Le pommier (Malus domestica ou Malus pumila) est un arbre fruitier à feuillage caduc appartenant à la vaste famille des Rosacées, au même titre que les rosiers, les fraisiers ou les potentilles. Originaire des bosquets et forêts d'Asie centrale et du Caucase avant de gagner l'Europe, il est sans doute le fruitier le plus cultivé en Europe du Nord. Cet arbre, dont les traces de présence en Europe remontent à la Préhistoire, est aujourd'hui un pilier de la production fruitière.

Origines et caractéristiques botaniques
Le pommier se présente comme un petit arbre à la ramure sphérique, régulière, s’il est cultivé en forme libre, bien qu'il puisse aussi être palissé. Il peut atteindre 10 mètres de haut et de 4 à 7 mètres de large selon le porte-greffe et la variété. Ses feuilles sont alternes, ovoïdes, ovales ou elliptiques, dentées, rarement entières et parfois lobées, prenant souvent de belles teintes or à cuivre rouge en automne.
Au printemps, fin avril-début mai, il se pare de magnifiques fleurs blanc rosé, peu parfumées, en forme de coupe peu profonde, qui donneront des fruits comestibles. Le fruit, la pomme, est une production fruitière majeure en France, appréciée pour sa grande valeur nutritive (54 kcal/100g) et ses apports en potassium, calcium, magnésium, oligo-éléments, vitamines C, B, E, provitamines A et fibres.
Le rôle crucial du porte-greffe
La multiplication du pommier se fait par greffe sur des porte-greffes. Le choix de ce dernier influence la taille, la productivité et la résistance de l'arbre :
- Porte-greffes nanifiants (M9, M27) : Idéaux pour les petits jardins, ils permettent une mise à fruit rapide (2 ans) mais exigent un sol fertile et frais ainsi qu'un tuteurage.
- Porte-greffes semi-nanifiants (M106, MM111) : Un bon compromis pour une vigueur moyenne. Le M106 convient aux sols humides, tandis que le M111 s'adapte aux sols secs et situations venteuses.
- Porte-greffes standards (Franc) : Issus de semis de pépins, ils sont très vigoureux, parfaits pour les pré-vergers, mais leur mise à fruit est tardive (parfois jusqu'à la 10e année).

Conditions de culture et plantation
Le pommier s’adapte à tout type de sol, de préférence bien drainé, profond, riche, frais et ne se desséchant pas l'été. Il craint les excès de calcaire et les terrains trop humides.
La plantation en racines nues se réalise entre fin novembre et début mars, hors période de gel. Il est indispensable d'éviter les périodes de forte chaleur. Lors de la mise en place, creusez un grand trou enrichi d’une fumure de fond (fumier ou compost bien décomposé). Il est conseillé d'incorporer un mélange de 50 % de terreau et 50 % de terre de jardin pour maintenir l'humidité. Veillez à ne pas enterrer le point de greffe. Un arrosage copieux est nécessaire à la plantation, surtout si elle a lieu au printemps.
Pollinisation et productivité
La majorité des pommiers sont autostériles. Pour garantir une bonne pollinisation croisée, il faut planter plusieurs variétés différentes fleurissant en même temps, côte à côte. La pollinisation est assurée par les abeilles et le vent. Certaines variétés comme 'Golden Delicious' ou 'Granny Smith' possèdent des propriétés pollinisatrices excellentes. Notez que les variétés triploïdes, comme la 'Belle de Boskoop', ne peuvent pas polliniser d'autres arbres.
Entretien : Taille et soins
La taille du pommier est bénéfique pour la plante et la récolte. Une taille légère d'entretien s'effectue principalement en fin d'hiver, avant l'apparition des bourgeons. Elle consiste à enlever le bois mort, les branches qui retombent, et à éclaircir le centre pour laisser rentrer la lumière.
- Taille de fructification : Vise à stimuler la production en conservant les coursonnes et en supprimant les gourmands.
- Éclaircissage : Pratiquez l'éclaircissage des fruits après que l'arbre s'est débarrassé naturellement des fruits mal formés pour ne laisser que deux fruits tous les 10 à 15 cm.
- Fertilisation : Un apport d’engrais organique riche en azote chaque printemps est idéal, complété par un paillage au pied pour conserver l'humidité.
Bien comprendre la taille de fructification.
Maladies et ravageurs
L'entretien est plus aisé si l'on anticipe les problèmes :
- Tavelure : Apparaît sous forme de taches brunes ou noires sur les feuilles et les fruits par temps humide. Pratiquez une taille aérée et traitez préventivement au cuivre ou soufre.
- Moniliose : Responsable de la pourriture brune des fruits qui momifient sur l'arbre. Retirez systématiquement ces fruits momifiés.
- Carpocapse : Le fameux "ver dans la pomme". L'utilisation de pièges à phéromones ou l'ensachage des fruits sont des méthodes efficaces.
- Pucerons : Favorisez les auxiliaires naturels comme les coccinelles ou utilisez du savon noir.
Récolte et conservation
La récolte s'effectue dès que les premiers fruits tombent ou que la pomme se détache facilement en la soulevant d'un quart de tour sur elle-même. Selon les variétés, cela se produit entre août et octobre.
Pour la conservation, privilégiez un local sain, frais, aéré et à l'abri du gel. Disposez les pommes dans des cagettes, sans les superposer. Les variétés tardives, à peau épaisse, peuvent se conserver plusieurs mois si les conditions de température et d'hygrométrie sont stables.
Variétés sélectionnées et usages
Le choix des variétés permet d'étaler les récoltes de juillet à mai :
- Astrakan rouge : Pomme d'été précoce (juillet), à chair croquante et acidulée.
- Gala : Très populaire, sucrée et croquante.
- Fuji : Gros fruit, excellente conservation, chair douce et juteuse.
- Reine des Reinettes : Une référence pour son goût parfumé, idéale pour la pâtisserie.
- Bénédictin : Variété ancienne du Nord, à gros fruits jaune orangé, idéale pour la table et la cuisson.
- McIntosh : Chair blanche, acidulée et parfumée, très prisée en compote.
Les pommes sont polyvalentes : consommées crues, en jus, en compotes, tartes ou au four avec un peu de sucre et de beurre, elles restent un trésor nutritionnel et gastronomique indispensable au jardin.