Réussir son potager commence par une terre saine. C’est une aventure formidable qui commence pour tout jardinier, qu'il soit débutant ou expérimenté. Pourtant, l'idée reçue selon laquelle il suffit d’avoir la fameuse « main verte » pour obtenir des récoltes florissantes est souvent erronée. En réalité, le succès d’un jardin se joue d’abord sous nos pieds. Le sol n’est pas qu’un simple support ; c’est un organisme vivant complexe qui a une histoire. Sous la surface de votre jardin se cache un écosystème fascinant composé de minéraux, de matières organiques, d’air, d’eau et de milliards de micro-organismes. Chaque terrain possède son propre « héritage », et avant de nourrir votre famille avec les produits de votre potager, il est essentiel de s’assurer que ce support de culture est sain. Cette démarche permet non seulement de comprendre la composition et la qualité du sol, mais aussi d’identifier d’éventuels problèmes de pollution, souvent invisibles à l’œil nu.
L'importance cruciale de l'analyse du sol pour la santé et la productivité
L'analyse de sol est votre meilleure alliée pour la productivité de votre potager et, plus important encore, pour la sécurité sanitaire de vos récoltes. Certains polluants présents dans la terre sont totalement invisibles à l’œil nu, inodores et sans saveur, ce qui rend leur détection d'autant plus difficile sans une approche scientifique.
Les polluants invisibles : une menace pour la santé
Les polluants du sol peuvent avoir plusieurs origines : activité économique, artisanale ou industrielle ; remblayage d’un terrain avec des matériaux pollués ; utilisation de pesticides chimiques, ou encore l'utilisation de mousse d'extinction lors d'un incendie. Il est primordial de se rappeler qu’un sol sain est un sol exempt de pollutions. Car si votre sol est pollué, vous ne le verrez pas à l’œil nu, mais cela peut avoir un impact significatif sur la qualité de votre production alimentaire, tout comme sur votre santé et votre cadre de vie.
Parmi les principaux polluants pouvant être retrouvés dans les potagers, on distingue :
- Les métaux lourds (ou Éléments Traces Métalliques) : Il s'agit du plomb, du cadmium, du mercure, du cuivre, de l'arsenic, du nickel, etc. Leur ingestion par la consommation de légumes qui les accumulent, s'ils sont présents dans le sous-sol, est dangereuse. Selon la dose, leur toxicité peut entraîner des pathologies spécifiques, notamment pulmonaires. Certains métaux lourds présents naturellement dans le sol ou l’eau souterraine, comme le cuivre, le zinc ou le fer, ne sont pas considérés comme toxiques en dessous de certains seuils. En revanche, d’autres métaux lourds peuvent être fortement toxiques pour l’être humain et l’environnement, en fonction de leur nature ou de leur concentration.
- Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) : Ces composés sont issus de la combustion incomplète des carburants, mais aussi du tabac et du bois. Ils se retrouvent dans l'air, l'eau et l'alimentation via des dépôts atmosphériques sur les végétaux produits au potager. Ils sont impliqués dans le développement de certains cancers (carcinomes de la peau, cancer du poumon, tumeurs des voies urinaires). Les HAP représentent de nombreux composés et peuvent être fortement toxiques, et une partie de cette pollution spécifique s’avère cancérigène. On retrouve les HAP dans des couches de remblai, des morceaux de goudron ou des résidus de cendres.
- Les huiles minérales usagées : Il s'agit des huiles de vidange des voitures, tracteurs ou engins de jardinage, déversées dans le sol soit involontairement par fuite accidentelle, soit volontairement, comme cela fut le cas durant très longtemps et comme cela se produit encore malheureusement. Ces toxiques restent durablement dans le sol et se retrouvent inévitablement dans les produits alimentaires végétaux qui y poussent. Les risques concernent les cancers de la peau et les atteintes sur l'appareil respiratoire. Elles regroupent un groupe de substances chimiques dérivées du pétrole brut, largement répandues dans notre société et potentiellement toxiques, comme le mazout de chauffage, les carburants, et l'huile de graissage.
- Les pesticides : Utilisés par les agriculteurs, viticulteurs et arboriculteurs, ils se retrouvent dans les légumes cultivés. Chaque année, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) publie un rapport sur les résidus de pesticides dans les denrées alimentaires, et des associations comme Générations Futures font de même. Il en ressort que la présence de résidus de pesticides dans les fruits, légumes et céréales apparaît au tout premier rang des préoccupations en matière de risque alimentaire en Europe. Dans le passé, leur utilisation était très fréquente, et malheureusement, beaucoup de ces substances sont très difficilement dégradables dans l’environnement et restent donc longtemps dans le sol. Celles-ci sont nocives pour l’homme et de nombreuses espèces de plantes et d’animaux.
- Les PFAS : Ces composés fabriqués par l'industrie n'existent pas à l'état naturel. On les retrouve dans de nombreux produits et articles du quotidien, notamment les emballages alimentaires en papier (fast-foods, pizzas), les revêtements des poêles antiadhésives Teflon®, les cosmétiques, les vêtements imperméables et certaines mousses anti-incendie. Les PFAS sont également connus comme les polluants chimiques "éternels" car ils ne se dégradent pas facilement, restent présents dans l'environnement pendant des centaines d'années et finissent par se retrouver dans les organismes vivants, y compris l’Homme.
- L’amiante : Ce matériau à structure fibreuse est à la base de produits aux propriétés spécifiques (pouvoir isolant, résistance au feu, résistance aux acides, forme solide et flexible). Depuis 1998, la production, la commercialisation et le recyclage de l'amiante sont interdits, mais en raison de ses nombreuses applications, l'amiante est largement répandu dans notre environnement de vie. Cependant, l'inhalation de fibres d'amiante présente de graves risques pour la santé.

Toutes les plantes ne réagissent pas de la même manière aux pollutions. Les légumes racines (carottes, radis) et les légumes feuilles (salades, épinards) sont souvent les plus sensibles à l’accumulation de métaux lourds. À l'inverse, les fruits, légumes-fruits et graines sont les cultures les moins sensibles aux contaminants. Les légumes-racines présentent une capacité intermédiaire à fixer les polluants, nécessitant un lavage ou un épluchage minutieux. Les légumes feuilles et les herbes aromatiques sont généralement ceux qui concentrent le plus les polluants du sol et ne devraient être cultivés que dans un sol exempt de pollution, ou en bacs si un doute subsiste.
L'analyse agronomique : un gage de productivité
Au-delà de l’aspect sanitaire, l’analyse de sol est votre meilleure alliée pour la productivité de votre potager. Pour déterminer la fertilité de votre terre, l’analyse recherchera :
- Le pH du sol : Il mesure l’acidité ou l’alcalinité de votre sol. C’est un paramètre fondamental car il conditionne l’assimilation des nutriments. Un pH équilibré est essentiel pour la croissance des plantes, car il influence la disponibilité des éléments nutritifs. Si votre sol est trop acide ou trop calcaire, les éléments nutritifs (azote, phosphore, potassium) sont « bloqués » chimiquement. En général, un sol sableux est plus acide qu’un sol argileux.
- La teneur en matière organique : Elle joue un rôle essentiel dans la structure du sol par sa capacité à retenir l’eau et les nutriments, mais aussi dans le développement d’une biodiversité microbienne bénéfique.
- Les niveaux de nutriments essentiels : L’azote, le phosphore et le potassium sont des éléments clés à surveiller. Ces nutriments sont nécessaires à la croissance des plantes et leur disponibilité dans le sol peut influencer considérablement le rendement des cultures. Beaucoup de jardiniers débutants saturent leur sol en compost ou en engrais pensant bien faire. Or, un excès de phosphore ou d’azote peut être tout aussi néfaste qu’une carence, entraînant une pollution des nappes phréatiques et une fragilité des plantes face aux maladies.

Identifier un sol potentiellement pollué
Avant de vous lancer dans des analyses du sol, il est important de rassembler un maximum d’informations concernant votre terrain. Ceci vous permettra de déterminer les éventuels risques de pollution du sol, la nature de la pollution supposée et les zones où ce risque est accru.
Signes visuels et olfactifs
Certains éléments peuvent être détectables à l’odeur ou par l’observation et ainsi indiquer une pollution du sol :
- Des résidus de cendres ou des morceaux de goudron peuvent indiquer une contamination par des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).
- Une nappe d'hydrocarbures flottant sur un étang ou la présence d'une odeur suspecte d’huile ou de solvants dans le sol peut signaler une contamination par des carburants, des solvants ou des huiles de graissage.
- Des taches ou odeurs d’hydrocarbures, une végétation clairsemée ou anormale, des sols aux couleurs inhabituelles, ou la présence d’anciens dépôts ou de déchets sont autant de signes d'alerte.
- Le sol est-il constitué de remblai (dans ce cas, le sol contient généralement des déchets de construction, des morceaux de briques ou même de petites quantités de déchets, morceaux de plastique,…) ?
Contexte historique et géographique
Observer le lieu et ses environs peut aussi vous fournir des indications sur un éventuel risque de pollution du sol :
- La présence de déchets où se trouvaient des matières liquides (par exemple : des fûts d’huile vides, des bidons de solvants…).
- Déchets de construction (par exemple : tôles, métaux, remblais…).
- Anciennes usines, garages, carrières ou bâtiments démolis : ces sites sont parfois classés dans les bases BASIAS ou BASOL, répertoriant les anciens sites industriels et activités de services.
- Certaines entreprises peuvent, par la nature de leurs activités, engendrer une pollution du sol (par exemple : une pollution aux huiles minérales peut provenir d’un garage d’entretien de véhicules).
- Des anciens terrains de chemin de fer peuvent avoir été rehaussés avec des cendres.
- Un site où les services de pompier sont intervenus suite à un incendie peut également être concerné par une pollution, notamment par des mousses d'extinction contenant des PFAS.
- Avant tout achat de terrain, surtout s’il a connu une activité industrielle, artisanale ou agricole, une analyse pollution sol particulier est fortement recommandée.
Outils de cartographie et réglementations
Aujourd'hui, il n’est plus nécessaire d’être un expert en agronomie ou en chimie pour connaître la nature de son terrain. La loi ALUR (loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l’accès au logement et un urbanisme rénové), dans son article 173, permet maintenant d'identifier les terrains potentiellement pollués. Elle prévoit la mise en place par l’État des Secteurs d’Information sur les Sols (SIS) qui doivent répertorier les "terrains où la connaissance de la pollution des sols justifie, notamment en cas de changement d’usage, la réalisation d’études de sols et de mesures de gestion de la pollution" (article L. 125-6 du code de l'environnement). Une carte de France des sols pollués à l'échelle cadastrale est ainsi dessinée, évoluant en fonction des nouvelles informations de pollution et des cessations d'installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE). La carte des SIS est consultable sur le site Géorisques.
Avec la Carte des Anciens Sites Industriels et Activités de Services (CASIAS), la carte des SIS est aujourd'hui intégrée aux documents d'urbanisme tels que Plan Local d'Urbanisme Intercommunal (PLUi), schémas de cohérence territoriale (ScoT) ou autres documents d'urbanisme en vigueur. Cela contraint les collectivités qui délivrent des certificats d'urbanisme à mentionner si le terrain est inclus ou non dans ces secteurs. Si un projet de construction de maison se situe sur un terrain soumis à un SIS, le maître d'ouvrage devra joindre au dossier de permis de construire une attestation garantissant la réalisation d’une étude de sol ainsi que la prise en compte de ses préconisations permettant de garantir la compatibilité entre l'état des sols et la conception du projet de construction habitable. C'est un bureau d’études certifié dans le domaine des sites et sols pollués, ou équivalent, qui est habilité à réaliser cette étude.
Les cartes de l’état du sol et la carte PFAS sont les outils les plus simples et les plus importants pour savoir si un terrain est (potentiellement) pollué. Disponibles gratuitement sur le site de Bruxelles Environnement, elles vous aideront à déterminer la présence ou non de risques pour votre santé. Ces outils indiquent si Bruxelles Environnement ne dispose pas d’informations laissant suspecter une pollution du sol (catégories non définies initialement en lien avec l’agriculture urbaine), ou si un risque théorique de contamination par les PFAS existe, avec un niveau de risque (élevé ou très élevé) selon la couleur du site.
Les secteurs d'activité économique
En cas de non-respect de l’obligation d'information pré-contractuelle de l'acheteur d’un terrain soumis à un SIS, la personne flouée dispose d’un délai de 2 ans, à compter de la découverte de la pollution, pour demander la résolution du contrat, se faire restituer une partie du prix de vente avec la possibilité de demander la réhabilitation du terrain aux frais du vendeur lorsque le coût de la réhabilitation n’est pas disproportionné par rapport au prix de vente.
Réaliser une analyse de sol : la démarche concrète
Que vous emménagiez dans une nouvelle maison, qu'elle soit ancienne entourée d'un terrain ou qu'elle soit neuve avec du remblai rapporté, la question sur la qualité du sol est tout à fait légitime. Avant de vous lancer dans un potager bio ou de vous essayer à la permaculture, mieux vaut être sûr que votre sol ne soit pas pollué.
Choisir le bon laboratoire et le kit adapté
Aujourd'hui, de nombreuses entreprises se spécialisent dans l'analyse de sols pour particuliers. Leur mission est simple : accompagner les jardiniers soucieux de la qualité de leur terre en leur fournissant des analyses claires, fiables et surtout compréhensibles. Des laboratoires proposent une analyse complète du sol (comme le SOLKIT de Pouryère, par exemple) combinant le diagnostic agronomique (fertilité) et la détection des polluants (santé).
Pour des analyses spécifiques comme les PFAS, il est crucial de demander au laboratoire choisi si cette analyse est possible. Le site web de l'OVAM contient une liste de laboratoires qui analysent les PFAS dans le sol. Le cabinet D.E.I. a, par exemple, opté pour un laboratoire basé aux Pays-Bas, accrédité et jouissant d’une très bonne réputation dans le domaine de l’analyse des sols, reconnu pour la grande précision de ses résultats et le respect des normes en vigueur.
La qualité du prélèvement : une étape capitale
Pour obtenir des résultats fiables, la qualité du prélèvement est capitale. La méthode de prélèvement des échantillons peut avoir un impact sur le résultat de l’analyse et peut même la fausser.
- Préparation du matériel : Tout le matériel doit être propre. Il faut bien nettoyer et rincer abondamment avec de l’eau pure le pot d’échantillonnage et la petite pelle (les autres produits de nettoyage ne sont pas autorisés). Il faut ensuite les faire sécher à l’air libre.
- Identification des zones de prélèvement : Avant de prélever l’échantillon de sol, il est utile de faire un petit croquis et d’indiquer l’endroit où vous allez le prélever. Ne vous contentez pas d’un seul endroit. Pour des grands potagers, il peut être utile de faire analyser plusieurs échantillons. Pour une zone suspecte identifiée (par exemple là où vous avez une odeur d’huile ou de solvants), vous pouvez vous limiter à remplir le pot d’échantillonnage uniquement avec de la terre de cet endroit suspect (et non en mélangeant plusieurs prélèvements).
- Prélèvement de la terre : Choisissez 3 endroits dans votre potager et prenez une pelletée (avec une petite pelle ou une bêche) des premiers 20 cm de terre.
- Mélange et conditionnement : Placez ces différents prélèvements dans un seau propre (vous pouvez éventuellement le faire sur un plastique propre et non endommagé). Mélangez-les et remplissez le sachet stérile fourni avec ce mélange, fermez-le hermétiquement et glissez-le dans l’enveloppe prépayée. Remplissez le pot au maximum avec cette terre.
- Étiquetage et conservation : Placez une étiquette sur le pot et indiquez votre nom et la date du prélèvement et, si vous avez plusieurs pots, l’endroit du prélèvement. C’est important pour pouvoir ensuite analyser les résultats ! Placez l’échantillon dans un endroit frais. Sachez que si vous souhaitez analyser votre échantillon sur des paramètres volatils comme des solvants ou certains carburants, il est préférable de faire l'analyse le plus rapidement possible après le prélèvement.

Paramètres à analyser et coûts associés
Si votre objectif est une analyse de la terre afin de connaître son niveau de pollution, notamment en zone urbaine, l’analyse de la terre prendra en compte :
- Les métaux lourds, dont l’analyse devra prendre en compte les spécificités de votre région.
- Les hydrocarbures, mettant en danger les eaux souterraines.
- Les HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques) issus du processus de combustion incomplète de matières organiques.
- Le Benzo(a)pyrène, considéré comme l’un des HAP les plus toxiques.
L’analyse sur les HAP, les métaux lourds et l'huile minérale coûte entre 50 et 60 euros pour un échantillon de sol (mais il faut parfois plusieurs échantillons !). Le prix des autres paramètres peut fortement varier en fonction du paramètre analysé et peut monter jusqu’à quelques centaines d’euros. Une analyse des PFAS coûte en moyenne 200 euros.
Délais et interprétation des résultats
En général, les résultats sont disponibles entre 10 et 15 jours ouvrés après réception des échantillons au laboratoire. Loin des tableaux complexes et illisibles des laboratoires, le document de résultats est conçu pour être pédagogique, incluant souvent un « Soilscore », qui est la note de santé de votre sol.
Les valeurs indiquées sont des repères indicatifs pour le grand public. Les seuils réglementaires varient selon les usages (résidentiel, industriel, agricole) et évoluent dans le temps. Le cabinet D.E.I. compare les valeurs obtenues avec les valeurs de référence pour votre type de sol et votre culture, identifiant les éventuels déséquilibres ou problèmes de pollution et envisageant les mesures correctives nécessaires.
Interprétation des seuils : Le seuil 1 correspond à la norme d’intervention pour une zone d’habitat tel que prévu par l’arrêté fixant les normes d’intervention et les normes d’assainissement. Le seuil 2 est une concentration qui a été calculée par Bruxelles Environnement sur base d’un modèle d’évaluation des risques, pour une habitation avec un jardin potager.
- Cas 1 : Sol non pollué : Si votre sol contient une concentration de 1200 mg/kg en cuivre, le seuil 1 est dépassé, mais pas le seuil 2. Votre terrain n’est pas considéré comme pollué et vous pouvez démarrer ou continuer votre potager sans vous faire de soucis.
- Cas 2 : Sol légèrement pollué : Pour le Benzo(a)pyrène, le seuil 1 est de 3,6 mg/kg et le seuil 2 est de 4,86 mg/kg. Si le résultat d’analyse indique une concentration de 5,9 mg/kg en Benzo(a)pyrène, votre sol est légèrement pollué. Les plantes n’ont pas toutes la même sensibilité par rapport aux pollutions du sol. Évitez de cultiver les plantes qui accumulent plus les polluants.
- Cas 3 : Sol pollué et à risque : Si le résultat d’analyse indique que votre sol contient une concentration de 8 mg/kg en cadmium, et qu’il fait partie des exceptions avec le plomb, les PFAS, les pesticides et l’amiante, il ne faut plus comparer avec le seuil 2. Vous pouvez immédiatement décider de ne pas cultiver de légumes en pleine terre dans la zone polluée. Votre sol est pollué et cela peut engendrer des risques.
Rassurez-vous, un diagnostic moins favorable n’est pas une fatalité. Investir dans une analyse de sol peut sembler secondaire au moment de l’achat des premières graines. Pourtant c’est un calcul financier très pertinent sur le long terme. En obtenant des résultats en seulement 10 jours, vous gagnez des années d’expérimentation et d’incertitude. Au lieu de tâtonner, vous savez immédiatement et avec précision si vous devez apporter du calcaire pour corriger l’acidité, enrichir votre terre en matière organique ou tout simplement choisir des variétés de légumes mieux adaptées à votre type de terre. Pour la pollution, une seule analyse suffit.
Mesures de protection et bonnes pratiques pour un potager sain
La problématique d’une éventuelle pollution du sol ne doit pas constituer un frein à la production alimentaire. Cependant, il faut rester vigilant, car un terrain entièrement vierge, sur lequel jamais aucune activité humaine n’a eu lieu est rare, voire inexistant. Les pollutions sont maîtrisables sur base de certaines bonnes pratiques et mesures de prévention.
Prévention de la pollution du sol dans le potager
- Éviter l'utilisation de produits toxiques : Veillez à ne pas utiliser de produits toxiques, en particulier des pesticides. Privilégiez des méthodes de culture au naturel.
- Contrôler les cendres : Évitez l’épandage de cendres car elles peuvent contenir des pollutions en hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ou d’autres polluants si elles sont issues d’une incinération (incomplète) de déchets.
- Choisir un compost et une terre de bonne qualité : Utilisez du compost de bonne qualité et d’origine fiable, car un compost d’origine douteuse peut contenir des pollutions en raison de la présence de déchets organiques pollués, par exemple des déchets verts provenant d’un terrain pollué. De même, en cas de rajout de terre, assurez-vous de son origine. Ajouter du bon compost dans votre sol peut améliorer le processus de dégradation des polluants comme des HAP et des résidus de pesticides.
- Attention à l'eau d'arrosage : N’utilisez pas d’eau de pluie ou de puits si vous suspectez qu’elle est polluée. Il est déconseillé d’utiliser de l’eau collectée d’un toit en zinc ou en amiante-ciment parce qu’ils peuvent la contaminer. La terre filtre beaucoup de choses, mais l’eau peut véhiculer des bactéries ou des nitrates.
- Entretien des outils de jardinage : La maintenance de vos outils de jardinage qui fonctionnent à l’essence (débroussailleuse, tondeuse, etc.) ne doit pas se faire dans le potager pour éviter les déversements accidentels d'hydrocarbures.
- Éviter les équipements peints : Évitez d’utiliser des équipements de jardin peints (cabane, clôture…). Avec le temps, la peinture pourrait se détacher et ses composants pourraient se retrouver dans le sol.
- Exclure l'amiante : N’utilisez pas de matériaux suspectés d’amiante dans votre jardin.
Mesures de protection générale et aménagement du potager
- Hygiène systématique : D’une manière générale, il convient de toujours laver les légumes et fruits avant de les consommer. De même, il est conseillé de se laver les mains après avoir jardiné.
- Choix de l'emplacement du potager : La meilleure façon de minimiser les risques d’entrer en contact avec une pollution du sol est le choix de l’endroit où on veut installer un potager. Choisissez donc un endroit de votre jardin approprié et non suspect.
- Si l'analyse a révélé un dépassement des seuils critiques (seuil 1 pour cadmium, plomb, PFAS, pesticides ou amiante, ou seuil 2 pour au moins une autre substance), évitez d’installer votre potager en pleine terre dans la/les zone(s) polluée(s). Cultivez vos légumes dans des bacs ou autres récipients que vous remplissez de terre propre et de compost, dont vous connaissez l'origine.
- Si vous n’avez pas encore fait d’analyse, évitez de mettre un potager en pleine terre dans des zones remblayées avec des déchets de construction, des matériaux suspectés d’amiante, des cendres, etc. Il est également préférable de ne pas planter de potager dans les zones situées à proximité immédiate des grands axes de circulation, des voies ferrées ou des zones où se déroulent certaines activités économiques et industrielles.
- Amélioration de la qualité du sol : Veillez à avoir une terre saine et fertile. Pour ce faire, ajoutez régulièrement du compost ou du fumier à votre sol. En effet, la matière organique dans le sol a un impact positif sur la structure et la vie microbienne du sol. Cela peut avoir un impact sur l’immobilisation voire même la dégradation de certains polluants organiques.
- Gestion du pH : Veillez à ce que votre sol ne soit pas trop acide (pH). En effet, dans un sol plus acide, les métaux lourds sont plus facilement libérés et pourront alors être absorbés par les plantes. Pour diminuer l’acidité de votre sol, vous pouvez ajouter, par exemple, de la chaux ou du compost mûr.
- Couverture du sol : Ne laissez pas un sol nu. Vous pouvez couvrir les parterres avec du compost ou des déchets verts hachés de manière à minimiser le contact avec le sol pollué et à éviter une dispersion des particules de sols avec le vent ou la pluie. La couverture du sol permet également de le protéger de la sécheresse et des intempéries et contribue à diminuer la pousse des « mauvaises herbes ». Couvrez le reste de la zone polluée qui ne sera pas cultivée, comme les allées.
- Assainissement du sol : Vous pouvez aussi faire assainir la pollution du sol identifiée, par exemple par excavation. Toutefois, pour garantir le bon déroulement des travaux d'assainissement, ceux-ci doivent être obligatoirement contrôlés par un expert en pollution du sol et un entrepreneur en assainissement du sol. En outre, le sol pollué doit être évacué vers un centre de traitement agréé. Dans certains cas, l’observation de la nature du sol permet d’avoir des premières indications de l’étendue de la zone polluée.

Réaliser une analyse pollution sol particulier est un geste préventif et éclairé : il protège la santé, sécurise vos projets immobiliers et agricoles, et participe à la préservation de l’environnement. Grâce à des solutions accessibles - kits de prélèvement, laboratoires certifiés et conseils personnalisés - la démarche devient simple et fiable. Des entreprises comme Pouryère accompagnent les particuliers à chaque étape pour transformer l’incertitude en connaissance et la connaissance en action durable. Si après lecture de ces pages, vous avez encore des questions concernant la pollution du sol de votre potager, vous pouvez entre autres contacter les facilitateurs sol de Bruxelles Environnement, les experts en pollution du sol (sociétés privées, conseils non gratuits) ou les laboratoires agréés pour des conseils sur les analyses chimiques. Il existe également des organisations qui s’intéressent à la problématique des potagers en milieu urbain.