Le choix des arbres et arbustes fruitiers dépend de plusieurs critères : l’espace disponible, l’exposition, le type de sol, et bien sûr, vos goûts ! Vous aimez les gros fruits comme les pommes, pêches et poires ? Les petites baies comme les groseilles, les framboises ou le cassis ? Les fruits secs comme les noisettes et les noix vous plaisent davantage ? Voici quelques recommandations pour vous aider à sélectionner les meilleures espèces selon votre situation.

Comprendre la mécanique racinaire pour mieux planter
La croissance du système racinaire de la plupart des espèces passe par des étapes communes : le développement d’un pivot vertical puis sa ramification en racines horizontales qui vont exploiter le sol dans un rayon de plusieurs mètres pour les arbres. Ce système émet ensuite, à proximité de la base de la tige, des racines verticales et obliques qui vont remplacer fonctionnellement le pivot initial. Le mode de croissance des racines est fixé génétiquement et s’exprime librement en l’absence de contraintes liées au sol.
Chez les arbres on distingue trois types d’enracinement :
- Type pivotant ou profond : caractérisé par un pivot prépondérant, le développement de longs pivots secondaires et de racines horizontales. C’est le cas du sapin, du pin sylvestre, du chêne, de l’orme, du noyer, du micocoulier…
- Type traçant ou superficiel : avec un pivot qui avorte rapidement, laissant la place à des racines horizontales et de courts pivots verticaux. La surface prospectée est étendue mais peu profonde. Sont concernés l’épicéa, le tremble, le frêne, les légumineuses…
- Type en cœur ou oblique : caractérisé par des racines horizontales, obliques et verticales (hêtre, érable, tilleul, douglas…).
Lorsque l’enracinement est superficiel, il arrive que les arbres drageonnent, menaçant parfois l’intégrité des revêtements ou des constructions (voiries, murs…). C’est le cas de l’ailante, du peuplier ou du robinier faux-acacia. Tout épisode de stress (taille sévère par exemple) peut déclencher ce phénomène. Il est important d’en tenir compte à proximité d’une maison. À l’inverse, pour préserver les réseaux souterrains, les essences à enracinement pivotants devront être évitées. Si les racines n’attaquent pas directement les conduites, comme on le croit parfois, elles peuvent sous l’effet du vent, les fragiliser par effet mécanique. Pour les arbustes, le conseil est le même, il faut se méfier des enracinements drageonnants qui vont envahir les pelouses.
Sélection d'espèces à enracinement profond ou peu dense
Voici des exemples d’arbres qui ont des racines qui poussent plutôt en profondeur ou qui sont, du moins, peu denses, ce qui permet de cultiver des plantes à leur pied sans trop de peine. Ce sont donc des sujets idéaux pour la plantation dans des plates-bandes ou une pelouse. Aussi, leurs racines sont peu portées à endommager les structures, comme les trottoirs.
- Amélanchier (Amelanchier spp.)
- Arbre aux quarante écus (Ginkgo biloba)
- Aubépine (Crataegus spp.)
- Bouleau flexible (Betula lenta)
- Caryers (Carya spp.)
- Cerisier (Prunus spp.)
- Charme d’Amérique (Carpinus caroliniana)
- Chêne à gros glands (Quercus macrocarpa)
- Chêne anglais fastigié (Quercus robur ‘Fastigiata’)
- Chêne blanc (Quercus alba)
- Chêne écarlate (Quercus coccinea)
- Chêne rouge (Quercus rubra)
Pour un jardin ensoleillé : le paradis des fruits sucrés
Si vous bénéficiez d’un jardin bien exposé, privilégiez des espèces qui aiment le plein soleil et qui vous offriront une récolte généreuse. Parmi les plus appréciés, on trouve :
- Les pommiers et poiriers, parfaits pour les climats tempérés et les sols riches.
- Les pêchers et abricotiers, qui aiment la chaleur et dont la chair est particulièrement juteuse et parfumée.
- Les cerisiers, qui produisent des fruits à noyaux, sucrés et acidulés à la fois.
- Les vignes, idéales pour couvrir un mur ensoleillé tout en offrant de délicieuses grappes.

Pour un coin ombragé : des arbustes fruitiers adaptés
Certaines espèces se plaisent à la mi-ombre, voire à l’ombre légère. C’est notamment le cas des petits fruits :
- Le cassissier et le groseillier, qui apprécient les expositions fraîches et offrent une production abondante de baies.
- Le framboisier (Rubus idaeus), peu exigeant et parfait pour les espaces plus frais.
- Le noisetier, qui est idéal en sous-bois et fournit de savoureuses noisettes.
- Le prunier, le cerisier et le pommier sont aussi des arbres tolérant la mi-ombre que vous pourrez cultiver dans un jardin tourné vers le nord. Cependant, vous bénéficierez de récoltes moins généreuses qu’au sein d’un espace ensoleillé.
Cultures alternatives et variétés méconnues
Les arbres fruitiers ou arbustes à petits fruits s'installent au jardin quasiment toute l'année. Hormis les sempiternels pommiers, poiriers, cerisiers, pêchers… le jardinier dans le coup et un tantinet aventureux s'essaiera à la culture de baies et fruits moins communs afin de varier les plaisirs tant du jardinage que de la dégustation.
Le Nashi
L'arbre aussi facile à cultiver qu'un pommier et à l'apparence de poirier produit en été des fruits jaunes à l'épiderme doré. Ils s'avèrent très rafraîchissants et au goût fort délicat. La récolte de fin d'été précède le spectacle du feuillage devenant jaune orangé en automne. Choisissez un pied d'une variété autofertile comme 'Shinseiki' ou 'Hosui'.
Le Citron Caviar
La pleine terre est possible dans la zone propice à l'oranger. Ce bel arbuste épineux est muni de petites feuilles et produit de petits fruits allongés, à peau fine, contenant des microbilles de pulpe dont l'acidulé explose sous la dent : expérience savoureuse assurée ! La récolte a lieu de décembre à avril. Employez un mélange souple terreux et acide. Arrosez à l'eau non calcaire.
COMMENT CULTIVER LE CITRON CAVIAR
La Casseille
C'est en fait une espèce dérivée du cassis, à fruits certes moins nombreux, mais plus gros. En effet, hybride entre un cassis et un groseillier à maquereaux, Ribes nidigrolaria devient un petit arbuste qui peut atteindre deux mètres de hauteur. Il montre des tiges dépourvues d'aiguillons. La fructification, en juillet, permet de déguster des fruits savoureux, moins acide que le cassis, avec le côté charnu de la groseille. Ils se forment sur les branches âgées de deux à trois ans.
La Baie de Goji
C'est en août-septembre que vous apprécierez ses grappes de fruits goûteux, d'un noir brillant et de belle taille, à consommer crus ou cuits. Planter en sol sain, au soleil de préférence et espacez les pieds de deux mètres. Comme ses longs rameaux ploient et s'enracinent à l'envi, mieux vaut contenir ses ardeurs par une taille chaque printemps.
Le Cranberry ou Canneberge
Vaccinium macrocarpon est un arbuste qui croît naturellement dans les marais; installez-le en bord de mare, en sol acide, tourbeux et/ou terre de bruyère restant fraîche en été. La culture en bac est également possible. Choisir un emplacement protégé du vent, au soleil ou à mi-ombre. Le feuillage persistant compose un tapis dense de 30 cm de hauteur et jusqu'à 80 cm de circonférence. Les fruits rouges, plutôt acides, mais très riches en vitamines C, se récoltent d'août à octobre. Ceux-ci seront consommés blets, en novembre, après les premières gelées.
Le Néflier
Réservez à cet arbre un bel espace vital (7 m en tous sens), un sol profond, souple à argileux et le soleil ou l'ombre légère. Vous apprécierez alors tout autant sa silhouette cagneuse, sa belle floraison printanière puis ses fruits assez petits, caractéristiques avec leurs reliques de sépales. Ils seront récoltés blets après les premières gelées ou avant maturité et alors placés à mûrir au fruitier. L'arbre est peu exigeant en sol bien drainé. Évitez de le tailler car les fruits se développent en extrémité de branche.
La 'Tayberry'
Rubus loganobaccus est en fait une mûroise, croisement entre mûre américaine et framboise. Cette plante aux longs rameaux épineux, souples, mérite d'être palissée au printemps à un support aéré (treillage, grillage, clôture) afin d'ordonner sa croissance et favoriser la production. Installez-la en sol profond, bien drainé, au soleil ou en ombre légère. La récolte des gros fruits rouge sombre, doux et sucrés, s'effectue en juillet-août. Supprimez quelques vieilles branches fructifères chaque année en hiver.
Stratégies de plantation : pleine terre ou pot
La réussite de la plantation repose sur le choix du bon emplacement et des bonnes conditions de culture.
La plantation en pleine terre
Si vous plantez en pleine terre, voici quelques étapes à suivre :
- Creusez un trou deux fois plus large que la motte.
- Ajoutez un mélange de terre de jardin et de compost pour enrichir le sol.
- Installez la plante en veillant à bien répartir ses racines.
- Arrosez abondamment après la plantation.
La plantation en pot
Même sans jardin, il est possible de cultiver des fruitiers en pot. Il suffit de choisir des variétés adaptées et de leur offrir un sol bien drainé.
- Choisissez un pot assez grand et bien perforé pour assurer un bon drainage. Déposez des billes d'argile ou des graviers dans le fond pour permettre une meilleure évacuation de l'eau.
- Nous vous conseillons d’utiliser un terreau spécifique pour fruitiers.
- Arrosez régulièrement en été, car le substrat se dessèche plus vite qu’en pleine terre.
- Les fraisiers, très productifs, sont faciles à cultiver en jardinière.
- Le myrtillier et le goji s’adaptent parfaitement à une culture en bac.
- Le citronnier et l’oranger sont parfaits en pot, à condition de les protéger des froids en hiver.
- Le kiwi, qui peut être cultivé en pot si vous optiez pour une variété autofertile. C'est le meilleur choix pour habiller une pergola !

Entretien et pérennité des cultures fruitières
Un bon entretien est la clé pour assurer une production abondante et garantir une bonne santé à vos plantes.
- L’arrosage : l’eau est indispensable, surtout en été et pour les cultures en pot. Arrosez régulièrement, sans excès pour éviter l’asphyxie des racines.
- La fertilisation : un apport d’engrais organique au printemps favorise la floraison et la qualité des fruits. Les arbres et arbustes fruitiers apprécient les engrais riches en potasse et en phosphore. Les sujets cultivés en pots auront plus besoin d'engrais que ceux cultivés en pleine terre.
- La taille : elle stimule la croissance et permet de garder un port harmonieux. Elle varie selon les espèces. Les pommiers et poiriers nécessitent une taille en fin d’hiver pour stimuler la mise à fruit. Les petits fruits (cassissier, groseillier, framboise) doivent être taillés après la récolte pour renouveler les branches.
- Protection contre le froid : un paillage au pied des plantes protège les racines du gel en hiver. Vous pourrez aussi utiliser un voile d’hivernage pour protéger les branches si le froid est important.
- Surveillance sanitaire : les arbres et arbustes fruitiers peuvent être sensibles à de nombreux ravageurs, comme les pucerons, et aux maladies (rouille, tavelure, oïdium…). Surveillez les fleurs, feuilles et branches régulièrement et appliquez des traitements naturels en cas d’infestation.
Considérations climatiques et régionales
Dans les régions au nord de la Loire, il est important de privilégier des sujets rustiques, capables de supporter des hivers rigoureux. Les poiriers, pommiers et pruniers tolèrent des températures inférieures à -20° et peuvent être plantés dans toutes nos régions. À l’inverse, si vous habitez une région méditerranéenne, optez pour des fruitiers résistants à la sécheresse et aux expositions très ensoleillées. La plupart des agrumes sont tout indiqués pour garnir les jardins du sud de la France. Le citronnier, l’oranger, le kumquat, ou encore le mandarinier forment de beaux arbustes décoratifs, capables de résister à de très faibles gelées ainsi qu’aux étés caniculaires.

Pour un grand verger, vous pouvez planter des arbres à croissance rapide et à hauteur plus importante, comme :
- Les pruniers, qui offrent des variétés allant de la prune jaune à la prune rose.
- Les noyers et châtaigniers, qui nécessitent de l’espace, mais fournissent des fruits à coque délicieux.
N'oubliez pas d'échelonner vos récoltes en choisissant des essences aux périodes de fructification différentes. Aujourd’hui, il est désormais possible de cultiver de nombreux fruitiers au sein d’un petit extérieur grâce aux arbres fruitiers nains. Mini-poirier, mini-pommier, cerisier nain et prunier à croissance réduite se cultivent en pot et vous permettent de créer un verger miniature au sein de n’importe quel espace extérieur.
Note de sécurité importante : Certains fruits sauvages peuvent être confondus avec des espèces toxiques d’apparence voisine. Ne consommez aucun fruit dont l’identité n’est pas absolument certaine. Toujours demander conseil auprès de deux professionnels ou d'un médecin avant d’utiliser des plantes à des fins médicinales ou alimentaires inconnues.