Les étés chauds, devenus un fléau récurrent, imposent déjà leurs contraintes dès le mois de juin 2023, signalant une pénurie d'eau imminente. La Savoie, confrontée à cette réalité, a été placée en état de "vigilance sécheresse" jusqu'au 30 juillet 2023. Cette situation engendre des mesures de restriction de la consommation d'eau à Aix-les-Bains, incitant particuliers et professionnels à une utilisation parcimonieuse de cette ressource vitale. Il est impératif de différer toute intervention non urgente dans les cours d'eau afin de minimiser leur impact, de restreindre les nettoyages de voitures et les lavages extérieurs, de limiter le lavage des voies et trottoirs au strict nécessaire de salubrité, et de réduire les consommations d'eau domestique. L'arrosage des espaces verts doit être modéré, en évitant les heures les plus chaudes de la journée.

L'Urgence de la Sobriété Hydrique
La prise de conscience collective autour de la rareté de l'eau est plus que jamais nécessaire. Les épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents et intenses, accentués par le réchauffement climatique, rappellent l'importance cruciale d'une gestion raisonnée de la ressource en eau. Dans les Alpes du Nord, les températures ont connu une augmentation significative, s'élevant à 2,25°C par rapport à la période de référence 1961-1990, avec une accélération notable au cours des vingt dernières années. Cette hausse se manifeste par des hivers plus doux, des canicules estivales et une succession de records de températures. Le lac du Bourget, miroir de ce réchauffement, a vu sa température annuelle moyenne augmenter de près de 1,2°C sur les trente dernières années, et jusqu'à +2,1°C durant la période d'avril à juin. Cette élévation thermique se reflète également dans les cours d'eau du bassin versant.
Impacts du Changement Climatique sur les Ressources en Eau
Le réchauffement climatique a des conséquences directes et multiples sur les ressources en eau de la région. La diminution du manteau neigeux, observée à hauteur de près de 40% sur les vingt dernières années à la station de Météo France du col de Porte, est une illustration frappante de ce phénomène. Cette réduction de la réserve de neige et l'avancement de sa fonte printanière entraînent une baisse de la recharge en eau au printemps. De plus, les périodes de sécheresse s'allongent, s'intensifient et s'étendent désormais jusqu'à la fin de l'automne.
La combinaison de l'évolution des températures et d'une répartition inégale des précipitations exerce une influence directe sur l'augmentation de l'évapotranspiration globale. Par conséquent, les sols s'assèchent plus rapidement, accroissant par là même les besoins en eau des végétaux.

Conséquences sur les Milieux Aquatiques et les Usages
Les rivières, telles que la Leysse, l'Hyères, le Sierroz et la Deysse, qui constituent les principales artères hydrauliques du lac du Bourget, ont vu leur débit minimum mensuel chuter de 30 à 40% entre la fin des années 1990 et 2020. Cette diminution du régime hydrologique affecte tous les niveaux : sources, ruisseaux et rivières. Dans certains cas, des cours d'eau s'assèchent entièrement ou partiellement, un phénomène qui tend à s'amplifier, tant en plaine qu'en altitude.
Cette réduction des débits des sources, des rivières et du niveau des nappes phréatiques engendre une cascade d'effets négatifs sur l'environnement :
- Érosion de la biodiversité : Les cours d'eau voient leur peuplement piscicole ainsi que leur biodiversité aquatique et terrestre - faune et flore - s'éroder progressivement.
- Détérioration de la qualité de l'eau : Les rivières se réchauffent, se désoxygènent, favorisant le développement d'algues (eutrophisation). Leur capacité épuratrice diminue, entraînant une concentration des pollutions.
- Fragilisation des nappes phréatiques : Les rivières peinent à recharger les nappes phréatiques à un niveau suffisant, et inversement, les nappes peinent à alimenter les cours d'eau. Les zones humides, quant à elles, se déconnectent des sources et des cours d'eau qui les alimentent.
Ces impacts se répercutent directement sur les usages de l'eau. Pour les communes dépendant de ressources fragiles lors des sécheresses, des périodes de tension peuvent survenir, nécessitant parfois le recours à des camions-citernes pour le remplissage des réservoirs. Les Plans Locaux d'Urbanisme intercommunaux (PLUi) ont d'ailleurs conditionné l'urbanisation de certaines zones à une connexion impérative à des ressources en eau pérennes, sur lesquelles les services de l'eau travaillent activement.
La filière agricole est également particulièrement exposée au risque de sécheresse, avec des conséquences directes sur les cultures. Des pertes de production sont observées, notamment dans les filières laitières (prairies, fourrages, diminution de la production de lait), entraînant des pertes de revenus et une fragilité du maintien de l'agriculture locale liée à la disponibilité de l'eau.
Dans ce contexte général, les arrêtés préfectoraux limitant et restreignant les usages non prioritaires de l'eau se multiplient : du lavage des véhicules à la fermeture des fontaines en circuit ouvert, du remplissage des piscines à l'arrosage des espaces verts et des cultures agricoles. Il est à noter qu'en 2020, le bassin versant du lac du Bourget a connu sa sixième année consécutive de restriction des usages de l'eau.
Impact du réchauffement climatique sur les ressources en eau
Soutien à l'Acquisition de Récupérateurs d'Eau de Pluie
Face à ces enjeux, Grand Lac déploie une initiative concrète pour encourager l'utilisation de récupérateurs d'eau de pluie. Un dispositif d'aide, doté d'un budget de 40 000 € jusqu'à fin 2029, vise à inciter les foyers des 28 communes du territoire à installer ces dispositifs. L'objectif est de permettre une gestion plus autonome et écologique de l'eau. L'eau de pluie récupérée peut alimenter une partie des consommations, notamment pour des usages tels que l'arrosage du jardin ou le nettoyage des véhicules, permettant ainsi de réaliser jusqu'à 12% d'économies d'eau potable. Ce projet s'inscrit dans le cadre des actions du Plan eau du Gouvernement, qui vise à réaliser 10% d'économies d'eau dans tous les secteurs d'ici 2030.
Modalités de l'Aide Financière
Plusieurs subventions sont prévues pour l'acquisition de cuves de récupération d'eau de pluie :
- Pour les cuves de moins de 500 litres : une aide de 50% du montant, plafonnée à 100 €.
- Pour les cuves de 500 litres ou plus : une aide de 50% du montant, plafonnée à 200 €.
Les abonnés à l'eau potable intéressés peuvent bénéficier d'un coupon nominatif, valable 3 mois et délivré dans l'ordre d'arrivée des demandes. Ce coupon permet de bénéficier de la réduction proposée par Grand Lac sur le prix d'achat d'une cuve auprès des fournisseurs partenaires.
Étapes pour Obtenir une Aide à l'Acquisition d'une Cuve :
- Validation et réception du coupon de réduction : Les demandes sont traitées par ordre d'arrivée. Une fois le coupon reçu, il est possible de procéder à l'achat de la cuve auprès d'un fournisseur partenaire.

Optimiser l'Arrosage de votre Jardin : Techniques et Bonnes Pratiques
La gestion efficace de l'arrosage de votre jardin est essentielle, non seulement pour réduire vos factures, mais aussi pour contribuer à la préservation de l'environnement, particulièrement dans des régions où l'eau est une ressource précieuse et limitée. Il existe de nombreuses solutions pour économiser l'eau dans votre jardin.
Comprendre les Conditions Pédoclimatiques
Avant même de penser à récupérer l'eau, il est primordial de comprendre les conditions pédoclimatiques de votre jardin. Analysez la qualité de votre sol et renseignez-vous sur les précipitations de votre région. Adapter vos choix de plantes aux spécificités de votre terrain est une étape clé pour minimiser les besoins en irrigation.
Choisir les Bonnes Plantes et le Bon Emplacement
Privilégiez l'automne pour planter vos arbres et arbustes, afin qu'ils bénéficient des pluies hivernales pour s'installer. Réservez les expositions plein sud aux plantes les plus résistantes à la chaleur et à la sécheresse. Assurez-vous que le fond du trou de plantation est bien drainé en ajoutant une couche de sable ou de gravier.
Techniques d'Économie d'Eau au Jardin
Le Paillage : Cette technique est efficace pour conserver l'humidité du sol. Disposez une couche de feuilles mortes, de paille, d'écorces de pin, de paillettes de lin, de mulch d'écorces, de fibres de bois ou de tontes de gazon au pied de vos plantes. Le paillage limite l'évaporation, réduit la pousse des mauvaises herbes et améliore la structure du sol.

Le Binage : Un binage régulier permet de supprimer les mauvaises herbes et d'améliorer l'absorption de l'eau par le sol. En binant, vous augmentez également l'aération du sol, ce qui est bénéfique pour les racines des plantes.
La Fréquence et le Moment de l'Arrosage : Un arrosage hebdomadaire en profondeur est plus bénéfique qu'un arrosage quotidien bref. Arrosez votre jardin le matin ou le soir, lorsque l'évapotranspiration est moins forte. Cela permet à l'eau de pénétrer dans le sol sans s'évaporer rapidement.
Les Outils d'Arrosage : L'arrosoir est idéal pour un arrosage bien dosé et ciblé. Le "olla", ou oya, est un ancien système d'irrigation toujours aussi efficace aujourd'hui. Il s'agit d'un pot en argile cuite poreuse que l'on enterre dans le sol à proximité des plantes. Une fois rempli d'eau, le olla diffuse naturellement l'humidité dans la terre grâce à la porosité de ses parois, offrant une irrigation lente et constante au plus près des racines. Pour un arrosage précis et économique, vous pouvez également utiliser un goulot de bouteille enfoncé au pied de la plante pour une diffusion lente de l'eau directement au niveau des racines.
Impact du réchauffement climatique sur les ressources en eau
"EAU-climat, on agit !" : Un Projet pour une Gestion Durable de l'Eau
Le projet "EAU-climat, on agit !" est une opération ambitieuse visant à mettre en œuvre, à l'échelle communale, un plan d'actions pour adapter les pratiques et les usages de l'eau. Ce plan s'adresse aussi bien aux services de la commune qu'à ses citoyens. De nombreuses communes sont déjà engagées dans une gestion parcimonieuse de l'eau, et ce projet vise à consolider et amplifier leurs initiatives, tout en encourageant d'autres communes à adopter une gestion vertueuse et exemplaire de l'eau.
En s'inscrivant dans cette démarche, chaque commune s'engage à mettre en œuvre trois actions obligatoires et peut également souscrire à des actions à la carte, adaptées à ses spécificités.
Préserver la Qualité des Eaux du Lac
Un message simple mais essentiel est diffusé : « Le lac commence ici, ne rien jeter ». Inscrit en peinture biodégradable à côté des grilles d'avaloir des eaux pluviales, il rappelle aux piétons que tout ce qui y est jeté finit inévitablement dans le lac. Cet effort collectif est indispensable pour préserver la qualité des eaux de baignade de notre lac.

La Qualité de l'Air : Un Enjeu Lié à la Gestion de l'Eau
Outre la problématique de l'eau, la mauvaise qualité de l'air constitue un autre défi pour l'agglomération Grand Lac. En cas d'épisodes de pollution atmosphérique, des mesures spécifiques sont mises en place pour améliorer la qualité de l'air. Concrètement, lors de pics de pollution de niveau 2, Grand Lac propose un ticket de bus journée à un euro pour l'ensemble du réseau Ondéa. Ces tickets "qualité de l'air" sont valables toute la journée et accessibles uniquement auprès des conducteurs dans tous les véhicules Ondéa et Mobéa. Un premier déclenchement de ce dispositif est survenu le jeudi 22 juin, en raison d'un épisode de pollution de l'air persistant depuis une dizaine de jours. Cette mesure pourrait être réactivée dans les semaines à venir, soulignant le lien étroit entre nos modes de vie, la qualité de l'air et la nécessité d'adopter des comportements plus respectueux de l'environnement.