
La Réunion, île volcanique de l'océan Indien, est un véritable laboratoire naturel, une mosaïque de paysages et de climats qui abrite une flore non fruitière d'une richesse et d'une originalité exceptionnelles. Faisant partie des 34 « points chauds » de la biodiversité mondiale, l'île compte des centaines d’espèces végétales endémiques, encore protégées par le relief dantesque de l’île. Cette diversité est d'autant plus remarquable qu'elle est fragile et varie considérablement en fonction des milieux (littoral, basse, moyenne et haute montagne).
La flore tropicale et insulaire de La Réunion est unique au monde de par sa diversité, un taux d’endémisme très élevé et une structure bien spécifique. Cette richesse et cette originalité tout à fait considérable sur un espace aussi réduit font de La Réunion un des 34 « points chauds » de la biodiversité dans le monde par l’Union Mondiale pour la Nature (UICN). Depuis 2007, La Réunion possède un Parc National dont la surface représente près de la moitié de la surface de l’île, et qui a vocation à protéger et conserver le patrimoine naturel unique et exceptionnel de La Réunion, mais aussi à contribuer à un développement durable et raisonné des hauts de l’île. La Réunion a également été inscrite en 2010 au patrimoine mondial de l’Unesco pour ses « Pitons, cirques et remparts ».
Diversité et Endémisme : les piliers de la flore réunionnaise
Un point caractéristique de la flore réunionnaise est sa grande diversité de milieux naturels et d’espèces. Il est fascinant d’observer la diversité de paysages, de microclimats, et donc de milieux et d’espèces végétales à La Réunion. On peut compter jusqu’à 40 espèces d’arbres par hectare, par comparaison à une forêt tempérée qui en compte en moyenne 5 par hectare. Cette diversité est d’autant plus remarquable, mais fragile, qu’elle est différente en fonction des milieux (littoral, basse, moyenne et haute montagne).
La Réunion a un taux d’espèces endémiques très élevé. On dénombre ainsi 856 plantes indigènes (arrivées naturellement et présentes avant l’arrivée de l’homme) sur l’île, dont 232 espèces endémiques de La Réunion (seulement présentes sur l’île), ainsi que de nombreuses espèces endémiques à l’archipel des Mascareignes. Ces espèces, façonnées par des millions d'années d'isolement, sont particulièrement vulnérables aux pressions humaines et aux espèces invasives. De nombreuses autres espèces importées, dont certaines pestes végétales, constituent aujourd’hui l’essentiel des champs et des jardins.
Une structure forestière adaptée aux spécificités insulaires
La forêt réunionnaise se distingue des forêts tropicales équatoriales par une faible hauteur et densité de la canopée, sans doute par adaptation aux cyclones, et une végétation spécifique, notamment une forte présence des plantes épiphytes. Ces plantes épiphytes, qui poussent sur d’autres plantes comme les Orchidaceae, les Bromeliaceae, les Cactaceae, mais aussi les fougères, les lichens et les mousses, sont un élément clé de la biodiversité forestière de l'île. L'atmosphère abritée et humide qui y règne favorise également la prolifération des plantes épiphytes.
Les milieux naturels de La Réunion et leurs arbres emblématiques
La Réunion offre une incroyable variété de milieux naturels, chacun abritant une flore non fruitière distincte.
Le littoral : entre embruns et sable
L'espace profondément modifié par l'homme sur une bonne part des côtes réunionnaises est aujourd’hui essentiellement composé d’herbes (gazon bord de mer), de lianes (liane Patate à Durand) et d’arbustes comme les Veloutiers (vert, blanc), les Vacoas (ou Pimpin) ou les Filaos. Le Bois Noir (Albizia Lebbek), originaire d’Inde, se trouve un peu partout sur l’île en dessous de 600 m, mais principalement dans l’Ouest. D’importantes plantations de Bois Noir ont été faites dans la forêt de l’Etant-Salé. C’est un arbre mesurant 20 m environ au feuillage très sombre qui perd toutes ses feuilles d’août à septembre. Arbre résistant à la sécheresse et aux embruns, il est utile et employé dans la protection des sols et il fournit de plus un ombrage important (route, plantation en plein soleil). Le Bois Noir est aussi utilisé en menuiserie, en construction, en ébénisterie et en marqueterie. L'Ambaville (Hubertia Ambavilla), un arbrisseau très ramifié mesurant 2 à 4 m de hauteur au feuillage très dense de couleur vert clair et aux petites fleurs blanches ou jaunes, est aussi présente dans les forêts sèches.
Savane, forêts sèche et semi-sèche : l'héritage de l'ouest
Situées sur la côte « sous le vent » (Ouest), les savanes occupent encore de vastes espaces sur les communes de Saint-Paul et Saint-Leu et sont essentiellement composées de graminées et d’épineux (Zépinard, Piquant Jaune ou herbe polisson, piquant rouge et blanc, fataque…). Les forêts sèches et semi-sèches de basse altitude (jusqu’à 700 m), qui disposent d’un écosystème unique au monde, ont quasiment toutes disparues, mais il en reste encore quelques vestiges sur les pentes encaissées des ravines ou dans les cirques. Elles abritent une flore et des espèces très rares et gravement menacées d’extinction, comme le Bois de senteur bleu (Dombeya populnea), le Bois d’éponge, le Bois puant (Foetidia Mauritiana), le Bois de sable, le Bois d’ortie, ou le Mahot tantan. Le Bois d’Olive Blanc (Olea Lancea) est un arbre indigène des Mascareignes, et le Bois d’Olive Noir (Olea Europaea) est endémique de La Réunion. On les trouve essentiellement en zone sèche dans les forêts de basse altitude. Ce sont des arbustes ou arbres rameux atteignant 6 m de hauteur et au tronc clair et épais, dont le diamètre est rarement supérieur à 30 cm, et qui produit des fruits noirs ressemblant à l’olive. Ils ne sont pas employés en sylviculture mais ils sont utilisés pour la petite ébénisterie et la charpente car c’est un bois de qualité et à la finition aisée. Le Benjoin (Terminalia Bentzoe), un arbre endémique des Mascareignes et pouvant atteindre 30 m, se rencontrait dans les forêts semi-sèches de l’île et est devenu assez rare à La Réunion compte tenu de sa forte exploitation. Son écorce est utilisée par les tisaneurs. Le Bois Puant (Foetidia Mauritiana), arbre endémique de La Réunion et de Maurice, est une espèce protégée devenue très rare dont la population ne doit pas excéder une centaine d’individus. On ne le trouve que dans les forêts sèches de l’Ouest, dans le massif de la Montagne et quelques recoins de Mafate. Il peut atteindre 15 à 20 m et son écorce est grise et rugueuse.

Forêts de Bois de Couleurs des Bas et de moyenne altitude : la luxuriance de l'est
La forêt tropicale humide de basse altitude, appelée ici Bois de Couleurs des Bas, couvrait à l’origine toute la « côte au vent » (Est) de l’île jusqu’à 600-700 m d’altitude. Une grande partie de ces forêts de Bois de Couleurs des Bas a disparu, mais on en retrouve des restes très bien conservés dans le Sud-Est de l’île à Sainte-Rose et à Saint-Philippe (forêt de Bois Blanc, forêt de Mourouvin, réserve de Mare-Longue). On y trouve les célèbres Bois de Fer, Grand et Petit Natte ou Palmiste Rouge. La forêt tropicale humide de moyenne altitude s’étale quand à elle jusqu’à 1000 m d’altitude. Elle est adaptée à une humidité importante mais à des températures plus basses. La richesse de la végétation est exceptionnelle et la plupart des espèces ici sont endémiques (Bois de Rose, Bois de Sapo, Mapou, Mahots, Fougères, Orchidées…). Il reste d’importantes surfaces de cette forêt dans les cirques et sur les côtes Est et Sud. Le Bois de Nèfles (Eugenia Buxifolia) fait partie de la longue liste des Bois de Couleurs endémiques de La Réunion. Il est assez commun et on peut le trouver un peu partout sur l’île dans les forêts entre 200 et 1800 m d’altitude. C’est un petit arbre qui peut atteindre 10 m au feuillage épais et à l’écorce plutôt claire. Il a des petites feuilles de forme ovale et de couleur vert sombre et de très jolies fleurs blanches aux étamines roses durant sa floraison de décembre à avril. Le Bois de Nèfles peut être utilisé en reboisement en mélange avec d’autres espèces. On lui prête en pharmacopée des vertus anti-inflammatoires. Le Bois de Corail (Chassalia Corallioides) est un des 3 arbres endémiques de La Réunion du genre Chassalia. Assez fréquent, il occupe les forêts humides et les ravines entre 700 et 1400 m d’altitude. Le Bois de Corail est un petit arbre qui peut mesurer jusqu’à 5 m et qui porte des feuilles de forme ovale assez grandes. Le Bois Noir des Hauts (Diospyros Borbonica) ou « Bois d’ébène de Bourbon » est un arbre endémique de La Réunion de la même famille que l’Ebène qui peut atteindre 16 m de hauteur. Il est assez commun dans les forêts humides de Bois de Couleurs des Hauts mais on le trouve aussi dans certaines forêts de Bois de Couleur des Bas jusqu’à 700 m d’altitude (Saint-Philippe). Il est utilisé en sylviculture en reboisement en mélange avec d’autres essences. Jadis utilisé en menuiserie et ébénisterie, il ne l’est plus aujourd’hui du fait de sa rareté.
👀 Les forêts de La Réunion comme vous ne les avez jamais vues !
Milieux de moyenne montagne : les forêts de nuages
Ces forêts forment un cercle quasi-complet autour de l’île entre 1000 et 2000 mètres d’altitude, et elles offrent des visages bien différents en fonction des régions et du taux d’humidité. Le relief de l’île et ses effets climatiques entraînent quasi-quotidiennement une formation de nuages sur l’intérieur qui entretient une humidité très importante sur ces forêts, et favorise donc le développement d’un couvert végétal très dense.
Forêt de Bois de Couleurs des Hauts : l'opulence végétale
Ce sont les forêts les plus luxuriantes et denses de La Réunion, et aussi les mieux préservées, à l’image des forêts de Bébour et Bélouve qui sont aujourd’hui encore dans leur état originel. La canopée assez basse dépasse rarement les 10 mètres, mais les arbres comme le Mapou, les Mahots, le Bois de Tambour, le Bois Magie ou le Tan Rouge (Weinmannia tintoria) s’entremêlent, et émergent de cet entrelacs de nombreuses Fougères Arborescentes, appelées ici Fanjans, qui érigent leur parasol au-dessus de la canopée. Au sol, mousses, petites fougères, orchidées et autres plantes épiphytes exploitent le moindre centimètre carré. L’univers humide et très souvent brumeux de ces forêts tropicales leur vaut le nom de Forêt de Nuages. Le Tan rouge est un grand arbre des forêts de bois de couleur entre 500 et 1700 m, reconnaissable surtout par ses feuilles dentelées et de forme peu ordinaire, et ses inflorescences blanches en bout de branche qui attirent les abeilles qui en tirent le miel vert.
Forêt de Tamarins des Hauts : un endémique remarquable
Le Tamarin des Hauts (Acacia heterophylla) est un arbre endémique de La Réunion et peut mesurer jusqu’à 25 mètres, même s’ils ont souvent une forme sinueuse et torturée, notamment par adaptation au vent et aux cyclones. Certains spécimens remarquables ont aujourd’hui des siècles et ont connu La Réunion avant l’arrivée de l’Homme. On le trouve souvent avec le Calumet, bambou endémique de l’île, ou le Brande Vert. Très commun entre 1200 et 2000 m, cet arbre endémique au port massif, parfois tortueux, est utilisé en ébénisterie. À partir de 2000 m, il devient arbustif. Les feuilles adultes diffèrent des juvéniles. Fleurs jaune pâle. Fruit en gousse. Le Petit tamarin des hauts (Sophora denudata) est un petit arbre endémique vivant en altitude aux alentours des 2000 m entre les zones arides et forêts de bois de couleurs des Hauts. Il est fréquent près du volcan.

Fourrés hyper-humides : "l'Avoune" créole
Sur les versants exposés aux pluies (côte au vent), les sols marécageux ont favorisé l’installation de fourrés hyper-humides composés de Fougères Arborescentes, de Palmistes Rouge ou de Vacoas des hauts (Pinpins) et autres arbustes. Ce type de forêt très humide est aussi appelée « l’Avoune » en créole.
Haute altitude : la résilience de la nature
Au-delà de 2000 mètres d’altitude, les conditions climatiques sont difficiles : écart de températures avec un ensoleillement fort la journée et un froid nocturne important, pluies, brouillard épais, vents forts… Dans ce contexte, la végétation est devenue particulièrement résistante, et les forêts vertes et luxuriantes laissent place à une végétation de petite taille, souvent aux formes torturées à l’image des Branles (vert et blanc), et aux « feuilles dures ». Le paysage devient aussi beaucoup plus minéral. Le Bois de piment (Geniostoma borbonicum), un endémique qui doit son nom à la forme de ses fruits, se rencontre jusqu'à 2000 m dans les forêts humides. Le tronc est assez fin. Les feuilles sont simples, opposées, coriaces et arrondies au sommet.
Arbres et arbustes remarquables de la flore réunionnaise
Un arrêté préfectoral du 3 décembre 2017 a été publié au Journal Officiel de la République Française, définissant la liste des espèces végétales protégées à La Réunion. Cet arrêté retient 238 espèces végétales pour lesquelles la mise en place de mesures de protection réglementaire et une surveillance accrue sont jugées nécessaires.
Ambaville (Hubertia Ambavilla)
L’Ambaville est un arbre endémique de La Réunion. Il est assez commun et on le trouve dans les forêts sèches, dans les forêts humides de Bois de Couleurs et dans les landes jusqu’à 2000 m d’altitude. C’est un arbrisseau très ramifié mesurant 2 à 4 m de hauteur au feuillage très dense de couleur vert clair et aux petites fleurs blanches ou jaunes. L’Ambaville est une espèce reconnue et utilisée dans la médecine traditionnelle à La Réunion, en tisane ou en décoction (gastro-entérite, bourbouille, dartres, eczéma, brûlures, démangeaisons, plaies, inflammations…).
Benjoin (Terminalia Bentzoe)
Le Benjoin est un arbre endémique des Mascareignes et il est devenu assez rare à La Réunion compte tenu de sa forte exploitation, même s’il est assez peu exigeant (eau, qualité du sol). On le trouve dans les secteurs de basse altitude mais principalement à Saint-Philippe et à Sainte-Rose, et il a fait l’objet de plantations en forêt de l’Etang-Salé ou à la Grande Chaloupe. C’est un arbre au tronc droit qui peut dépasser 25 m et qui portent des branches régulièrement étagées formant un feuillage assez dense. Le Benjoin est utilisé en sylviculture, en construction, pour l’ameublement, et son écorce est utilisée par les tisaneurs.
Bois de Corail (Chassalia Corallioides)
Le Bois de Corail est un des 3 arbres endémiques de La Réunion du genre Chassalia. Assez fréquent, il occupe les forêts humides et les ravines entre 700 et 1400 m d’altitude. Le Bois de Corail est un petit arbre qui peut mesurer jusqu’à 5 m et qui porte des feuilles de forme ovale assez grandes. Durant sa floraison de décembre à mars, le Bois de Corail forme des fleurs remarquables aux longs pédoncules et pédicelles blancs à rosés et aux corolles bleuâtres qui ressemble à du corail. Ses fruits sont appréciés des oiseaux forestiers endémiques de La Réunion. Il est utilisé en restauration écologique des milieux dégradés en mélange avec d’autres espèces indigènes de Bois de Couleurs. Cet arbuste endémique peut atteindre 3 ou 4 mètres. Feuilles simples opposées par deux ou trois. Nervures bien marquées. Facilement reconnaissable à son inflorescence rappelant certains coraux avec de petites fleurs à calice se séparant en 5 lobes.
Bois de Lousteau (Chassalia gaertneroides)
Arbuste indigène de 4 m présent en sous-bois des forêts humides. Les feuilles opposées sont longues et coriaces avec une nervure centrale bien marquée. Les fleurs odorantes en grappes plus ou moins fournies sont blanches ou peuvent être teintées de bleu ou de rose. Les fruits sont des drupes vertes noircissant à maturité. Plusieurs espèces cohabitent dans les Mascareignes.
Bois d’Olive
Le Bois d’Olive Blanc (Olea Lancea) est un arbre indigène des Mascareignes, et le Bois d’Olive Noir (Olea Europaea) est endémique de La Réunion. On les trouve essentiellement en zone sèche dans les forêts de basse altitude, même si le Bois d’Olive Blanc existe aussi en zone humide, et aussi dans les cirques de Mafate et Cilaos. Ce sont des arbustes ou arbres rameux atteignant 6 m de hauteur et au tronc clair et épais, dont le diamètre est rarement supérieur à 30 cm, et qui produit des fruits noirs ressemblant à l’olive. Ils ne sont pas employés en sylviculture mais ils sont utilisés pour la petite ébénisterie et la charpente car c’est un bois de qualité et à la finition aisée.
Bois de Nèfles (Eugenia Buxifolia)
Le Bois de Nèfles fait partie de la longue liste des Bois de Couleurs endémiques de La Réunion. Il est assez commun et on peut le trouver un peu partout sur l’île dans les forêts entre 200 et 1800 m d’altitude. C’est un petit arbre qui peut atteindre 10 m au feuillage épais et à l’écorce plutôt claire. Il a des petites feuilles de forme ovale et de couleur vert sombre et de très jolies fleurs blanches aux étamines roses durant sa floraison de décembre à avril. La Bois de Nèfles peut être utilisé en reboisement en mélange avec d’autres espèces. On lui prête en pharmacopée des vertus anti-inflammatoire. Très commun entre 200 et 1500 m, cet arbre endémique peut atteindre 10 m. Ses jeunes feuilles sont d'un beau vert, alors que les feuilles adultes sont épaisses et coriaces, sans nervure. Petites fleurs rosées à 4 pétales, au cœur rouge avec de longues étamines.
Bois de Balai ou de Buis (Fernelia buxifolia)
Cet endémique Mascareignes est un petit arbre qu'on trouve souvent en bordure de ravine ou en forêt de basse altitude et qui servait à fabriquer des balais. Les branches sont étalées. Les feuilles du bas sont plus petites que les autres.
Bois Noir (Albizia Lebbek)
Le Bois Noir est originaire d’Inde et se trouve un peu partout sur l’île en dessous de 600 m, mais principalement dans l’Ouest. D’importantes plantations de Bois Noir ont été faites dans la forêt de l’Etant-Salé. C’est un arbre mesurant 20 m environ au feuillage très sombre qui perd toutes ses feuilles d’août à septembre. Arbre résistant à la sécheresse et aux embruns, il est utile et employé dans la protection des sols et il fournit de plus un ombrage important (route, plantation en plein soleil). Le Bois Noir est aussi utilisé en menuiserie, en construction, en ébénisterie et en marqueterie.
Bois Noir des Hauts (Diospyros Borbonica)
Le Bois Noir des Hauts ou « Bois d’ébène de Bourbon » est un arbre endémique de La Réunion de la même famille que l’Ebène qui peut atteindre 16 m de hauteur et dont les rameaux sont groupés au sommet de l’arbre. Le fruit est une baie sphérique qui ressemble à un petit kaki. Il est assez commun dans les forêts humides de Bois de Couleurs des Hauts mais on le trouve aussi dans certaines forêts de Bois de Couleur des Bas jusqu’à 700 m d’altitude (Saint-Philippe). Il est utilisé en sylviculture en reboisement en mélange avec d’autres essences. Jadis utilisé en menuiserie et ébénisterie, il ne l’est plus aujourd’hui du fait de sa rareté. Cet arbre endémique atteint une quinzaine de mètres dans les forêts de bois de couleurs des bas, de 100 à 700 m. Fleurit en janvier. Son bois, très dur, veiné de noir a longtemps servi pour le charbonnage. Il est désormais protégé et ne peut se couper.
Bois Puant (Foetidia Mauritiana)
Arbre endémique de La Réunion et de Maurice, le Bois Puant est une espèce protégée devenue très rare dont la population ne doit pas excéder une centaine d’individus. On ne le trouve que dans les forêts sèches de l’Ouest, dans le massif de la Montagne et quelques recoins de Mafate. Il peut atteindre 15 à 20 m et son écorce est grise et rugueuse. Outre son exploitation abusive par le passé, le Bois Puant doit également sa rareté à son faible potentiel de régénération naturelle, alors même qu’on ne maîtrise pas sa sylviculture. Des jeunes plants sont cultivés expérimentalement en pépinière. Il a été largement exploité par le passé pour la qualité de son bois réputé imputrescible.
Bois de Rempart (Agarista salicifolia)
Aussi souvent appelé Mapou, le Bois de Rempart est un arbre endémique des Mascareignes. C’est une plante indigène pionnière des coulées de lave qui participe activement à la colonisation préforestière naturelle des coulées de lave récentes du Piton de la Fournaise au Grand Brûlé. Il est plus rare dans les forêts denses et ne dépasse pas 1200 m d’altitude, et les plus beaux spécimens sont situés en forêt de Mare Longue à Saint-Philippe. Le Bois de Rempart peut atteindre 15 à 20 m de haut et dispose d’un feuillage assez diffus. Ses fleurs sont de jolies clochettes roses et tombantes, mais attention, toutes les parties de cet arbre sont extrêmement toxiques. En pharmacologie, cette plante peut être utilisée (avec prudence) pour soigner les plaies.
Camphrier (Cinnamomum Camphora)
Originaire de l’Asie du Sud-Est, le Camphrier s’adapte bien à un climat chaud et humide, et on le trouve à La Réunion surtout sur la côte Est jusqu’à 1000 m d’altitude. Il a été utilisé en sylviculture pour reboiser des parcelles dans le cirque de Salazie ou à Basse Vallée, et il fait encore l’objet de plantations à la Plaine des Lianes. Le Camphrier est un grand arbre de 30 m de hauteur à l’écorce rugueuse et fissurée, et aux feuilles brillantes qui dégagent une forte odeur de camphre quand on les froisse. Bois tendre, il est traditionnellement utilisé pour fabriquer des meubles de rangements des étagères ou des portes. L’odeur du camphre persistante semble éloigner les insectes.
Cryptoméria (Cryptomeria Japonica)
Le Cryptoméria du Japon est un arbre originaire du Japon qui apprécie un climat montagnard, des précipitations importantes et un bon ensoleillement, et se trouve donc parfaitement adapté à La Réunion, d’autant qu’il est résistant aux cyclones. Planté entre 900 et 1600 m d’altitude, on le trouve dans toute l’île (Plaine d’Affouches, hauts du Brulé, Petite Plaine, Bébour…).
Mahot rouge (Dombeya reclinata)
Espèce endémique assez commune des bords de ravines dans les forêts de bois de couleurs des Hauts. Il atteint 10 mètres. Grandes feuilles recouvertes de velours et un peu crénelées. Grappes de petites fleurs blanches, virant au rosé en bout de branche. Les fruits sont des capsules à loges contenant une ou deux petites graines.
Mahot blanc (Dombeya ciliata)
On trouve cet endémique de 10 m jusqu'à 1800 m. Les feuilles longuement pétiolées, presque rondes comportent trois pointes distinctes, sont légèrement velues et dentées. La finesse de la feuille lui donne une forme souvent froissée. L'inflorescence en fin de rameau est une grappe de fleurs blanches ou rose pâle.
Mahot rempart (Hibiscus columnaris)
Espèce endémique et protégée vivant jusqu'à 1000 m dans les milieux pauvres. Il peut atteindre 10 m. Son tronc est lisse. Les feuilles, au bout d'un long pétiole, ont des formes différentes souvent découpées de 3 ou 5 lobes. La fleur ressemble à celle de l'hibiscus avec des étamines sortantes.
Bois de senteur bleu (Dombeya populnea)
Arbre endémique se raréfiant, protégé, il pousse jusqu'à 1000 m et peut atteindre 10 m. Les feuilles caduques en forme de cœur sont finement dentées. Les feuilles juvéniles sont très différentes des adultes. Les fleurs mâles à 5 pétales blancs bleuté sont en fin de rameau. Il ne dépasse pas 10 m. Son aspect est arrondi s'il n'est pas gêné par d'autres espèces. La feuille, contrairement à d'autres mahots, est ovale, presque coriace et couverte de petits poils. Les nombreuses inflorescences comportent une quinzaine de fleurs flanches, légèrement rosées. Les fleurs mâles sont plus grandes que les femelles. Le fruit est une capsule à 5 logements.
Bois amer (Carissa spinarum)
Arbrisseau indigène épineux lorsqu'il est jeune. Il atteint 2 mètres et vit plutôt en région sèche. Les feuilles n'ont pas toujours la même forme (hétérophyllie). La fleur blanche et odorante possède 5 pétales fins et élégants. Baies longues contenant quelques graines plates.
Bois de bombarde (Tambourissa elliptica)
Arbre des forêts de basse et moyenne altitude, d'une dizaine de mètres, au tronc parfois creux pouvant abriter des essaims d’abeilles (bombardes). Les feuilles sont opposées. Ses fleurs rouges et blanches, ainsi que ses fruits poussent à même les branches. L'arbre est utilisé en médecines locales.
Bois jaune (Ochrosia borbonica)
Arbre des forêts de basse et moyenne altitude pouvant atteindre 15 m. Les feuilles poussent en petits bouquets en bout de branche. Fleurs blanches et fruits collés par deux. L'efficacité reconnue de ses tisanes pourrait bien causer sa perte. On fait bouillir son écorce pour soigner plusieurs symptômes.
Bois rouge (Cassine orientalis)
Arbre endémique des Mascareignes pouvant atteindre 20 m. Vit jusqu'à 1000 m. Il se reconnaît principalement à son tronc noueux, parfois torturé en milieu défavorisé. Les feuilles juvéniles sont longues, étroites et à nervure rouge.
Bois de tisane rouge (Scolopia heterophylla)
Souvent, seule la cime est touffue, donc difficile à observer. Endémique des Mascareignes. Atteint une quinzaine de mètres en forêt de basse ou moyenne altitude. Les feuilles sont ovales et coriaces. Les petites fleurs blanches comportent beaucoup d'étamines. Fruits pulpeux à graines.
Bois cabri rouge (Casearia coriacea)
Cette espèce de 6 à 8 m est endémique à La Réunion et à Maurice. Assez commune entre 300 et 1200 m en forêt humide. La jeune feuille porte une nervure rouge. Fleur hermaphrodite d'un vert très pâle.
Corce blanc (Homalium paniculatum)
Très bel arbre endémique des Mascareignes, en pyramide, au tronc très rectiligne pouvant atteindre 25 m. Son écorce claire lui a valu son nom. Il fleurit, dit-on, uniquement après les cyclones.
Petit natte (Labourdonnaisia calophylloides)
Cet arbre dépasse les 20 mètres. Les jeunes feuilles tirent vers le rouge alors que les feuilles adultes sont vert sombre. Se reconnaît au latex blanc qui sort des blessures.
Grand natte (Mimusops balata)
Grand arbre au bois dur et à l'écorce claire pouvant atteindre 20 m et vivant jusqu'à 1000 m. Ses feuilles sont simples, relativement grandes, ovales, coriaces et contenant du latex blanc.
Bois de merle (Allophylus borbonicus)
Cette espèce de 8 à 10 m est endémique des Mascareignes. Assez commune entre 300 et 1200 m en forêt humide. Reconnaissable à ses branches flexibles feuilles trifoliolées. Très petites fleurs blanches mâles et femelles séparées. Fruit charnu rouge orangé lorsqu'il est mûr, ovoïde de 10 mm.
Bois blanc rouge (Poupartia borbonica)
Espèce endémique des Mascareignes, de plus en plus rare. Il doit son nom à sa sève rouge. Le pied juvénile est très différent de l'adulte.
Bois de rongue (Erythroxylon laurifolium)
Arbuste de la forêt humide des bas, pouvant atteindre 7 m. Les feuilles juvéniles diffèrent des adultes. Petites fleurs blanches à l'aisselle des feuilles.
Bois de poivre (Zanthoxylum heterophyllum)
Espèce endémique très protégée car très prisées des tisaneurs. Les feuilles, magnifiques quand elles sont juvéniles, sont très grandes une fois adultes. Elles comportent jusqu'à une douzaine de folioles aux nervures rouges bien marquées. Les petites fleurs sont réunies en racèmes. Les graines ressemblent au poivre, d'où son nom vernaculaire.
Bois de prune rat (Myonima obovata)
Arbuste de 6 m vivant en sous-bois humides de moyenne altitude ; endémique de La Réunion et Maurice. Feuilles juvéniles très décoratives. Feuilles adultes opposées avec nervure rougeâtre. Magnifiques petites fleurs blanches et roses à 4 étamines et un style rouge dépassant longuement.
Bois de raisin (Bertiera rufa DC)
Arbuste de 4 m, endémique, à l'écorce grise et lisse, vivant un peu partout sur l'île. Feuilles opposées. Petites fleurs blanches à 4 pétales, en longues grappes pendantes jusqu'à 20 cm. Fruits également en grappes, bleu très foncé, presque noir à maturité. Ressemble au raisin de la vigne.
Bois de fer blanc (Sideroxylon majus)
Cet arbre endémique très rare a pratiquement disparu de l'île, en raison de ses qualités comme matériau de construction. Les feuilles sont regroupées en haut des branches.
Bois de fer bâtard (Sideroxylon borbonicum)
Petit arbre au tronc épais qui dépasse rarement 10 m. Endémique. Fleurs (orange) et fruits (pulpe poisseuse) sont regroupés en grappes directement sur les branches, là où ne pousse aucune feuille.
Bois de pomme rouge (Syzygium cymosum)
Cet arbre, endémique de La Réunion et de Maurice vit en forêt de moyenne altitude et peut atteindre 20 m. Il se reconnaît facilement aux fruits qu'il produit ressemblant à des petites pommes.
Bois de pomme blanc (Syzygium borbonicum)
Un arbre qui dépasse facilement les 15 m, reconnaissable par ses superbes fleurs ou ses fruits comestibles roses ou rouges qui poussent à même le tronc. Assez rare, mais fréquent à Bon Accueil (Les Makes) ou dans les forêts du Sud sauvage en-dessous de 400 mètres.
Takamaka (Calophyllum tacamahaca)
Arbre endémique de La Réunion et de Maurice qui vit jusqu'à 1000 m. Il peut atteindre une quinzaine de mètres. Les feuilles simples, opposées, dures et brillantes comportent une nervure très caractéristique. Il produit des fleurs comportant des dizaines d'étamines. Elles sont regroupées par grappes d'une dizaine.
Tan Georges (Molinaea alternifolia)
Un autre endémique de La Réunion et de Maurice qui se reconnaît bien à ses feuilles composées alternes de 6 à 8 folioles. Atteint 15 m. Adulte, il présente d'énormes racines très nombreuses vivant souvent sur le sol. Fleurs blanches. Les jeunes feuilles sont vertes avec un pétiole rouge vif facilitant son identification. Les fruits, blancs à maturité, poussent en grappe le long des jeunes tiges.
Bois de piment (Geniostoma borbonicum)
Cet endémique doit son nom à la forme des ses fruits. On le rencontre jusqu'à 2000 m dans les forêts humides. Le tronc est assez fin. Les feuilles sont simples, opposées, coriaces et arrondies au sommet. Les fleurs en grappes d'une dizaine de fleurs blanches poussent où il n'y a pas de feuilles. Le fruit en forme de piment s'ouvre en deux parties à maturité.
Bois de pintade (Coptosperma borbonica)
Plante endémique de Maurice et de La Réunion, qu'on rencontre hélas plus facilement dans un jardin qu'en forêt. Il peut atteindre 10 m. Les feuilles, longues et opposées, vertes et rouges, tachetées, sont différentes à l’état adulte.
Losto café (Gaertnera vaginata)
Arbuste de 6 m commun aux forêts de basse et moyenne altitude jusqu'à 1500 m, reconnaissable à ses feuilles lisses vert intense, opposées par deux qui se croisent à angle droit avec une nervure bien marquée. Les fleurs blanches en petites grappes sont agréablement odorantes.
Bois de Judas (Cossinia pinnata)
Cet arbre endémique de La Réunion et de Maurice peut atteindre 10 m et aime les régions sèches où il se rencontre assez souvent. Son écorce se détache. Reconnaissable à ses très belles feuilles composées de folioles impaires (entre 3 et 7). Fleurs blanches à 4 pétales et 4 longues étamines poussant à l'extrémité des rameaux.
Bois de lait (Tabernaemontana mauritiana)
Arbre endémique de La Réunion et de Maurice, de basse et moyenne altitude, qui produit du latex et peut atteindre 5 m. Ses feuilles longues sont aisément reconnaissables à leurs nervures parallèles.
Grande ortie ou bois de source blanc (Boehmeria stipularis)
Arbuste endémique facile à reconnaître.
Cette présentation n'est qu'un aperçu de la richesse de la flore non fruitière de La Réunion. La curiosité pousse parfois à donner un nom à une plante qu'on a remarquée pour sa taille, sa forme ou sa couleur. Il est bon également de savoir si une plante est toxique, endémique ou envahissante. Les titres des plantes endémiques de La Réunion, de Maurice ou des Mascareignes sont souvent mis en évidence, ainsi que les plantes indigènes. Celles classées parmi les plus envahissantes ou potentiellement dangereuses sont également signalées.