L'eau est devenue une ressource précieuse et limitée. Il n'est pas trop tard pour l'économiser et avoir les bons gestes au jardin. Car, même si le jardinier est un grand consommateur d'eau, il peut, en changeant certaines habitudes, contribuer à sa gestion. En arrosant mieux mais moins souvent et en récupérant les eaux de pluie, vous réduisez vos factures et faites un geste pour l'environnement. C’est l’ensemble de ces gestes adaptés qui vous permettront de réduire votre consommation. Il n’y a donc pas une solution unique mais plusieurs qui se complètent.

Fondements de l'hydratation végétale
Les plantes, tout comme nous, sont constituées en majorité d’eau, il leur en faut donc régulièrement. L’arrosage principal est censé être la pluie, bien sr. Les plantes savent naturellement trouver l’eau dont elles ont besoin dans le sol. Malgré la réflexion courante « les plantes dans la nature n’ont pas besoin de nous pour vivre ! », dans les jardins, il en est tout autre chose. Mais alors pourquoi les arrose-t-on ? Nos végétaux sortent majoritairement de pépinières où trop souvent l’arrosage est quotidien et abondant pour qu’ils soient les plus beaux. Sauf que gorgés d’eau, il leur faut le temps de s’habituer à un arrosage moins copieux. Et, en plus, ils n’ont pas l’écosystème adéquat autour d’eux. C’est comme si on vous envoyait dans un nouveau pays, tout seul, sans parler la langue. Les premiers temps seraient difficiles, puis viendrait l’adaptation, si vous en avez les ressources nécessaires.
Techniques pour optimiser les apports
Quelques conseils simples pour l’arrosage permettent d’optimiser les apports en eau, en phase avec les besoins de vos plantes, le type de sol de votre jardin, votre climat. L’arrosage doit être suffisant pour permettre de refaire le plein du réservoir sol. Vérifiez que l’arrosage a été quantitativement suffisant, en contrôlant au toucher l’humidité du sol en profondeur. Inversement, la saturation d’eau dans le sol ou dans le substrat d’un pot peut provoquer l’asphyxie du système racinaire et empêcher son fonctionnement. De plus, un excès d’humidité crée un milieu favorable au développement des champignons et bactéries.
Il est recommandé de privilégier les apports d’eau au niveau du sol plutôt que l’arrosage sur le feuillage. Cela évite le développement des maladies. Un binage vaut mieux que deux arrosages. En plus de supprimer les mauvaises herbes (consommatrices de l’eau de vos plantes), vous augmenterez la capacité d’absorption d’eau de la terre ; le compost aide aussi la terre à mieux absorber l’eau. Pour les arbustes et grandes plantes, constituez une large cuvette autour du tronc et arrosez manuellement en espaçant progressivement les fréquences.

Paramètres de fréquence et de quantité
Indépendamment des contraintes liées à la nature du sol, une gestion raisonnée de l’eau facilite l’enracinement des plantes en profondeur en leur permettant ainsi d’utiliser un plus grand volume de sol pour mieux se nourrir. Après plantation, pratiquez des arrosages fréquents et peu abondants pour favoriser le départ de nouvelles racines les plus nombreuses possibles. Dans une seconde phase, espacez progressivement les apports tout en augmentant les quantités à chaque apport, pour obliger les plantes à rechercher l’eau en profondeur.
D’une manière générale, deux règles sont à respecter :
- Les terres sableuses sont à arroser souvent en petites quantités car elles ne retiennent pas bien l’eau et ont tendance à se dessécher rapidement.
- À l’inverse, les terres argileuses sont à arroser moins souvent et en plus grande quantité.
L'usage des eaux grises et alternatives
Vider l’eau de la baignoire après un bain, cela représente environ 150 litres d’eau, et même jusqu’à 200 litres si vous remplissez bien la baignoire. Si vous utilisez exclusivement des savons écologiques type Alep et des détergents écologiques pour votre laveuse, vous pouvez envisager de réutiliser ces eaux. Cependant, attention : la terre des plantes ne doit pas être souillée par des produits chimiques indésirables. Cela suppose de ne pas utiliser certains gels ou shampoings chimiques. Si vous voulez arroser vos plantes avec l’eau du bain, il est préférable de n’utiliser que des gels biodégradables ou un savon bio, voire pas de savon du tout.
Pour le potager, l'utilisation d'eaux grises nécessite une vigilance accrue sur la composition des produits. Si vous installez un nouveau système d'évacuation, assurez-vous que les eaux de douche et de laveuse (avec détergents écologiques) ne présentent pas de risques de salinisation ou de toxicité pour vos cultures potagères.
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Outils et méthodes de diffusion
L’arrosoir est l’ustensile le mieux indiqué pour un arrosage bien dosé. Pour les systèmes plus complexes, le goutte-à-goutte ou la micro-aspersion permettent une meilleure distribution de l’eau. Un programmateur est vivement conseillé pour diffuser l’eau au moment le plus propice. Les Ollas, récipients en terre cuite enterrés, permettent de laisser percoler l’eau doucement, offrant une très bonne humidité au niveau racinaire avec une économie de 50 à 75% d’eau.
Les sacs d’arrosage, en toile tissée, entourent le tronc de l’arbre et laissent percoler l’eau lentement. Les coussins d’arrosage, quant à eux, disposent d’une fibre qui retient l’eau pour les pots ou arbustes. Enfin, l'utilisation d'un goulot de bouteille plastique enfoncé au pied de la plante permet une diffusion lente directement au niveau des racines.
L'importance de la planification pédoclimatique
Pour envisager votre jardin de façon raisonnée, pensez à analyser la qualité de votre sol et à vous renseigner sur les précipitations de votre région. Utilisez un pluviomètre de bonne qualité avec une bonne surface de réception. Réalisez des relevés réguliers et notez les valeurs relevées. Il existe une méthode simple pour calculer la quantité d’eau de pluie que vous pouvez récupérer : multipliez la pluviométrie annuelle moyenne locale en millimètres par la surface de votre toiture en m². À ce résultat, retranchez 10% pour prendre en compte les pertes par évaporation.
Adaptez le choix des végétaux à l’humidité de la zone. Là où l’eau manque (terrains sableux, secs), plantez des plantes sobres ; là où l’eau abonde (bassin, « cuvette » humide), choisissez des végétaux naturellement adaptés aux milieux humides. Le choix judicieux des végétaux, associé à la généralisation des méthodes de paillage, permet une réduction appréciable des apports d’eau d’arrosage. Disposez une couche de feuilles mortes, de paille, d’écorce de pin ou de tontes de gazon aux pieds de vos massifs pour garder l’humidité du sol.

Stratégies de résistance à la sécheresse
Il est possible d’apporter aux plantes des compléments qui augmentent, dans certaines conditions, leur résistance à la sécheresse. La calcite en poudre diluée pour pulvérisation foliaire renforce la plante en réduisant ses besoins en eau. Un stimulant contenant des spores de champignons (mycorhizes) améliore la croissance ainsi que la résistance à la sécheresse. Le BRF (Bois Raméal Fragmenté) est également une ressource précieuse pour améliorer la structure du sol et sa capacité de rétention. En période de sécheresse, n’arrosez que les plantes les plus fragiles. N’arrosez pas votre pelouse, elle revivra à l’automne avec les pluies. Privilégiez les plantations à l’automne, car c’est la période qui représente le meilleur rapport entre bonne reprise et coût.