Arnaud Martin et la Permaculture : Un Engagement pour la Biodiversité et des Sols Vivants

Introduction : Arnaud Martin, un Expert au Carrefour des Savoirs

Dans le cadre du programme LIFE Biodiv’Paysanne et de la préservation de la biodiversité, Monsieur Arnaud Martin, une figure emblématique du monde académique et environnemental, a partagé ses précieuses connaissances. Enseignant-Chercheur à l’université de Montpellier et directeur du département Biologie Écologie de la faculté des sciences de Montpellier depuis plus de 25 ans, il est également président du Conservatoire d’Espaces Naturels d’Occitanie depuis bientôt deux ans. Biologiste et biochimiste de formation universitaire, ainsi que concepteur en permaculture, Arnaud Martin se positionne au carrefour de plusieurs savoirs qui nourrissent sa réflexion et sa pratique concernant la valorisation des sols. Ses interventions mettent en lumière la biologie des sols, notamment le cycle du carbone et le cycle de l’azote, indispensables à la transformation des déchets en un terreau riche, d'excellente qualité énergétique et 100% naturel. L'objectif d'Arnaud Martin est de sensibiliser à l’urgence de la préservation des sols en faisant découvrir les méthodes culturales et les bienfaits de la permaculture. Il traite ces questions tant dans la pratique, en conduisant plusieurs jardins partagés en permaculture, qu'en théorie, en partageant son savoir lors de conférences, et en conseillant et accompagnant des jardiniers.

Portrait d'Arnaud Martin enseignant la permaculture

Comprendre la Biodiversité : Un Service Essentiel aux Écosystèmes

La biodiversité est avant tout la diversité des espèces, des paysages et une diversité génétique. Elle rend un service énorme aux systèmes puisqu’elle assure une continuité certaine, ce qui signifie qu’elle continue de fonctionner même en cas de catastrophe ou de choc. Les éléments qui disparaissent sont remplacés, car les espèces se ressemblent mais sont quand même différentes et s’adaptent différemment aux changements. C’est un cycle continu et résilient qui est intrinsèquement lié à la stabilité des écosystèmes. La richesse de cette diversité permet aux systèmes naturels de se régénérer et de maintenir leurs fonctions vitales face aux perturbations. Sans une biodiversité robuste, les systèmes écologiques perdent leur capacité à s'auto-réguler et à offrir les services indispensables à la vie sur Terre.

Infographie illustrant la diversité des espèces, des écosystèmes et des gènes

Les Causes de la Dégradation Actuelle de la Biodiversité

Aujourd’hui, le système de production a été poussé à son maximum. L'agriculture a été optimisée par une intensification et une mécanisation importantes, ce qui a entraîné une diminution du nombre d’agriculteurs et une augmentation du nombre de tracteurs, et surtout une augmentation considérable de la consommation d’énergies fossiles. De nouvelles méthodes ont été développées, de nouveaux produits chimiques utilisés, et des coins de biodiversité détruits afin d’agrandir la taille des parcelles à cultiver. Le système est entré dans une logique de performance, où la productivité à court terme a primé sur la durabilité environnementale.

Bien évidemment, la dégradation de la biodiversité ne vient pas uniquement des pratiques agricoles. Elle est aussi le résultat de l’artificialisation du paysage en général, qui détériore et fragmente les habitats des espèces. Cette artificialisation se manifeste par l'urbanisation, la construction d'infrastructures de transport, et la conversion des milieux naturels en zones industrielles ou résidentielles. Chaque nouvelle construction ou aménagement, même de petite envergure, contribue à la perte de connectivité entre les écosystèmes, rendant la migration et la survie des espèces plus difficiles. La logique de croissance économique et d'expansion humaine a souvent ignoré les impacts à long terme sur l'environnement, conduisant à une érosion accélérée de la diversité biologique.

Les Services Écosystémiques de la Biodiversité pour l'Homme

La biodiversité appelle aux auxiliaires de cultures qui aident les exploitations agricoles. Par exemple, une implantation de forêts et/ou de haies juste à côté d’une parcelle agricole va abriter des espèces prédatrices des ravageurs de culture. Ces aménagements créent des refuges et des corridors écologiques, favorisant la présence d'insectes, d'oiseaux et d'autres animaux qui contribuent naturellement au contrôle des populations de nuisibles. Cependant, il est important de noter qu'il n'y a pas de contrôle total sur la nature. Théoriquement, en augmentant la biodiversité, les auxiliaires de culture augmentent également. Pour prouver cette théorie et apporter toutes les connaissances nécessaires ainsi que des résultats concrets, des expérimentations sont menées à travers de la recherche-action et l’évaluation par les pairs. Cette démarche scientifique rigoureuse permet de valider les hypothèses et de développer des stratégies efficaces pour intégrer la biodiversité dans les pratiques agricoles.

Le programme LIFE Biodiv’Paysanne a intégré les milieux agricoles dans son projet, reconnaissant leur importance cruciale dans la préservation de la biodiversité. Cette intégration est relativement récente du point de vue de l'expert en écologie. En effet, depuis les années 1980 seulement, l'homme est finalement intégré dans la lecture de la compréhension des écosystèmes. Avant ces années-là, la nature était perçue comme un endroit déshumanisé, une entité séparée de l'activité humaine. Dans l’agriculture, des situations concrètes ont mis en avant l’importance de la biodiversité dans les écosystèmes, démontrant que l'activité humaine, lorsqu'elle est bien gérée, peut enrichir la nature plutôt que la dégrader.

Nouvelle-Aquitaine : l'importance de la biodiversité pour les productions agricoles

Prenons l’exemple du lézard ocellé dans les garrigues méditerranéennes. Ses effectifs ont chuté. L’homme, en développant les vergers, a paradoxalement favorisé des niches pour le lézard ocellé en créant des murets, habitat idéal pour cette espèce. L’interaction de l’Homme avec la nature par l’agriculture, avec des murets, des vergers, des zones cultivées, des zones boisées, des zones pâturées, a favorisé l’hétérogénéité dans les paysages et une mosaïque de plein de milieux. En contrepartie, le lézard ocellé débarrasse les cultures de certains nuisibles, illustrant une forme de production agricole qui est favorable à la biodiversité et des services rendus réciproques. Cette dynamique souligne la possibilité d'une coexistence harmonieuse entre l'agriculture et la faune sauvage, où chaque élément bénéficie de la présence de l'autre.

De plus, la "mise sous cloche" de la nature n’est pas réellement possible. Il est illusoire de penser que l'on peut empêcher toutes les détériorations et les nuisances causées par les autres. Il n'est pas possible de protéger tous les milieux et les espèces de manière isolée, ni de continuer à surexploiter les terres pour se nourrir. D'où l'intégration des milieux agricoles et l'union entre les deux milieux, naturels et agricoles, dans la préservation de la biodiversité. Cette approche intégrée reconnaît que l'agriculture durable est une composante essentielle de la conservation, et que les agriculteurs peuvent devenir des acteurs clés dans la protection de la diversité biologique.

Les Bénéfices de l'Agroécologie pour les Exploitations

L’idée de l’agroécologie est de déterminer quelles autres fonctionnalités économiques peuvent être ajoutées à une culture ou à une activité sans que celles-ci n'affectent le rendement principal. Les principaux avantages de l'agroécologie sont multiples et touchent à la fois l'économie, le bien-être et la durabilité. Tout d'abord, elle offre la possibilité d’attirer plus de clients, car les méthodes de production sont souvent liées à des valeurs de respect de l'environnement et de la santé, des préoccupations de plus en plus partagées par les consommateurs. Ensuite, elle permet aux agriculteurs de se retrouver eux-mêmes dans le milieu qu’ils exploitent, favorisant un bien-être au travail et un sens renouvelé de la vocation. L’agroécologie encourage également l’apprentissage de nouvelles pratiques et la diversification des activités, ce qui renforce la résilience des exploitations face aux aléas économiques et climatiques.

C'est un système qui peut aussi faire baisser les coûts de production puisqu’il est moins gourmand en énergies fossiles, en produits chimiques et en matériel dernier cri. En réduisant la dépendance aux intrants extérieurs, les agriculteurs diminuent leurs dépenses et augmentent leur autonomie. L’agroécologie est particulièrement valable pour les exploitations à petite et moyenne échelle, où les pratiques intensives sont moins adaptées et où la valorisation des ressources locales est primordiale. En adoptant ces méthodes, les agriculteurs peuvent créer des systèmes de production plus résilients, économiquement viables et respectueux de l'environnement.

L'Engagement du Public et des Collectivités pour la Biodiversité

Dans l’idée, les personnes sont conscientes des enjeux environnementaux, mais elles consomment la nature comme un loisir. Faire attention à la nature est encore majoritairement vu comme une contrainte. Par exemple, pour certaines personnes, les plantes ne sont pas vivantes et la coupe d’un arbre n’est pas grave. Beaucoup de nos concitoyens demeurent encore éloignés de la protection de la nature. La plus grande majorité est indifférente à la nature, ne percevant pas toujours les liens fondamentaux entre leur quotidien et la santé des écosystèmes. Il est donc crucial de cultiver l'intérêt des personnes qui fréquentent la nature, les sportifs en particulier, en leur montrant les bénéfices directs et indirects de sa préservation.

Sur le volet de la santé, les gens sont plus conscients et alertés. Cependant, l’alimentation reste un secteur où de fortes améliorations doivent être faites pour inverser la tendance des produits transformés au détriment des produits bruts. Ce changement de consommation provient d’un changement du niveau de vie : les personnes vivent « à toute vitesse » et veulent manger plus vite. Pourtant, les produits bruts sont meilleurs pour la santé et pour le porte-monnaie ; il faut réapprendre à les cuisiner. Acheter en vente directe, à la ferme ou chez les petits producteurs favorise la proximité, puisque l'acheteur connaît la personne, achète l’essentiel et gagne en termes de qualité de vie. Ce type de consommation locale et directe crée un lien social et économique vertueux, renforçant la confiance et la transparence.

Les municipalités ont également un rôle crucial à jouer dans la protection de la nature, en apportant un côté pédagogique et réglementaire, notamment sur la taille des haies et les tontes. Il faut éduquer les gens pour qu’ils y voient leur intérêt, en mettant en avant les avantages concrets d'une gestion plus écologique des espaces verts urbains et ruraux. Cela peut inclure des campagnes de sensibilisation, des ateliers pratiques, et des incitations à adopter des pratiques respectueuses de l'environnement.

Infographie sur les actions locales pour la biodiversité

L'Occitanie : Un Territoire Idéal pour la Biodiversité et les Projets Agroécologiques

La région Occitanie est une très bonne région test pour des projets comme LIFE Biodiv’Paysanne, puisqu’elle est composée de divers domaines biogéographiques : montagnard, méditerranéen et des zones de plaines. Cette diversité géographique et climatique offre une multitude de contextes écologiques, ce qui permet d'expérimenter et d'adapter les pratiques de conservation et d'agroécologie à des conditions variées. La présence de ces différents écosystèmes enrichit non seulement la biodiversité régionale, mais offre également un laboratoire grandeur nature pour la recherche et le développement de solutions innovantes.

Arnaud Martin, en tant que Responsable de la spécialité DAIT « Développement et Aménagement Intégré des Territoires » et co-créateur de l’IUP B3 (Biotraçabilité Biodétection et Biodiversité) de l’Université Montpellier II, est profondément impliqué dans ces dynamiques territoriales. Ses travaux scientifiques, comme ceux sur la restauration des écosystèmes méditerranéens, l'analyse diachronique de la végétation ou les feux holocènes préhistoriques au Causse Méjean, témoignent de son expertise dans la compréhension et la gestion des paysages complexes. Des publications telles que "Restoring Ecosystems Around the Mediterranean Basin: Beyond the Frontiers of Ecological Science" (Derakhshannia M, Gervet C, Hajj-Hassan H, Laurent A, Martin A. C. Khater, V Raevel, J. Thompson, J. Sallantin, M. Hamzé & A. Martin) illustrent la portée internationale de ses recherches.

D'autres études, comme "Diachronic vegetational analysis coupled to ecological sampling in GIS framework, example of the Costière du Gard, France" (A. Martin, F. Milovanoff, D. Frame, J.-L. Vernet & G. Caballé, 2004) et "Espaces boisés et espaces ouverts : les temporalités d'une fluctuation. Le cas du Causse Méjean (Massif Central, France)" (Khater C., Martin A. Marty P, Lepart J, Pelaquier E, Vernet J-L, Bazile F, Bohbot H, Debain S, Jaudon B, Jamet M, Martin A, Ogereau P, Vernet J.L., 2003), soulignent l'approche multidisciplinaire et l'attention portée aux dynamiques temporelles des paysages. La recherche sur la réhabilitation écologique par la revégétalisation, notamment "Rehabilitation ecology by revegetation : Approach and results from two Mediterranean countries" (Martin A., Khater C., Mineau H & Puech S., 2002) dans le Korean Journal of Ecology, met en évidence les applications concrètes de ses travaux pour la restauration des milieux dégradés.

Pratiques de Permaculture pour des Sols Vivants

Au cœur de l'hiver, certains jardiniers, comme Arnaud Martin, ne délaissent pas leur potager. Pour travailler le sol sans le déstructurer, ils se munissent d'une grelinette ou d'une aéro-bêche. Ces outils permettent de soulever la terre sans la retourner ni la bousculer les couches, à la différence d'une bêche classique ou d'un motoculteur. Arnaud Martin insiste sur le fait que "le sol est vivant", et qu'il est essentiel de préserver cette vie. Or, les sols sont souvent compactés par l'eau et par le fait que l'on marche dessus, ce qui nuit à leur aération et à l'activité des micro-organismes.

Pour régénérer les sols et améliorer leur fertilité, Arnaud Martin propose des solutions concrètes. Une option est de se procurer du fumier frais de cheval auprès des clubs hippiques du secteur, avec un apport recommandé d'environ 2 kg par m². L'autre option est de se fournir auprès des coopératives agricoles en sacs de fumier composté et compacté. Ces apports de matière organique enrichissent le sol et favorisent l'activité microbienne.

Les engrais verts sont également un excellent moyen de nourrir le sol. Ils se présentent en semis qu'on peut planter sur sa parcelle, par exemple fin février. Ces plantes vont pousser pendant trois mois en donnant des fleurs mellifères, bénéfiques pour les pollinisateurs. Une fois la terre aérée et nourrie d'engrais, il est crucial de la protéger. L'idéal est de couvrir le sol avec du broyat et des feuilles tombées des arbres, en comptant environ une couche de 10 cm de profondeur. Puis, on ajoute du paillage en surface. Cette couverture crée une "magie" : le sol reste humide et le fumier se décompose lentement, enrichissant le terreau.

Sur certaines parcelles qu'Arnaud Martin cultive depuis une quinzaine d'années, il n'utilise même plus la grelinette, car le sol est devenu vivant et souple grâce à tous les micro-organismes et les vers de terre qui le composent. Ce sont eux qui font le travail d'aération et de structuration du sol.

Schéma illustrant la technique de la grelinette et du paillage

Expériences et Ateliers Pratiques en Permaculture

Arnaud Martin partage son savoir-faire non seulement à travers des conférences mais aussi par des ateliers pratiques sur le terrain. Lors de ces rencontres, il explique les bases de la permaculture et guide les participants dans diverses activités de jardinage. Par exemple, il a animé des sessions sur l'identification des gourmands de tomates, expliquant la distinction de la tige principale (porteuse des hampes florales ou fruits et d’un bourgeon terminal) et la prudence à observer s'il faut laisser certains gourmands en place (en cas d'attaque ou de dégénérescence des bourgeons terminaux sur la tige principale).

Ces ateliers pratiques abordent aussi la taille des arbres fruitiers. Lors d'une session, Joël et Antonio ont montré la taille d'un beau pommier et d'un pêcher survivant de la cloque. Robert et Michel, pour les tailles en vert, ont travaillé sur un magnifique mandarinier qui avait été restructuré en avril, et dont un nombre impressionnant de nouvelles pousses était apparu sur les charpentières, nécessitant une sélection rigoureuse. Plus tard, Arnaud Martin a lui-même dirigé un groupe d’une dizaine de personnes pour la taille d’un olivier, en rappelant les bases de la taille pour la fructification et en expliquant comment éclaircir l’intérieur et l’extérieur de l’arbre. Le groupe d’Arnaud a également travaillé sur la taille des oliviers pour la troisième année consécutive, se focalisant sur la taille de fructification sur des arbres dont le port était déjà constitué. Robert a animé un groupe pour la taille d'un prunier, d'un abricotier, d'un nectarinier, d'un figuier et d'un cerisier. Joël a montré comment déterminer le réseau de Hartmann afin de positionner correctement un oranger, et le groupe s'est attaqué à la restructuration d'un grand mandarinier.

Les participants apprennent également les techniques de plantation. Lors d'un atelier, plusieurs arbres fruitiers attendaient d'être plantés, tels que des plaqueminiers, des figuiers, un mandarinier, deux petits pommiers et des vignes. Une fois dépotés, les mottes de terre étaient décompactées puis placées dans les trous aménagés, préparés avec un apport de fumier mélangé à la terre. Robert, Edo et Antonio se sont occupés des plantations potagères sur un terrain préparé avec apports de fumier, de compost, de broyat de végétaux et le passage de la grelinette. De nombreux plants de tomates de différentes variétés, des aubergines et poivrons, des courgettes longues, jaunes, etc., ont été plantés, ainsi que des semis de haricots nains et à rames. Toutes les explications ont été données sur l'entretien et le suivi au potager.

La création de lasagnes de culture est une autre technique enseignée. Un atelier a porté sur la création d'un sol riche en matières organiques, indépendant du support. Tous les ingrédients étaient prêts, et Joël a expliqué le concept, puis, avec l'aide de John et d'autres jardiniers, ils ont composé cette alternance de couches sombres et vertes, pour terminer par un mélange compost-terre tamisé, avec un bon arrosage.

Des visites de fermes et de jardins partagés complètent ces apprentissages. Lors d'une visite à une ferme maraîchère, Nicolas, ancien chercheur en chimie à l'INRA, a expliqué comment il a créé sa ferme sur un terrain vierge, rendant le sol fertile avec beaucoup de fumier, de broyat, de pelure de café. Il a installé de grandes serres et mis en place un arrosage goutte à goutte au sol et par aspersion en partie haute des serres. Les participants ont remarqué des courgettes en mottes dans la serre de semis, destinées à la plantation à l'extérieur.

Les jardins partagés, aménagés grâce au terrain confié par la municipalité, sont également des lieux d'apprentissage. De gros travaux d'aménagement ont été réalisés par l'association, le terrain étant très pentu et les talus érodés. 27 lots de 10 à 40 m² totalisant 780 m² de parcelles cultivées ont été créés, avec des cabanons pour le matériel personnel et commun, des toilettes sèches, des murs en pierres sèches et un système d'arrosage à partir d'eau de source stockée dans d'immenses cuves. La serre bioclimatique en construction a également été visitée, avec ses fondations en béton armé, ses murs de soutènement en pierres sèches et sa charpente orientée plein sud pour favoriser la récupération de la chaleur solaire. Ces exemples concrets démontrent l'efficacité de la permaculture et l'engagement communautaire pour une agriculture plus durable.

Le rôle des clubs hippiques et des coopératives agricoles

Pour les jardiniers et agriculteurs qui souhaitent adopter des pratiques de permaculture et d'agroécologie, l'approvisionnement en intrants organiques de qualité est primordial. Arnaud Martin conseille de s'adresser aux clubs hippiques locaux pour récupérer du fumier frais de cheval. Cet apport direct est une source précieuse de matière organique et de nutriments pour les sols. Le fumier frais, lorsqu'il est bien composté, contribue à la richesse du terreau en favorisant la vie microbienne et l'amélioration de la structure du sol.

Une autre option est de se fournir auprès des coopératives agricoles en sacs de fumier composté et compacté. Ces produits sont souvent plus faciles à transporter et à stocker, et offrent une solution pratique pour ceux qui n'ont pas accès à du fumier frais. Lors d'une visite à la coopérative de Saint-Laurent-du-Var, Corine et Coralie, les responsables, ont expliqué l'importance d'avoir un bon sol pour de belles cultures, et la différence entre amendements et engrais. Elles ont détaillé chaque produit, soulignant les avantages pour le potager et le verger, et ont rappelé l'importance de l'azote au printemps et de la potasse pour les légumes-fruits et les arbres fruitiers. Cette interaction avec les coopératives permet aux jardiniers d'acquérir les connaissances nécessaires sur les produits et de faire des choix éclairés pour leurs cultures.

Nouvelle-Aquitaine : l'importance de la biodiversité pour les productions agricoles

L'Importance du Réseau de Hartmann et de la Biodynamie

Au-delà des aspects purement agronomiques, certains praticiens, comme Joël, intègrent des concepts plus subtils dans leurs approches. Par exemple, Joël a montré comment déterminer le réseau de Hartmann, un réseau géomagnétique théorisé, afin de positionner correctement un oranger qui était à planter. Bien que cette pratique ne soit pas universellement reconnue par la science conventionnelle, elle reflète une approche holistique du jardinage, où l'emplacement des plantes est considéré en fonction de facteurs invisibles qui pourraient influencer leur vitalité.

Cette attention à des influences plus larges sur les plantes s'inscrit parfois dans des pratiques inspirées de la biodynamie, qui prend en compte les cycles lunaires et planétaires, ainsi que des interactions énergétiques avec l'environnement. Ces approches visent à créer des systèmes agricoles en harmonie avec les forces naturelles, au-delà de la simple gestion des nutriments et des ravageurs.

La Gestion de la Végétation et des Plantations Spécifiques

Dans les jardins, la gestion de la végétation spontanée est essentielle. L'idée est de conserver toute l'herbe qui pousse et de la "museler" par une couche de foin qui limite sa croissance. Cette technique de paillage réduit la concurrence des adventices tout en enrichissant le sol en matière organique.

Concernant les plantations spécifiques, des ateliers sont souvent organisés pour des cultures emblématiques. Lors d'une matinée, la plantation des tomates a été faite dans une autre partie du potager. Edo a apporté une couche non pas de BRF (Bois Raméal Fragmenté) mais d'herbe récemment fauchée et sèche. Les plantations ont commencé par 4 raies de tomates, en faisant des sillons profonds, et en incorporant de l'engrais organique, du fumier décomposé et du compost "maison". Les plants de tomates ont été plantés profondément et arrosés copieusement, puis des cannes pour le tuteurage ont été installées.

Les groupes de jardinage s'attaquent également à l'entretien des buissons ornementaux. Joël a dirigé un groupe pour tailler sévèrement des bougainvilliers, calistemons et phlomis, qui, bien que beaux, nécessitent une taille régulière. Les sauges et gauras ont également été taillées ras. La taille des framboisiers, qu'ils soient remontants ou non, a été effectuée. L'évolution des arbres est souvent observée, et l'installation d'un arrosage au goutte-à-goutte est une amélioration significative pour leur croissance. La plantation de pommes de terre de type "amandine", une variété très précoce, est une autre activité courante dans les jardins partagés.

La diversité des plantations s'étend aux agrumes, arbres fruitiers, vignes, oliviers et carrés de potager, comme chez Gloria Dos Santos à St Pierre de Féric, dans une grande propriété exposée ouest, ou chez Thierry et Marie-Hélène Lemanceau à St Pancrace. Des greffes "anglaises compliquées" sont parfois réalisées pour modifier des cépages existants avec du Rolle, un excellent cépage emblématique de Nice, et du Servant, un cépage célèbre de Noël.

La Valorisation des Plantes Sauvages Comestibles

Un aspect souvent négligé mais très riche de la biodiversité est la présence de salades sauvages comestibles. Avec Esther Aimé et Aline Demuro, un groupe important a travaillé sur l'identification et la cueillette de ces plantes. Pour être consommées crues, elles doivent être cueillies jeunes, avant la floraison. L'atelier a commencé par l'observation de feuilles différentes par leur taille, leur forme, leur couleur et leur texture, puis les participants les ont repérées dans le jardin. Cette pratique permet de redécouvrir des saveurs oubliées et de valoriser les ressources naturelles locales.

Plantes sauvages comestibles dans un jardin en permaculture

Événements et Partage de Connaissances

Les rencontres et ateliers sont également des moments de convivialité et de partage. Après les activités de jardinage, il est souvent l'heure de l'apéro, avec des plats salés et sucrés préparés par chacun et partagés sous l'ombre des oliviers ou des pins parasols. Ces moments d'échange informels contribuent à renforcer les liens communautaires et à diffuser les connaissances de manière conviviale. Les discussions se poursuivent dans une très bonne ambiance, témoignant de la richesse des interactions humaines autour de la permaculture. Des réceptions chaleureuses, comme chez Cathy et Christian Vibert à la Madonette de Terron ou chez Chantal et Marc, animent ces journées. La présence de nombreux participants, parfois jusqu'à 50 personnes, souligne l'intérêt croissant pour ces pratiques.

Ces événements sont l'occasion de découvrir des propriétés exceptionnelles, comme le domaine du Piol à Nice, riche de plus d'un siècle d'histoire, ou la propriété urbaine magnifiquement entretenue de Marie-Martine. Ils permettent de visiter des serres bioclimatiques, des serres de cactées, ou d'admirer la variété des arbustes composant une haie, suscitant des explications et des commentaires nombreux sur les espèces présentes.

Nouvelle-Aquitaine : l'importance de la biodiversité pour les productions agricoles

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