher les mauvaises herbes de s’installer. Une fois fauchés, ils se décomposent sur place. Cette culture, destinée à être coupée jeune et laissée à la terre, a plusieurs vertus, dont celle de dynamiser la vie du sol.

  • Fonctions des engrais verts :
    • Apport de nutriments dans le sol : azote, potassium ou phosphore par exemple. Les légumineuses fixent l’azote de l’air dans le sol.
    • Amélioration de la perméabilité du sol, grâce aux racines qui pénètrent en profondeur.
    • Régulation du pH.
    • Protection du sol en faisant une couverture vivante pendant la culture, puis un paillis après fauchage.
  • Choix des engrais verts selon le type de sol :
    • Sol argileux : Semez des engrais verts qui vont avoir une action sur sa structure grâce à leur système racinaire. Le semis d’engrais verts pour une terre argileuse s’effectue à la fin de l’été ou au début de l’automne.
    • Sol sableux : Le sarrasin est une céréale qui fournira un bon apport en carbone.
    • Familles d’engrais verts :
      • Les légumineuses : vesce, trèfle, pois.
      • Les crucifères : moutarde, colza, navette. Recommandés pour les sols sableux et pauvres.
      • Les graminées : seigle, avoine, souvent combinées aux légumineuses.

4. Apporter de la Matière Organique : Le Compost et le Fumier

L’humus est de la matière organique stable à la base de la fertilité d’un sol, créée par la vie du sol à partir de la décomposition de matières organiques fraîches mises à sa disposition. L’urgence est donc d’apporter de la "vie" à son sol, et pas uniquement des éléments chimiques.

  • Le compost : Le compost est une solution bien connue pour fertiliser son potager en permaculture. On peut composter de multiples manières, avec de multiples matériaux organiques. Il est essentiel de bien aérer les végétaux en décomposition, au risque de libérer du méthane.
    • Types de compostage : Dans un composteur, en surface (en posant au sol les déchets de cuisine et résidus de culture), ou sous terre (en créant des buttes de culture et des lasagnes).
    • Composition du compost : Le compost doit contenir des matières azotées, riches en nutriments (toute matière "verte" : feuilles, fruits, tontes de gazon, résidus de récoltes) et carbonées (toute matière "marron" : paille, copeaux de bois, feuilles mortes, branchages secs et cassés) qui donnent de la structure au sol et facilitent l’aération. Pour avoir un équilibre parfait et booster votre compost, intégrez 1/3 de matière azotée et 2/3 de matière carbonée.
  • Le fumier : Le fumier est assez connu en permaculture. Il est utilisé depuis des centaines d’années pour enrichir la terre.
    • Fumier de lapin : Une merveille, il peut être épandu tout frais en surface et il ne brûle jamais les plants. Il a le pouvoir de transformer totalement le sol en une seule saison. Il faut le laisser se décomposer tranquillement à l’air libre, et ne surtout pas l’enfouir par bêchage.
    • Fumier de poule : Beaucoup plus "caustique" et concentré, il peut endommager et brûler. Il ne faut jamais l’épandre frais au potager, sauf au pied des courges et courgettes qui ne risquent rien. Il est préférable de l'utiliser après un an de compostage.
    • Recommandations : Toujours demander du fumier déjà décomposé.

5. Autres Apports et Amendements

  • BRF (Bois Raméal Fragmenté) : Une source incroyable de nutriments et de vie pour le sol, et un super "booster" pour les micro-organismes du règne des champignons. Il est conseillé qu’il soit réalisé avec des petits rameaux et épandu bien frais. Le broyat de résineux n'acidifie pas le sol.
  • La culture en lasagne : Cette méthode permet de s’affranchir de la qualité du sol (il est même possible de cultiver sur un sol artificialisé) et de recycler la plupart des matières organiques que vous pouvez récolter tout au long de l’année. Le principe est d’alterner des couches sèches (matières carbonées) et des couches vertes (matières azotées).
  • Préparations maisons :
    • Purin d’ortie : Riche en azote, il stimule la croissance des cultures et renforce les plantes affaiblies. Il permet aussi de prévenir une attaque de pucerons ou d’acariens.
    • Purin de consoude : Engrais bio extrêmement efficace. Riche en potasse, calcium et azote, ce fertilisant écologique accompagne le développement des plantes et la floraison. Il peut également repousser les parasites.
    • Décoction de prêle : S’utilise pour prévenir ou guérir les maladies fongiques. Riche en silice, cet engrais biologique augmente la résistance des végétaux.
  • Amendements et engrais de jardinerie (avec prudence) :
    • Basalte : Améliore la teneur en silice du sol et sa capacité à retenir l’eau.
    • Patentkali : Pour l'apport en potasse et en magnésium. Son usage est controversé d’un point de vue écologique, des alternatives existent (potasse organique tirée de la betterave, dolomie).
    • Or Brun : Fertilisant issu du compostage d’algues et de fumiers.
    • Cendre de bois : Apport en potasse, à incorporer en petite quantité.
    • Lithothamne : Algue marine très riche en calcium qui remonte le pH des sols. Usage controversé d’un point de vue écologique, car cette ressource tend à s’épuiser.
  • Solutions insolites :
    • Sang séché : Très riche en azote, facile à utiliser.
    • Urine humaine : Contient azote, phosphore et potassium. Engrais naturel et gratuit, à diluer et utiliser avec prudence.
    • Corne broyée : Engrais à libération lente, idéal lors de la plantation ou la préparation du sol en automne.

6. La Méthode BREF (Bois Raméal Entassé Foulé)

Cette méthode permet d'obtenir un sol prêt à planter avec peu de travail et en utilisant des ressources naturelles. Il s'agit d'utiliser les tailles d’arbustes persistants (laurier du Caucase, éléagnus, houx, arbousier, chêne vert) réalisées en hiver. Installez-les sur une bande enherbée que vous souhaitez cultiver de façon à ce qu’elles recouvrent totalement le sol. Les branchages vont priver la végétation de lumière et l’étouffer. Celle-ci, en se décomposant, va alimenter le sol. Les feuilles de ces persistants vont elles aussi participer à la vie du sol en s’y dégradant. Celui-ci va de ce fait s’ameublir.

Diagramme des différentes couches de la méthode de culture en lasagne

Adapter les Techniques à la Nature de votre Sol

Ces différentes méthodes doivent cependant, pour être réellement efficaces, s’adapter à la nature de votre sol, qu’il soit à dominance argileuse, sableuse ou encore calcaire. Une fois que vous aurez déterminé la composition de votre sol, vous pourrez choisir les techniques les plus adaptées pour l’aggrader.

  • Sol argileux : Oubliez le sable, pourtant souvent conseillé pour l’alléger : non seulement les effets seraient limités, le sable ne se mélangeant pas à l’argile, mais cet apport d’un élément inerte appauvrirait votre terre. Semez des engrais verts qui vont avoir une action sur sa structure grâce à leur système racinaire. N’hésitez pas à utiliser une grelinette pour ameublir la terre avant le semis. Ne paillez que lorsque le sol est suffisamment réchauffé (avril/mai au sud de la Loire, plutôt en juin au nord).
  • Sol sableux : L’intérêt des engrais verts est évident pour une terre sableuse. Le sarrasin est une bonne option pour un apport en carbone.
  • Sol calcaire : Un sol calcaire a un pH entre 7,6 et 8,5. Dur lorsqu’il est sec, il devient collant quand il est humide. L’apport de matière organique sera essentiel pour améliorer sa structure et sa capacité de rétention d’eau.

Graphique montrant l'importance du taux de carbone dans le sol et son lien avec l'argile

Les Avantages d'un Jardin en Permaculture

Le jardin en permaculture rime avec économies, et ce, à tous les niveaux. Un jardin autonome, c'est aussi un jardin où les arrosoirs et les asperseurs sont en vacances prolongées.

  • Économie d'eau : Un sol vivant retient mieux l’eau, ce qui aide les plantes à traverser les périodes de sécheresse. Le paillage conserve l'humidité.
  • Réduction des efforts : La permaculture, c'est même l'art de faire travailler la nature à votre place. Travailler moins pour récolter plus, telle est la devise du permaculteur.
  • Sols plus résistants : Un sol vivant est plus résistant à l’érosion et aux variations climatiques.
  • Production plus saine : Les organismes bénéfiques présents dans un sol vivant aident à contrôler les pathogènes en limitant leur prolifération.
  • Biodiversité accrue : La conservation d’une zone sauvage est elle aussi le gage d’une biodiversité importante. Travaillez avec les vivants qui pratiquent votre jardin au lieu de les combattre, la biodiversité apporte un équilibre qui va limiter de lui-même la présence des ravageurs.

🍀🐞🥰 Les bases de la permaculture 🍀🐞🥰

Préparer le sol en permaculture, c’est tout simplement permettre à celui-ci de vivre sa vie de sol, avec ses spécificités. C’est ne pas le travailler et le laisser couvert en permanence, car où voit-on dans la nature un sol nu, mis à part dans les déserts ? Il est important d'ouvrir les yeux autour de soi pour attraper au vol toute opportunité et tenter plein de trucs pour améliorer son sol.

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