La mérule : Comprendre et combattre le fléau des structures en bois

La mérule, aussi connue sous le nom de « lèpre des maisons », est un fléau pour les structures en bois. Ce champignon lignivore ne se limite pas à nos habitations. Il peut également s’attaquer aux arbres et autres éléments en bois présents dans nos jardins, compromettant ainsi la santé de notre espace vert. Venir à bout de ce parasite exige une combinaison de méthodes de prévention et de traitements spécifiques. En tant que passionné d’écologie et engagé dans le développement durable, j’ai toujours privilégié les solutions les moins nocives pour l’environnement. Néanmoins, dans certains cas, l’utilisation de produits chimiques peut s’avérer indispensable pour éliminer définitivement le champignon.

Schéma illustrant le cycle de développement de la mérule dans une structure boisée

Qu’est-ce que la mérule ?

La mérule (aussi appelée mérule pleureuse) est un champignon lignivore c’est-à-dire qui se nourrit du bois des habitations (charpentes, poutres…). On lui attribue différents noms : tel que « mérule des maisons », « champignon des charpentes », « lèpre de maison », ou encore « cancer du bâtiment ». Il s’agit d’un champignon lignivore. C’est à dire qu’il se nourrit de bois humide. Il s’attaque à la cellulose qui se trouve à l’intérieur du bois, mais également à la lignine du bois : son extérieur. Tous les bois peuvent être touchés. En général, les essences de bois exotiques, naturellement résistantes aux agressions, sont épargnées. La mérule préfère les bois résineux (pin, sapin, épicéa…) et se nourrit des substances présentes dans le bois (cellulose).

La mérule (Serpula lacrymans) est un champignon originaire des conifères des forêts boréales. Les chercheurs ont ainsi pu démontrer que le mérule avait évolué pour s’adapter aux environnements créés par l’homme. Ce champignon n’existe quasiment plus à l’état naturel sous sa forme initiale. L’analyse du génome de ce champignon a prouvé que ce champignon était devenu interdépendant de l’homme. Egalement, la mérule a besoin de calcium et de fer, c’est pourquoi elle peut se développer dans un second temps sur les métaux, les plâtres ou les briques afin d’y récupérer ces éléments nutritifs.

Les mécanismes de développement et de propagation

Ce champignon lignivore n’existe plus à l’état naturel. La mérule du bois se développe dans des lieux créés par l’homme comme des habitations humides et mal aérées. En général, lorsque le taux d’humidité du bois dépasse 20%, il y a un risque que la mérule s’établisse dans votre bois. La mérule craint la chaleur. Au-dessus de 30°, ce champignon lignivore ne peut se développer. La mérule se développe lorsque l’humidité du bois dépasse 20 %. Elle prospère particulièrement dans des environnements sombres, humides et mal aérés. Une fois installée, la mérule se répand grâce à ses spores, qui germent et produisent des filaments appelés hyphes.

Si les conditions ne sont plus favorables à son développement, le champignon entre en phase de latence. Le problème du mérule, c’est qu’il peut rester en sommeil pendant plusieurs décennies. De plus, il est souvent caché et invisible ; par exemple, derrière les plaques de plâtres, derrière des lambris, dans des vides sanitaires. La mérule est un excellent colonisateur. Celui-ci possède un système de transport très efficace via un réseau de rhizomorphes, sorte de micro-racine. Aussi, dès qu’il apparait dans la maison, il est capable de coloniser très vite l’ensemble des bois environnants.

Photographie macroscopique montrant le mycélium cotonneux caractéristique de la mérule

Identifier la présence du champignon

Il est difficile de détecter sa présence. Se développant principalement dans l’obscurité, on la retrouve dans les endroits cachés : derrière une cloison, dans les combles, à l’arrière d’une plinthe… De plus, la mérule est peu visible à l’extérieur du bois, ce champignon attaque davantage son intérieur. Quelques indications peuvent vous alerter sur la présence de ce champignon dans votre maison, notamment :

  • Déformation du bois.
  • Effritement du bois.
  • Pellicule blanche sur le bois avec un aspect de coton.
  • Odeur de champignon.

Lorsque la mérule se développe dans le bois, elle rend celui-ci friable et moins résistant. Le bois s’assombrit (la couleur vire au marron) et se décompose en petits cubes. On parle alors de pourriture cubique. La mérule peut vite s’attaquer aux autres bois de votre habitation. En effet, pour se développer, elle libère des substances dans l’air qui vont alors s’attaquer aux autres bois.

Risques pour la santé et la structure

La mérule entraîne des allergies, de l’asthme et d’autres problèmes respiratoires, c’est pourquoi elle est dangereuse pour la santé des habitants de la maison. En l’état actuel des connaissances, les scientifiques ne classent pas ce champignon comme toxique ou pathogène. Pour autant, il se développe dans des conditions qui favorisent la présence d’organismes pathogènes ; notamment les moisissures. La mérule est considérée comme le destructeur le plus dommageable pour les matériaux de la maison. Ce champignon est capable de survivre dans tous les matériaux. La structure disparaît et il devient dangereux de rester vivre dans la maison. La mérule se développera jusqu’à tout détruire. En finalité, la maison s’effondre.

Stratégies de lutte et traitements professionnels

La lutte contre la mérule commence par une étape cruciale : le diagnostic professionnel. La clé pour choisir le bon traitement réside dans un diagnostic précis. À ce titre, je vous recommande fortement de consulter des spécialistes pour obtenir un avis expert. Avant toute chose, si vous détectez sa présence dans votre logement, il est important de réagir rapidement, de ne pas gratter la surface attaquée et de ne pas utiliser certains produits de traitement tel que l’eau de javel qui favorise son développement.

Traitement charpente : Mise en place des injecteurs | MABI

Après la réalisation d’un diagnostic, l’expert mettra en place la solution adaptée :

  1. Retrait de tous les bois infectés, et identification des bois à traiter.
  2. Traitement des maçonneries : elles sont « stérilisées » par mises à nu, brossage et traitement par injections, badigeonnage ou pulvérisations.
  3. Utilisation du chalumeau pour brûler les filaments avant l’application du fongicide.
  4. Injection de fongicide, dans le bois et en profondeur, si la situation le permet.

Une alternative moderne consiste dans le traitement par air chaud THERMACURE®. Les appareils de chauffage augmentent la température intérieure du bâtiment jusqu’à une température létale de 53°C. L’Agence Nationale pour l’Habitat (ANAH) recommande ce traitement en page 41 du guide de lutte contre les mérules. Cette méthode permet de traiter efficacement ce champignon, sans dégradation du bâtiment.

La santé des arbres fruitiers : un parallèle nécessaire

Les arbres fruitiers sont menacés par de nombreuses maladies d’origine fongiques : oïdium, tavelures, monilioses, rouilles… Il existe 3 grandes familles de maladies chez les fruitiers : les maladies fongiques, les maladies bactériennes et les maladies physiologiques.

Les maladies fongiques

La tavelure est une maladie fongique courante survenant par temps humide et doux. Les spores du champignon hivernent dans les feuilles tombées. La moniliose, ou « pourriture brune », infecte les fruits en formation. L’oïdium, ou « maladie du blanc », forme un feutrage blanc poudreux. La cloque du pêcher se manifeste par des boursouflures sur les feuilles, tandis que la rouille provoque des taches orangées ou brunes.

Les maladies bactériennes

Le feu bactérien est une infection très grave qui affecte principalement les arbres fruitiers à pépins. Elle se caractérise par un brunissement rapide des fleurs, des feuilles et des jeunes pousses qui semblent brûlées. Le chancre bactérien se caractérise par des lésions sur l’écorce, les branches ou le tronc, qui peuvent se développer en crevasses ou fissures.

Les troubles physiologiques

La carence en fer (chlorose) se manifeste par un jaunissement des feuilles. La nécrose apicale est un trouble qui affecte certains fruits, souvent lié à un manque de calcium ou à des conditions environnementales stressantes.

Infographie comparative des symptômes de la mérule versus maladies fongiques des arbres

Prévention et gestion durable du verger

Le jardin et le verger demandent une attention particulière pour maintenir des arbres fruitiers en bonne santé. Face aux nombreuses maladies qui peuvent les affecter, des solutions bio et naturelles existent. Pour la tavelure, ramasser et éliminer les feuilles tombées à l’automne pour réduire le nombre de spores. Pour la moniliose, désinfecter les outils de taille après chaque arbre fruitier. Pour l’oïdium, tailler les arbres pour améliorer la circulation de l’air.

L’utilisation des produits phytosanitaires est fortement encadrée et elle doit suivre les bonnes pratiques agricoles : préservation de l'environnement et de la biodiversité. AgAssist met à disposition gratuitement le catalogue complet des solutions phytosanitaires disponibles en France, ainsi que des services personnalisés afin de vous aider à préserver vos cultures. La Smart Protection aide chaque producteur à élaborer un programme de protection adapté à son verger.

Considérations économiques et administratives

Aborder la question du coût est indispensable lorsque l’on parle de traitement contre la mérule. Les tarifs peuvent considérablement varier en fonction de l’étendue de l’infestation et du type de traitement nécessaire. Il est crucial de rappeler que chaque cas est unique et le coût final dépendra de nombreux facteurs. De plus, la prise en charge par les assurances varie considérablement selon les contrats et les compagnies. Si l’infestation est liée à un dégât des eaux, elle est effectivement prise en charge. En revanche, si elle provient d’un mauvais mode constructif, par exemple un film plastique posé par un particulier sous son sol stratifié et ayant occasionné de la condensation, les assurances ne marchent pas.

Dans les départements concernés, les communes à risque sont désignées par arrêté préfectoral. Ces listes évoluent en fonction des signalements effectués en mairie. De plus, en cas de vente, les logements situés dans une zone définie par arrêté préfectoral ont une obligation d’information sur le risque de mérule. La lutte contre la mérule est un défi à ne pas sous-estimer. Que ce soit pour préserver votre jardin ou votre domicile, une intervention rapide et professionnelle est cruciale. En tenant compte des recommandations partagées et en optant pour une approche respectueuse de l’environnement, vous augmenterez vos chances de succès.

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