L'art de l'arrosage du potager en été : conseils pour une récolte abondante

L'arrosage est une opération cruciale pour la santé et la croissance des plantes de jardin. Sous nos latitudes, il est presque inévitable, surtout en été, période de croissance active pour les légumes, fines herbes et petits fruits. Ces derniers ont besoin de beaucoup d'eau pour conserver leur santé jusqu'à maturité. Cependant, l'été, la chaleur peut vite devenir suffocante, et il est important de maîtriser les techniques d'arrosage pour ne pas gaspiller cette précieuse ressource et assurer une bonne récolte. Le plus grand risque n'est pas d'oublier d'arroser, mais d'exagérer avec les quantités.

Illustration d'un potager luxuriant sous le soleil estival, avec une personne arrosant délicatement les plantes

L'importance vitale de l'eau pour les végétaux

L'eau est essentielle à la vie, y compris à la vie végétale. S'il y a un manque d'eau, l'activité de la plante s'arrête et si le manque continue, l'organisme peut mourir. Si les plantes manquent d'eau, elles ne peuvent pas se développer, leur croissance se bloque et les plantes meurent si elles ne sont pas arrosées. Heureusement, une plante dotée d’un bon système racinaire peut aussi trouver l’eau dont elle a besoin en profondeur et même l’obtenir d’un allié souterrain, comme un champignon mycorhizien. Toutes les plantes ont besoin d’eau, bien que dans des quantités très différentes, et nos légumes sont parmi les plus exigeants, précisément parce qu’ils ont été sélectionnés par l’homme et ont toujours été cultivés avec le soutien de l’irrigation.

Diagramme simplifié du cycle de l'eau dans une plante, montrant l'absorption par les racines et la transpiration par les feuilles

Les besoins spécifiques en eau de chaque plante

Connaître les besoins en eau de chaque plante de son potager s'avère primordial pour ne pas gaspiller des quantités d'eau pharaoniques. Quand on débute en jardinage, il est important de savoir que toutes les plantes ne sont pas égales face à l'arrosage. La fréquence d'arrosage et la quantité d'eau nécessaire dépend de la profondeur à laquelle la plante va aller chercher l'eau. En effet, chaque plante a des besoins en eau différents.

Racines superficielles vs. racines profondes

La structure racinaire d'une plante est un indicateur clé de ses besoins en eau.

  • Racines superficielles (moins de 30 centimètres de profondeur) : Si elles sont superficielles, comme celles des pois, des radis, des céleris, des oignons, des pommes de terre et des salades, mieux vaut privilégier des arrosages légers mais fréquents. Le sol en surface est rapidement sec, et c’est justement là que se trouvent les racines. Le besoin en eau de ces légumes de potager est important. N'hésitez pas à arroser en petite quantité, mais fréquemment.
  • Racines moyennes (entre 30 et 60 centimètres de profondeur) : C'est le cas des carottes, haricots, poivrons, brocolis, concombres, et choux. Les arrosages seront moins fréquents.
  • Racines profondes (plus de 60 centimètres de profondeur) : Au contraire, les racines profondes ont besoin d’arrosages généreux et moins fréquents. C’est le cas des aubergines, des choux, des courgettes, des tomates, des citrouilles, des courges, des poireaux et des asperges. Il faut compter environ 10 litres par m² ou 1 litre d'eau par jour par tomate ! Toutefois, si la plantation des tomates a eu lieu directement dans la terre, pas besoin d'autant d'eau. Leurs racines iront en chercher par elles-mêmes jusqu'à 1 mètre de profondeur. Contrairement aux quantités, la fréquence d'arrosage n'est pas élevée. Une fois tous les 10 ou 15 jours est suffisant. Si au contraire vos plants de tomates sont dans un potager en bois, il faudra augmenter la fréquence d'arrosage, et pailler le pied des végétaux afin de limiter l'évaporation de l'eau.

D'une manière générale, les petits légumes ont besoin de plus d'eau car ils ont moins de racines pour la chercher, tandis qu'en fin de cycle, il vaut mieux donner moins d'eau afin d'obtenir une teneur en sucre plus élevée ou un meilleur goût dans le fruit à récolter. En cherchant parmi les détenteurs de graines, vous pouvez trouver des plantes sélectionnées pour être particulièrement résistantes à la sécheresse.

Tableau comparatif des besoins en eau des légumes selon la profondeur de leurs racines

Les légumes-fruits et cucurbitacées

À l'inverse, les légumes-fruit et les cucurbitacées demandent un arrosage plus fréquent et plus généreux. Les légumes avec une surface foliaire particulièrement développée (salades, courges, aubergines, etc.) ont besoin de beaucoup d'eau.

Légumes à arroser par aspersion

Au potager, l’arrosage se fait idéalement à l’arrosoir sans pomme ou au goulot, directement au pied des plants. Cependant quelques légumes préfèrent l’aspersion : les radis sauvages, les choux et les salades en particulier. Prenez soin tout de même de ne pas mouiller les feuillages des plantes environnantes qui pourraient, elles, être sensibles aux maladies cryptogamiques. Ceci est particulièrement vrai pour les solanacées, les légumes-fruit comme la tomate par exemple, sujette au mildiou ou à l’oïdium. Et bien évidemment, l’aspersion est la meilleure façon d’arroser vos semis !

Les règles d'or de l'arrosage en été

Pour arroser votre potager de la meilleure façon possible et éviter les erreurs fatales, voici dix règles à retenir :

1. Le bon moment pour arroser

Le moment de l'arrosage dépend du type de végétal que vous avez dans votre jardin et de la saison. L'été étant la période durant laquelle les températures peuvent dépasser les 30 degrés, il est conseillé d'arroser son jardin lorsque celles-ci baissent.

  • En été : Arrosez toujours le soir ou tôt le matin. Les plantes ont besoin de disposer d’eau pendant la journée, lorsqu’elles effectuent la photosynthèse. Veillez donc à ce que de l’eau soit disponible pour elles au lever du soleil. Vous pouvez arroser tôt le matin, mais aussi le soir ou la nuit précédente. Si vous le faites en pleine journée, vous serez amené à utiliser deux fois plus d’eau pour que celle-ci puisse pénétrer jusqu’aux racines. La chaleur va favoriser l’évaporation et peut aussi brûler les feuilles. Arroser le soir tard dans certaines régions assez humides aura pour effet de gorger vos végétaux d’eau et donc, d’engendrer des maladies ou de donner des cultures moins goûteuses. Pour faire simple, une plage horaire entre 18 et 20 heures semble plus appropriée, sauf en période de canicule durant laquelle il vaudra mieux attendre le coucher du soleil. Si vous arrosez aussi votre pelouse, cela pourra être fait dans le même temps. Veillez donc bien à régler votre arrosage automatique pour éviter de cramer votre gazon.
  • En automne et au printemps : Arrosez plutôt le matin, afin que le sol ait le temps de sécher dans la journée. Ainsi, vous évitez l’eau stagnante pendant la nuit. En effet, un sol humide sera plus sujet au refroidissement la nuit.

Si vous avez beaucoup de limaces dans votre potager ou que vos plantes sont souvent malades, il est préférable d'arroser le matin.

BIEN ARROSER SON POTAGER

2. Éviter le choc thermique

L’arrosage aux heures les plus fraîches évite le choc thermique dû à la différence de température entre l’eau et le tissu végétal. Pour éviter ce problème, l’eau froide d’un puits, par exemple, peut être transférée dans une citerne où elle peut se réchauffer à la température ambiante. Bien entendu, l’eau ne doit pas non plus être trop chaude : si elle est utilisée sur des plantes, elle risque de les cuire ! L'eau d'un puits, quant à elle, est souvent de qualité variable et très (trop ?) froide. Stockez-la le temps qu’elle se mette à température avant de vous en servir.

3. La nature de l'eau

L’eau la plus adaptée aux plantes de manière générale est l’eau de pluie ! Mais ce cadeau du ciel ne tombe pas sur demande. Ainsi, il existe des systèmes de récupération des eaux pluviales, qui récoltent des eaux de ruissellement et les acheminent jusque dans une cuve de stockage. Si vous avez un puits, vous pouvez utiliser cette eau pour l’arrosage de vos légumes. En revanche, il est préférable de la laisser se réchauffer dans des arrosoirs ou des tonneaux avant de l’épandre sur votre potager. L'eau de source et l'eau douce de surface, comme l'eau d'un lac ou d'une rivière, sont également excellentes. L'eau que nous extrayons de la terre par des puits, en revanche, est encore une eau immature, c'est-à-dire qu'elle n'a pas achevé son cycle naturel et ne devrait pas être dérangée. Mais cette dernière, lorsqu'elle est disponible, est parmi les plus utilisées dans le jardin.

L’eau la moins recommandée est celle provenant des réseaux d’eau potable qui sont traités au chlore pour éviter toute contamination. Le chlore n’est pas bon pour les plantes et encore moins pour les micro-organismes qui vivent dans le sol. Récupérez l'eau de lavage des légumes et l'eau de cuisson de vos aliments (si elle n'est pas salée !). Pour cela, il vous suffit d'installer une bassine dans votre évier et d'avoir une petite cuve derrière la fenêtre de la cuisine par exemple. Grâce à cette méthode, nous avons par exemple pu arroser 15 m² de patate douce, et cela nous a permis de produire 30 kilos de tubercules.

Schéma d'un système de récupération d'eau de pluie pour l'arrosage du jardin

4. Attention à la quantité d'eau et à la régularité de l'arrosage

Arroser plus que nécessaire n’est pas bon : trop d’eau bouche les pores du sol et ne permet pas aux racines de respirer, alors que l’oxygène est indispensable à leur activité et à la survie de la plante. Un arrosage trop abondant peut conduire à des maladies. À l’inverse, avec un arrosage trop espacé vous pouvez perdre certains végétaux. Il est donc essentiel de trouver le juste milieu. Celui-ci peut être réalisé 2 à 3 fois par semaine au jardin et tous les jours, voire tous les deux jours au potager.

La fréquence. Évitez d’arroser quotidiennement. Il est en effet préférable d’arroser tous les 2 voire 3 jours, un peu plus abondamment. Un sol frais en profondeur favorisera un bon enracinement. Cela permet à la plante de se constituer ses propres réserves et de devenir un peu plus résistante au manque d’eau. En plus, le sol, moins lavé, conserve plus longtemps ses nutriments et est également moins accueillant pour les maladies.

En insistant sur l'arrosage, vous allez permettre à l'eau de pénétrer davantage dans le sol. Cette astuce est d'autant plus valable en sol argileux, capable de retenir suffisamment l'eau. En sol léger, filtrant, un arrosage régulier sera tout de même plus bénéfique car l'eau descend trop rapidement dans le sol et est moins bien stockée.

5. Vérifier l'humidité du sol

Les plantes potagères affectionnent les sols légèrement humides et non détrempés. Il ne sert à rien d’arroser tous les jours l’entièreté de votre espace potager puisque plusieurs plantes préfèrent une légère sécheresse à l’excès d’eau, même en période de grande chaleur. Vérifiez toujours le taux d’humidité contenu dans le sol avant d’arroser en profondeur. Pour ce faire, utilisez un hygromètre pour plantes ou tout simplement votre index. Si le sol est humide, espacez vos arrosages. Au besoin, comblez manuellement le manque d’eau des plantes plus gourmandes en arrosant leur base et non leur feuillage. Pour décider comment intervenir, il est utile de prendre l'habitude d'observer le sol, en creusant à quelques centimètres de profondeur pour voir si le sol est humide ou non. Un sol sec peut être toléré à 5 ou 6 centimètres de la surface, plus bas nous devons trouver de l'humidité pour que la plante survive.

6. Arroser au pied des cultures et éviter le feuillage

Il est important de ne pas arroser les tiges et le feuillage, et de vous concentrer sur le pied. Pour cela, retirez la pomme de l’arrosoir et visez le pied de la plante. Arroser les feuilles par temps chaud peut les exposer à des coups de soleil en raison de l’effet loupe d’une goutte d’eau sur une feuille. Si on fait arriver l’eau seulement sur la terre, les racines peuvent faire leur travail sans les inconvénients susmentionnés. Un sol complètement mouillé, par exemple par la pluie, est toutefois plus vital dans l'ensemble. Lorsque vous arrosez par aspersion, il est donc préférable d'éviter les heures du soir, car avec l'humidité disponible pendant tant d'heures, les champignons auront la vie facile. De nombreuses plantes potagères sont victimes de maladies cryptogamiques comme le mildiou qui se développent à cause d’un excès d’humidité et un climat chaud.

7. Le paillage : un allié précieux

Pailler : en plus d’enrichir le sol, cela préserve l’humidité pendant les périodes de sécheresse. En hiver, le paillage permet de protéger la plante du froid. Le paillage offre de nombreux autres avantages, et il est recommandé de privilégier les paillis naturels, provenant de sources locales. Les paillis naturels (par exemple, la paille, le foin, les feuilles) présentent également l’avantage de reconstituer la matière organique et aussi de retenir et de permettre à l’eau de pluie de mieux pénétrer dans le sol. Pour espacer vos arrosages, il est conseillé de pailler votre sol. L’humidité y sera alors maintenue plus longtemps. Le paillis protège vos légumes des fortes chaleurs en gardant l'humidité et la fraîcheur du sol et évitera que vos jeunes plants ne brûlent. Un sol nu expose votre potager deux à trois fois plus de risque de sécheresse et d’inondation. C'est pourquoi la technique du paillage joue un rôle primordial. Que ce soit avec un compost mi-mûr, vos restes de tontes de gazon ou une toile de paillage, le paillis protège vos légumes des fortes chaleurs en gardant l'humidité et la fraîcheur du sol et évitera que vos jeunes plants ne brûlent.

8. Le travail du sol

Il faut travailler le sol avec précaution, en veillant à ne pas créer une « semelle de labour », une couche de terre compacte d’environ 30 cm de profondeur qui empêche les racines de descendre plus bas et peut également favoriser la stagnation de l’eau au contact des racines. Un sol souple et riche en humus favorisera non seulement le développement des racines, mais sera également capable de retenir plus longtemps l’humidité. Afin de prévenir la déshydratation des plantes tout au long de la journée, il est préférable d’irriguer le potager (en pleine terre ou en contenant) tôt en matinée. Arrosez toujours en profondeur (longtemps mais peu souvent) pour favoriser un enracinement profond des plantes potagères, ce qui leur permettra de résister à la sécheresse plus facilement. Le binage est aussi très intéressant. Une terre binée diminue l’effet d’évaporation et parfois même remplace un arrosage.

Infographie illustrant les bénéfices du paillage et du binage pour la rétention d'eau dans le sol

9. Arrêter la fertilisation en période de sécheresse

En période de sécheresse ou de grandes chaleurs, il est recommandé de cesser toute fertilisation puisque les engrais stimulent la croissance des plantes et qu’une plante qui grandit nécessite des apports d’eau plus fréquents. Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas quelques jours sans engrais qui réduiront la production de votre potager.

10. Désherber régulièrement

Les plantes adventives ne font pas bon ménage avec les plantes potagères, il est donc inutile de créer une guerre entre les plantes indésirables et les légumes du potager. Mieux vaut désherber régulièrement afin de préserver l’eau pour les plantes cultivées.

Les différents systèmes et méthodes d'arrosage

L’arrosage du potager peut se faire de différentes façons. La décision va dépendre des végétaux que vous avez plantés dans votre carré potager, mais aussi du climat de votre région.

L'arrosage manuel : arrosoir et tuyau

  • Avec un arrosoir :

    • Au goulot (sans la pomme de l'arrosoir) : Cette méthode permet d’approcher au mieux le pied de la plante. Elle est particulièrement adaptée pour les potées et pour les vivaces plantées en pleine terre au pied desquelles vous aurez pris soin de creuser une cuvette. On l’utilise également pour les plants de légumes installés en ligne le long de laquelle vous aurez préalablement formé une petite rigole.
    • Avec une pomme : Selon son positionnement, elle déterminera un débit plus ou moins important, une pluie plus ou moins fine. Cette méthode est plus adaptée au potager, pour les semis qui recevront ainsi un arrosage parcimonieux sans risque pour les graines. Les fleurs annuelles apprécieront également ce type de petite ondée.
  • Au tuyau d'arrosage : Moins physique et plus précis encore, l’arrosage au tuyau est une solution simple et adaptable aux diverses situations.

    • Tuyau à haut débit : Si vous avez de grands massifs de rosiers, des grandes haies, de nombreux arbustes, des légumes très développés, optez pour un tuyau à haut débit. Il permettra d’arroser rapidement des végétaux très gourmands en eau. Le débit n’étant pas ajustable, organisez tout de même votre cheminement sans quoi vous gaspillerez beaucoup d’eau !
    • Tuyau d'arrosage à jet variable : Si vos plantes sont plus complexes et demandent un traitement plus en douceur, choisissez un tuyau d’arrosage à jet variable. Vous pourrez ainsi adapter le débit et sa forme en fonction des végétaux et aller d’un arrosage classique au pied des plantes à un arrosage en pluie fine pour les massifs et certaines zones du potager ou encore avec un effet de brumisation pour les sujets les plus fragiles. Pour ne pas déterrer vos pieds de tomates par exemple, il vaudra mieux utiliser un tuyau d’eau avec un pistolet sur la fonction pluie. Si vous devez arroser des arbres, la fonction jet classique sera à favoriser.

Les systèmes d'irrigation spécialisés : efficacité et économie

L’utilisation de systèmes d’irrigation goutte à goutte est un moyen très efficace de réduire les gaspillages. Cela permet à l’eau d’arriver là où elle est nécessaire et de la distribuer progressivement, de sorte que les plantes ont le temps de l’assimiler avant qu’elle ne se dissipe. L’arrosage par tuyaux spéciaux est formidablement bien adapté à l’arrosage d’été, surtout au potager, et ce pour de multiples raisons. Il diffuse l’eau lentement, au pied du végétal, à un rythme et une quantité totalement maîtrisée. Il permet une efficacité accrue et une économie considérable avec une évaporation inexistante.

  • Le goutte-à-goutte (ou goutteurs) : C'est la solution idéale pour les petites plantes et si vous avez de nombreux pots à arroser. L'idéal étant d’installer un système de goutte à goutte, qui satisfera les besoins en eau, avec la plus grande précision ! Ce système est beaucoup moins agressif pour les plants. Chaque goutteur dispose d’un débit réglable ou constant, pratique pour les plantes n’ayant pas les mêmes besoins en eau. Ce goutte à goutte présente aussi l’avantage de fonctionner sans énergie électrique. Les systèmes de goutte-à-goutte et les tuyaux micro-poreux sont particulièrement sensibles au calcaire. En cas d’eau “dure“, vérifiez régulièrement votre installation et faites tremper dans du vinaigre blanc si nécessaire. C'est une excellente manière de débuter l'arrosage goutte à goutte : centrale d'irrigation, raccords, goutteurs, arroseurs rotatifs, tuyaux et même des programmateurs ! Il suffit de disposer les buses d'irrigation à la base des plants et d'ajuster leur débit afin de de mieux distribuer l'eau dans le sol, de limiter les pertes d'eau par évaporation, et de garder le feuillage au sec.
  • Les micro-asperseurs : Ils offrent une pluie ultra-fine.
  • Les tuyaux micro-poreux (ou suintants) : Ces tuyaux humidifient le sol par suintement. Les tuyaux suintants placés au sol autour des plantes potagères les plus gourmandes sont très efficaces. Reliés à une minuterie programmable selon la météo et les plantes cultivées, ils distribuent l'eau directement à la base des plantes.
  • L'arrosage enterré : Il consiste à faire circuler des tuyaux enfouis sous la terre (à environ 20 centimètres) auxquels vont être attachés plusieurs arroseurs. Les arroseurs seront l'unique partie du système visible. Pour ces systèmes, il est préférable de purger l'intérieur des tuyaux qui mènent aux buses afin d'éviter le plus possible tout risque de bouchage.

L'eau ne touchant pas la partie haute des sujets, ces systèmes sont particulièrement respectueux des végétaux, surtout des plus fragiles. Ils sont également très modulables et tous programmables.

L'arrosage par aspersion : pour les grandes surfaces

Particulièrement adapté aux grandes surfaces d’arrosage, il est plus coûteux à mettre en œuvre mais efficace. L’arrosage par aspersion, c’est-à-dire par diffusion d’eau en pluie, peut se faire par divers procédés :

  • L'arrosage circulaire : Il s’opère par le biais d’un arroseur statique pour les petites surfaces, d’un tourniquet pour des surfaces allant jusqu’à 300 m2 ou d’un canon rotatif (sprinkler). Ce dernier, plus puissant, convient parfaitement aux pelouses et autres grands espaces herbeux et peut couvrir jusqu’à 490 m2. Le tourniquet, généralement plus doux, est bien adapté aux plantations de fleurs simples, aux semis mais également à certaines zones du potager comme les planches de légumes-racine. Ces trois installations sont fixes, elles ne permettront d’arroser qu’une partie prédéfinie du jardin. Elles sont reliées au tuyau d’arrosage et peuvent toutes être connectées à un programmateur. On notera également que ces procédés consomment beaucoup d’eau dont une partie importante s’évapore. Pour les modèles de de taille moyenne comme le carré potager 120x120 cm, vous pouvez opter pour le tourniquet, équipé d'un bras tournant et de jets réglables, depuis lesquels l'eau est propulsée dans plusieurs directions. Pour un grand potager en pleine terre ou plusieurs carrés potagers en bois disposés les uns à côté des autres, les canons d'arrosage sont très efficaces. Celui-ci est pourvu d'un jet tournant unique et libère une quantité d'eau importante. S'il procure un bon arrosage, il est aussi très gourmand en eau.
  • L'arrosage oscillant : Il consiste en une série de buses disposées généralement en ligne et projetant de l’eau de gauche à droite, en éventail, par oscillation. Elle propose un arrosage plus doux, plus uniforme, sur des zones carrées ou rectangulaires mieux délimitées. Elle convient parfaitement aux massifs de plantes basses, aux vivaces, au potager, aux jardins bien structurés. Même si cette seconde méthode permet de mieux maîtriser le zonage et donc de diminuer le gaspillage, elle reste elle aussi très gourmande en eau ! L'arroseur oscillant est celui qui convient le mieux pour les potagers de moyenne et grande taille car il libère moins d'eau que les canons d'arrosage, mais projette l'eau de manière uniforme, grâce à des jets fixés sur un support amovible. Le petit bémol de ce type d'arrosage automatisé et qu'il arrose à peu près tout sur son passage et qu'il projette de l'eau sur les feuillages… Il est donc conseillé de ne pas trop recourir à cette méthode.

L'arrosage par trempage et bassinage

  • Le trempage (pour motte déshydratée) : Méthode quelque peu forcée, elle est salvatrice en cas de mottes très sèches mais également de terreau trop tassé ou de pot trop petit qui ne permettrait pas un arrosage en quantité suffisante. Ce procédé convient également aux plantes dont le feuillage est sensible à l’humidité ou la floraison fragile. Il permettra également de bien hydrater en une fois toutes les plantes qui n’aiment pas les eaux stagnantes. Le trempage s’effectue dès que la motte est sèche, toujours dans une eau à température ambiante, dure environ 30 mn et est suivi d’un égouttage complet avant que les plantes ne soient réinstallées dans leur cache-pot.
  • Le bassinage : Il est systématique au moment des plantations. En amont de l’installation en pleine terre ou en potée, les plants et godets sont trempés jusqu’à humidification complète du substrat.

Solutions ingénieuses pour économiser l'eau en période d'absence

Les vacances approchent à grand pas et vous n’avez personne pour arroser votre petit coin de verdure ? Pas de panique ! Il existe des astuces simples, efficaces et peu onéreuses pour assurer la survie de vos végétaux.

1. Déplacer les plantes en pot

C’est certainement le moyen le plus simple et aussi le plus efficace pour réduire la consommation en eau de vos plantes. Si elles sont en pots, déplacez les dans un endroit moins exposé au soleil et au vent. Votre substrat séchera moins vite, vous économiserez ainsi de nombreux arrosages.

2. L'arrosage à la mèche (ou auto-arrosage décoratif)

Cette astuce, aussi appelée "arrosage à la mèche", est particulièrement appréciée en intérieur. Vous allez commencer par placer un récipient d’eau au-dessus de votre plante. Sur une chaise par exemple alors que vos plantes seront au sol. Vous allez ensuite relier un fil de laine depuis le fond de votre récipient jusqu’au cœur du substrat de vos plantes. Par capillarité, vos plantes vont recevoir un apport régulier en eau. Craquez pour cet adorable système d'auto-arrosage par mèche pour plantes d'intérieur. Il permet une autonomie jusqu'à deux semaines.

3. La bouteille d'eau percée

Cette technique d'arrosage est simple et peu coûteuse mais vous devrez probablement faire 1 ou 2 tests avant de l’installer pour vos vacances. Commencez par récupérer une bouteille d’eau de 1, 2 ou 5L en fonction de la durée de votre absence (3, 7 ou 14 jours). Percez légèrement à 2 endroits le bouchon. Soit à l’aide d’une aiguille chauffée soit à l’aide d’un cure-dent. Placez ensuite votre bouteille directement dans le pot en enfonçant le bouchon dans le substrat. Pour finir, percez le fond de la bouteille sans lequel l’eau de ne s’écoulerait pas. Cette méthode permet un très bon écoulement et un débit correct de l'eau. La durée de l'irrigation sera directement liée au diamètre des trous. C'est une excellente façon de donner une deuxième vie à vos bouteilles en plastique ! Il vous suffit d’ôter le bouchon d'une bouteille et de la remplir d'eau. Vissez ensuite un embout adapté, de préférence en céramique. Celui-ci doit correspondre au débit souhaité. Retournez la bouteille et plantez-la dans la terre, à côté de la plante que vous voulez arroser. Vous finirez par faire un petit trou dans le fond de la bouteille à l'aide d'un clou. Le tour est joué !

4. La Oya

La oya est un système d'arrosage ancestral de près de 4 000 ans ! Il s'agit d'une jarre artisanale en terre cuite à enfouir dans le sol du potager. Les racines bénéficient ainsi d'un apport en eau régulier grâce à la porosité du pot. Ce procédé permet d'économiser jusqu'à 60% d'eau par rapport à un arrosage classique.

5. Les pots avec réserve d'eau intégrée

Vous trouverez dans le commerce de nombreux pots avec une réserve d’eau intégrée avec et sans lampe LED. La plante peut ainsi y puiser l’eau dont elle aura besoin en votre absence. Veillez toutefois à ne pas y installer de plantes à racines longues.

6. L'arrosage automatique

La sécheresse est un phénomène de plus en plus courant en France. Les jeunes plants et les plantations nouvelles sont plus sensibles à ce problème, pouvant stopper net leur processus de croissance. L'arrosage automatique pour potager en carré ou pour jardin est une très bonne alternative. En plus de préserver notre environnement, cette solution facile à mettre en place permet également de faire des économies sur la facture d'eau. Il existe des kits d'arrosage potager prêts à être installés et qui conviennent tout à fait à des petits potagers.

Considérations spécifiques pour l'arrosage de la pelouse et des arbres

La pelouse

La pelouse ne s’arrose qu’au-delà de 20°C, toujours le soir, par pluie ou brumisation. Lorsque la sécheresse s’annonce, ayez le réflexe de tondre votre pelouse haute, elle ira chercher l’eau un peu plus en profondeur. Cela ne fera que repousser l’échéance du jaunissement. Mais, pas d’inquiétude votre gazon résistera. Il entrera en dormance et reverdira aux premières pluies !

Les arbustes et arbres

Les arbustes et arbres nécessitent un arrosage généreux au moment de la plantation puis régulièrement tout au long de la première saison estivale, voire durant la deuxième dans les régions très chaudes ou ventées. Une attention particulière sera apportée aux fruitiers tout au long de leur vie par temps très sec. Si l’arrosage est nécessaire, il se fait au pied de l’arbre avec un tuyau ; cette méthode est plus économique, plus efficace et diminue le risque de maladies. Aménagez une cuvette d’arrosage et installez un paillage végétal.

Photo d'un jardinier arrosant la base d'un jeune arbre avec un tuyau, soulignant l'importance de l'arrosage ciblé

Qualité de l'eau et équipements d'irrigation

Connaître les caractéristiques de l'eau

Il est important de connaître les caractéristiques de l’eau avec laquelle on arrose, en l’analysant pour mesurer la présence de polluants. Malheureusement, l’utilisation immodérée et insensée de pesticides, d’engrais chimiques, d’herbicides et autres pollue de plus en plus les eaux de surface et les eaux profondes. Donc, même si vous ne le voulez pas, en irriguant, vous pouvez aussi polluer la terre. Mais on peut au moins éviter les poisons qui peuvent être contrôlés en choisissant des matériaux appropriés pour les équipements d’irrigation.

Choisir le tuyau idéal

Les tuyaux d’irrigation doivent être choisis très soigneusement pour éviter ceux qui libèrent des substances nocives comme les phtalates et le plomb. FITT Force, le tuyau d’arrosage pour les utilisations intensives, durable et compact, équipé de raccords et d’une buse à jet multiple ou continu, convient à l’irrigation des grands jardins et des potagers, ainsi qu’à un usage quotidien et domestique. FITT Force est sans PVC, sans plomb, sans phtalates et ne contient aucun produit chimique nocif.

Même en utilisant des tuyaux d’irrigation, des stratégies peuvent être mises en place pour éviter d’utiliser plus d’eau que nécessaire. L’utilisation de pistolets modulables selon les exigences, comme celui de FITT Force, permet à l’eau d’atteindre l’endroit où elle est nécessaire sans la gaspiller. En outre, en évitant les écoulements trop violents, on réduit le compactage du sol et la formation de croûtes en surface.

La gestion de l'eau en permaculture

Connaître les besoins en eau de chaque plante de son potager s'avère primordial pour ne pas gaspiller des quantités d'eau pharaoniques. Si l’on ne dispose pas d’une réserve de récupération d’eau de pluie importante, l’économie d’eau est une question primordiale à se poser ! D’autant plus si vous arrosez avec l’eau du réseau. Et arroser son jardin au bon moment est une des méthodes pour économiser l’eau ! Il est en effet important de chercher à maximiser l’utilité de l’eau que l’on utilise au jardin.

De nombreuses plantes sont capables de créer des associations symbiotiques avec des champignons dans leurs racines, ce qui les aide à atteindre des sources éloignées d’eau et de nutriments en échange des sucres créés par la photosynthèse. Ces unions souterraines sont appelées mycorhizes, du grec mykos, champignon, et rhiza, racine. Il est plus difficile pour les légumes destinés à vivre dans un sol pendant quelques mois de créer de tels partenariats, mais il est possible d’enrichir le sol de nos jardins avec des spores de champignons lors des semis ou des transplantations, avec lesquelles les jeunes plants pourront créer des symbioses fructueuses.

Vous êtes désormais armés pour gérer l’arrosage de votre potager d’une main de maître ! Sauf que vous ne pouvez pas quantifier à vue de nez la quantité d’eau qui s’est écoulée lors de la dernière pluie. Vous ne le savez peut-être pas, mais nous éditons la première revue permacole à prix libre. C’est une revue bimestrielle, numérique, dans laquelle nous vous donnons pleins d’informations pour devenir un jardinier permacole aguerri !

BIEN ARROSER SON POTAGER

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