
L'ammonitrate est un engrais azoté minéral largement plébiscité dans le monde agricole en raison de ses nombreux avantages, bien que son utilisation spécifique sur les pelouses ne soit pas le focus principal des données fournies, nous allons explorer ses propriétés générales qui pourraient s'appliquer. La nécessité d'une production agricole soutenue, exacerbée par des contextes géopolitiques comme la guerre russo-ukrainienne, souligne l'importance d'une fertilisation efficace. La formule "produire plus et mieux" est une injonction complexe mais pas impossible à suivre pour l'agriculture, qui doit minimiser ses impacts environnementaux tout en assurant une production suffisante.
Le Rôle Crucial de la Fertilisation Azotée et ses Impacts Environnementaux
La fertilisation azotée est indispensable pour assurer une production agricole adéquate, mais elle a des impacts connus sur l'environnement. L'enjeu est de minimiser ces impacts sans pénaliser la production. Le cycle de l'azote est souvent comparé à un "tuyau percé" en raison des fuites d'azote vers le milieu, qui sont de différentes natures.
La Lixiviation des Nitrates (NO3-)
Les nitrates sont produits soit par les excès de fertilisation azotée, soit par la minéralisation naturelle de l'humus du sol et des résidus de culture. Leur perte a principalement lieu avec les pluies en automne-hiver quand aucun couvert végétal n'est présent pour absorber ces nitrates. En moyenne, il est estimé que 20 à 30 % des apports d'azote sont ainsi perdus. Au niveau environnemental, les nitrates participent au phénomène d'eutrophisation et à l'augmentation des teneurs en nitrates des eaux potables. Des directives et programmes d'action encadrent cette problématique depuis près de 30 ans.
Les remèdes à cette lixiviation incluent l'optimisation de la fertilisation azotée, le raisonnement, le pilotage, le fractionnement des apports et la mise en place de couvertures hivernales des sols. Il est important de noter que le type d'engrais azoté minéral importe peu pour cette problématique spécifique.

La Volatilisation Ammoniacale (NH3)
Les émissions d'ammoniac ont principalement lieu au moment des apports d'engrais et dans les jours qui suivent. Elles sont d'autant plus importantes que les engrais sont riches en ammonium ou en urée. Les engrais les plus sensibles à ces pertes sont les solutions azotées (8 %), les urées (13 %) et le sulfate d'ammonium pour les engrais minéraux, ainsi que les lisiers, les fientes de volailles et les phases liquides des digestats de méthanisation pour les engrais organiques. Les solutions azotées et l'urée représentent à elles deux 76 % des émissions de NH3 pour 54 % des usages d'engrais azotés.
Parmi les impacts de l'ammoniac sur les milieux, on compte l'acidification des sols et cours d'eau lors de la re-déposition sous forme d'ions ammonium, l'eutrophisation des milieux naturellement pauvres en azote et la formation de micro-particules qui ont un impact important sur la santé humaine (maladies respiratoires). L'agriculture est le secteur d'activité qui contribue le plus aux émissions d'ammoniac (94 % des émissions nationales). Au niveau réglementaire, le Prepa et la loi climat-résilience traitent de cet impact environnemental, avec un engagement de la France à réduire ses émissions de 13 % en 2030 par rapport à 2005.
Les remèdes à la volatilisation ammoniacale consistent à utiliser les ammonitrates, qui sont beaucoup moins émissives (2 % de perte), à enfouir les engrais les plus à risque, à faire des apports au plus près d'une pluie prévue et à utiliser des inhibiteurs d'uréase avec l'urée.
Comprendre la volatilisation de l’ammoniac au champ pour réduire la pollution de l’air
Les Émissions de Protoxyde d'Azote (N2O)
Le protoxyde d'azote est émis par les sols après épandage lors de phénomènes biologiques naturels : principalement la dénitrification (transformation des nitrates en azote gazeux) et dans une moindre mesure la nitrification (transformation de l'ammonium en nitrates). Bien que perdu en faible quantité (0,5 à 2 % de l'apport), le protoxyde d'azote est un redoutable gaz à effet de serre avec un pouvoir réchauffant 265 fois plus élevé que le dioxyde de carbone. L'agriculture est le principal émetteur de protoxyde d'azote.
Les remèdes incluent l'optimisation des doses, le fractionnement de la fertilisation, le maintien du pH des sols au-dessus de 6,8 et l'évitement des apports en conditions d'excès d'eau. Les types d'engrais minéraux sont équivalents sur ce critère. Au niveau réglementaire, la loi climat-résilience de 2021 fixe un objectif de réduction de 15 % des émissions de protoxyde d'azote à l'horizon 2030 (par rapport à 2015).
L'Ammonitrate comme Solution pour une Fertilisation plus Efficace et Durable
Face à des problématiques réelles, des solutions existent pour réduire ces impacts tout en continuant à maintenir une production agricole importante, gage de notre souveraineté alimentaire. L'ammonitrate est un engrais azoté très prisé par les agriculteurs en raison de ses indéniables avantages par rapport à d'autres engrais, comme l'urée granulée.
Caractéristiques de l'Ammonitrate
L'ammonitrate granulé est un engrais azoté minéral composé de nitrate d'ammonium. Il contient de l'azote sous deux formes, ammoniacale et nitrique, à parts égales. Cette composition est un atout majeur, car elle permet une absorption rapide de l'azote par les plantes. Les ammonitrates sont uniquement composées de nutriments semblables aux ions nitrates et ammoniums naturellement présents dans tout sol cultivé.
Moins d'Émissions d'Ammoniac
L'un des principaux avantages de l'ammonitrate est sa faible sensibilité à la volatilisation ammoniacale. En effet, les ammonitrates sont beaucoup moins émissives (2 % de perte) comparées aux solutions azotées (8 à 10 % de perte d'azote sous forme d'ammoniac) et à l'urée (13 % de perte). Par exemple, en Europe, le remplacement de l'urée par des engrais à base d'ammonitrate permettrait de réduire immédiatement les émissions d'ammoniac de 10 % et d'améliorer la qualité de l'air avec moins de micro-particules tout en apportant des bénéfices agronomiques et économiques (étude ADA-UNIFA, 2021). Cette moindre volatilisation est d'autant plus importante que les sols alcalins (pH > 7,5) et les conditions sèches ou venteuses favorisent ce phénomène.

Une Empreinte Carbone Diminuée
La fertilisation azotée pèse entre 60 et 70 % de l'empreinte carbone totale d'une culture une fois cumulés la synthèse industrielle et l'usage des engrais. L'utilisation d'ammonitrates peut contribuer à une empreinte carbone diminuée de 10 à 15 % selon les cultures. Cela s'explique par le fait que leur production est moins émissive que les formes alternatives issues de l'importation (urée et solution azotée). Par exemple, les émissions à la production des engrais Yara® ont été réduites de 50 % depuis 2004.
Les émissions de protoxyde d'azote au champ sont la principale composante de l'empreinte carbone d'une culture avec, dans une moindre mesure, les émissions liées aux consommations de carburants. En amont, la synthèse des engrais azotés constitue quantitativement la seconde composante de l'empreinte carbone d'une culture.
Plus de Rendement et de Protéines
Les ammonitrates offrent une meilleure performance agronomique, se traduisant par un rendement et une teneur en protéines accrus. De nombreuses études et essais ont démontré la supériorité de l'ammonitrate comparativement à l'urée et à la solution azotée.
- Sur blé tendre : Les dernières communications d'Arvalis établissent une perte de rendement moyenne de 4,3 quintaux par hectare et 0,6 point de protéines en moins pour une même dose d'azote apportée avec la solution azotée. Des essais menés en Allemagne sur blé tendre ont montré, avec l'ammonitrate, un rendement de 69,8 q/ha, contre 67,3 q/ha avec l'urée, et une teneur en protéines atteignant 12,6 % de matière sèche avec l'ammonitrate, contre 12 % avec l'urée.
- Sur 15 ans en moyenne : Un gain de marge de 73 €/ha pour le maïs et 63 €/ha pour le colza. Une moyenne de 30 €/ha/an pour une rotation colza-blé-orge et 33 €/ha/an pour une rotation maïs-blé-orge (Source : Étude technico-économique comparative de 3 formes d'engrais azoté minéral sur 4 grandes cultures, ADA-UNIFA, Janvier 2021).
- Teneur en protéines : Les nombreux essais ont démontré une teneur plus élevée en protéine dans les grains de céréales et de colza avec les formes d'azote de l'ammonitrate. Sur blé et orge, la teneur en protéine se traduit par une différence supérieure de 0,3 points en moyenne. Les ammonitrates YaraBela® améliorent la teneur en protéines du blé de 0,75 point comparée à une fertilisation avec de la solution azotée (synthèse de 123 essais menés en France entre 1987 et 2004).
L'absorption rapide de l'ammonitrate, le fractionnement des apports et l'ajustement au champ de la dose totale d'azote permettent de mieux contrôler le niveau des reliquats azotés du sol après que la culture ait absorbé l'azote dont elle a besoin. Choisir les ammonitrates assure un meilleur rendement pour chaque kilo d'engrais investi et épandu.

Efficacité et Simplicité d'Utilisation
L'ammonitrate se distingue par son efficacité et sa simplicité d'utilisation. Il se présente en granulés, ce qui le rend facile à stocker et à épandre. La densité élevée de l'ammonitrate permet d'ajuster avec précision la dose d'azote aux besoins de la parcelle, quelles que soient les conditions climatiques. L'épandage en agriculture à grande échelle a évolué au fil des décennies, privilégiant des largeurs de travail de 36 mètres, devenues la norme. Dans ce contexte, les épandeurs centrifuges ont bénéficié de progrès technologiques notables, incluant la pesée, la coupure de tronçons et la modulation intra-parcellaire. L'ammonitrate offre une marge de sécurité significative pour garantir un épandage uniforme.
Inconvénients et Considérations de l'Ammonitrate
Bien que l'ammonitrate présente de nombreux avantages, il est essentiel de considérer certains aspects comparatifs et les défis généraux de la fertilisation azotée.
Coût Plus Élevé
La solution ammonitrate est assez souvent plus coûteuse que l'urée. Cependant, il est important de noter que ce surcoût est généralement compensé par les meilleurs résultats sur les rendements et la qualité des récoltes, ainsi que par la réduction des pertes d'azote. Le gain engendré par l'ammonitrate en comparaison à l'urée, malgré un surcoût de l'unité d'azote, est systématique aussi bien sur un an qu'à l'échelle d'une rotation triennale.
Sensibilité de l'Urée
L'urée granulée, bien qu'ayant connu un intérêt croissant, présente un inconvénient pratique majeur : avant d'être absorbée par les plantes, elle doit d'abord subir une hydrolyse pour se convertir en ammonium sous l'action des enzymes présentes dans le sol. Ce processus peut varier de quelques jours à une semaine en fonction de la température et nécessite un certain niveau d'humidité du sol. Les racines des plantes ne peuvent pas assimiler directement l'azote uréique en quantité suffisante. L'hydrolyse de l'urée provoque temporairement une forte augmentation du pH dans la proximité immédiate du granulé d'engrais, ce qui déplace l'équilibre physico-chimique entre l'ammonium (NH4+) en solution dans le sol et l'ammoniac (NH3) gazeux en faveur de ce dernier. Cela entraîne des pertes d'azote par volatilisation ammoniacale, qui constituent la principale raison de l'efficacité souvent moindre de l'azote uréique. Même si les urées inhibées corrigent certains inconvénients, elles partagent certains des problèmes de l'urée.
Les Solutions Azotées
De manière générale, la solution azotée n'est pas la plus efficace ni la plus économique. Les experts internationaux (EMEP 2013, EMEP 2016) ont démontré la plus forte volatilisation ammoniacale au détriment de la solution azotée comparée aux ammonitrates. En moyenne, environ 8 à 10 % de perte d'azote sous forme d'ammoniac avec la solution azotée contre seulement 1 à 3 % avec les ammonitrates. La réponse consistant à préconiser une majoration de la dose de solution azotée de 10 à 15 % pour compenser ces pertes d'azote et rattraper le défaut d'efficacité agronomique n'est pas satisfaisante et ne s'inscrit pas dans une démarche de fertilisation durable. Ce déficit d'efficacité n'est pas expliqué à lui seul par les pertes d'ammoniac ; d'autres hypothèses sont émises, comme une plus forte sensibilité à l'organisation microbienne, la biomasse microbienne du sol ayant une plus forte affinité pour l'ion ammonium fourni en plus grande quantité avec la solution azotée (après hydrolyse de l'urée).
Engrais Foliaires
Les engrais foliaires, bien que directement absorbables par les feuilles, offrent des résultats variables en rendement et sont limités en efficacité pour le taux de protéines. Appliqués au stade "dernière feuille", ces engrais fournissent un rendement comparable à l'ammonitrate mais sont souvent insuffisants pour couvrir les besoins finaux de la plante en azote.
Optimisation de l'Utilisation de l'Ammonitrate
Pour maximiser les bénéfices de l'ammonitrate et minimiser les impacts environnementaux, une gestion précise et raisonnée est essentielle.
Fractionnement et Précision des Apports
Le fractionnement des apports est une stratégie clé. Philippe Justine, exploitant agricole dans l'Aisne, témoigne de cette pratique : "Je réserve 40 à 50 u/ha pour le dernier apport. Le premier est réalisé au stage tallage avec 40 à 50 u/ha d'ammonitrate 33,5 et le second à épi 1 cm avec 80 à 100 u/ha de solution azotée. Pour le troisième, contrairement aux autres producteurs de la région, j'ai opté depuis longtemps pour l'ammonitrate 33,5. L'intervention avec mon épandeur est plus précise qu'avec le pulvérisateur. Et il y a moins de risque de volatilisation."
L'épandage précis et régulier est un facteur clé pour maximiser l'efficacité de l'engrais. Des outils digitaux d'aide à la décision (OAD) comme le Yara N-Tester® permettent de mesurer facilement et rapidement, dans la parcelle, les besoins en azote de la culture. Pour améliorer les performances d'épandage, des outils sont proposés pour prendre en compte l'hétérogénéité des besoins en azote au sein d'une même parcelle et créer des cartes de modulation parmi les plus précises du marché.
Comprendre la volatilisation de l’ammoniac au champ pour réduire la pollution de l’air
Moment des Apports et Conditions Climatiques
Pour réduire la volatilisation ammoniacale, il est conseillé de pratiquer des apports avant des précipitations attendues et d'enfouir les engrais dans les 48 heures. Véronique Richon, agricultrice dans la Marne, souligne l'importance du dernier apport : "L'ammonitrate au troisième apport est plus efficace que la solution azotée, avec un gain moyen de 0,5 point de protéines pour la même dose d'azote." Elle ajoute que "selon les conditions météo (soleil, rosée) au moment de l'épandage, la solution azotée pouvait en plus entraîner des brûlures sur les feuilles," un inconvénient évité avec l'ammonitrate.
Engrais à Azote Protégé
Les engrais "à azote protégé" offrent une solution complémentaire en libérant lentement l'azote durant le cycle végétatif, permettant de réduire les fractions d'apports et d'optimiser l'absorption par la culture. Le défi de la fertilisation azotée durable est bien de maximiser l'absorption par la culture de l'engrais apporté et de minimiser la quantité d'azote perdue ou inutilisée.
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