Un arrosage bien adapté est essentiel pour permettre à vos plantes de se développer de manière optimale, garantissant la beauté et la santé de vos jardins, qu'ils soient publics ou privés. Face aux étés de plus en plus secs et chauds, il est impératif de repenser nos méthodes d'irrigation pour une gestion de l'eau plus efficace et respectueuse de l'environnement. Cet article explore les diverses solutions d'arrosage dirigé, des systèmes traditionnels aux innovations écologiques, pour vous aider à trouver la meilleure approche pour votre jardin.

1. Comprendre les Besoins de Votre Jardin : La Clé d'un Arrosage Efficace
La planification est primordiale pour un arrosage optimisé. Avant d'investir dans un système, il est crucial d'analyser les spécificités de votre jardin, les conditions extérieures et vos propres besoins. Chaque jardin, balcon ou terrasse a ses particularités qui influenceront le choix de la solution d'arrosage la plus appropriée.
1.1. Connaître la Nature de Votre Sol
La nature du sol est un facteur déterminant pour l'arrosage. Les sols lourds et argileux absorbent l’eau lentement, mais la stockent très bien, ce qui signifie qu'ils doivent être arrosés moins souvent. Cependant, les sols quasiment imperméables peuvent créer des zones d’eau stagnante, potentiellement néfastes pour les racines. À l’inverse, dans les sols légers et sableux, l’eau s’écoule à la surface ou pénètre tellement vite dans les couches de terre plus profondes que les plantes à racines ont à peine le temps de capter l’humidité du sol. Pour les sols sableux, un arrosage plus fréquent et l'ajout d'humus comme additif de stockage de l'eau sont recommandés.
Pour identifier la nature de votre sol, prenez une motte de terre humide (ou mélangez-la avec de l’eau) et essayez de faire une boule :
- Si la terre s'émiette, elle est sableuse : l’eau s’écoule rapidement dans le sol.
- Si vous arrivez à former une boule mais que la terre vous semble poudreuse, il s'agit d'un sol limoneux. Il possède donc une bonne capacité de rétention de l'eau.
- Si vous pouvez former une boule à la fois ferme et malléable, votre terre est argileuse : l’eau s’écoule lentement et reste longtemps dans les couches supérieures.
1.2. Adapter l'Arrosage au Type de Plantation et à l'Environnement
Le principe de base est le suivant : plus les plantes sont proches de leurs conditions de vie naturelles, mieux elles résistent au stress généré par le soleil, le froid, la sécheresse et le vent, et moins elles ont besoin d’être arrosées artificiellement. Un jardin au sol sableux demande beaucoup d’effort aux plantes qui aiment l’humidité et les sols lourds et acides, par exemple le rhododendron, la clématite, la fougère ou l’hortensia. En choisissant une rocaille ou des plantes qui résistent à des périodes ponctuelles de sécheresse, comme les roses, la lavande, ou des fleurs sauvages anciennes comme le souci, le phlox ou l'amarante, votre jardin sera plus facile d’entretien et les résultats plus gratifiants.
Les besoins en eau varient également en fonction de la plante :
- Pelouse : de 0 à 5 l/m² et par jour. Pour les sols argileux, une fois par semaine ; pour les sols sableux, tous les quatre jours.
- Plantes fleuries : de 2 à 10 l par semaine.
- Arbustes d’ornement : jusqu’à 20 l par semaine.
- Haies : 10 l par semaine pour chaque plante.
- Potager : 10 l/m² et par jour.
- Jeunes arbres : 50 l par jour la première année, 25 l par jour la seconde.
- Arbres bien implantés : pas d’arrosage.
Ces chiffres sont donnés à titre indicatif et peuvent varier selon les variétés et les régions. Les plantes à feuilles fines et souples ont la plupart du temps un besoin élevé en eau, tandis que celles en phase de croissance, formant des bourgeons ou des fruits, ont besoin de beaucoup d'eau. Il faut également différencier les plantes qui poussent en bacs de celles poussant dans les parterres. Dans les bacs, les racines de la plante peuvent moins s’étendre et ont donc un besoin en eau plus élevé. Une couche de paillage, par exemple du gravier, permet d'éviter une évaporation trop rapide de l'eau du sol.
1.3. Quand Arroser Son Jardin ?
Vous devez arroser dès le début de la période de croissance au printemps jusqu’à la dernière récolte et la dernière tonte du gazon. Les apports d’eau sont indispensables quand les plantes semblent perdre en vigueur ou que leurs feuilles commencent à retomber. Pour éviter les trop gros écarts de température pour les plantes ainsi qu’une évaporation inutile de l’eau d’arrosage, il est conseillé d’arroser tôt le matin, quand il fait encore frais. L’arrosage nocturne est également une excellente alternative pour minimiser l’évaporation, surtout en période de chaleur.

1.4. Optimisation de l'Arrosage : Techniques et Astuces
- Arrosage ponctuel et abondant : Évitez les arrosages fréquents avec de petites quantités d’eau. Il est préférable d’arroser plus ponctuellement avec de grandes quantités d’eau pour inciter les racines à s'infiltrer plus profondément dans le sol, rendant les plantes plus résistantes aux périodes de sécheresse prolongées.
- Arrosage ciblé : Arrosez les plantes à fleurs et les légumes directement à la base. Pour les fleurs à feuillage dense, comme les roses, de la fumagine étoilée ou de la rouille peut se former si les feuilles ne sèchent pas suffisamment vite.
- Précautions pour les semis et jeunes plants : Arrosez très prudemment les semis et jeunes plants. Le terreau ne doit pas se dessécher, au risque de voir les plantes mourir.
- Monticules et bordures d'arrosage : Créez des monticules et des bordures d’arrosage avec un terreau légèrement meuble autour de la plante au sein duquel l'eau peut s'accumuler et s'infiltrer. Cette technique est particulièrement utile pour les nouvelles plantations en pente ou dans les potagers et pour les sols argileux secs.
- Éviter les ombres d'arrosage : Si une petite plante se trouve à côté d’une plante nettement plus grande, elle risque de ne pas recevoir assez d'eau. La plante haute agit comme un parapluie et absorbe l'eau avant qu'elle n'atteigne la petite plante. Arrosez les fleurs et les arbustes directement à leur base afin d'éviter les ombres d'arrosage.
- Paillage : Recouvrez le sol d’une couche de paillis de 5 à 10 cm d’épaisseur (coques de cacao, paille, tontes de gazons, écorce de pin, paillette de lin, etc.) pour garder le sol humide et limiter le phénomène d’évaporation dû au vent et au soleil. Pour le potager, vous pouvez également utiliser des films ou toiles de paillage. Le paillage est une technique reine qui protège le sol, le maintient tendre et regorge de vers de terre.
- Binage : Binez régulièrement le sol afin de supprimer les mauvaises herbes, souvent gourmandes en eau, et casser la croûte de terre qui empêche l’eau de s’infiltrer dans le sol. Un binage vaut mieux que 2 arrosages !
Épisode 3 : l'arrosage et la gestion de l'eau au potager
2. Les Différentes Sources d'Eau pour l'Arrosage du Jardin
Le choix de la source d'eau est crucial, tant pour l'économie que pour l'écologie.
2.1. L'Eau du Robinet : Confort et Contraintes
L’arrosage avec l’eau potable du robinet est confortable, mais cher et souvent restreint, voire complètement interdit pendant les périodes de sécheresse. Le mètre cube d’eau froide dépasse en moyenne les 4 € en France, redevance d’assainissement comprise. De plus, l’eau du robinet est une denrée rare en période de sécheresse et, en raison de sa bonne qualité, devrait être utilisée à d’autres fins que l’arrosage. Enfin, la température de l’eau courante est également un inconvénient, car elle est plus froide que l’air ambiant et provoque un choc thermique pour de nombreuses plantes. De nombreuses plantes supportent mieux l'eau de pluie que l'eau du robinet, car cette dernière ne contient ni calcaire ni chlore. Des plantes telles que le rhododendron sont sensibles à l'eau du robinet en raison de sa teneur en calcaire, ce qui peut entraîner un jaunissement des feuilles et une carence en fer.
2.2. La Récupération des Eaux de Pluie : Une Solution Écologique et Économique
L’être humain utilise depuis toujours l’eau de pluie, gratuite et douce. Généralement récupérée en dessous du tuyau de descente de la gouttière du toit, la quantité récoltée pendant les saisons pluvieuses est généralement suffisante pour un petit jardin ou une terrasse. Un système de récupération des eaux de pluie n'est pas concerné par les restrictions d'eau en période de sécheresse, permettant une autonomie précieuse. Un système de récupération des eaux de pluie permet de récupérer entre 80 et 90 % de l'eau qui tombe sur le toit, qu'il s'agisse d'un toit en pente ou d'un toit plat. Les gouttières permettent d'acheminer l'eau de pluie jusqu'au collecteur, équipé d'un filtre pour éviter que les brindilles, feuilles, insectes et autres ne soient transférés dans la cuve.
- Cuves hors sol : Pensez à installer un couvercle sur la cuve pour protéger l’eau des feuilles mortes et de l’évaporation. Il existe aussi des petites pompes pour les cuves qui permettent d’alimenter automatiquement le tuyau d’arrosage en eau.
- Citernes enterrées : Les citernes, souvent enterrées, ont une plus grande capacité que les cuves hors sol. Vous devez faire particulièrement attention à ce qu’aucune saleté n’entre dans la citerne. Une citerne bien remplie peut suffire à surmonter une période de sécheresse. Une cuve enterrée convient davantage pour un jardin de grande taille, le risque de contaminations bactériologiques étant plus important hors sol où l'eau a tendance à chauffer.
Pour assurer un apport suffisant en eau, les récupérateurs devraient contenir environ 700 l d’eau pour 100 m² de surface de jardin. L'eau de pluie est une eau non potable. Pour des raisons de sécurité évidentes, son usage pour l'arrosage du jardin est soumis à des réglementations. Une signalétique appropriée doit notamment être placée à proximité des robinets de soutirage de l'eau.
2.3. Le Forage d'un Puits : L'Autonomie en Eau
Le forage d’un puits est une solution très pratique pour arroser un jardin ou un potager en toute autonomie. L’eau est gratuite et ne dépend pas de la météo. En outre, le forage peut être utilisé à d’autres fins, par exemple pour laver la voiture ou arroser la pelouse. Le forage d’un puits est un processus relativement simple et peut être réalisé en quelques heures en fonction du terrain. Le principal élément à prendre en compte est l’emplacement du trou de forage. Il est important de forer le trou dans une zone où la nappe phréatique est élevée. Sinon, le forage ne sera pas très productif. L’utilisation de pompes à eau pour prélever dans les nappes phréatiques est également soumise à autorisation ou à déclaration en fonction des volumes prélevés. Pour connaître vos droits et devoirs, rapprochez-vous des autorités compétentes.
Il existe plusieurs types de puits :
- Puits foncé : Le plus économique (entre 300 et 600 euros), un tube est enfoncé dans le sol jusqu’à atteindre la nappe phréatique. L’eau peut ensuite être pompée vers le haut. Sur les sols sableux, l’ouverture peut facilement se détériorer, et le tube doit être changé à peu près tous les cinq ans.
- Puits creusé : Il est muré (et par conséquent plus cher). Comme le puits traditionnel, il se remplit continuellement d’eau souterraine qui peut ensuite être écopée. Moins la nappe phréatique est profonde, moins l’opération demandera d’effort. Ce type de puits n'est pas recommandé pour une profondeur supérieure à dix mètres.
- Puits foré : Le plus cher, il extrait l’eau à de plus grandes profondeurs et donc une eau de très bonne qualité. Recommandé pour les nappes phréatiques plus profondes ou si vous avez besoin de plus grandes quantités d’eau.
2.4. Les Pompes pour Systèmes d'Arrosage
Quelle que soit la source d'eau, une pompe est souvent nécessaire pour alimenter le système d'arrosage. Si vous optez pour des installations sophistiquées, les coûts d’achat et d’installation se rentabilisent la plupart du temps rapidement, car vous n’aurez ensuite qu’à payer l’électricité nécessaire au fonctionnement de la pompe. Si vous installez une pompe à énergie solaire, vous pourrez même éviter ces frais.
- Pompes de jardin : D'un diamètre de 19 mm, elles remontent l’eau des cuves, des citernes et des puits creusés. Certains modèles sophistiqués fonctionnent quasiment sans entretien et sont équipés d’une protection contre la surchauffe et d’un filtre. Les pompes haut de gamme proposent plusieurs niveaux de pression autorisant des performances fiables pour les grandes profondeurs ainsi qu’un fonctionnement continu pour l’alimentation du foyer en eau non potable.
- Pompes électriques spéciales pour cuves hors sol : Vous pouvez les accrocher à la cuve et les fixer en toute sécurité sur le mur. La pompe amène l’eau de pluie dans le tuyau goutte-à-goutte ou dans un autre système d’arrosage et évite de devoir porter un arrosoir. La pompe peut être activée à la main au niveau de la fixation ou via un interrupteur flotteur.
- Pompes immergées (ou pour puits profonds) : Elles remontent l’eau souterraine très profonde de manière fiable. Avec un raccord de 19 mm ou de 25 mm, un filtre et des entretoises contre l’encrassement de la zone d’aspiration, la pompe immergée doit être installée aussi profondément que possible dans le puits. Si vous les utilisez dans des citernes, un interrupteur flottant s’avère efficace pour enregistrer le niveau de l’eau et arrêter automatiquement la pompe lorsque le contenant est vide. Il vient en complément de l’interrupteur manuel. Les pompes immergées performantes sont également adaptées pour pomper les eaux usées (dans les citernes sales ou les bassins).
Toutes les pompes doivent être dotées de tuyaux d’aspiration robustes, flexibles et anti-torsions. Pour la pression, il est recommandé une pression d’au moins 3,5 bar, 5 bar étant plus confortable. Cette valeur dépend de la quantité d’eau dont vous avez besoin et donc du débit souhaité.
3. Les Systèmes d'Arrosage Automatique : Confort et Précision
Un système d’arrosage automatique est un excellent moyen de garder votre pelouse et votre jardin sains et hydratés, sans avoir à arroser manuellement chaque jour. Ce type de système est contrôlé par un programmateur, qui déclenche l’arrosage à jours et heures fixes. Il peut être en surface et/ou enterré.

3.1. L'Arrosage par Aspersion : Reproduire la Pluie
L’arrosage par aspersion est un système d’irrigation qui reproduit l'effet de la pluie en projetant de l'eau sous forme de fines gouttes dans l'air. Ce procédé est rendu possible grâce à des arroseurs ou asperseurs, posés directement sur le sol ou fixés sur des supports. Les têtes d’arrosage, installées au sol, sont équipées de buses qui dispersent l’eau en gouttelettes sur l'ensemble du terrain. Selon les besoins, l'eau peut être projetée sous forme de jet, de pluie légère, ou même de brume. L'arrosage par aspersion se distingue par sa praticité, en particulier pour l'irrigation de grandes surfaces telles que les pelouses ou les potagers.
Les systèmes d’arrosage par aspersion offrent une grande flexibilité grâce à la possibilité de régler la portée, la direction, et le débit de l'eau en fonction des besoins spécifiques de vos plantes, du type de sol, et des conditions météorologiques. Grâce à la disposition stratégique des asperseurs, l'eau est distribuée uniformément sur toutes les zones à irriguer. Ce système permet d'éviter les zones sèches ou, au contraire, trop arrosées, garantissant ainsi que chaque plante reçoive la quantité d'eau dont elle a besoin pour une croissance optimale. Que vous ayez un potager, un massif de fleurs, ou une pelouse, l’arrosage par aspersion peut être ajusté pour répondre aux besoins spécifiques de chaque type de terrain.
L’un des principaux avantages de l’arrosage par aspersion est l’économie d’eau qu’il permet de réaliser. En effet, les têtes d’arrosage sont conçues pour délivrer la quantité d'eau nécessaire en fonction des besoins des plantes et des conditions climatiques. L’installation de l’arrosage par aspersion est simple et modulable, ce qui permet de l'adapter facilement à différentes configurations de terrain.
3.1.1. Les Arroseurs Mobiles
Particulièrement adaptés pour l’arrosage des pelouses, des zones de semis et des massifs à fleurs, les arroseurs mobiles projettent l’eau sous forme de pluie plus ou moins fine (irrigation par aspersion). Leur mise en œuvre est très simple : il suffit de raccorder l’embout à un tuyau d’arrosage et à un programmateur. Ils sont cependant très gourmands en eau. Dans certains cas, il pourra être nécessaire d’installer un régulateur de pression à la sortie de l’arrivée d’eau.
Différents types d'arroseurs mobiles existent :
- Arroseurs statiques (ou fixes) : Permettent d’arroser de petites surfaces circulaires ou en arc de cercle (jusqu'à 70 m² avec une portée de 5 à 10 m). Ils nécessitent moins de 1 bar de pression et sont à piquer en terre ou à poser sur le sol.
- Arroseurs rotatifs (ou circulaires) : Équipés de deux ou trois bras qui tournent sous la pression de l’eau, ils arrosent de 50 à 300 m² (pression nécessaire : 1,5 bar). Certains modèles permettent de choisir les zones à arroser.
- Arroseurs oscillants : Composés d’une rampe oscillante portant une rangée de buses, ils dispersent l’eau en éventail et en hauteur sur de grandes surfaces carrées ou rectangulaires (de 70 à plus de 700 m² avec 2 bar de pression).
- Arroseurs canon (sprinklers ou cracheurs) : Produisent un jet saccadé pour arroser de très grandes surfaces circulaires (jusqu'à 700 m² avec 3/4 bar de pression). Des butées permettent de faire varier l’angle d’arrosage de 25 à 360°. Un brise-jet peut être installé pour une pluie plus fine. Il existe des modèles à turbine plus silencieux.
3.1.2. Les Tuyères et Turbines d'Arrosage Enterrées
Pour un système plus esthétique et discret, l'arrosage enterré est une solution très efficace adaptée aux jardins de grande taille. Il se compose d'un réseau de tuyaux souterrains qui alimentent en eau les tuyères et les turbines. Un système permet de les faire sortir du sol pendant le temps de l'arrosage.
- Tuyères d’arrosage : Arroseurs à jet fixe conçus pour irriguer de petites surfaces (cercles ou parties de cercle) avec une pluie fine et continue. Idéales pour les massifs de fleurs, les bordures, les petites pelouses ou les zones de formes irrégulières. Le corps de la tuyère est la partie enterrée de l’appareil dont une partie dépasse hors du sol afin que puisse y être vissée la buse d’arrosage.
- Turbines d’arrosage : Arroseurs escamotables conçus pour irriguer de moyennes et grandes surfaces avec une portée importante. Elles sont idéales pour les pelouses, les parcs, les terrains de sport et autres espaces verts de grande taille. Une turbine d’arrosage est un arroseur rotatif qui se rétracte dans le sol lorsque l’arrosage est terminé. Elle est alimentée par la pression de l’eau, ce qui permet au corps de la turbine d’émerger à la surface pour arroser.
L'installation d'un système d'arrosage enterré doit idéalement être réalisée lors de la création du jardin ou lors de travaux importants. Elle demande une mise en œuvre et des investissements importants, et il est recommandé de faire réaliser un devis ou une étude technique sur plan par un professionnel. Il faut compter au moins deux jours pour faire les tranchées et un jour pour les branchements. Le système doit être enterré à minimum 30 à 40 cm de profondeur avec son système d’alimentation résistant à la corrosion et à la pression. Il est impératif de prendre en compte l’installation pour tous les travaux à venir dans votre jardin.
3.2. La Micro-irrigation (Goutte-à-goutte) : Précision et Économie d'Eau
L’arrosage goutte à goutte, également connu sous le nom de micro-irrigation ou irrigation localisée, est une méthode d’irrigation qui consiste à apporter l’eau directement au pied des plantes, de manière lente et régulière, ciblant les racines plutôt que les feuilles. Par rapport aux méthodes d’arrosage traditionnelles, la micro-irrigation permet d’économiser jusqu’à 70% d’eau. Cela signifie que moins d’eau est gaspillée et qu’il y a moins de risques de développement de maladies fongiques. Le micro-arrosage est une technologie moderne d'irrigation par goutte à goutte inventée en 1959 en Israël par Simcha Blass.
3.2.1. Kits Prêts à Installer (pour petites surfaces)
Très faciles à installer, ces kits de vacances sont vendus avec tout le matériel nécessaire pour alimenter en eau un petit jardin, un potager ou une terrasse. L’idéal pour s‘initier à l’arrosage au goutte-à-goutte !
- Kits de goutte-à-goutte (à raccorder au robinet) : Idéals pour alimenter en eau un petit jardin, un potager ou une serre, ces kits contiennent en général une centrale d’irrigation, des tuyaux, des raccords, des goutteurs, des supports de tuyaux et parfois, des programmateurs. Ils permettent d’alimenter en eau environ 10 massifs ou arbustes, 10 plantes en pots ou 20 plantes de potager.
- Arrosoirs automatiques (à raccorder à une réserve d’eau) : Si vous n’avez pas la possibilité de raccorder votre système d’irrigation à un robinet, il existe désormais des systèmes de goutte-à-goutte dotés d’une pompe qui permet de capter l’eau dans un récipient (réserve d’eau, récupérateur d’eau de pluie, bidon, seau, poubelle ou même baignoire).
3.2.2. Systèmes à Monter Soi-même (pour moyennes/grandes surfaces)
Programmables et modulables au gré de ses besoins, ces systèmes forment des réseaux de tuyaux plus ou moins complexes sur lesquels on peut connecter une multitude d’embouts (goutteurs auto-régulants ou réglables, asperseurs, brumisateurs) ou tuyaux spéciaux (poreux ou à goutteurs intégrés) permettant d’arroser directement le pied des plantes. Ils sont bien sûr à relier à un programmateur qui s’occupera de déclencher et régler la durée d’arrosage en votre absence.
- Goutteurs : À installer au plus près des pieds des plantes, ils diffusent l’eau goutte par goutte. On trouve des goutteurs fixes (2, 3 ou 4 l/h), réglables (de 2 à 20 l) ou auto-régulants. Attention, les goutteurs ont tendance à favoriser le développement de racines superficielles, ce qui fragilise les plantes. Si vous utilisez ce système sur de longues périodes, enfoncez sous chacun d’eux un petit tuyau en plastique pour inciter les racines à descendre plus profondément dans le sol.
- Micro-asperseurs et brumisateurs : Particulièrement adaptés aux massifs fleuris et buissons, ils arrosent sous forme de petite pluie très fine le pied des plantes sur une surface assez large (entre 1 à 3 m), sans risque de mouiller le feuillage et d’abîmer les fleurs.
- Tuyaux poreux (ou suintant) : Ces tuyaux souples en caoutchouc laissent suinter l’eau par leurs pores sur toute leur longueur. Faciles à installer, ils se branchent directement sur l’arrivée d’eau. Ils se bouchent facilement et nécessitent un nettoyage régulier.
- Tuyaux à goutteurs intégrés (ou goutteurs en ligne) : Il s’agit de gros tuyaux en PVC d’environ 13 mm de diamètre dans lesquels sont déjà intégrés des goutteurs installés à intervalles réguliers (30, 40 ou 50 cm selon les modèles).
Recouvrez vos tuyaux sous une couche de paillage pour une meilleure esthétique et pour limiter l’évaporation de l’eau.
3.3. Les Tuyaux d'Arrosage : Manuels et Spécifiques
Un tuyau d'arrosage est un accessoire classique du jardinier. Il permet d’arroser de grandes surfaces et jusque dans les recoins. Il sera par contre gourmand en eau, ne ciblera pas les pieds des plantes et en arrosant les feuilles risque d’endommager les végétaux.
Il existe plusieurs types de tuyaux d’arrosage, dont le diamètre est couramment 19 mm ou 13 mm :
- Tuyaux flexibles : Particulièrement résistants.
- Tuyaux spiralés : Se rétractent automatiquement et sont actuellement très populaires, peu encombrants.
- Tuyaux plats de pulvérisation : Avec des petits trous qui permettent un arrosage fin des plantes.
- Tuyaux d’arrosage microporeux : Diffusent l’eau lentement et en goutte-à-goutte directement à la base des plantes et réduisent l’évaporation. Pour éviter le choc thermique de l’arrosage, on utilise souvent des tuyaux noirs ou foncés qui réchauffent l’eau. Notez que l’eau peut devenir vraiment très chaude lorsque le tuyau est en plein soleil.
Pour l’arrosage manuel, les lances d’arrosage pour un arrosage ciblé et les valves de pulvérisation à l’extrémité du tuyau assurent un arrosage doux.
4. Innovations et Solutions Alternatives pour l'Arrosage
Outre les systèmes classiques, des innovations et des solutions alternatives permettent d'optimiser l'arrosage et de réduire la consommation d'eau.
4.1. Les Ollas (Oyias) : L'Irrigation Ancestrale
Les Ollas, prononcés “oyas”, sont des diffuseurs d’eau en terre cuite enterrés dans le sol (seul le rebord supérieur est visible). Leurs parois poreuses permettent à l’eau de s’écouler lentement et d’irriguer les plantations. Un couvercle limite l’évaporation et évite à la terre de s’y accumuler. C’est une technique d’irrigation très simple qui remonte à des siècles, originaire d'Espagne. Elles sont fabriquées en céramique, car cette terre, une fois cuite, est poreuse. Une fois l'Oyas remplie d'eau, elle redistribue lentement par suintement l'humidité nécessaire aux plantes installées autour. L'apport en eau dépend des conditions climatiques, du type de légumes ou fleurs plantés et de leur besoin en eau.
Les ollas peuvent être installées aussi bien au pied de tomates ou salades que d’azalées, rhododendrons et camélias. Elles sont un investissement qui peut être rentabilisé rapidement, et il est même possible de les réaliser soi-même pour moins de 10 €.
4.2. Le Paillage : Une Protection Naturelle
Le paillage est une technique essentielle pour la gestion de l'eau. Il protège le sol des aléas climatiques et évite ainsi le phénomène de battance (tassement de la terre sous l'action de la pluie), prévenant la formation d'une croûte imperméable en surface qui empêcherait l'eau de pluies ou arrosages de s'infiltrer. Ses avantages sont sans aucun doute son coût quasiment nul si vous récoltez dans votre jardin ses composants. Les inconvénients peuvent inclure le risque de noyer ou brûler son jardin, la durée de culture raccourcie ou encore la création d'un nid douillet pour les limaces. La méthode est empruntée à la permaculture et se prévoit en amont, protégeant le sol qui reste tendre et regorge de vers de terre.
4.3. Les Cônes d'Arrosage Autonomes et Gels Hydro-rétenteurs
Pour l'arrosage des plantes en pot, notamment sur les balcons, des solutions autonomes existent :
- Cônes d'arrosage autonomes : Fonctionnent sans raccordement électrique. Un embout en céramique poreux permet d'alimenter les plantes en eau. Une bouteille à visser doit être installée sur l'embout. Ce système d'arrosage automatique est particulièrement adapté pour arroser l'ensemble des plantes présentes sur un balcon lorsque celles-ci sont alignées au niveau de la rambarde.
- Gels hydro-rétenteurs : Pour les utiliser, il suffit de planter le stick de gel dans la terre à proximité de la plante en pot. Quant aux grains d'eau, il faut les mélanger avec la terre.
5. Gestion de l'Arrosage en Copropriété et Aspects Réglementaires
L'arrosage des jardins en copropriété, qu'il s'agisse de parcs paysagers, de potagers ou de jardinières fleuries, est une source de consommation d'eau très importante. Il faut en moyenne 3 L par m² par jour pour le simple arrosage du gazon. Il est important de savoir que les jardins n'ont pas besoin d'être arrosés avec de l'eau potable.
5.1. Systèmes d'Arrosage en Copropriété
Un arrosage automatique de jardin peut être la solution idéale pour avoir un beau gazon ou pour alimenter le potager. Grâce à l'usage d'un programmateur, un arrosage automatique de jardin permet à la copropriété d'arroser le potager, les fleurs, les arbustes ou encore le potager pendant la nuit, à l'heure où le soleil chauffe moins la terre. Un système d'arrosage automatique en copropriété peut aussi bien être installé pour le jardin extérieur que sur un balcon pour arroser une jardinière. Un programmateur intégré, dans les deux cas, permet de faciliter l'arrosage des plantes. Ce type de système d'arrosage est très pratique lorsque les résidents s'absentent pour partir en vacances, mais il s'agit d'une installation relativement pratique tout au long de l'année.
Selon la configuration de la copropriété, un jardin privatif peut être associé à un lot de copropriété. Parfois, l'ensemble des copropriétaires ont la chance d'avoir leur propre jardin à usage privatif. L'appartenance des jardins est fixée dans le règlement de copropriété. Il est courant qu'il s'agisse d'une partie commune, l'ensemble des copropriétaires y ayant alors accès. L'entretien des parties communes de l'immeuble est à la charge de l'ensemble des copropriétaires, et les frais sont alors répartis en fonction des tantièmes de chacun. Selon la configuration de la copropriété, seuls les copropriétaires du rez-de-chaussée bénéficient parfois de l'usage des jardins. Dans ce cas-là, il s'agit d'une partie commune pour laquelle ces copropriétaires bénéficient d'un droit de jouissance privatif.
5.2. Réglementations et Restrictions d'Arrosage
Pour lutter contre la sécheresse et contre les abus d'arrosage, il est important de respecter certaines règles en copropriété. Si les restrictions ne sont réellement effectives qu'en période de sécheresse, les copropriétaires ne doivent pas pour autant gaspiller l'eau pendant le reste de l'année. Dans le cadre d'une sécheresse, l'arrosage des pelouses sera complètement interdit alors que l'arrosage des potagers et des massifs floraux sera surtout régulé en termes d'horaires. Ainsi, pour les potagers et les fleurs, les copropriétaires devront éviter d'arroser entre 8 heures et 20 heures. En effet, à ces horaires-là, l'évaporation de l'eau est très importante.
Sachez qu'un système de récupération des eaux de pluie n'est pas concerné par les restrictions d'eau. Pour faire respecter les restrictions en vigueur lorsque ces niveaux d'alerte sécheresse sont mis en place, deux organismes sont en droit d'adresser une amende à la copropriété ou à certains copropriétaires concernés en cas de non-respect des restrictions. Les abus d'arrosage sont sanctionnés au titre de l'article R. En copropriété, lorsque le jardin est une partie commune, cette amende est à partager entre les copropriétaires.
6. Composants Essentiels des Systèmes d'Arrosage Automatique
Pour garantir une installation optimale, les professionnels réalisent une étude gratuite du terrain, prenant en compte différents paramètres tels que la surface à arroser, le type de sol, les besoins spécifiques des plantes, la pression et le débit de l’eau.
6.1. Programmateur d'Arrosage
Le programmateur est le cerveau du système d'arrosage automatique.
- Programmateurs au robinet : Simples d’utilisation, ils se fixent directement sur le robinet et permettent de régler la durée d’arrosage.
- Programmateurs déportés : Conçus pour les réseaux enterrés, ils offrent plus de fonctionnalités, comme la programmation multivoies (gestion de plusieurs zones d’arrosage) et la possibilité de définir des plages horaires différentes pour chaque zone.
- Programmateurs connectés : En plus des fonctionnalités des programmateurs déportés, ils vous permettent de piloter votre arrosage à distance grâce à une application mobile.
Le programmateur du système d'arrosage automatique doit être programmé différemment selon les périodes de l'année afin de fournir une quantité d'eau adaptée aux besoins réels du jardin.
6.2. Électrovannes
Au cœur des systèmes d’arrosage, les électrovannes jouent un rôle essentiel. Une électrovanne est un robinet commandé électriquement. Dans un système d’arrosage, elle est reliée au programmateur qui envoie un signal électrique pour ouvrir ou fermer l’alimentation en eau.
- Électrovannes 9V : Idéales pour les petites installations résidentielles.
- Électrovannes 24V : Plus robustes, elles sont parfaites pour les grands jardins, les parcs publics et les terrains de sport.
6.3. Regards d'Arrosage
Les regards d’arrosage sont des éléments essentiels pour tout système d’arrosage enterré. Ils permettent de protéger les composants fragiles tels que les électrovannes, les programmateurs et les raccords, tout en offrant un accès facile pour la maintenance. Un regard d’arrosage est un boîtier, généralement en plastique résistant, qui est enterré dans le sol et qui abrite les éléments du système d’arrosage.
6.4. Bouches d'Arrosage
Les bouches d’arrosage sont la solution idéale pour simplifier l’arrosage de votre jardin. Une bouche d’arrosage est un robinet, généralement en laiton ou en plastique résistant, qui est relié à votre réseau d’eau et qui affleure la surface du sol. Elles sont faciles à installer et à utiliser, offrant une grande simplicité.
7. Entretien et Durabilité des Systèmes d'Arrosage
Quelle que soit la solution d’arrosage que vous choisissez, elle doit être entretenue régulièrement. Les raccords entre tuyaux d’arrosage sont particulièrement sujets à l’usure. Il vaut le coup d’acheter des produits de bonne qualité pour éviter autant que possible l’énervement engendré par les déconnexions de rallonges de tuyau ou les fuites au niveau des raccords. Les enrouleurs sur roues, fabriqués en métal (par exemple en acier inoxydable) ou en plastique stable, facilitent le déroulement et l'enroulement des tuyaux.
Avant d’installer un système de goutte-à-goutte, vérifiez la teneur en calcaire de votre eau, ce dernier pouvant encrasser et mettre définitivement hors d’usage vos goutteurs. Pour les systèmes enterrés, un système de purge est nécessaire pour vider les tuyaux avant l'hiver et éviter les dégâts liés au gel.