La question de la réception des paroles de Jésus par le peuple constitue l'essence même de l'identité chrétienne. « Car je leur ai donné les paroles que tu m’as données ; et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. » Cette déclaration souligne une vérité fondamentale : recevoir les paroles de Christ, c’est Le recevoir Lui-même, car Christ est le Verbe. À l’inverse, rejeter Ses paroles revient à Le rejeter Lui-même.

La Parole comme condition de l'Alliance et de l'obéissance
Pour comprendre l'importance de cette réception, il faut regarder le modèle de l'Ancien Testament. Voyez dans le livre de Samuel ce que le Seigneur a dit lorsque Saül a rejeté la Parole de Dieu : « Car la désobéissance est aussi coupable que la divination, et l’entêtement ne l’est pas moins que l’idolâtrie et les théraphim. » Le prophète Samuel avait dit à Saül au verset 19 : « Pourquoi n’as-tu pas écouté la voix de l’Eternel ? Pourquoi t’es-tu jeté sur le butin, et as-tu fait ce qui est mal aux yeux de l’Eternel ? »
Le Seigneur avait donné à Saül un ordre précis, mais Saül dans son raisonnement humain, pensant que sa solution était la meilleure, avait corrigé cet ordre. Le verset 21 du même chapitre dit : « Mais le peuple a pris sur le butin des brebis et des bœufs, comme prémices de ce qui devait être dévoué, afin de les sacrifier à l’Éternel, ton Dieu, à Guilgal. » Cet exemple montre qu'il existe une différence subtile mais capitale entre la réception extérieure et l'obéissance intérieure.
Foi salvatrice et baptême : la marque de la réception
Nous devons réaliser combien cette réception de la parole de Christ est un acte de foi salvatrice : « Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés ; et, en ce jour-là, le nombre des disciples s’augmenta d’environ trois mille âmes. » (Actes 2 :41). Inversement, être incrédule c’est Le rejeter et refuser d’être baptisé. « Et tout le peuple qui l’a entendu et même les publicains ont justifié Dieu, en se faisant baptiser du baptême de Jean ; mais les pharisiens et les docteurs de la loi, en ne se faisant pas baptiser par lui, ont rendu nul à leur égard le dessein de Dieu. » (Luc 7 :29-30).
Tandis que nous marchons vers le baptême, nous nous initions nous-mêmes à Son service. L’incrédulité ne rejette pas la Parole de Dieu seulement, elle rejette aussi toutes les promesses de Sa Parole. « Paul et Barnabas leur dirent avec assurance : C’est à vous premièrement que la parole de Dieu devait être annoncée ; mais puisque vous la repoussez, et que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie éternelle, voici, nous nous tournons vers les païens. »
L'écoute selon Jésus : comprendre avant de parler | L’Instant Bible 2025-16
L'exemple de Bérée : le discernement noble
Pour tirer profit d’un ministère, nous devons détacher notre regard du prédicateur et comparer les doctrines qu’il enseigne avec les écritures de façon à être assurés que la parole de Dieu est fidèlement enseignée. « Ces Juifs avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique ; ils reçurent la parole avec beaucoup d’empressement, et ils examinaient chaque jour les Écritures, pour voir si ce qu’on leur disait était exact. »
Il est vraiment important de comprendre qu’il nous faut recevoir la totalité de la Parole de Dieu. Nous ne pouvons réclamer Ses promesses et rejeter Ses commandements. « Celui qui dit : je l’ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n’est point en lui. Mais celui qui garde sa parole, L’amour de Dieu est véritablement parfait en lui : par là nous savons que nous sommes en lui. » (1Jean 2 :4-6).
Actualisation de la Parole : du temple de pierre au temple intérieur
Les textes de l'Écriture prennent vie et deviennent une parole d'espérance par leurs auditeurs, donc une parole cohérente avec la promesse de Dieu de donner vie et avenir à son peuple. Dans le livre de Néhémie, au retour de l’exil à Babylone, le scribe Esdras lit la Torah aux habitants de Jérusalem. Le peuple juif a perdu son indépendance nationale, mais Esdras l’invite à chercher une raison d’être comme communauté religieuse, en puisant dans l’obéissance à la loi du Seigneur, les ressources pour vivre les exigences de la situation présente.
« Aujourd’hui, s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre ». Cette expérience biblique est une invitation permanente. Les événements que nous connaissons, les défis qu’ils lancent à l’homme qui veut les relever, sont autant d’opportunités pour approfondir l’actualisation de la promesse de Dieu. La conversion à vivre pour revêtir la tenue de service à la suite de Jésus n’est pas, d’emblée, une conversion religieuse : elle est un engagement concret.

La Parole comme fondement du peuple de Dieu
La Bible ne peut pas être seulement le patrimoine de quelques-uns et encore moins une collection de livres pour quelques privilégiés. Elle appartient, avant tout, au peuple convoqué pour l’écouter et se reconnaître dans cette Parole. Souvent, il y a des tendances qui tentent de monopoliser le texte sacré en le reléguant à certains cercles ou groupes choisis. Il ne peut en être ainsi. La Bible est le livre du peuple du Seigneur qui, dans son écoute, passe de la dispersion et de la division à l’unité.
Cette unité a toujours été assurée au nom de l’Alliance autour des points forts que sont la possession de la Terre, la ville sainte, le Temple et la Parole de Dieu. Jésus n’annule pas l’histoire qui l’a précédé, il sort du sein du peuple d’Israël et du sein de son histoire. Pour nous, croyants en Jésus-Christ, la Bible est le livre par excellence. Face à l'avilissement universel, nous devons crier au monde le mot de passe salutaire : « Revenez à la Bible ! »
La circoncision du cœur : l'engagement véritable
Paul explique que le Juif, ce n’est pas celui qui en a les dehors ; et la circoncision, ce n’est pas celle qui est visible dans la chair. Mais le Juif, c’est celui qui l’est intérieurement ; et la circoncision, c’est celle du cœur, selon l’esprit et non selon la lettre. La conclusion qui se dégage de tout cela, c’est que, pour plaire à Dieu, ce qui est essentiel, c’est une foi et une obéissance venant du cœur.
Les chrétiens, ceux qui composent l’Église du Nouveau Testament, sont les descendants spirituels d’Abraham, étant réunis en un seul corps avec la postérité unique promise, Jésus-Christ. Ils sont les héritiers de l’héritage éternel promis à Abraham. Ceux qui constituent « le peuple spécial de Dieu » continuent de croire et d’obéir à Dieu, tout comme le faisait Abraham. Ils ont choisi de ne pas vivre de pain seulement, « mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Matthieu 4:4). Leur confiance en Dieu vient du cœur, comme en témoigne leur vie d’obéissance, manifestée dans le souci du prochain et le partage avec ceux qui sont dans le besoin.