Les Animaux Grimpeurs : Fascinations Scientifiques et Réalités Quotidiennes

Gecko grimpant sur un mur

Nous sommes habitués à observer nos petits compagnons, qu'il s'agisse de mouches, d'araignées ou de moustiques, grimper sans difficulté apparente sur les murs. Cependant, certains animaux suscitent une fascination particulière par leur capacité à défier la gravité, notamment le gecko. Parallèlement, d'autres créatures, moins exotiques mais tout aussi agiles, peuvent transformer nos habitations en terrains de jeux inattendus, comme les rats et les souris qui escaladent nos murs et cloisons, créant des nuisances souvent insoupçonnées. Cet article explore les mécanismes étonnants qui permettent à ces animaux de grimper, depuis les découvertes scientifiques sur le gecko jusqu'aux défis pratiques posés par les rongeurs dans nos foyers.

Le Gecko : Un Maître de l'Adhésion Révolutionnaire

Le gecko, capable d’escalader les surfaces les plus lisses et même de marcher au plafond, intrigue les scientifiques depuis des décennies. La fascination des chercheurs pour cet animal ne date pas d’hier. Avec le développement des méthodes de test, il n’a pas fallu longtemps pour que des chercheurs s’efforcent de mesurer les propriétés d’adhésion du gecko.

La Force Adhésive Incroyable du Gecko

Malgré son poids plume de seulement 50 grammes, le gecko est capable de résister à une traction de près de 20 newtons, soit l'équivalent de 2 kilogrammes ! Mais le plus incroyable, c’est qu’il s’accroche ainsi tout en étant capable de se déplacer rapidement, à des vitesses de plusieurs mètres par seconde, avec un mouvement de patte toutes les 15 millisecondes. Cette performance a longtemps laissé les scientifiques perplexes quant au mécanisme précis de cette adhésion extraordinaire.

L'Élimination des Hypothèses Initiales

Évidemment, la première chose à laquelle on pourrait penser, c’est que le gecko doit posséder une sorte de substance très collante qui permet à ses pattes d’adhérer aux murs et aux plafonds. Malheureusement, cette idée a été réfutée ! Cela fait longtemps que les chercheurs ont observé que les pattes des geckos ne contiennent aucune substance magique. De plus, ces derniers ne possèdent pas sous leurs pattes de glandes qui seraient susceptibles de sécréter cette colle.

D'autres hypothèses ont également été explorées et écartées au fil du temps :

  • La succion ou l'effet de ventouse : Cette hypothèse a été écartée car des chercheurs ont montré que les pattes des geckos adhéraient même sous vide.
  • Les micro-crochets : Une deuxième possibilité était que les spatules agiraient comme des micro-crochets qui pourraient profiter des aspérités de la surface pour ancrer l’animal.
  • Les forces capillaires : Une troisième hypothèse concernait les forces capillaires que pourrait créer une fine pellicule d’eau entre la surface et la patte du gecko, un principe similaire à celui qui fait adhérer le rideau de douche au carrelage quand il est mouillé.
  • Les mécanismes électrostatiques : Certains chercheurs ont aussi pensé à des mécanismes électrostatiques, mais ces "satanées pattes de gecko" adhèrent aussi dans un plasma ionisé, invalidant cette théorie.

Le Rôle Crucial des Sétules et des Spatules

En cherchant sous les pattes des geckos, si l'on ne trouve pas de colle, on observe en revanche des structures très intéressantes. Le gecko possède 4 pattes, et chaque patte a 5 doigts, ce qui fait 20 doigts. Mais si on y regarde de près, les doigts sont tapissés de petites structures appelées sétules (setae), qui sont des sortes de poils d’environ 100 microns de long et quelques microns de large. Ces sétules se terminent par des milliers de spatules encore plus petites.

Le Mystère des Forces de Van Der Waals Résolu

Après des décennies d’expériences et de conjectures, il semble que l’énigme du gecko touche à son terme. En 2000, des chercheurs américains ont publié dans la revue Nature le résultat d’expériences de traction réalisées avec une unique sétule. En gros, ils ont étudié quelle force il fallait pour décoller un poil de 100 microns d’une surface.

Les expériences menées par ces chercheurs ont d’abord révélé deux choses importantes : une unique sétule peut soutenir au maximum une force de 200 micro-newtons. Ils ont également étudié l’impact de l’orientation de la sétule sur son adhésion, et ils ont montré que l’adhésion cesse dès qu’on incline la sétule par rapport à la surface.

Mais surtout, ces expériences ont presque mis un point final à la quête du mécanisme de l’adhésion du gecko. Ces forces sont à l’origine de ce qu’on appelle les liaisons inter-moléculaires. Les liaisons chimiques habituelles (comme la liaison covalente) sont fortes et permettent d’assurer la cohésion des molécules, par exemple la molécule de méthane CH4. Les forces de Van Der Waals sont les principales forces inter-moléculaires et résultent du fait que les nuages électroniques de molécules se déforment quand elles s’approchent les unes des autres. Le problème des forces de Van Der Waals, c’est qu’elles ne fonctionnent qu’à très, très petite distance, environ 1 nanomètre ! C’est manifestement le rôle des microscopiques spatules du gecko que d’aller épouser la surface avec une telle précision que les forces de Van Der Waals peuvent agir et créer l’adhésion.

Structure des sétules et spatules du gecko

J'ai eu l’occasion de tester moi-même ce genre de matériaux biomimétiques, et c’est assez impressionnant ! On le colle sur une surface lisse par simple pression : on peut ensuite tirer dessus comme un bourrin, et rien ne bouge !

Les Rongeurs Grimpeurs : Quand l'Agilité Devient une Nuisance

Au-delà de la prouesse scientifique du gecko, d'autres animaux, plus familiers et souvent moins désirés, se distinguent par leurs capacités de grimpeurs. Les rats et les souris, par exemple, sont des animaux très athlétiques et d'excellents grimpeurs, capables d'escalader murs, câbles ou tuyaux pour pénétrer à l'intérieur des habitations.

Pourquoi les Rats et Souris Grimpent-ils aux Murs ?

Oui, les rats et les souris grimpent aux murs sans problème. Mais ils ne le font pas sans raison. Ils escaladent les murs pour trouver de la chaleur lorsqu’il fait froid, et de la nourriture toute l’année. Ils profitent de la moindre faille pour pénétrer dans une habitation via un trou, une fissure, ou d'autres ouvertures. La recherche de chaleur est un facteur saisonnier majeur : les bruits dans les murs commencent le plus souvent en octobre-novembre, quand les températures baissent. Les rongeurs qui vivaient à l’extérieur pendant l’été migrent vers l’intérieur des maisons à la recherche de chaleur. Si vous entendez des grattements pour la première fois à l’approche de l’hiver, un rongeur vient de s’installer - il ne "passera" pas de lui-même.

Les Signes d'une Infestation de Rongeurs dans les Murs

Avoir des rats ou des souris dans ses murs est assez fréquent, même si cela peut surprendre au premier abord. Plusieurs symptômes peuvent laisser penser que vous avez un ou des rongeurs dans les murs et cloisons de votre maison :

  • Bruits de grattage : C'est le symptôme le plus classique qui laisse supposer une invasion de rongeurs. Les rats, de par leur taille supérieure aux autres rongeurs, peuvent faire un bruit particulièrement fort. La souris domestique produit des grattements légers, aigus et très rapides, souvent perçus comme un froissement ou un grattouillement fin derrière le placo. Le rat, en revanche, produit un bruit nettement plus fort et plus grave, avec des grattements lourds, presque sourds, et des courses rapides avec un poids perceptible.
  • Gémissements : Outre les bruits de grattage, vous pouvez également entendre des gémissements venant de vos murs, ce qui est là aussi un symptôme malheureusement très classique.
  • Excréments : La présence d’excréments d’animaux à proximité des ouvertures ou à l’extérieur de votre maison est un signe révélateur. Les crottes de souris mesurent 3 à 8 mm (forme de grain de riz), contre 10-20 mm pour un rat.
  • Traces de frottement graisseux : Le pelage du rat est naturellement gras - il laisse des marques sombres et huileuses à chaque endroit où il passe régulièrement, le long des plinthes et autour des passages de tuyaux.
  • Objets rongés : Les rongeurs sont, comme leur nom l’indique, des animaux qui rongent. Des boîtes d’aliments grignotées, des fils électriques, des livres ou des cartons mordillés sont des indices importants. Peu de matériaux, à part le béton, le verre ou encore le métal, résistent vraiment aux rats ou même aux souris.
  • Odeurs désagréables : Les animaux sauvages dégagent souvent des odeurs très désagréables. Si vous constatez une mauvaise odeur persistante dans votre maison sans raison apparente, il est possible qu’elle provienne d’animaux. Une odeur d'urine de rat peut apparaître, ou pire, le rongeur meurt de façon naturelle dans votre mur.

Les Différents Types de Rongeurs Grimpeurs et Autres Nuisibles

Comparaison des crottes de souris et de rat

Entendre un bruit dans un mur ne signifie pas automatiquement qu’il s’agit d’un rat. Cinq types d’animaux différents peuvent élire domicile dans les cloisons, les combles ou les faux-plafonds d’une maison française - et chacun produit un bruit, se localise à un endroit et nécessite un traitement différent.

  • La souris domestique (Mus musculus) : C'est le rongeur le plus fréquent dans les cloisons françaises. Son bruit est caractéristique : des grattements légers, aigus et très rapides, souvent perçus comme un froissement ou un grattouillement fin derrière le placo. La souris est active principalement la nuit, entre 22h et 5h du matin. Son bruit est discret en journée mais peut devenir infernal la nuit quand la maison est silencieuse - même une seule souris dans une cloison produit suffisamment de bruit pour empêcher de dormir. Une souris se reproduit encore plus vite qu’un rat, avec jusqu’à 10 portées par an, et 5 à 8 petits par portée. Une femelle redevient fertile entre 5 et 24 heures après la naissance de ses petits, pouvant donner naissance à plus de 150 bébés par an. Les souris sont d’excellentes grimpeuses, elles peuvent escalader un mur, des fils, des cordes et autres.

  • Le rat : Le rat produit un bruit nettement plus fort et plus grave que la souris. Les grattements sont lourds, presque sourds. Les courses sont rapides mais avec un poids perceptible. On distingue :

    • Le rat brun (surmulot) : C'est un mauvais grimpeur. Il vit au rez-de-chaussée et en dessous : cave, vide sanitaire, derrière les plinthes, sous le plancher. Si les grattements viennent du sol ou des murs bas, c’est presque certainement un rat brun. Le rat brun passe dans un trou de 2 cm de diamètre - la largeur d’une pièce de 1 euro. Il creuse et élargit les fissures existantes dans les fondations, les joints de maçonnerie ou les soubassements. Le rat brun nage et retient sa respiration sous l’eau, remontant les conduits d’évacuation et pouvant entrer par les toilettes.
    • Le rat noir (rat des greniers) : C'est un excellent grimpeur. Il vit en hauteur : grenier, combles, faux-plafond, charpente. Si les courses rapides viennent du plafond ou du grenier, c’est probablement un rat noir. Le rat noir grimpe le long des murs extérieurs rugueux, des gouttières, des câbles et des branches d’arbres pour atteindre la toiture. Il entre par les tuiles cassées, les rives mal ajustées, les ventilations de faîtage ou les ouvertures sous les avant-toits.
    • Le rat est néophobe - il craint les changements dans son environnement. Si vous posez un piège, il l’évitera pendant 2 à 3 jours avant de s’en approcher.
  • La fouine (Martes foina) : Ce n’est pas un rongeur mais un mustélidé - un prédateur. Elle mesure 40 à 60 cm et pèse entre 1 et 2 kg. Son bruit dans les combles ou les faux-plafonds est incomparable avec celui d’un rat ou d’une souris : ce sont des cavalcades lourdes, des sauts, des chocs sourds, des bruits de déchirure qui ressemblent à quelqu’un qui courrait sur le toit. La fouine déchiquète l’isolation, mord les câbles, et peut s’attaquer à des animaux (volailles, lapins). Ses excréments sont beaucoup plus gros que ceux d’un rat : 7 à 10 cm de long, souvent avec des fragments d’os, de poils ou de noyaux de fruits visibles. Attention : La fouine est une espèce protégée dans la majorité des départements français. Il est interdit de la tuer, de la piéger avec un piège mortel ou d’utiliser du poison contre elle. Les seules solutions légales sont la capture vivante (avec déclaration en mairie) ou l’éloignement par répulsifs (ultrasons, lumière stroboscopique, répulsifs olfactifs).

  • Le loir gris (Glis glis) et le lérot (Eliomys quercinus) : Ce sont de petits rongeurs nocturnes qui hibernent d’octobre à avril. Si vous entendez des bruits dans les murs ou le grenier uniquement entre mai et octobre, puis plus rien en hiver, ce sont très probablement eux. Le loir est gris avec une queue touffue. Leurs bruits ressemblent à ceux d’un gros rat mais avec une particularité : on entend parfois des roulements - comme si quelque chose faisait rouler des billes sur le plancher du grenier. Ce sont des animaux très agiles qui sautent et se déplacent de façon acrobatique. Le loir et le lérot ne sont pas classés nuisibles. Comme la fouine, il est interdit de les tuer dans la plupart des départements. La capture vivante avec relâche en milieu naturel est la seule option légale.

  • Les écureuils : Ces animaux sont actifs seulement pendant la journée. Par conséquent, si vous entendez des crépitements dans vos murs pendant le jour, vous avez probablement affaire à des écureuils. Ils aiment les noix et les baies.

  • Les chauves-souris : Leur présence est caractérisée par des bruits au crépuscule qui ressemblent à des bavardages aigus, soit dans votre grenier ou dans vos murs. Si vous pouvez visiter votre grenier, vous y verrez également du guano (excréments) de chauves-souris sur le plancher. Ces excréments se dessèchent et se transforment en poudre en vieillissant. Sortez pendant le coucher du soleil pour les observer entrer ou sortir. On les rencontre principalement en Amérique du Nord et pratiquement jamais en France ou en Europe.

  • Les insectes xylophages (vrillette, capricorne, lyctus) : Si le bruit ne se déplace pas - il vient toujours exactement du même point dans une poutre ou un élément de charpente - il ne s’agit probablement pas d’un rongeur mais d’un insecte xylophage. Les larves de ces insectes creusent des galeries dans le bois et produisent un bruit de grignotement fin, régulier, parfois audible la nuit quand tout est calme. La différence avec un rongeur est nette : pas de déplacement, pas de course, pas de changement de position. Si vous tapez sur la poutre et que le bruit s’arrête momentanément puis reprend, c’est très probablement un insecte.

  • Les ratons laveurs : Ces animaux rongent les cloisons sèches, mais pas le câblage électrique. Ils émettent des bruits suspects pendant la nuit, comme des sifflements, des cris, des jacassements ou des bruits secs. Ils présentent aussi l’inconvénient d’avoir une odeur insupportable. Leurs excréments sont très désagréables. Les opossums aiment particulièrement les aliments pour chats.

  • Les tamias : Si parfois vous entendez des grattements dans la journée provenant d’endroits divers, il peut s’agir de tamias. Ces animaux aiment les noix et les baies.

  • Les guêpes ou autres insectes : Si vous entendez un bourdonnement ininterrompu, mais vous n’arrivez pas à en déterminer la provenance, il se pourrait que des guêpes ou d’autres insectes soient en train de construire un nid dans vos murs.

Les Conséquences d'une Infestation de Rongeurs

La présence de rats et de souris occasionne des dommages matériels et des dégâts sanitaires. Ils peuvent s’introduire dans de nombreux endroits d’une maison, et les murs comme les cloisons en font partie.

  • Dommages matériels : Les rats et les souris sont avant tout des rongeurs. Comme leur nom l’indique, ils rongent. Les rats dans les murs et les cloisons peuvent poser certaines questions, car on ne peut pas toujours les voir et donc les attraper. Les souris sont grignoteuses, elles peuvent donc ronger les fils électriques et d’autres éléments de votre structure créant des pannes électriques ainsi que des risques d’incendie. Les animaux qui s’installent volontairement dans vos murs ont tendance à ronger les solives ou les cloisons sèches. Ils peuvent aussi pénétrer dans votre maison et attaquer les plinthes ou les armoires.
  • Risques sanitaires : Les souris sont porteuses de parasites suceurs de sang comme les acariens, les puces et les tiques ainsi que d’agents pathogènes. Ainsi, elles peuvent transmettre plusieurs maladies à l’homme en contaminant les aliments, les boissons ou les surfaces de contact avec leurs excréments, leurs salives et leurs urines tels que : le hantavirus, la salmonelle, les piqûres, boutons, démangeaisons entraînées par les parasites. Elles peuvent également entraîner des troubles du sommeil et donc de la fatigue par leurs bruits nocturnes.

Puissant ultrason contre pour rongeur, rats, souris 1 HEURE

Les Voies d'Entrée des Rongeurs

Comprendre les voies d’entrée est indispensable - éliminer un rongeur sans colmater l’accès par lequel il est entré revient à laisser la porte ouverte au suivant.

  • Petites ouvertures : Le rat brun passe dans un trou de 2 cm de diamètre - la largeur d’une pièce de 1 euro. La souris passe dans un trou de 6 mm. C’est le point d’entrée le plus fréquent.
  • Passages de tuyaux et gaines : Les tuyaux de chauffage, d’eau, de gaz et les gaines électriques traversent les cloisons - et l’espace entre le tuyau et le mur est rarement colmaté correctement.
  • Fissures et fondations : Le rat brun creuse et élargit les fissures existantes dans les fondations, les joints de maçonnerie ou les soubassements.
  • Accès par le toit : Le rat noir grimpe le long des murs extérieurs rugueux, des gouttières, des câbles et des branches d’arbres pour atteindre la toiture. Il entre par les tuiles cassées, les rives mal ajustées, les ventilations de faîtage ou les ouvertures sous les avant-toits.
  • Prises électriques et interrupteurs : Les boîtiers encastrés dans le placo créent une ouverture directe vers l’intérieur de la cloison. Si un rongeur est déjà dans la cloison, il peut élargir le trou de la prise pour sortir dans la pièce.
  • Conduits d'évacuation : Le rat brun nage et retient sa respiration sous l’eau. Il remonte les conduits d’évacuation et peut entrer par les toilettes.

Pour trouver le point d’entrée, suivez les traces de frottement graisseux le long des plinthes et autour des passages de tuyaux. Ces traces mènent directement au point d’entrée.

Solutions pour Éliminer les Rongeurs dans les Murs

Lorsqu’un rongeur est présent dans un mur, l’intervention doit être rapide. Un rat ou une souris installé dans une cloison a trouvé l’endroit idéal. Les cloisons sont remplies de laine de verre, de laine de roche ou de polystyrène. Pour un rongeur, c’est un nid naturel prêt à l’emploi : chaud, sec, isolé du froid extérieur. Derrière une cloison, le rongeur est invisible et inaccessible. Ni les chats, ni les rapaces, ni les renards ne peuvent l’atteindre. Depuis l’intérieur des cloisons, le rat circule librement vers la cuisine, le garde-manger, les poubelles. Il sort la nuit, se nourrit, et retourne se cacher avant le lever du jour. Un couple de rats installé dans une cloison donne naissance à 6 à 12 petits par portée, avec 4 à 7 portées par an. Les jeunes deviennent fertiles en 5 semaines. En 3 mois, un couple peut devenir une colonie de 20 à 30 individus vivant dans vos murs.

La dératisation reste la solution la plus efficace pour les éliminer.

Méthodes pour les Rongeurs cachés dans les cloisons

C’est une situation complexe, car le rongeur ne se montre pas. Le rongeur est derrière le placo, inaccessible. Vous ne pouvez pas poser un piège à l’intérieur de la cloison. Percer le mur au hasard est la pire idée - vous risquez de toucher un câble ou un tuyau, et le rat changera simplement de position.

Voici la méthode utilisée par les dératiseurs professionnels pour traiter les rongeurs dans les cloisons :

  1. Repérer la zone de bruit : Identifiez la ou les prises électriques les plus proches de l’endroit où vous entendez les grattements.
  2. Couper l’alimentation électrique : Couper l’alimentation électrique du circuit concerné au disjoncteur. Vérifier avec un testeur de tension que la prise n’est plus alimentée.
  3. Dévisser la plaque de la prise : Dévisser la plaque de la prise avec un tournevis.
  4. Insérer des appâts : Enfiler des gants et insérer 2 à 3 sachets de pâte raticide à l’arrière du boîtier, dans la cavité de la cloison. Pousser les sachets le plus loin possible pour qu’ils soient bien à l’intérieur du mur.
  5. Rétablir le courant : Revisser la prise et rétablir le courant.
  6. Vérifier et renouveler : Vérifier après 5 à 7 jours. Dévisser les prises : si les sachets ont été grignotés ou ont disparu, le rongeur les a consommés. Remettre des sachets frais.
    • Précautions obligatoires : porter des gants. Placer les sachets hors de portée des enfants et des animaux.

Si les bruits viennent du plafond : la même méthode s’applique en passant par le lustre ou les spots encastrés. Couper le courant, dévisser le luminaire, insérer les sachets de pâte dans la cavité du faux-plafond, revisser.

Types d'appâts empoisonnés

Il existe plusieurs types d'appâts empoisonnés pour les rongeurs :

  • Le blé décortiqué : Ce type d'appâts est destiné à la lutte contre les rongeurs réalisant des terriers. Le blé est inséré directement dans les terriers des rongeurs. L'avantage est que le rat ou la souris ne peut expulser ce type d'appâts, car trop dispersable.
  • Les pâtes huileuses : Cet appât est le plus utilisé par les dératiseurs. Il est très polyvalent, et les rongeurs en raffolent. L'huile va permettre au produit de ne pas sécher. L’appât raticide en pâte huileuse est la solution la plus adaptée aux cloisons.
  • Les blocs : L'appât sous forme de bloc est idéal pour un usage dans les lieux humides comme les caves, égouts et extérieur.

Parmi ces 3 types d'appâts, celui qui vous conviendra le mieux est clairement l'appât sous forme de pâte huileuse. La stratégie consiste à déposer le poison sous forme de pâte directement dans les murs par le biais des prises électriques. Avant toute chose, coupez l'alimentation électrique de l'habitation.

Attention : Les produits raticides doivent être manipulés avec précaution. Ils doivent être placés hors de portée des enfants et des animaux domestiques. Le rongeur sentira les appâts et viendra les consommer. Les produits raticides sont étudiés pour assécher le cadavre du rongeur. Le risque d'odeur peut apparaître uniquement si vous n'agissez pas.

Méthodes pour les Rongeurs sortant des cloisons

Si le rongeur sort de la cloison pour se nourrir - et il finit toujours par le faire - vous pouvez poser un piège à l’endroit exact où il quitte le mur.

  1. Repérez le trou de sortie : (souvent au ras d’une plinthe ou à côté d’un tuyau).
  2. Posez un piège : Posez un piège à mâchoires ou une tapette perpendiculairement au mur, le déclencheur du côté de la plinthe, à 2-3 cm du trou. Si aucun trou n’est visible mais que vous avez identifié le passage grâce aux traces de gras sur les plinthes, posez le piège exactement sur le trajet graisseux.
    • Appât recommandé : beurre de cacahuète ou pâte à tartiner (forte odeur grasse qui attire). Éviter le fromage - contrairement à l’idée reçue, les rats ne sont pas particulièrement attirés par le fromage.
    • Patience : Le rat est néophobe - il contournera le piège pendant 2 à 3 nuits avant de s’en approcher. Ne le déplacez pas.

Autres méthodes et précautions

  • Appareils à ultrasons : Les appareils à ultrasons émettent des ondes indétectables pour les humains qui font fuir les souris. Toutefois, elles peuvent s’y habituer sur le long terme et donc rester dans votre maison.
  • Hygiène et rangement : Une des meilleures méthodes pour éloigner les souris et de prévention est de posséder une maison propre et ordonnée. Nettoyez régulièrement les sols, évitez d’entasser des vêtements, des livres, des cartons, etc.
  • Protection des aliments : Assurez-vous que votre nourriture est stockée dans des contenants hermétiques et dans des endroits que les souris ne pourront pas atteindre. Ne laissez pas d’aliments à l’air libre, ni de miettes au sol, sur votre table ou sur le comptoir.
  • Éliminer les zones d’entrée : Éviter l’intrusion des rongeurs dans votre maison en scellant les divers points d’entrée de votre bâtiment. Les souris peuvent s’immiscer dans de très petites ouvertures (un quart de pouce et plus) alors pour éviter les infestations, sceller avec de la laine d’acier ou un calfeutrage anti-rongeur toutes les fissures et les trous dans les murs, les entrées de tuyaux, etc.
  • Aménagements extérieurs : Dégagez les débris et les diverses choses entreposées autour de votre bâtiment, cela va éviter que les souris trouvent facilement des lieux où se cacher. Coupez les branches d’arbre et les arbustes trop grands à proximité de votre maison, vous enlèverez ainsi un accès facile à l’intérieur par votre grenier. Inspectez votre toit pour détecter les ouvertures ou les interstices, puis procédez aux réparations nécessaires pour empêcher les animaux d’accéder à votre grenier. Réparez le revêtement décollé et sectionnez les branches d’arbres qui se trouvent au-dessus de votre maison pour dissuader les intrus de grimper sur vos murs.
  • Faire appel à des professionnels : Faire appel à une société de dératisation peut être une bonne idée dès lors que vous avez de nombreux rongeurs qui semblent vivre dans vos murs. Pour une extermination définitive et durable des souris dans les murs de votre maison, faites appel à une entreprise de gestion parasitaire professionnelle qui dispose de divers moyens de vous débarrasser durablement de ces rongeurs envahissants. Ils se chargeront d’exterminer les souris dans les murs de votre demeure rapidement et définitivement.

Pièges à rongeurs et appâts dans les murs

Témoignages d'Infestation : Le Cas du Bastidon à Marseille

Dans le 12ᵉ arrondissement de Marseille, boulevard Bouyala d’Arnaud, les habitants de la résidence du Bastidon se disent infestés par les rats. "Je préférerais vivre dehors qu'ici. C'est inhabitable", déplore une locataire. Samira, au rez-de-chaussée, n'en dort plus la nuit. "Les rats ont envahi ma maison. Il y a des trous partout dans le grillage, même des voleurs pourraient rentrer. Je vois des dizaines de rats tous les jours en pleine journée dans mon jardin et dans ma rue."

Si cela fait plusieurs années que les rongeurs font partie intégrante du quartier et du rez-de-chaussée de l'immeuble, depuis quinze jours, "les rats grimpent sur les murs et passent par les fenêtres dans les étages", raconte Cynthia, habitante au troisième étage. Mère de deux enfants, Cynthia est terrorisée. "J'en ai vu un, il y a quelques jours, dans mon salon. J'ai hurlé. J'ai aussi retrouvé des excréments dans ma salle à manger. Depuis, je vis avec les fenêtres fermées, alors qu'il fait 30°C dans l'appartement."

Cela fait cinq ans que la mère de famille a emménagé dans cet appartement. De son côté, Samira, ses trois enfants et deux petits-enfants y vivent depuis deux ans. Les deux voisines ne comptent plus les fois où elles ont demandé de l'aide à ICF Habitat, bailleur de la résidence. "Au départ, ICF Habitat dit qu'il ne peut rien faire car comme cela se passe chez moi, c'est privé." Des dispositifs de contrôle permanent des nuisibles (boîtes) sont en place. Une intervention vaine, selon les locataires. "Le dératiseur a dit qu'il ne pouvait rien faire, que les boîtes ne servent à rien. Les rats sont trop nombreux, il y a trop de passages. Les grillages sont cassés, il y a des trous de partout", désespèrent les deux mères de famille.

Sylvain Souvestre, maire des 11e et 12e arrondissements de Marseille, a également été sollicité par les habitants du Bastidon. D'après lui, cette situation relève de la responsabilité du bailleur. "ICF a demandé à la métropole et à la ville de dératiser l'ensemble des égouts," révèle le maire ironiquement. "C'est une résidence privée, c'est à eux de sécuriser les lieux pour que les rats ne puissent pas rentrer dans le bâtiment", affirme Sylvain Souvestre.

Samira, découragée, a fait une demande auprès d'ICF Habitat pour déménager. "Le loyer est cher pour moi, j'ai peu de revenus. Au final, on a un jardin dont on ne profite pas. Je ne peux même pas boire un café sur ma terrasse, on vit cloisonné. J'ai acheté des ventilateurs, mais ça reste étouffant. On paie un loyer à presque 900 euros. ICF dit que je suis une menteuse, qu'il n'y a pas de rats, alors qu'on a retrouvé un terrier chez une dame âgée au rez-de-chaussée. C'est de la maltraitance", accuse-t-elle.

ICF Habitat a déclaré être "parfaitement conscients de la gêne occasionnée pour les locataires." Les locataires espèrent qu'ICF Habitat trouvera rapidement une solution pour empêcher les rats de proliférer davantage.

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