Le potager, en tant que zone principalement composée de plantes annuelles, exige une attention particulière, notamment en matière d'arrosage. Ces plantes, n'ayant pas le temps de développer de grands systèmes racinaires, sont plus vulnérables au manque d'eau. Face à cette réalité, l'installation d'un système d'arrosage automatique peut sembler être une solution pertinente pour les jardiniers souhaitant optimiser leur temps et l'efficacité de l'irrigation. Ce guide explore les différentes méthodes d'arrosage automatique, en mettant l'accent sur les besoins spécifiques de la pomme de terre, une culture emblématique du potager.
Pourquoi l'arrosage est-il crucial pour la pomme de terre et le potager en général ?
Arroser son potager est indispensable si l'on veut obtenir de bons légumes. L'eau est essentielle pour la plupart des végétaux car elle transporte les minéraux nécessaires à la vie de la plante et lui permet de transpirer pour réguler sa température. Sans un apport suffisant, les plantations vont au mieux ne pas se développer convenablement, probablement ne pas grandir ni développer de fruits, et au pire mourir complètement. Les légumes, les herbes aromatiques, les arbrisseaux fruitiers auront donc besoin d'eau selon leur espèce, eau qui pourra leur être fournie naturellement via la pluie, mais qui peut ne pas être suffisante selon les régions, ce qui nécessitera une irrigation complémentaire de votre part. Pour les cultures qui se font à l'intérieur d'une serre de jardin, les besoins en arrosage seront accrus, dans la mesure où celles-ci sont à l'abri de la pluie et que la température sous ce type d'installations peut devenir particulièrement élevée. En effet, la forte chaleur peut provoquer une transpiration excessive des plantes et une évaporation très importante de l'eau avant même que celle-ci ne soit assimilée par la terre.

Comprendre les besoins en eau de la pomme de terre
L'arrosage de la pomme de terre n'a rien d'un réflexe « on/off ». C'est une discipline qui implique d'observer, de mesurer et d'ajuster. Les besoins en eau de la pomme de terre sont estimés à partir de la demande climatique, l'ETP (Évapotranspiration potentielle) et du coefficient cultural Kc dont les valeurs varient en fonction des stades. Il est aussi nécessaire de mesurer la pluie et les doses d'irrigation. L'irrigation est conseillée lorsque la réserve facilement utilisable est épuisée, en anticipant cependant les irrigations en tenant compte de la durée du tour d'eau, temps nécessaire pour irriguer toutes les parcelles.
Dès la plantation, l'objectif est un sol frais qui enveloppe les plants sans les noyer. À ce stade, la priorité est d'activer le système racinaire et d'éviter les pourritures. Puis, les besoins montent franchement à la tubérisation et pendant la floraison : c'est là que se joue le calibre des tubercules. Le matin reste la meilleure fenêtre : l'arrosage au pied profite aux racines, le feuillage sèche vite et le risque de mildiou diminue. En pratique, visez un apport qui compense l'évapotranspiration hebdomadaire et sécurise la phase en cours. Adaptez selon votre sol : sableux = apports plus fréquents et modestes ; argileux = apports plus espacés mais plus consistants, le temps que l'eau pénètre sans ruisseler.

La méthode IRRINOV®, développée par ARVALIS - Institut du végétal, est un exemple de protocole régionalisé pour la conduite de l'irrigation des pommes de terre de consommation et de transformation. Cette méthode utilise la tension comme indicateur de l'état hydrique du sol. Diffusée depuis 2004 pour les sols de limon du Santerre et du Pas-de-Calais pour diverses variétés (Charlotte, Amandine, Chérie, Franceline, Ratte et Exquisa pour la chair ferme, Bintje, Santana et Russet Burbank pour la transformation), elle a été élargie en 2006 aux sols argileux avec des règles spécifiques. IRRINOV® permet d'assurer une alimentation hydrique de la pomme de terre sans gaspillage, en optimisant l'utilisation de la réserve du sol et l'efficacité de l'irrigation.
Pour les pommes de terre destinées à la transformation, l'irrigation débutera dès le début de la période d'initiation des tubercules. En revanche pour les variétés de consommation, en particulier quand l'objectif de production vise un nombre élevé de tubercules et un calibre moyen à petit, l'irrigation pourra débuter, en temps sec, dès le stade levée. Pour la première irrigation, il est préférable de privilégier des apports limités de 15 à 20 mm de manière à ne pas endommager les buttes. Une plante est au stade « Levée » quand elle a au moins une tige à 3 feuilles. Une parcelle est dite au stade « Levée » quand 50 % des plantes ont au moins 3 feuilles. Ce stade constitue le début de la période d'irrigation pour les variétés qui tubérisent bien comme la Bintje.
Le suivi du retour des irrigations d'après la méthode du bilan hydrique est crucial. L'objectif de cette deuxième phase est de bien couvrir les besoins en eau de la plante jusqu'à quelques jours avant le défanage. La méthode IRRINOV® propose par type de sol et de climat, un rythme d'apport (en mm/jour) permettant de couvrir les besoins en année sèche. Avant la reprise du tour d'eau suivant, et en respectant la périodicité standard, IRRINOV® permet de comparer les tensions à des seuils référencés dont les valeurs varient par rapport au stade de la culture. Si les seuils sont atteints, le nouveau tour d'eau commence. L'arrêt des irrigations dépend de la date prévue de défanage et donc de la destination des pommes de terre. Pour les pommes de terre à chair ferme, l'irrigation est arrêtée 4 à 8 jours avant la date prévue pour le défanage (ce délai dépend du climat). Pour les pommes de terre destinées à la transformation industrielle (frites, chips ou purée), où l'on recherche des teneurs en matière sèche des tubercules élevées (20 à 25 %), le défanage doit être réalisé pour un taux de sénescence du couvert supérieur à 50 % afin de garantir les objectifs de production et la qualité de la récolte.
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Arrosage manuel ou automatique : les différentes approches
Il n'y a pas qu'une seule manière d'arroser. Entre les méthodes manuelles et automatiques, des méthodes les plus simples aux systèmes les plus sophistiqués, difficile de s'y retrouver. Votre système d'arrosage peut tout à fait être manuel, et dans ce cas-là vous avez déjà plusieurs options. L'arrosage manuel a l'avantage d'être plus simple, de ne nécessiter aucune préparation en amont ni aucun investissement coûteux, puisqu'il suffit d'un arrosoir ou un tuyau. Il peut s'effectuer avec de l'eau provenant du réseau d'eau potable, d'eau captée via un récupérateur d'eau de pluie, ou encore d'eau prélevée dans une mare de votre terrain. C'est un choix économique puisque vous ne versez que le volume d'eau nécessaire. En revanche, il peut être contraignant de faire de nombreux allers retours entre le potager et le robinet, surtout avec le poids d'un ou deux arrosoirs pleins, ou encore de dérouler puis ranger le tuyau d'arrosage quotidiennement.
Si vous optez pour un système d'arrosage automatique du potager, sachez qu'il en existe plusieurs très différents. Il n'y a en effet pas que le kit d'irrigation constitué de tuyaux et de goutteurs qui répond à la définition d'arrosage automatique. Par ailleurs, un arrosage automatique n'est pas forcément synonyme de gros investissement, d'installation compliquée ou de raccordement électrique. L'avantage principal de choisir un système automatisé pour l'arrosage du jardin ou du potager est que vous n'avez plus besoin d'intervenir aussi fréquemment, voire plus besoin d'intervenir du tout.
L'arrosage automatique par aspersion : entre simplicité et consommation
L'arrosage automatique du potager par aspersion est une technique utilisée dans certains potagers pour un gain de temps. Cette technique consiste à relier un arroseur (oscillant ou asperseur) au réseau d'eau et à arroser en surface. Cet arrosage est idéal si vous ne souhaitez pas y consacrer de temps mais consomme une grande quantité d'eau. On peut certes réduire ce gaspillage en créant un réseau d'arrivée d'eau plus complexe amenant l'eau à de petits asperseurs localisés. Ils consommeront moins d'eau et n'arroseront qu'une petite surface du potager.
Un système d'arrosage de potager par aspersion reproduit l'arrosage réalisé naturellement par la pluie. Ce type d'arrosage fournit donc l'eau par le haut, ou du moins pas directement sur le sol. Il est à éviter pour les cultures qui n'aiment pas l'humidité sur les feuilles, comme les tomates par exemple, qui sont sensibles aux maladies cryptogamiques comme le mildiou. L'arrosage par arrosoir avec une pomme constitue un arrosage par aspersion. On peut, comme pour le goutte-à-goutte, mettre en place un système de tuyaux et d'arroseurs, dans lequel chaque goutteur sera remplacé par un asperseur. Il existe là aussi des kits d'arrosage de jardin tout compris, simplement les éléments de sortie sont différents.
L'arrosage automatique par asperseur ou micro-asperseur permet de produire une pluie très fine afin d'obtenir une surface d'arrosage plus large que le goutte-à-goutte. L'arroseur oscillant est rapide à installer et facilement déplaçable, idéal pour les surfaces rectangulaires. L'arroseur canon est une méthode peu économe en eau mais elle permet de couvrir une grande surface rapidement.

Le goutte-à-goutte : l'économie d'eau et la précision au service des racines
L'utilisation de tuyaux goutte à goutte ou micro-poreux permet de réduire la consommation d'eau. L'arrosage automatique du potager avec ce système est concentré aux pieds des légumes et peut être intégré sous un paillage protecteur. Pour mettre ce système en place, il faut par contre pas mal de travail et une fois que les tuyaux sont en place, il est plus difficile d'intervenir sur le sol ou de créer une rotation de cultures sauf à tout revoir chaque année. Il faut aussi prévoir de la pression au niveau du réseau pour un arrosage homogène des différentes zones.
La particularité d'un système goutte-à-goutte est que l'eau va être délivrée à un débit si lent qu'elle s'écoule goutte par goutte. Les plants ne risquent ainsi pas d'être submergés, ils assimilent l'eau progressivement, contrairement à une irrigation rapide et importante, qui peut très bien être inefficace si l'eau ruisselle, s'évapore et n'a pas le temps de s'infiltrer dans le sol. Cette technique peut donc vous faire économiser plusieurs litres d'eau par jour. Il n'y a pas non plus de risque lié au débit de l'eau, à une pression trop élevée. Un système d'irrigation goutte-à-goutte peut se présenter sous la forme d'un circuit de tuyaux parsemés d'arroseurs à chaque plant qui délivrent l'eau au goutte-à-goutte (on parle alors de goutteurs), mais aussi simplement avec un ou plusieurs tuyaux poreux à travers lesquels l'eau s'écoule, tout le long. Dans les deux cas, les tuyaux peuvent être simplement posés au sol ou enterrés à quelques centimètres.

Il existe pour le potager ou le jardin des kits d'arrosage tout prêts comprenant tout le nécessaire, mais les éléments peuvent aussi être achetés au détail pour créer votre kit goutte-à-goutte personnalisé. L'ensemble est relié soit à un robinet, soit à un ou plusieurs récupérateurs d'eau de pluie pour un usage plus économique et écologique, et programmable afin que vous n'ayez même pas besoin de l'allumer et de l'éteindre. L'arrosage goutte à goutte enterré est à la fois plus économique, plus écologique et plus performante que son homologue en surface : elle serait 90 % plus efficiente, tout en utilisant 70 % moins d'eau. Non affectée par le vent, cette micro-irrigation permet de maintenir constamment un taux d'humidité satisfaisant au pied des plantes, le tout sans surconsommation inutile. Or, l'efficacité du système repose presque entièrement sur le contrôle du débit. Pour déterminer la pression adéquate, il faut savoir que le goutteur le plus éloigné de la source d'eau doit recevoir un minimum de 1 bar. Par contre, si l'eau provient d'une cuve de récupération d'eau de pluie, vous pouvez soit installer un système d'arrosage goutte à goutte sans pression, c'est-à-dire que vous utilisez uniquement la gravité, mais le débit est assez faible. Vous pouvez également utiliser une jarre ou un arrosoir. Pour augmenter la pression d'eau, quelques ajustements et accessoires sont nécessaires comme l'utilisation d'une pompe de surface ou la réalisation d'une pente pour créer la pression nécessaire.
Le réglage de l'arrosage goutte à goutte dépend directement des besoins en eau des plantes. Pour connaître le volume d'eau nécessaire en goutte à goutte pour chaque zone de jardinage, il faut retenir qu'un pouce d'eau ou 2,5 cm d'eau (en hauteur), multiplié par une surface de 30 cm par 30 cm, est nécessaire pour chaque plante chaque semaine. Par exemple, un plant de poivron réclame 30 x 30 x 2,5 = 2 250 cm³, soit 2,25 litres par semaine. Mais il est rare de faire ce calcul par plante, il est d'usage de l'opérer sur toute la surface cultivée, que ce soit une parcelle, un jardin ou un bac. En fonction de la zone d'arrosage goutte à goutte à couvrir, il s'agit ensuite de définir le nombre de goutteurs. À noter qu'un asperseur couvre une envergure jusqu'à 40 cm de large envoyant de l'eau comme un parapluie, quand un goutteur classique ne la propulse pas et se contente de la déposer au pied. À ce stade, il faut identifier le débit/heure de chaque goutteur et les additionner. Ensuite, il ne reste plus qu'à opérer une règle de trois pour déterminer le temps d'arrosage adéquat pour abreuver nos végétaux des 10 litres hebdomadaires dont ils ont besoin.
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Que ce soit un arrosage goutte à goutte en surface ou enterré, il s'agit de déterminer précisément le circuit du tuyau pour évaluer le matériel nécessaire à l'installation. Pour cela, tracez le cheminement du réseau envisagé, marquez la place des différents goutteurs/asperseurs et mesurez les différentes longueurs. Une fois le circuit matérialisé devant vous, il ne reste plus qu'à installer les goutteurs. Veillez à les positionner au bon endroit en fonction de leur débit, car les différents modèles peuvent aller de 2 à 20 litres par heure. Pour cela, vous n'avez qu'à visser l'embout qui permet de libérer l'eau lentement et régulièrement. À défaut, vous pouvez aussi choisir de percer le bouchon avec une petite aiguille chauffée. Ensuite, plantez la bouteille la tête à l'envers dans la terre en l'enterrant jusqu'au goulot, puis, réalisez quelques trous dans le fond pour permettre à l'eau de s'écouler.
L'avantage du système d'irrigation goutte-à-goutte est économique. Il divise la consommation d'eau par deux. De plus, vous pourrez vous absenter sans nuire au bon arrosage de votre potager. L'inconvénient principal est donc la mise en place au printemps et l'hivernage en hiver. Ce système a besoin d'attention plusieurs fois dans l'année et nécessite une certaine rigueur pour ne pas s'abîmer.
Regaber a participé au projet « Melendez X Origène », une initiative de Patatas Melendez conçue pour favoriser l’excellence, l’innovation et la durabilité dans le secteur agricole. Dans le cadre de ce projet, une parcelle de démonstration a été créée à Villamarciel (Valladolid). L'un des points forts du projet a été la mise en œuvre d'un système d'irrigation goutte à goutte pour pommes de terre, conçu et installé par Regaber. L'irrigation goutte à goutte n'est pas courante dans la région, puisque la grande majorité des exploitations agricoles irriguent par aspersion. Par rapport à d'autres parcelles où des variétés similaires ont été cultivées en termes de longueur de cycle, avec l'irrigation goutte à goutte des pommes de terre, une économie d'eau de 23 % a été obtenue par rapport à l'irrigation par aspersion traditionnelle. Il a été installé enterré sur la crête, à une profondeur de 5 cm. Tout au long du cycle de culture, un suivi exhaustif de l'irrigation a été réalisé à l'aide de sondes d'humidité du sol, qui a permis d'ajuster l'alimentation en eau aux besoins réels des plantes à chaque étape de leur développement. Grâce à ce suivi précis, il a été possible d'optimiser la gestion de l'irrigation, permettant une irrigation plus efficace sans pertes dues à une percolation profonde, et réduisant le risque de stress hydrique dans les plantes. La capacité de prendre des décisions basées sur des données précises en temps réel a permis d’améliorer la durabilité et l’efficacité de l’utilisation de l’eau. Avant la récolte, il était nécessaire de retirer le système de tuyauterie d'irrigation goutte à goutte pour s'assurer qu'il ne gênerait pas les efforts de récolte des pommes de terre.
Les oyas : l'irrigation par capillarité, une méthode ancestrale
On parle de plus en plus des oyas au jardin pour arroser par capillarité grâce à la terre cuite. Je pense malgré tout que c'est à réserver aux zones arides car c'est un gros travail de mise en place et un sacré budget pour un grand jardin (même en fabriquant ses oyas soi-même). Un oya est un pot en argile poreuse que l'on utilise pour l'irrigation. Enterré dans le sol, il est rempli d'eau pour ensuite irriguer les racines à proximité. La matière en terre cuite permet à l'eau de s'écouler dans le temps et de conserver l'humidité plus longtemps. Les racines de vos plantes vont alors se concentrer autour du pot. L'astuce principale d'un oya étant que tant que le sol est humide, l'eau va rester dans le pot.

Si cette méthode a été démocratisée ces dernières années en France, elle existe en réalité depuis des milliers d'années. Lorsque l'oya est rempli, sa paroi se gorge d'eau et l'extérieur devient moite. Les racines sont attirées par cette moiteur et en aspirent l'eau, en fonction de leurs besoins. Comme une éponge, l'oya contient l'eau longtemps et la relâche progressivement. L'irrigation par oya permet d'apporter la juste quantité d'eau aux plantations. L'oya est principalement destiné aux légumes aux racines profondes comme les tomates par exemple. Mais il s'adapte aussi très bien à certaines plantes et fleurs. Avec un oya, vos plantes auront constamment la bonne dose d'eau en fonction du climat. De plus, un bon arrosage à l'oya permet d'éviter l'éclatement des fruits lors des orages.
Cependant, les oyas nécessitent une surveillance régulière. Il ne faut jamais que l'oya se retrouve vide ou pire, asséchée. En deçà de 5 centimètres d'eau, il faut remplir l'oya. L'été cela représente un remplissage tous les 2 à 3 jours. Il faut également veiller au bon état de ces jarres, en les nettoyants avec précautions 2 à 3 fois par an pour éviter qu'elles ne se cassent. Elles sont équipées d'un couvercle sur le dessus, très important. Il permet de garder l'eau propre, de ne pas y attirer la prolifération des moustiques, d'éviter l'évaporation de l'eau et de la garder fraîche. Pour être efficace, disposez votre oya à proximité de la plante à arroser, au maximum à 30 cm de distance, voire moins si l'oya est petit. Cela dépend également du type de plante arrosé et de la vigueur des racines. Un pied de tomates sera placé en périphérie de la zone arrosée par l'oya tandis que les plantes plus fragiles comme la menthe ou les salades, peuvent être apposées au col de l'oya pour optimiser l'arrosage du potager. Pour enterrer l'oya à la bonne profondeur, fiez-vous à son col.
Optimiser l'arrosage au potager : au-delà des systèmes automatiques
Plutôt que d'installer un système d'arrosage automatique au potager, est-ce qu'il ne faut pas mieux essayer de s'en passer ? Est-ce qu'il ne faut pas mieux privilégier des variétés résistantes à la sécheresse ? Il est aussi possible de favoriser les semis spontanés de certains légumes. Pour ça, on laisse certains pieds monter en graines sans les récolter. Les graines ainsi tombées germeront au moment qui leur convient le mieux l'année suivante (et pas quand le jardinier le décide) et seront plus résistantes aux limaces et à la sécheresse. On peut adapter cette technique aux laitues, mâches, épinards, blettes, betteraves, navets, chicorées et bien d'autres légumes.
La pluie : le meilleur arrosage automatique du potager
Il paraît évident et c'est aussi un peu humoristique mais n'oublions pas que la pluie est le meilleur arrosage automatique du potager ! En complément des précipitations qui arrosent le potager, il semble très important de réfléchir à la façon dont on capte au mieux l'eau qui tombe du ciel. L'objectif numéro 1 au jardin est de stocker de l'eau quand elle tombe pour les périodes de sécheresse. Le 2ème objectif est moins évident pour les jardiniers mais tout aussi important : il faut maximiser l'infiltration de l'eau dans le sol car c'est le meilleur stockage, avec une capacité bien plus grande que des cuves ou une mare. Pour maximiser l'infiltration, il faut concevoir un parcours de l'eau sur notre terrain. La conception d'un design en permaculture nous permet de nous poser ces questions et d'éviter de rejeter le trop-plein d'une cuve directement dans le réseau d'eau pluviale.

Le récupérateur d'eau est un excellent allié pour vous aider à maintenir un potager en bonne santé, même en période sèche. En effet, il devient de plus en plus clair qu'utiliser de l'eau potable pour arroser n'est pas un principe écologique. De plus, en période de sécheresse, vous pouvez être confronté à des restrictions d'eau officielles. De ce fait, récupérer l'eau pluviale est une solution écologique et économique, compatible avec quasiment tous les systèmes d'irrigation automatique. Il existe différents modèles de cuves, de contenances variables. L'eau de pluie est la meilleure eau pour vos plantes car elle est légèrement acide et dépourvue de calcaire ou de chlore. Placez votre récupérateur d'eau proche des gouttières de votre maison, de préférence au nord ou à l'est. Si vous n'avez pas de gouttière, ou si vous possédez une terrasse, optez pour un modèle avec un couvercle amovible, que vous enlèverez par temps de pluie. Lorsque la pluie tombe, elle s'écoulera ainsi jusque dans la cuve. Une fois remplie, vous pourrez récupérer l'eau grâce au robinet situé au bas du réceptacle. La taille de la cuve dépend surtout de la surface de votre jardin. On estime en général que pour un jardin d'une surface inférieure à 50 m², un récupérateur d'eau inférieur à 500 litres est amplement suffisant. Si votre jardin est plus grand, vous trouverez des cuves allant jusqu'à des dizaines de milliers de litres.
Le paillage : un allié précieux contre la sécheresse
Le paillage permet, lui aussi, de réaliser des économies d'eau. Il reproduit les conditions naturelles du sol, qui n'est jamais réellement à nu. En plus d'être naturel, il a plusieurs avantages. Si vous pouvez acheter des paillages artificiels sur le marché, le paillage naturel, organique et biodégradable est bien mieux. Il peut être fait de paille ou de branchages par exemple. Le compost que vous réalisez vous-même constitue un excellent terreau pour votre paillage, car le sol est enrichi par la décomposition des déchets organiques. Il permet également la création d'un écosystème d'insectes et de micro-organismes, bénéfiques à la pousse des végétaux. Le plus important à prendre en compte en installant votre paillage est de veiller à garder un bon équilibre en azote et carbone dans la terre. Si le paillage convient à la majorité des plantes de potager, renseignez-vous tout de même sur les besoins de vos plantations avant de vous lancer.
Nos retours de terrain sont clairs : un protocole identique ne fonctionne pas de la Bretagne au Gard. Sur sols filtrants et lieux ventés, fractionnez (2-3 apports) pour coller aux pertes par évaporation. En période de canicule, montez la fréquence, pas le volume unitaire. Deux apports de 12-15 L/m² espacés de 48 h tiennent mieux la ligne qu’un seul de 30 L/m². Le calendrier de plantation influence aussi les besoins. Les primeurs démarrent tôt, en sol encore frais, puis encaissent parfois un coup chaud au moment de la nouaison. Anticipez ces paliers. Le paillage fait le reste : 5-7 cm sur la butte, installé juste après le buttage et maintenu tout l’été, c’est une économie d’eau, moins de fluctuations et moins de battance.

Création de microclimats et permaculture
On peut aussi créer des microclimats en aménageant son potager en hauteur comme un potager vertical. Avant tout, commençons petit comme nous l'enseigne la permaculture pour mieux maîtriser l'espace cultivé. Pour ajouter du confort au système goutte à goutte dans votre jardin, vous pouvez choisir de programmer les phases d'arrosage et les temps d'arrêt. L'installation se fait très simplement : le programmateur à pile est connecté directement au robinet de jardin. Si vous voulez optimiser un petit espace dans votre jardin, pensez au potager circulaire, en forme de rond. Il peut aussi être mis en place sur un grand espace si vous trouvez cette composition esthétique. N'hésitez pas à utiliser des plantes de bonne compagnie en bordure d'allées pour protéger vos légumes de certains insectes indésirables. Pour l'arrosage du potager circulaire, vous pourrez utiliser les mêmes techniques que celles vues précédemment, ou vous tourner vers un arrosage par aspersion circulaire. Placé au centre de votre potager, il parviendra à irriguer l'ensemble de votre surface en une seule fois.
Signes de manque ou d'excès d'eau
Observer ses plantes est essentiel pour ajuster l'arrosage.Manque d'eau : feuilles qui s'affaissent aux heures chaudes, sol sec à 10-15 cm, reprise lente après arrosage. À la récolte, on retrouve des tubercules petits, parfois crevassés ou déformés. Sécheresse au démarrage de la nouaison peut causer la gale commune.Excès d'eau : feuillage terne, jaunissements irréguliers, odeurs de fermentation dans la butte, tiges molles. Et surtout, un feuillage humide prolongé qui ouvre la porte au mildiou. Trop d'eau en grossissement peut entraîner des fentes et une chair spongieuse.
Test terrain rapide : enfoncez un couteau dans la butte jusqu'à 15 cm. S'il ressort propre et sec, arrosez. Les novices de la culture en terre ou en pot peuvent se montrer trop enthousiastes et arroser tous les jours, grave erreur ! Le juste milieu est à trouver, il vous faut garder une terre humide. Pour savoir quand arroser, sur une petite surface, fiez-vous à votre index ! Et oui, en touchant la terre régulièrement (2 à 3 fois par semaine), vous saurez quand vos plantes ont besoin de vous. Si la terre est humide, vous n'avez rien à faire.

Calendrier d'arrosage général et conseils pratiques
Les besoins en eau de votre potager varient selon plusieurs critères. Selon ce que vous faites pousser, la région dans laquelle vous vous trouvez, la météo et la période de l'année, l'arrosage ne sera pas le même. Premièrement, il vous faut prendre en compte les racines de vos plantations. Si elles sont fines et superficielles comme celles des salades ou des pois, privilégiez un arrosage fréquent mais léger. En effet, la surface du sol est plus rapidement sèche mais ce type de racines est, justement, plutôt en surface. Il faut donc éviter qu'elles ne s'assèchent. À l'inverse, les choux, les tomates, les courgettes et d'autres légumes ont des racines dites profondes, nécessitant des arrosages généreux et moins fréquents.
Bien sûr, si votre potager est en extérieur, prenez en compte la pluie. Si le jardin est arrosé naturellement par la pluie, qui reste la meilleure eau pour l'arrosage, espacez votre irrigation. Idem, si vous êtes dans une région très chaude et ensoleillée, la terre aura tendance à sécher plus vite. Il vous faudra donc arroser plus fréquemment. Enfin, le dernier critère, peut-être le moins intuitif, est de vous adapter au stade de développement de votre légume. Si vous venez de mettre les graines en terre ou si la plante commence à produire des fruits ou légumes, l'arrosage ne sera pas forcément le même.
Pour les pommes de terre, comptez 2 litres d'eau dans le nord et 3 litres dans la moitié sud avant leur tubérisation. D'autres exemples incluent :
- Tomate, poivron, aubergine, courgette : Comptez 2 litres d'eau dans le nord de la France et 4 litres dans la moitié sud jusqu'à la floraison.
- Laitue : Comptez 2 litres d'eau dans le nord de la France et 4 litres dans la moitié sud jusqu'à la rosette.
- Carotte : Comptez 2 litres d'eau dans le nord de la France et 4 litres dans la moitié sud durant les premiers mois, via un arrosage faible mais fréquent.
- Chou-fleur : Comptez 2 à 4 litres d'eau dans le nord de la France et 3 à 6 litres dans la moitié sud, durant la période de croissance.
- Ail et oignon : Durant la période de végétation, vous n'avez pas forcément besoin d'apporter d'eau dans le nord de la France mais jusqu'à 3 litres seront nécessaires dans la moitié sud.
En automne et au printemps, arrosez plutôt le matin, afin que le sol ait le temps de sécher dans la journée. Ainsi, vous évitez l'eau stagnante pendant la nuit. Au contraire, en été, arrosez le soir. L'eau la plus adaptée aux plantes de manière générale est l'eau de pluie. Si vous avez un puits, vous pouvez utiliser cette eau pour l'arrosage de vos légumes. En revanche, il est préférable de la laisser se réchauffer dans des arrosoirs ou des tonneaux avant de l'épandre sur votre potager. Il est important de ne pas arroser les tiges et le feuillage, et de vous concentrer sur le pied. Pour cela, retirez la pomme de l'arrosoir et visez le pied de la plante. L'idéal étant d'installer un système de goutte à goutte, qui satisfera les besoins en eau, avec la plus grande précision !
Le début des opérations d'irrigation s'appuie sur le suivi du dessèchement du sol. Cette méthode fait le bilan d'eau entre les entrées et les sorties d'eau du sol. Lundi : lisez le pluviomètre et la météo à 5 jours. Fixez une cible hebdomadaire (ex. 30 L/m²). Mardi/mercredi : premier apport (ex. 15-18 L/m²), au matin, en arrosage au pied. Vendredi : second apport (ex. 15-18 L/m²). Chaque semaine : regarnir le paillage (5-7 cm), redresser les buttes, surveiller foyers de mildiou après épisodes humides. Une alimentation hydrique régulière donne des tubercules homogènes, une peau saine et des rendements prévisibles. Nous visons la constance, pas la surenchère. Sur les circuits de primeurs, l'exigence est encore plus marquée : régularité de l'apport, récolte au bon « grain », manipulation douce.
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