L'annonce de plan est un élément fondamental de l'introduction d'une composition, qu'il s'agisse d'une dissertation, d'un commentaire composé, ou d'un exercice juridique. Elle en constitue les dernières lignes et se présente généralement sous la forme d'un seul paragraphe. Cette étape cruciale offre un aperçu structuré de la réflexion à venir, guidant le correcteur à travers le cheminement de la pensée et la résolution de la problématique.

Le rôle et la place de l'annonce de plan
L'annonce de plan intervient après la problématisation du sujet. Après avoir expliqué pourquoi le sujet pose un véritable problème et quel problème on va devoir résoudre, on indique comment on va le résoudre. Il est impératif de ne pas faire suivre l'annonce de plan par la question à laquelle ce plan va répondre, mais plutôt d'énoncer le problème à résoudre, puis d'exposer la méthode pour y parvenir. L'annonce de plan ne doit indiquer que les grandes parties du développement, et rien d'autre. Elle n'indique pas les sous-parties et, surtout, elle n'annonce pas que l'on finira par conclure, ce qui est considéré comme une lapalissade de mauvais effet dans une introduction.
Il est également crucial de ne pas annoncer que le sujet principal ne sera traité que dans une partie spécifique, comme la troisième. Par exemple, face au sujet « La vérité dans les Fables de La Fontaine », annoncer une étude de la vérité, puis une étude de ce qu'est une fable, avant d'aborder la vérité dans les Fables, risque de pousser l'examinateur à ignorer les deux premières parties hors-sujet et à se limiter à la lecture de la troisième pour l'évaluation. L'annonce de plan sert à montrer au correcteur que l'on sait où l'on va, c'est un résumé à grands traits de la réflexion qui sera menée.
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Les formulations de l'annonce de plan
Concernant la formulation de l'annonce de plan, il existe différentes approches. Certains professeurs insistent pour une formulation élégante, évitant les expressions jugées trop scolaires telles que « Dans une première partie, nous étudierons… ; ensuite, nous verrons si… ; enfin, nous nous demanderons… ». Cependant, il est important de noter que ces formulations scolaires ne posent généralement aucun problème. Elles sont certes très scolaires, mais un lycéen, voire un candidat aux concours de l'enseignement, n'a pas à craindre d'être jugé pour cela. Même les professeurs qui critiquent ces tournures ne retirent que rarement des points pour ces prétendues lourdeurs d'expression.
L'essentiel est de parvenir à montrer clairement quelles seront les grandes parties du développement. Si, par souci d'élégance, la structuration du devoir n'est pas limpide, des points peuvent être retirés. Il est conseillé de formuler le titre de chaque partie sous forme de phrase, ou au moins d'une proposition, et de séparer l'annonce de chaque partie par une ponctuation forte, comme un point-virgule ou un point. Par exemple : « Nous verrons d'abord ceci ; nous verrons ensuite cela ; enfin nous verrons ça. »
Dans l'idéal, il peut être intéressant de montrer un raisonnement plus logique dès l'annonce de plan, en ne se contentant pas de la simple énumération « d'abord… ; ensuite… ; enfin… ». On peut marquer des relations logiques entre les parties (opposition, cause et conséquence, concession…) avec d'autres coordonnants comme « d'abord… ; mais… ; donc… », ou en articulant les parties sous la forme d'une phrase complexe : « Si… ; cependant… ; c'est pourquoi… » (par exemple !). Cette approche est plus difficile à préparer dans le temps imparti et peut être réservée pour la conclusion, où l'articulation logique des idées développées dans les différentes grandes parties trouvera également sa place.
Il est crucial d'éviter les formulations de titre de type « plans de cours » ou « plans bateaux » en dissertation. Par exemple, « La notion de force majeure / Le régime de la force majeure » n'est pas adapté. De même, les phrases conjuguées dans les titres sont à proscrire. Il faut préférer des formulations concises et nominales comme « L'imprécision de la notion de force majeure / L'évolution jurisprudentielle du régime de la force majeure ». Les titres doivent être adaptés au sujet et explicites, en ajoutant si possible un qualificatif (adjectif ou participe passé) pour préciser l'idée de la partie ou de la sous-partie. Par exemple, au lieu de « L'apparition de nouveaux contre-pouvoirs », on préférera « L'apparition nécessaire de nouveaux contre-pouvoirs ».

Les différents types de plans de dissertation
Le choix du plan dépend de l'analyse du sujet et du type de réflexion demandé. Il existe quatre grands types de plans de dissertation : thématique, dialectique, analytique et comparatif. Il est essentiel de ne pas appliquer systématiquement le même type de plan, car le sujet lui-même indique souvent la démarche à suivre explicitement. Un bon plan en deux parties, bien construit et organisé, est toujours préférable à un plan en trois parties bancal.
Le plan thématique
Le plan thématique est le plus simple et le plus habituel. Il permet d'exposer un thème et de le développer d'après différents points de vue. Il s'organise autour de parties examinant les différents aspects d'une même question.
Exemple de sujet : Quels sont les différents types de mondialisation ?

Le plan dialectique ou critique
Ce type de plan est obligatoire lorsque le sujet invite à discuter une idée ou nécessite une vérification et/ou une correction d'une définition, d'une affirmation ou de la réalité d'un événement. Il requiert l'examen détaillé de deux positions différentes et exige de la nuance. Il ne faut pas développer, dans une première partie, un argument que l'on contredira par la suite. La structure classique est : I. Thèse, II. Antithèse, III. Synthèse.
Exemple de sujet : Selon vous, peut-on considérer le travail comme une drogue ?
- I. Le travail, lorsqu'on en devient dépendant, peut être considéré comme une drogue. (Thèse)
- II. Toutefois, le travail peut être une source de liberté. (Antithèse)
- III. Dans un travail, il faut, avant tout, considérer les conditions dans lesquelles on l’effectue, ainsi que les motivations et les responsabilités de celui qui l’exerce : il y trouvera, selon les cas, épanouissement ou aliénation. (Synthèse)
Le plan analytique
Ce plan est idéal pour les sujets qui conduisent à analyser un fait et/ou à réfléchir sur un problème global. Il permet d'approfondir la compréhension d'un phénomène en en étudiant les causes, les manifestations et les conséquences, ou en proposant des solutions.
Exemple de sujet : La pollution est-elle selon vous l’une des fatalités du monde moderne ?
- I - Ce phénomène semble irréversible.
- II - Cependant, au vu de ses conséquences dévastatrices sur de nombreux plans, des solutions existent.
Le plan comparatif
Comme son nom l'indique, ce plan se réalise grâce à une comparaison afin de faire apparaître les similitudes et les différences d'une notion et/ou d'un phénomène.
Exemple de sujet : Un écrivain prétend qu’il n’y a que deux sortes de romans : le roman qui nous fait oublier la vie et le roman qui nous explique la vie. Qu’en pensez-vous ?
- I. Le roman peut faire oublier la vie.
- II. Le roman peut expliquer notre vie.
- III. La complexité de la relation entre le roman et l'expérience humaine.
Conseils pratiques pour la rédaction de l'annonce de plan
Lors de la rédaction de l'introduction, il est judicieux de ne pas écrire l'annonce de plan immédiatement. Il est préférable de laisser quelques lignes en blanc (environ six ou sept lignes) avant de passer au développement. L'annonce de plan ne devrait être rédigée qu'après avoir entièrement rédigé le développement, idéalement vingt minutes avant la fin de l'épreuve. Cette méthode permet d'ajuster l'annonce de plan si le développement a subi des modifications, comme le changement léger du titre d'une partie ou l'absence de temps pour rédiger la troisième partie.
Chaque partie du développement doit comporter deux à trois sous-parties (une idée plus un exemple précis). Il est également important de relier les parties du plan avec une transition-liaison qui résume ce qui vient d'être développé et annonce ce qui va suivre, grâce aux connecteurs logiques appropriés (conséquence, opposition, addition).

Spécificités de l'annonce de plan en droit
La dissertation juridique est un exercice qui nécessite la rédaction d'un plan selon une méthode précise. Le but du plan est de permettre un découpage rationnel du sujet, ajoutant une structure au raisonnement pour une présentation claire et didactique des idées. Les plans permettent de structurer la pensée et son expression écrite, facilitant ainsi la compréhension par le lecteur.
La forme obligatoire du plan de dissertation juridique est le « bi-partisme » : il doit nécessairement contenir deux grandes parties, elles-mêmes divisées en deux sous-parties (I. TITRE 1, A. Sous-titre 1, B. Sous-titre 2 ; II. TITRE 2, A. Sous-titre 1, B. Sous-titre 2). Cette règle est impérative dans la majorité des universités de droit, même si certains auteurs considèrent qu'en faire un dogme est une ineptie. Il est crucial de respecter cette forme pour ne pas perdre de points.
Dans certains cas, un plan détaillé de dissertation peut être demandé, incluant l'introduction, l'annonce de plan générale, les titres des parties avec leurs sous-titres, et les idées principales sous chaque sous-partie, ainsi que les transitions.
Astuces pour trouver un plan de dissertation juridique
La première astuce est de bien connaître son cours. Sans connaissances solides, il sera toujours difficile de trouver un plan pertinent. Il est conseillé d'extérioriser toutes les connaissances sur le brouillon avant de construire le plan. Pour les dissertations à la maison, la lecture approfondie des cours, des documents de TD et des références bibliographiques est essentielle.
La deuxième astuce consiste à apprendre des plans d'annales par cœur. Il peut être judicieux de mémoriser des corrections de plans de dissertation, en veillant à ne pas les réécrire mot pour mot mais à personnaliser les titres. Des corrections d'annales peuvent être trouvées via les programmes de tutorat des universités, auprès d'étudiants plus avancés.
La troisième astuce est d'apprendre des « plans types » de dissertation juridique. Il en existe une dizaine, voire une quinzaine, qui aident à classer les connaissances et à rédiger le plan. Parmi ces plans types, on trouve : Principe / Exception, Domaine / Régime, Convergences / Divergences, Notion / Fonction, Notion / Mise en œuvre, Avant / Après, Qualification / Sanction. Ces plans types doivent être appris par cœur et notés systématiquement sur le brouillon dès le début de l'épreuve.
La formulation des titres en droit
En dissertation juridique, il ne faut jamais utiliser des formulations de titre de type « plans de cours » (plans « bateaux ») ni des phrases conjuguées. Il faut préférer des titres concis et explicites, adaptés au sujet. L'idéal est d'ajouter un qualificatif (adjectif ou participe passé) au titre pour préciser l'idée de la partie ou de la sous-partie. Par exemple, pour une sous-partie sur l'apparition de nouveaux contre-pouvoirs dans le régime parlementaire britannique, on écrirait « L'apparition nécessaire de nouveaux contre-pouvoirs » pour exprimer plus nettement l'idée.
Les différentes annonces de plan en droit
En dissertation juridique, on distingue trois types d'annonces de plan :
- L'annonce de plan « générale » : elle sert à annoncer les deux grandes parties (le I et le II).
- Les deux annonces de plans « internes » : elles servent à annoncer les deux sous-parties de chaque grande partie (le I. A et le I. B, et le II. A et le II. B).
Il est important d'éviter les annonces de plan « scolaires » avec des formules du type « dans un premier temps, nous verrons (…) puis dans un second temps nous verrons (…) ».
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Éviter les erreurs courantes
Plusieurs erreurs sont à éviter lors de la rédaction de l'annonce de plan. La première est de ne pas avoir de plan clair. L'annonce de plan suppose un plan existant ; il est impératif de savoir où la réflexion mène. Si le plan n'est pas encore défini, il est préférable de laisser du blanc.
La deuxième erreur est le manque de liens logiques entre les parties. Il est essentiel d'expliciter la progression de la pensée de manière visible. Pourquoi passe-t-on de la première à la deuxième partie ? De la deuxième à la troisième ? Ces transitions doivent être claires et justifiées.
La troisième erreur est le manque de clarté. Le correcteur doit comprendre sans effort quelle phrase correspond à quelle partie du plan. Il est préférable d'être franchement lourd dans la formulation pour assurer la clarté.
Enfin, certains professeurs n'apprécient pas l'annonce de plan, préférant le suspense. Cependant, d'autres affirment l'inverse et supposent l'absence de plan si aucune annonce n'est visible. Dans le doute, et compte tenu des exigences majoritaires, il est plus sûr d'inclure une annonce de plan claire et structurée. Les formulations comme « Nous serons ainsi amenés à nous interroger sur…, sur… et sur… » peuvent être une alternative aux tournures trop classiques.
La répétition des mêmes mots et constructions de phrase, notamment « dans la première partie, je traiterai… », peut rendre la lecture monotone. Des alternatives incluent la construction à la première personne (si le contexte le permet), l'utilisation de la voix passive, ou des tournures comme « La première partie a vocation à répondre à la première sous-question » ou « Nous présenterons en première partie les grands enjeux du problème ». Lorsque l'on mentionne différentes parties, il est généralement recommandé d'utiliser les adjectifs numéraux en toutes lettres (« première partie », « deuxième partie »).
Il est important de ne pas abuser des questions dans l'annonce de plan. Si elles peuvent ponctuellement marquer une progression logique, les utiliser systématiquement ou de manière redondante risque d'affaiblir l'argumentation. Par exemple, éviter les formulations du type « Notre première partie sera : de quelle manière l'auteur fournit-il une vision différente de la guerre ? » ou « Nous nous interrogerons d'abord sur : de quelle manière gnia gnia gnia. »
L'originalité n'est pas toujours une vertu à manifester à tout prix dans un devoir. La clarté, la logique et la structuration sont prioritaires. La datation systématique des œuvres citées n'est pas nécessaire, sauf si le contexte historique a un rapport direct ou une pertinence évidente avec l'idée développée.

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