
L'arrosage est une étape indispensable au bon développement des plantations, qu'il s'agisse d'un jardin, d'un potager ou de massifs de fleurs. En fonction de la superficie de votre terrain et de vos habitudes de jardinage, il existe aujourd'hui toute une série de dispositifs à même de faciliter l'irrigation. Pour ceux qui disposent d'un terrain étendu, s'absentent souvent ou souhaitent simplement se simplifier la tâche, l'investissement dans un système d'arrosage automatique peut s'avérer judicieux. Ce guide explore les différentes options d'arrosage automatique, de la planification à l'installation, en incluant l'intégration de citernes pour une gestion de l'eau optimisée.
Les différents types de systèmes d'arrosage automatique
Un système d'arrosage automatique représente un système de distribution d'eau intelligente et autonome pour les plantes et les divers espaces verts. Vous avez alors le choix entre une installation goutte à goutte, enterrée ou de surface, chacune ayant ses spécificités et ses avantages.
Arrosage goutte à goutte : précision et économie d'eau
Le système de goutte-à-goutte représente la solution la plus économe en eau. Cette technique consiste à apporter l'eau sous faible pression directement jusqu'aux racines des plantes et à la distribuer au compte-goutte, à l'aide de petits tuyaux posés sur le sol ou enterrés. Ce système n'humidifie que la partie de terre située au voisinage immédiat des racines et limite les pertes par évaporation, ruissellement ou infiltration profonde. On irrigue avec précision et l'on fait des économies d'eau considérables.

Les goutteurs peuvent être externes (à poser), en ligne ou en gaine. Pour l'arrosage au goutte-à-goutte, un tuyau de diamètre plus petit (16 à 20 mm) sera plus adapté. Les tuyaux micro-perforés ou les goutteurs individuels distribuent l'eau directement au pied des plantes. Il existe également des tuyaux poreux qui suintent sur toute leur longueur, des tuyaux avec goutteurs intégrés tous les 30 cm par exemple, ou des tuyaux micro-conduits que vous percez vous-même. Les goutteurs auto-régulants, quant à eux, délivrent tout le temps la même quantité d'eau, point par point.
Ce type d'installation est recommandé si vous avez beaucoup de bacs ou de pots à arroser, ou pour irriguer avec précision les légumes de votre potager. Le goutteur placé sur chaque plant permet de délivrer directement à la base du végétal l'eau nécessaire à son bon développement.
Arrosage de surface : flexibilité et simplicité
Si vous optez pour un arrosage automatique de surface, le principe est simple : des bornes, appelées arroseurs, sont reliées à un tuyau d'arrosage. Judicieusement placées sur la pelouse, dans le potager ou les parterres, ces bornes d'arrosage assurent un arrosage parfaitement adapté et sans effort. L'arrosage automatique en surface est constitué de tuyaux visibles, posés à même le sol avec les têtes d'arrosage. La pression de l'eau fait osciller de gauche à droite une rampe, posée sur le sol et équipée de buses par lesquelles l'eau est projetée.
Ce système est plus simple à installer que l'arrosage enterré et peut être facilement déplacé si nécessaire. Il est souvent utilisé pour des besoins temporaires ou des zones où l'esthétique n'est pas la priorité.
Arrosage enterré : esthétique et durabilité
Plus esthétique que l'arrosage en surface, le système d'arrosage enterré permet d'irriguer de grandes surfaces. Sans contrainte, esthétique et discret, l'arrosage enterré s'avère également économique. Le principe est de créer tout un réseau de tuyaux et d'arroseurs (tuyères) qui se déclenchent au moment voulu, soit manuellement, soit via un programmateur. Les tuyaux ne sont donc pas visibles et les tuyères sortent du sol juste au moment de l'arrosage pour se rétracter par la suite, ce qui préserve l'esthétique du terrain.

Pour ce type d'installation, les canalisations principales et les canalisations d'approches (dites secondaires) servent à transporter l'eau de la pompe jusqu'aux rampes d'arrosage. Des canalisations enterrées distribuent l'eau par le biais de tuyaux mobiles appelés « enrouleurs », alimentant des systèmes d'aspersion. À la façon d'une pluie fine, ceux-ci arrosent les plantations, en projetant de l'eau sous pression à partir d'un asperseur ou d'un canon. Il existe un autre type d'installation mobile : les rampes pivotantes ou pivots. Là encore, des canalisations enterrées ou parfois directement un forage alimentent en eau un système d'aspersion.
Le choix du système d'arrosage automatique dépend de la surface à couvrir et du type de végétation. L'arrosage par aspersion convient aux pelouses et grandes surfaces, mais consomme plus d'eau. Les tuyères conviennent aux petites surfaces avec une portée de 2 à 5 mètres. Les turbines couvrent les grandes zones avec un rayon d'action de 8 à 15 mètres.
Micro-irrigation : l'alliance du goutte-à-goutte et de l'aspersion
La micro-irrigation combine les avantages du goutte-à-goutte avec une couverture plus large. Les micro-asperseurs diffusent une pluie fine sur un rayon de 3 mètres maximum. Le micro-arrosage utilise des asperseurs sur pic espacés de 1 à 2 mètres. Cette solution fonctionne à basse pression et convient aux massifs de fleurs.
Planification et installation d'un système d'arrosage automatique
L'installation d'un système d'arrosage automatique ne s'improvise pas au petit bonheur la chance, sous peine de mauvaises surprises ! Votre plan d'arrosage automatique doit être pensé étape par étape, en fonction de la configuration des lieux, des objectifs et bien sûr de votre budget.
1. Évaluation de la ressource en eau : pression et débit
C'est la première étape, essentielle : elle vous permet de savoir de quelle ressource en eau vous disposez, et donc d'élaborer votre projet en conséquence. La pression se mesure à l'aide d'un manomètre, au niveau de l'arrivée d'eau qui alimentera votre installation (service d'eau ou pompe). Elle doit être au minimum de 2 bars et au maximum de 5 bars. Au-dessus, il faudra insérer un réducteur. La pression idéale se situe entre 3,5 et 4 bars. Les turbines et tuyères nécessitent 2 à 3,5 bars minimum pour fonctionner correctement. En dessous de 2 bars, il faut installer un surpresseur.
Le débit doit être supérieur à 1,5 m³/h et suffisant pour alimenter tous les dispositifs d'arrosage prévus à fonctionner en même temps. L'information de débit est disponible sur votre contrat fournisseur d'eau ou sur la notice de votre pompe. Une vérification est conseillée, tout simplement à l'aide d'un seau de 10 litres dont vous mesurez le temps de remplissage (pour 10 litres en 12 secondes : 10/12x3,6= 3 m3/h). Pour un arrosage enterré, vous allez devoir calculer le débit d'eau de votre installation ainsi : (Contenance en litres / Temps en secondes) × 3,6 = débit en m3/h. Cela déterminera le nombre de réseaux et d'électrovannes à mettre en place.
2. Conception du plan d'arrosage
Il s'agit à ce stade d'établir un plan précis, à l'échelle, de votre future installation. Ce plan vous permettra de savoir exactement de quoi vous avez besoin pour une efficacité optimale, en fonction de la nature, de la surface et de la configuration des zones à arroser, ainsi que de leur distance par rapport au point d'alimentation en eau : longueur de tuyaux, types et nombre d'arroseurs, d'électrovannes, de raccords, etc. Après avoir mesuré votre jardin, faites un plan et notez-y les arrivées d'eau, les prises électriques, les obstacles (arbre, trampoline, balançoire, piscine…), les différentes zones et végétaux à arroser (bordures, massifs, potager, arbustes, etc.) et précisez les dénivellations du terrain.

Le plan du jardin potager guide l'implantation des différents éléments. Il faut regrouper les plantes selon leurs besoins en eau et prévoir des zones d'arrosage distinctes. C'est grâce à ce premier plan que vous pourrez faire établir un plan du système d'arrosage par un professionnel ou bien le faire vous-même.
3. Détermination des lignes d'arrosage et des équipements
Selon la typologie des zones (pelouses, potager, verger, massifs de fleurs…), vous déterminez autant de lignes d'arrosage commandées chacune par une électrovanne, elle-même pilotée par un programmateur. Idéalement, les tuyaux seront enterrés, et raccordés à des arroseurs spécifiques dont le nombre et la disposition dépendront de leur périmètre d'action.
- La tuyère, escamotable, est idéale pour les plates-bandes, petites pelouses, arbustes…
- La turbine, ou arroseur à jet rotatif, également escamotable, convient pour les espaces verts plus grands. À noter que les turbines et tuyères ne doivent pas être installées sur une même ligne d'arrosage.
- Le goutteur, raccordé ou intégré au tuyau, délivrera juste la quantité d'eau nécessaire au pied des plantations du potager ou d'un massif d'agrément.
- Le micro-asperseur sera plus particulièrement destiné aux massifs de fleurs.
Pour l'arrosage automatique au potager, vous pouvez installer un système de goutte à goutte. Un premier tuyau rigide en polyéthylène de 25 mm va être enterré dans le sol afin de faire venir l'eau du robinet jusqu'aux circuits d'irrigation du potager. Vous pouvez aussi placer ce tuyau rigide sur un mur attenant au jardin. Ensuite, vous pouvez créer plusieurs chemins principaux, toujours en tuyaux rigides qui permettront de desservir chaque parcelle du jardin. Sur ces tuyaux rigides, seront ensuite placés des tuyaux plus souples de 16 mm de diamètre, qui eux seront placés directement sur les parcelles de légumes, à même le sol. Ces tuyaux souples sont parfaits pour des circuits d'irrigation ne dépassant pas 100 m. Vous pouvez bien évidemment placer plusieurs lignes de tuyaux souples sur chaque parcelle en vous aidant de nourrice, d'angle droit, de systèmes en T.
Le choix du diamètre intérieur du tuyau d'arrosage dépend le plus souvent de sa longueur. En effet, plus votre tuyau est long, moins la pression est forte en sortie. Le tuyau d'arrosage principal se pose dans une tranchée de 60 cm de profondeur pour le réseau primaire. Les canalisations secondaires qui alimentent les arroseurs se placent à 40 cm de profondeur. L'assemblage des tuyaux s'effectue par raccords à compression pour les diamètres inférieurs à 63 mm. Les raccords en plastique sont plus pratiques que ceux en laiton, ils se clipsent et se déclipsent très facilement.
4. Le programmateur : cerveau du système
Un programmateur d'arrosage automatique constitue le cerveau du réseau d'arrosage. Le choix d'un bon programmateur pour un arrosage optimal, idéalement associé à une sonde de pluie, se fera en fonction de l'importance de l'installation et du niveau de confort d'utilisation souhaité.

- Les modèles simples gèrent une ou deux voies, tandis que les versions avancées pilotent plusieurs zones indépendamment.
- Les programmateurs et électrovannes à piles 9V peuvent s'installer dans des endroits enterrés, sur des terrains dépourvus d'alimentation électrique.
- Le programmateur centralisé, connecté au secteur et à autant d'électrovannes, peut piloter jusqu'à 22 lignes d'arrosage.
- Le programmateur « nez de robinet » régule un arrosage automatique localisé.
Il est conseillé de choisir un programmateur équipé d'une sonde pluviométrique. Cette fonction coupe automatiquement l'arrosage en cas de pluie et optimise la consommation d'eau. Certains programmateurs peuvent être raccordés à une sonde de détection d'humidité ou à un pluviomètre. Pour un confort maximum, il existe des gammes qui permettent de programmer à volonté l'ensemble d'une installation via une application pour smartphones et tablettes, en Bluetooth ou en wifi.
L'électrovanne correspond à une vanne qui s'ouvre et se referme selon l'impulsion électrique du programmateur. Assez solide, l'électrovanne résiste parfaitement aux changements climatiques. Le prix de l'électrovanne n'est pas trop élevé.
5. L'installation physique
Avant de procéder à l'enfouissement, il faut purger le réseau pour éliminer les impuretés. C'est le moment d'assembler au sol le réseau (en reliant les tuyaux aux asperseurs à l'aide de raccords) pour pouvoir le tester avant son enfouissement. Attention à bien mesurer la longueur de tuyaux nécessaire et à tremper le tuyau dans l'eau chaude pour le détendre et faciliter sa mise en place.
Place à l'enfouissement ! Indiquez l'emplacement de chaque élément sur la pelouse avec une bombe de couleur et creusez les tranchées à l'aide d'une bêche. Il est recommandé de creuser des tranchées de 20 cm de profondeur pour les canalisations secondaires, et 60 cm pour le réseau primaire. Mettez une couche de gravier de 10 cm au fond des tranchées, placez-y les tuyaux, connectez-y les asperseurs et branchez les électrovannes ainsi que le programmateur.
Effectuez ensuite la découpe de chaque tuyau avec une scie à métaux. À l'aide de raccords, reliez chaque tuyau. Enfoncez le tuyau dans le raccord et serrez fermement avec une clé. Une fois vos tuyaux percés et assemblés entre eux, placez aux emplacements prévus vos différentes tuyères et turbines. Effectuez le câblage électrique des électrovannes. Puis raccordez le système électrique au programmateur. Une fois votre système d'arrosage en place, fixez le programmateur sur le robinet d'alimentation en eau.
Optimisation de l'arrosage et gestion de l'eau
Choisir un système d'arrosage automatique, c'est faire le choix d'un arrosage autonome, raisonné et régulier de vos différents espaces verts. Cela permet d'irriguer le jardin plus facilement et intelligemment de façon à apporter la juste dose d'eau aux plantes pour les garder en pleine santé mais aussi économiser l'eau, tellement précieuse !
Programmation intelligente
La programmation du système d'arrosage automatique du jardin influence directement la consommation d'eau. L'arrosage en soirée limite l'évaporation, mais il faut éviter les heures trop tardives qui favorisent les maladies. L'arrosage en soirée limite l'évaporation en été.
La durée d'arrosage varie selon le type de sol. Un sol argileux nécessite des cycles courts et fréquents pour éviter le ruissellement. Un sol sableux absorbe mieux l'eau et tolère des cycles plus longs mais moins fréquents. Une éventuelle insuffisance de débit pourra être compensée par un réglage approprié de la programmation (arrosage en alternance des différentes zones).
Utilisation de citernes et récupérateurs d'eau de pluie
Pour des raisons de coûts mais aussi de respect de l'environnement, il peut être judicieux d'investir dans un récupérateur d'eau de pluie ou une cuve enterrée. Le principe est le même que celui du récupérateur d'eau de pluie, à ceci près que la cuve est placée sous terre et qu'elle est généralement d'une contenance plus importante. Reliée à une gouttière de la maison, la cuve enterrée permet de stocker des quantités très importantes d'eau, jusqu'à 5 000 litres. Ce type d'installation nécessite des travaux, à commencer par son ensevelissement.
Installer une citerne à récupération d'eau de pluie
L'utilisation d'une réserve d'eau de pluie réduit les coûts et l'impact environnemental. Oui, il suffit d'installer une pompe de relevage si le dénivelé est insuffisant. Un mètre de dénivelé génère 0,1 bar de pression. Un système par gravité fonctionne avec 1 bar de pression, soit 10 mètres de dénivelé.
En matière d'irrigation, l'eau est extraite des nappes souterraines par forage ou prélevée par pompage direct dans les rivières et les étangs. Les retenues collinaires stockent les eaux de ruissellement pendant la saison pluvieuse, pour ensuite alimenter l'irrigation pendant la saison estivale, tandis que les réserves artificielles sont constituées à partir de l'eau pompée dans la rivière pendant la période hivernale.
Entretien du système d'arrosage
La purge hivernale protège le réseau d'arrosage du gel. Il faut vidanger complètement les canalisations et démonter les arroseurs dans les régions où les températures descendent sous zéro. Le nettoyage régulier des filtres et goutteurs maintient un débit optimal. Les tuyaux de goutte-à-goutte se bouchent facilement avec le calcaire et les particules. La vérification annuelle des électrovannes et du programmateur d'arrosage automatique évite les pannes. Il faut tester chaque zone séparément et contrôler l'absence de fuites.
Solutions pour balcons et terrasses
Un système d'arrosage automatique pour le jardin s'adapte aussi aux balcons et terrasses. Les cônes d'arrosage en céramique poreuse offrent une autonomie de 70 jours avec une simple bouteille d'eau. Les kits multi-pots avec réserve d'eau fonctionnent par gravité. Il suffit de surélever le réservoir de 70 cm pour obtenir la pression nécessaire. Les pots à réserve d'eau intègrent un système d'arrosage par capillarité. L'eau remonte naturellement dans le substrat selon les besoins de la plante.
Accessoires d'arrosage traditionnels et modernes
Au-delà des systèmes automatiques, des outils plus traditionnels restent utiles pour des besoins spécifiques ou en complément. L'arrosage est indispensable au bon développement des plantations. Formes, couleurs, matières… Il existe aujourd'hui une très grande variété d'arrosoirs parfaitement adaptée à tous les besoins et à toutes les envies. Les contenances varient en général de 1 à 14 litres. Plus le volume est important, plus l'arrosoir sera lourd une fois rempli. Complétez votre arrosoir avec une pomme d'arrosage à fixer au bout de son bec. Elle assure un arrosage en pluie fine qui offre une distribution plus homogène de l'eau.

Concernant les tuyaux d'arrosage, on trouve diverses technologies. Plus souple que le tuyau guipé, le tuyau antivrille se déroule facilement sur les grandes longueurs et comporte un fil supplémentaire dans son treillage qui lui permet de mieux résister aux risques de vrilles dues au passage de l'eau. Issu des dernières technologies, le tuyau 5 couches combine les techniques des tuyaux tricotés et guipés. Il est souple et résiste aussi bien à l'écrasement ou à la torsion qu'aux conditions climatiques (rayons UV et gel). La structure en accordéon du tuyau extensible ne se déroule que lorsque l'eau passe dans le tuyau, allant jusqu'à multiplier sa longueur par trois. Son faible encombrement simplifie ainsi son stockage.
Pour le rangement et la manipulation des tuyaux, il existe :
- Le dévidoir sur roues : pratique, il peut vous suivre partout.
- Le dévidoir mural : ce type de dévidoir se fixe au mur, à côté de la sortie d'eau. Il est le plus souvent orientable.
- Le dévidoir portable : généralement d'une capacité comprise entre 10 et 25 mètres maximum, il peut se déplacer aisément.
La lance simple est la base même de l'arrosage. Les modèles les plus simples d'utilisation vous permettent de régler l'heure de lancement et d'arrêt de l'arrosage.