L'installation d'un système d'arrosage automatique ne s'improvise pas au petit bonheur la chance, sous peine de mauvaises surprises ! Votre plan d'arrosage automatique doit être pensé étape par étape, en fonction de la configuration des lieux, des objectifs et bien sûr de votre budget. L'arrosage du potager est un paramètre particulièrement important dans la réussite de vos cultures, si ce n’est LE plus important. L’eau va permettre à vos plantations de se nourrir et de réguler leur température. En optant pour un système d’arrosage automatique, vous ciblez la plante et lui apportez une juste quantité d’eau, de manière lente et régulière.

Analyse des ressources : Pression et débit
C'est la première étape, essentielle : elle vous permet de savoir de quelle ressource en eau vous disposez, et donc d’élaborer votre projet en conséquence. La pression se mesure à l’aide d’un manomètre, au niveau de l’arrivée d’eau qui alimentera votre installation (service d’eau ou pompe). Elle doit être au minimum de 2 bars et au maximum de 5 bars. Au-dessus, il faudra insérer un réducteur.
Le débit doit être supérieur à 1,5 m³/h et suffisant pour alimenter tous les dispositifs d’arrosage prévus à fonctionner en même temps. Une éventuelle insuffisance pourra être compensée par un réglage approprié de la programmation (arrosage en alternance des différentes zones). L’information de débit est disponible sur votre contrat fournisseur d’eau ou sur la notice de votre pompe. Une vérification est conseillée, tout simplement à l’aide d’un seau de 10 litres dont vous mesurez le temps de remplissage (pour 10 litres en 12 secondes : 10/12x3,6= 3 m³/h).
Pour un arrosage enterré, vous allez devoir calculer le débit d’eau de votre installation ainsi : (Contenance en litres / Temps en secondes) × 3,6 = débit en m³/h. Pour ce faire, remplissez un seau de 10 L en ouvrant le robinet qui alimentera votre arrosage à fond. Comptez en combien de secondes votre seau est entièrement rempli puis convertissez le tout en mètre cube par heure. Cela déterminera le nombre de réseaux et d’électrovannes à mettre en place.
Planification et conception du réseau
Il s’agit à ce stade d’établir un plan précis, à l’échelle, de votre future installation. Ce plan vous permettra de savoir exactement de quoi vous avez besoin pour une efficacité optimale, en fonction de la nature, de la surface et de la configuration des zones à arroser, ainsi que de leur distance par rapport au point d’alimentation en eau : longueur de tuyaux, types et nombre d’arroseurs, d’électrovannes, de raccords, etc.
Après avoir mesuré votre jardin, faites un plan et notez-y les arrivées d’eau, les prises électriques, les obstacles (arbre, trampoline, balançoire, piscine…), les différentes zones et végétaux à arroser (bordures, massifs, potager, arbustes, etc.) et précisez les dénivellations du terrain. C’est grâce à ce premier plan que vous pourrez faire établir un plan du système d’arrosage par un professionnel ou bien le faire vous-même.
Typologie des lignes d’arrosage
Selon la typologie des zones (pelouses, potager, verger, massifs de fleurs…), vous déterminez autant de lignes d’arrosage commandées chacune par une électrovanne, elle-même pilotée par un programmateur. Pour créer un arrosage automatique au potager, vous pouvez installer un système de goutte à goutte.
Idéalement, les tuyaux seront enterrés, et raccordés à des arroseurs spécifiques dont le nombre et la disposition dépendront de leur périmètre d’action :
- La tuyère, escamotable, est idéale pour les plaques-bandes, petites pelouses, arbustes…
- La turbine, ou arroseur à jet rotatif, également escamotable, convient pour les espaces verts plus grands.À noter que les turbines et tuyères ne doivent pas être installées sur une même ligne d’arrosage.
- Le goutteur, raccordé ou intégré au tuyau, délivrera juste la quantité d’eau nécessaire au pied des plantations du potager ou d’un massif d’agrément.
- Le micro-asperseur sera plus particulièrement destiné aux massifs de fleurs.
Comment installer un arrosage goutte à goutte ?
Le programmateur : Chef d'orchestre de l'installation
Le choix d’un bon programmateur pour un arrosage optimal, idéalement associé à une sonde de pluie, se fera en fonction de l’importance de l’installation et du niveau de confort d’utilisation souhaité :
- Les programmateurs et électrovannes à piles 9V peuvent s’installer dans des endroits enterrés, sur des terrains dépourvus d’alimentation électrique.
- Le programmateur centralisé, connecté au secteur et à autant d’électrovannes, peut piloter jusqu’à 22 lignes d’arrosage.
- Le programmateur « nez de robinet » régule un arrosage automatique localisé.
Pour un confort maximum, nous proposons la gamme SOLEM qui permet de programmer à volonté l’ensemble d’une installation via une application pour smartphones et tablettes, en Bluetooth ou en wifi. Le programmateur est le point de départ d’un arrosage au goutte-à-goutte, installé sur le robinet de sortie d’eau du réseau comme d’un récupérateur.
L'arrosage goutte-à-goutte : Avantages et mise en œuvre
L’arrosage par goutte-à-goutte du jardin potager permet d’éviter la corvée d’arrosage ou encore d'installer un dévidoir, mais cette solution a bien d’autres atouts ! D’autant plus que les plantes potagères cultivées lorsqu’il y a le plus besoin d’eau, durant l’été, sont des assoiffées. La solution est très simple : installer un système d’arrosage goutte-à-goutte automatique dans votre potager.
Un arrosage doux profite pleinement aux plantes. Cela permet au substrat de rester toujours frais, à condition quand même de le protéger avec un paillage épais. Les racines ne subissent aucun stress hydrique puisque cet arrosage est parfaitement régulier. Ce type d’arrosage permet de faire des économies d’eau. Et vous en ferez encore plus si vous l’installez en l’associant à un pluviomètre. Les végétaux sont arrosés à leur base, donc pas d’eau sur les feuilles, et pas de risques accrus de maladies cryptogamiques.
Les composants du système goutte-à-goutte
Le tuyau adapté au système de goutte-à-goutte est conçu pour les basses pressions (3 bars maximum) et généralement anti-algues. Il constitue la base du réseau, le tuyau principal sur lequel sont raccordés les accessoires d’arrosage eux-mêmes, l’ensemble ayant une forme d’arête de poisson ou de peigne. Choisir le bon diamètre pour le tuyau principal est crucial, car c’est de lui que va dépendre le débit d’eau dans le circuit.
- Un tuyau de 16 mm donne 600 l par heure.
- Un tuyau de 20 mm donne 930 l par heure.
- Un tuyau de 25 mm donne 1400 l par heure.
Les capillaires sont des tuyaux très fins, les tuyaux secondaires du réseau d’arrosage qui vont alimenter toutes vos plantations. L’eau est amenée à ces capillaires via des tuyaux classiques en polyéthylène sur lesquels ils sont branchés. Les goutteurs laissent s’écouler l’eau, ils régulent également le débit et peuvent si besoin être utilisés pour connecter le tubing au tuyau de base.

Techniques alternatives et complémentaires
Les Oyas
Il s’agit de récipients en terre cuite qui doivent être enterrés dans le sol, dont seule l’ouverture est en surface, de façon à remplir les récipients (elle est ensuite bien entendu fermée par un bouchon). Ceux-ci laissent peu à peu s’écouler l’eau par la totalité de leur paroi, en fonction des besoins du sol. Cette technique, très ancienne et parfaitement écologique, est très utilisée en permaculture.
Le tuyau microporeux
C’est la méthode la plus simple et la moins coûteuse pour installer un système d’arrosage doux. Il s’installe en surface, donc sa mise en place est très simple. Il arrose sur toute sa longueur, donc il convient aux planches plantées de lignes de légumes, notamment pois, fèves, haricots. Cependant, il nécessite pour fonctionner une pression de 0,6 bars, jusqu’à 1 bar. Si l’eau de votre commune est très calcaire, les pores du tuyau auront vite fait de se boucher.
Le piquet creux (Deep Drip)
Sorte de pieu, le piquet creux est un tube à enterrer à proximité d’une plante ou d’un arbre pour l’arroser en profondeur, au niveau du système racinaire. Les trous multiples dans le piquet sont équipés d’un filtre pour permettre à l’eau de s’écouler vers les racines et empêcher la saleté ou petits cailloux d’obstruer le tube.
Installation pas à pas du réseau
Réaliser un plan de l’installation à partir du point d’arrivée d’eau est fortement conseillé, du moins lorsque le réseau à créer est un peu complexe. Il est même conseillé de le faire avant même de procéder à l’achat du matériel. Installez, si besoin, le filtre, directement sur l’arrivée d’eau. Le programmateur vient après l’éventuel filtre. Le réducteur de pression est installé après le programmateur. Mettez en place le tuyau en polyéthylène, le tuyau principal donc, à partir de l’arrivée d’eau. Mettez en place les goutteurs ou capillaires, tel que vous l’avez imaginé en dessinant votre plan.
C’est le moment d’assembler au sol le réseau (en reliant les tuyaux aux asperseurs à l’aide de raccords) pour pouvoir le tester avant son enfouissement. Attention à bien mesurer la longueur de tuyaux nécessaire et à tremper le tuyau dans l’eau chaude pour le détendre et faciliter sa mise en place. Place à l’enfouissement ! Indiquez l’emplacement de chaque élément sur la pelouse avec une bombe de couleur et creusez les tranchées à l’aide d’une bêche. Mettez une couche de gravier de 10 cm au fond des tranchées, placez-y les tuyaux, connectez-y les asperseurs et branchez les électrovannes ainsi que le programmateur.
Les bonnes pratiques d'arrosage au potager
Arrosez votre potager 2 à 3 fois par semaine maximum et surtout arrosez en profondeur. Un bon arrosage prolongé par semaine est beaucoup plus efficace qu’un petit arrosage tous les jours. Un arrosage généreux encourage les plantes à s’enraciner profondément dans la terre. Arrosez tôt le matin : vous perdrez moins d’eau par évaporation en arrosant avant que la chaleur de la journée ne s’installe. Si vous arrosez les feuilles, elles auront le temps de sécher, ce qui réduit les risques de problèmes fongiques et de maladies par rapport à un arrosage en fin de journée.
Le paillage présente un certain nombre d’avantages. L’épaisseur idéale est 5 cm. Le paillis régule la température du sol, conserve l’eau en empêchant l’évaporation et retient les maladies fongiques causées par la pluie. Chaque type de sol aura des besoins particuliers en eau. Si vous avez un sol sablonneux, l’eau va filtrer, alors qu’un sol argileux va retenir l’eau. L’arrosage pour un sol sablonneux sera alors plus fréquent.
Gestion des besoins spécifiques par type de racines
Le système racinaire de vos légumes va définir leurs besoins en eau. Pour les légumes aux racines superficielles, il faudra arroser plus fréquemment. D’autant plus que les 20 premiers centimètres de terreau ont tendance à sécher rapidement.
- Racines courtes de moins de 30 centimètres de profondeur : oignons, pommes de terre, radis, céleris, laitues. Le besoin en eau de ces légumes de potager d’hiver est important. N’hésitez pas à arroser en petite quantité, mais fréquemment.
- Racine moyenne entre 30 et 60 centimètres de profondeur : carottes, haricots, poivrons, brocolis, concombres, choux. Les arrosages seront moins fréquents.
- Racine longue de plus de 60 centimètres de profondeur : tomates, citrouilles, courges, poireaux, asperges. Il faut compter environ 10 litres par m² ou 1 litre d’eau par jour par tomate !
Toutefois, si la plantation des tomates a eu lieu directement dans la terre, pas besoin d’autant d’eau. Leurs racines iront en chercher par elles-mêmes jusqu’à 1 mètre de profondeur. Contrairement aux quantités, la fréquence d’arrosage n’est pas élevée. Une fois tous les 10 ou 15 jours est suffisant.

Optimisation et autonomie en vacances
Un sol nu expose votre potager deux à trois fois plus de risque de sécheresse et d’inondation. C’est pourquoi la technique du paillage joue un rôle primordial. Un jour ou deux avant de partir, désherbez autour de vos plantes. Coupez l’herbe et empilez les coupures de gazon et autres mauvaises herbes arrachées pour créer un paillage rapidement. Le plus tard possible avant de partir, arrosez vos légumes en profondeur. Lorsque tout est bien irrigué, étalez vos coupes de gazon ou autre paillis aux pieds de vos légumes (le plus épais possible).
Pour les plantes d’intérieur ou les petits carrés, le goutte-à-goutte bouteille est une excellente alternative. On installe le goutteur au pied de la plante et on pose dessus une bouteille en plastique à l’envers. La bouteille sert alors de réservoir au goutteur. La vitesse de débit est également réglable. La terre cuite, poreuse, va diffuser lentement l’eau aux racines. Il n’y a alors pas d’évaporation et près de 100% de l’eau est utilisée par la plante.
La collecte de l’eau de pluie répond à des problématiques écologiques et constitue une solution partielle à la forte demande en eau, notamment pour l’arrosage de nos jardins qui ne nécessite pas d’eau potable ! La cuve de récupération d’eau de pluie est simple d’utilisation. Elle s’installe sous vos gouttières et ne nécessite pas de creuser un trou dans votre jardin. Prévoyez d’installer le récupérateur d’eau le plus proche de l’endroit où vous avez besoin d’eau. La quantité d’eau recueillie varie en fonction de la pente et de la taille de votre toit. Branchez ensuite votre système d’arrosage goutte à goutte ou tuyau poreux pour assurer l’arrosage de votre jardin avec l’eau de pluie récoltée tout au long de l’année !
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