Les méthodes d'arrosage les plus économiques pour un jardin durable

Le jardinage fait partie des activités à la maison qui consomment le plus d’eau. Avec les récents événements climatiques et la baisse des niveaux d’eau, il devient plus qu’urgent de préserver cette ressource si précieuse. En France, nous consommons près de 148 litres d’eau par jour selon le Centre d’Information sur l’Eau, et le jardin demande une grande quantité d’eau, de 15 à 20 litres par mètre carré. Un arrosage raisonné permet non seulement de réaliser des économies sur le long terme, mais aussi de favoriser un sol vivant et une biodiversité plus riche. Moins sollicité, le sol conserve mieux son humidité naturelle et sa structure.

L'importance de l'économie d'eau au jardin

1. La récupération et la réutilisation de l'eau : des gestes simples et efficaces

La première étape cruciale pour un arrosage économique réside dans l'exploitation judicieuse de l'eau disponible, en allant du plus simple au plus sophistiqué.

1.1. L'eau de pluie : une ressource gratuite et idéale

L’eau de pluie est votre meilleure alliée pour un jardin économique et écologique. Elle est douce, peu polluée, ne contient pas de chlore (comme c’est le cas de celle qui sort du robinet), et est même à température ambiante, ce qui est parfait pour vos plantes.

Comment la récupérer ?Il est possible de récupérer la pluie grâce à une cuve, un récupérateur d’eau ou grâce à votre gouttière. Il suffit d’acquérir un récupérateur d’eau de pluie que vous pouvez installer près de votre gouttière. Ces récupérateurs sont disponibles dans différentes tailles et formes, s’adaptant ainsi à l’espace dont vous disposez. Il est conseillé d'installer une crépine ou un filtre sur le récupérateur pour éviter que des feuilles ou autres débris n’obstruent le système. Assurez-vous de bien nettoyer régulièrement votre récupérateur pour éviter la prolifération d’algues ou de moustiques et utilisez un couvercle pour éviter l’évaporation de l’eau stockée. En cas de fortes pluies, pensez à vider régulièrement votre récupérateur pour qu’il ne déborde pas et n’hésitez pas à combiner plusieurs récupérateurs pour augmenter votre capacité de stockage d’eau. Une pompe submersible, dotée par exemple d'une puissance de 300W et d'un débit maximal impressionnant de 2200L/heure, peut être une solution polyvalente. Avec une pression de 1.1 bars, un raccord rapide, et une profondeur maximale de 8m, cette pompe offre une performance exceptionnelle tout en préservant l'eau douce et non contaminée de la pluie. Un choix idéal pour nourrir vos plantes sans l'introduction de produits chimiques souvent présents dans l'eau du robinet.

Schéma d'un système de récupération d'eau de pluie

1.2. L'eau de lavage des légumes et l'eau de cuisson : un apport nutritif insoupçonné

Il peut sembler judicieux d’utiliser l’eau de lavage des légumes pour arroser vos plantes. De la même manière, l'eau de cuisson refroidie contient des nutriments provenant des légumes, des pâtes ou du riz que vous avez cuits. En les laissant refroidir et en les versant sur vos plantes, vous leur offrez une sorte de cocktail nutritif. Il est important de laisser bien refroidir l’eau de cuisson avant de l’utiliser, car les plantes n’apprécient pas les bains chauds. Utilisez uniquement de l’eau de cuisson non salée, car le sel peut nuire à la croissance des plantes. Évitez de récupérer l’eau de cuisson d’aliments très gras ou épicés, car cela pourrait perturber l’équilibre du sol. Alterne entre l’arrosage avec de l’eau de cuisson refroidie et de l’eau de pluie récupérée pour offrir un mélange équilibré à vos plantes et conservez l’eau de cuisson refroidie dans un récipient fermé, en l'utilisant rapidement pour éviter le développement de bactéries.

Baissières ou Comment récupérer et stocker / gérer l'eau de pluie en Permaculture ? (Swales)

2. Optimiser les techniques d'arrosage : quand et comment arroser

Réduire la consommation d’eau ne passe pas uniquement par le choix d’un bon système d’arrosage, mais aussi par l'adoption de techniques d’arrosage économes.

2.1. Choisir le bon moment : matin ou soir

Optimiser le moment de l'arrosage est tout aussi essentiel que la source d'eau elle-même. Si vous arrosez votre pelouse avec un arroseur, faites-le de préférence pendant les heures fraîches du matin ou le soir. Pendant la chaleur de midi, plus de 90 % de l’eau s’évapore. Les températures et le sol seront moins chauds et il n’y aura pas de risque pour vos fleurs. Arroser tôt le matin ou en soirée limite en effet l’évaporation et évite de brûler les plantes par l'effet de loupe créé par le soleil sur l'eau.

2.2. Arroser au pied des plantes : la précision avant tout

Ne vous aventurez surtout pas à arroser vos fleurs en pleine journée et par les feuilles. En arrosant le feuillage, les maladies (et surtout les champignons) sont plus susceptibles de se produire. Le mieux est donc d’arroser au pied de vos plantations tout en y allant doucement. Ce système permet de maîtriser sa consommation, le flux étant bien plus léger qu’avec un arrosoir automatique. Vous verserez moins d’eau en un seul coup et vos fleurs pourront mieux l’absorber. De plus, la zone est mieux localisée, vous allez pouvoir irriguer au pied de vos végétaux sans qu’il n’y ait de risque que les feuilles ne soient mouillées. Arroser directement vers les racines, c’est s’assurer que l’eau arrive directement à sa destination.

2.3. La fréquence de l'arrosage : moins souvent, mais en profondeur

De nombreux jardiniers pensent qu’il est préférable de nourrir les végétaux quotidiennement mais en petites quantités. Or, si vous arrosez quotidiennement vos plantes en petites quantités, elles n’auront pas besoin de s’enraciner en profondeur. Pendant les périodes de sécheresse, ces plantes « choyées » sont donc beaucoup plus vulnérables. N’arrosez donc vos plantes de jardin que si nécessaire, mais abondamment. Ainsi, l’eau parvient également dans les couches profondes du sol. En conséquence, les racines des plantes s’enfoncent également plus profondément dans le sol et peuvent ainsi exploiter davantage de réserves d’eau. Il est important de noter que les plantes en pot ne sont pas concernées par cette règle, car les petits pots de fleurs se dessèchent beaucoup plus vite parce qu’ils ont un faible volume de terre.

3. Des systèmes d'arrosage innovants et économes

Chaque jardin a des besoins spécifiques : choisir un système d’arrosage adapté est donc essentiel pour allier efficacité et économie. Tous les systèmes qui diffusent l'eau au pied des végétaux restent intéressants car ils limitent l'évaporation aérienne de l'eau.

3.1. Le goutte-à-goutte : une irrigation ciblée

L’arrosage goutte-à-goutte est une méthode d’irrigation qui consiste à apporter l’eau directement aux racines des plantes, goutte par goutte, grâce à un système de tuyaux et d’émetteurs. Cette technique est idéale pour les massifs, potagers et haies, car elle arrose directement au pied des plantes, limitant l’évaporation et les pertes d’eau. Il permet de réduire la consommation d’eau, de limiter l’évaporation et d’éviter le gaspillage en arrosant uniquement les zones où les plantes en ont besoin. Le goutte-à-goutte enterré (de quelques millimètres à une dizaine de centimètres), demande une installation et un entretien plus complexe mais est plus efficace. Cette méthode permet principalement d’augmenter l’efficience de l’arrosage (rapport entre l’eau apportée aux plantes et les pertes liées aux fuites, à l'évaporation ou au ruissellement). Enfin, les faibles doses d’arrosages permettent de réduire les risques de drainage et de lixivation - perte de nutriments végétaux du sol solubles par l’eau entraînés par les eaux d’infiltration à la suite de pluie ou d’arrosage.

Pour installer et utiliser un système d’arrosage goutte-à-goutte, choisissez un kit adapté à la taille de votre jardin et aux types de plantes que vous cultivez. Installez les tuyaux et les émetteurs près des racines de vos plantes, en suivant les instructions du fabricant, et veillez à bien fixer le tuyau principal et à positionner les émetteurs de manière à ce qu’ils délivrent l’eau directement au pied des plantes. Régulez la fréquence et la durée de l’arrosage en fonction des besoins de vos plantes et des conditions météorologiques. L’idéal est d’arroser tôt le matin ou en fin de journée pour minimiser l’évaporation. Vérifiez régulièrement le bon fonctionnement de votre système d’arrosage goutte-à-goutte et nettoyez les émetteurs pour éviter les obstructions. Pour aller encore plus loin dans l’économie d’eau, vous pouvez connecter votre système d’arrosage goutte-à-goutte à un récupérateur d’eau de pluie ou à un programmateur pour automatiser l’arrosage en fonction des besoins de vos plantes. Il existe d’autres techniques de goutte à goutte réemployant des bouteilles en plastique par exemple.

3.2. L'arrosage micro-poreux : une diffusion douce et régulière

Basé sur la mise en place d'un tuyau suintant par ses micro-perforations, cette technique est facile à mettre en place, soit en ligne au pied d'une haie ou d'un rang de culture potagère, soit en zig-zag pour couvrir un massif de fleurs ou un carré d'aromatiques. Pour une bonne efficacité, faites attention à la pression de l'eau : si elle est insuffisante, les végétaux situés au bout des 30m de longueur du tuyau souffriront.

3.3. Les Ollas et Oyas : l'irrigation ancestrale par capillarité

Les Ollas, ou oyas, sont des pots en terre cuite poreuse, originaires des civilisations anciennes. Ces jarres poreuses permettent une irrigation souterraine, économe en eau, et sont adaptées pour de petites exploitations, en particulier en zone aride. Elles irriguent les plantes par la racine car elles sont enterrées. L’arrosage en profondeur permet de conserver l’humidité. Sous terre, le réservoir d’eau est protégé et il n’y a aucun risque d’évaporation. La plante est arrosée par la racine, les feuilles ne sont donc pas mouillées, l’eau ne stagne pas, les nuisibles ne sont pas attirés et il n’y a pas de mauvaises herbes (même lorsque vous partez en vacances !). Les oyas fonctionnent sur le principe de l’irrigation par capillarité. Il suffit d’enterrer l’oya près des racines des plantes. Jusqu’à 1,5 m pour un sol argileux. Ainsi, les racines se développent autour de l’oya, dans le sol humide et sur la surface de la jarre. La ville de Tours (Indre-et-Loire) a déployé une cinquantaine d’oyas dans un de ses jardins pour les légumes potagers tout au long de l’année. Il est important de noter qu'elles sont fragiles et doivent être protégées du gel pour éviter d’être fendues. Le paillage du sol autour de la jarre permet de limiter cet aléa en hiver et limiter l’évapotranspiration l’été. L’utilisation d’une eau calcaire pour le remplissage des jarres peut finir par les boucher, ainsi, l’eau de pluie est préférable, si elle peut être mobilisée.

Système d'irrigation avec des Ollas

3.4. L'arrosage automatique programmable : la gestion intelligente de l'eau

L’arrosage automatique programmable permet un arrosage du jardin régulier sans intervention manuelle. Le programmateur est l'élément clé qui rend l'arrosage "automatique" pour la période des vacances mais aussi pour le reste de la belle saison. Son principe de base s'appuie sur la détermination de la durée d'arrosage et de sa fréquence. Les années passent et les programmateurs se perfectionnent : certains permettent de faire un arrosage intelligent, c’est-à-dire qu'ils sont dotés d'une sonde permettant de détecter le niveau d'humidité du sol afin de déclencher ou non l'arrosage programmé. C’est très utile pour optimiser sa consommation d'eau.

4. Connaître ses plantes et son environnement : l'approche la plus éco-responsable

Chaque plante a ses propres exigences en matière d'arrosage. Ne pas utiliser d’Ollas, c’est devoir connaître chaque plante de votre jardin. Prenez le temps de connaître les caractéristiques de vos plantes, en tenant compte de leur résistance, de l'environnement dans lequel elles évoluent, et de leur stade de développement.

4.1. Le choix des végétaux : des plantes adaptées à votre climat

Le choix des végétaux joue un rôle essentiel dans l’arrosage du jardin. Opter pour des plantes adaptées à votre sol et à votre climat permet de réduire considérablement les besoins en arrosage. En plantant des variétés adaptées, vous allez faire en sorte qu’elles se sentent bien dans leur environnement. Si vous voulez économiser notre ressource si précieuse, n’hésitez pas à planter des fruits et des légumes qui n’ont pas de besoins importants en eau dans votre potager. Par exemple, c’est le cas des pommes de terre, des carottes, des asperges ou encore les haricots. Les plantes méditerranéennes comme la lavande, le romarin ou le laurier-rose sont parfaites pour les zones sèches. Leur feuillage souvent épais ou duveteux limite l’évaporation. Les plantes autochtones sont les mieux adaptées à nos conditions climatiques et s’accommodent également d’une période de sécheresse estivale.

4.2. La conception du jardin : regrouper selon les besoins

Penser la conception du jardin en amont permet de réduire significativement les besoins en eau. Regrouper les plantes selon leurs besoins hydriques, par exemple, permet d’arroser de manière ciblée. De plus, la création de zones autonomes, comme des massifs de plantes méditerranéennes ou à la manière d’un jardin sec, limite les arrosages. Ces zones nécessitent peu d’intervention mais offrent un intérêt visuel. Il est aussi possible de regrouper les plantes selon leur besoin en eau dans des zones spécifiques. Cela permet un arrosage ciblé et plus économe. Enfin, il est important d’adapter les plantations à l’exposition et à la nature du sol. Une plante en plein soleil sur un sol sableux n’aura pas les mêmes besoins qu’une autre à l’ombre sur sol argileux. Les plantes qui nécessitent le plus d’eau peuvent être placées près de la maison, où l’accès à l’eau est plus facile. Les plantes plus résistantes à la sécheresse pourront être plantées plus loin.

4.3. Le stade de développement de la plante : un facteur clé

Le stade de développement de vos plantes est important à surveiller ! Une jeune plante (comme les semis) aura toujours des besoins en irrigation plus importants qu’une plante déjà développée.

5. Améliorer la rétention d'eau du sol : les techniques de paillage et de binage

Les meilleures astuces pour avoir un arrosage de jardin économique consistent à réduire l’eau chaque jour, mais aussi à la conserver ! Ainsi, mieux vous parviendrez à la retenir dans les sols, moins vous aurez besoin d’en utiliser.

5.1. Le paillage : un bouclier protecteur

Le paillage est l’une des pratiques les plus efficaces. Paillez toutes les plates-bandes du jardin, les massifs, les plantes vivaces et les plantations de baies. Recouvrir le sol de matières organiques (écorces, tonte, paille…) permet en effet de limiter l’évaporation et les mauvaises herbes. Une surface de sol dénudée n’existe jamais dans la nature. Le sol est toujours couvert et reste donc plus frais, ce que préfèrent les racines des plantes. Vous obtiendrez le même effet avec une couche de paillage. Celle-ci empêche la terre du jardin de se réchauffer fortement. Le plus grand avantage : avec un sol plus frais, moins d’eau s’évapore. Vous pouvez ainsi réduire la fréquence des arrosages et économiser de l’eau en conséquence. En outre, le paillage supprime également les mauvaises herbes. C’est donc un double argument en faveur de la couche de sol protectrice.

Différents matériaux peuvent être utilisés comme paillage, qui peuvent être issus de déchets végétaux valorisés. Ils sont choisis en fonction du type de sol, des besoins en nutriments et de la masse microbienne. Choisissez un matériau adapté à votre type de sol et aux plantes que vous cultivez. Étalez une couche de paillage d’environ 5 à 10 cm d’épaisseur autour des plantes, en veillant à laisser un espace libre autour de leurs tiges pour éviter les risques de pourriture. Renouvelez le paillage au besoin pour maintenir une couche protectrice et nutritive pour votre sol.

Exemple de paillage au pied des plantes

5.2. Le binage : "un binage vaut deux arrosages"

Le système de binage a montré de telles capacités en économies d’eau que désormais, on dit même que « un binage vaut deux arrosages ». Lorsque le sol est dur, l’eau s’infiltre moins bien. Le binage permet ainsi de casser cette « croûte » de terre pour aérer les sols et ainsi permettre à l’eau de se disperser vers les racines. De plus, le système de binage permet de se débarrasser des mauvaises herbes. Pour cela, vous pouvez utiliser une binette ! La Binette spéciale potager 3 en 1, équipée d'un côté binette, d'un côté râteau et d'un côté latéral, offre une polyvalence inégalée. Cet outil de désherbage manuel, avec une lame trempée 38-42 HRC de 2 mm d'épaisseur et un manche de 150 cm 100% PEFC, rend le binage plus efficace que jamais. En binant régulièrement avec la Binette spéciale potager 3 en 1, non seulement vous préservez l'eau en favorisant une meilleure absorption, mais vous éliminez également les mauvaises herbes concurrentes.

5.3. Favoriser la construction naturelle du sol : l'humus

Il est possible de favoriser la construction naturelle du sol par de simples gestes. Pour cela, il est nécessaire d’aider la matière issue de la décomposition de matière organique présente dans le sol : l’humus. Il résulte de « l’action combinée des champignons, des organismes vivant dans le sol, des animaux et du carbone ». L’humus permet notamment de protéger la terre, de la régénérer mais aussi d’humidifier les végétaux. Il va donc retenir l’eau dans les sols. L’aération régulière, l’apport de compost et la rotation des cultures enrichissent la terre.

6. L'entretien du jardin : des gestes qui comptent

Un jardin bien entretenu consomme naturellement moins d’eau. Adopter des gestes simples mais réguliers favorise la santé des plantes et conserve l’humidité du sol.

6.1. La protection solaire : créer de l'ombre naturellement

Certaines plantes supportent très mal la sécheresse. Si une plante souffre en plein soleil, elle va manquer d’eau. En période de canicule, il est préférable de protéger vos plantes avant de tout de suite se tourner vers l’arrosage. Armature en bois, pare-soleil, cagettes, il existe plusieurs solutions pour mettre vos végétaux à l’abri du soleil. Sinon, vous pouvez aussi utiliser la permaculture ! Faites pousser un arbre un peu plus haut pour qu’il apporte de la fraîcheur à vos plantes, par exemple. Le but est d’utiliser les associations de plantes pour qu’elles s’aident à pousser, qu’elles se protègent et qu’elles se complètent en termes de taille. L’implantation de haies brise-vent ou d’ombrages naturels permet de limiter l’évaporation. Protéger le sol et les végétaux des conditions extrêmes permet de maintenir l’humidité plus longtemps.

6.2. Le désherbage : éliminer les concurrents

Les mauvaises herbes restent des plantes ! Et plus il y en aura aux pieds de vos végétaux, plus cela fera de bouches à hydrater. En retirant les mauvaises herbes de votre potager ou de votre jardin, vous allez faire en sorte que chaque arrosage profite uniquement à vos plantes et non à d’autres. L’entretien des massifs passe aussi par un désherbage manuel ou thermique ciblé. En limitant les plantes concurrentes, les végétaux en place bénéficient alors de plus d’eau.

6.3. La tonte haute de la pelouse : un rempart contre l'évaporation

En été, pour bien profiter de son jardin, on a tendance à souvent tondre la pelouse pour apporter de l’esthétisme. La raison est tout aussi simple : en tondant votre herbe vous allez offrir plus d’espace au passage de la lumière et donc de la chaleur. La tonte haute est une technique souvent négligée mais très efficace. Laisser le gazon à 6-8 cm permet de protéger le sol du soleil et de limiter l’évaporation.

7. Les outils de mesure et le suivi agronomique

Pour une gestion encore plus fine et optimisée de l'eau, des outils techniques d’arrosage se développent, notamment dans les espaces verts publics.

7.1. Les sondes tensiométriques : mesurer l'humidité du sol

Une sonde tensiométrique est un appareil de mesure qui évalue les forces de liaison (en centibar) entre l’eau et le sol, c’est-à-dire les forces que doivent exercer les racines des plantes pour absorber de l’eau dans le sol. Elle est composée d’un capteur - une bougie poreuse - qui mesure la tension. En général, les sondes mesurent entre 10 et 120 cm de hauteur, et leur installation est simple. La tensiométrie permet d’avoir une mesure rapide, mais ponctuelle et limitée en profondeur. Pour y remédier, plusieurs sondes sont installées à différentes profondeurs. Certaines entreprises recommandent 6 tensiomètres à installer par parcelle suivie, à deux profondeurs différentes, soit 3 sondes par niveau. Cette configuration permet d’obtenir, pour les deux profondeurs, une valeur médiane et ainsi une donnée statistique plus fiable et représentative de l’humidité dans le sol. Les données peuvent être enregistrées automatiquement avec un boîtier fixe à intervalle de temps défini, et une télétransmission peut être mise en place afin d’éviter de se déplacer pour les récupérer.

Retours d'expérience :La ville de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), qui compte plus de 15 000 arbres, a expérimenté entre 2019 et 2023 des sondes tensiométriques Urbasense sur une vingtaine d'arbres sensibles pour lesquels la volonté d’entretien était forte. Cette opération représentait un coût annuel de 12 500 € environ, qui n’a pas été reconduite car finalement elle s’avérait peu concluante pour avoir un effet d’efficacité représentatif sur le patrimoine arboré global de la ville.

À Saint-Germain-en-Laye, depuis 2021, la Ville a choisi d’équiper ses jeunes arbres des sondes tensiométriques afin de suivre plus précisément leurs besoins en eau, d’améliorer leur taux de reprise et de réduire les consommations d’eau potable destinée à l’arrosage. Le taux de reprise des jeunes arbres de la Ville était estimé en 2020 à environ 80 %. La Ville a décidé d’équiper ce dispositif sur ses deux premiers arbres en 2020, jusqu’à en posséder 12 en 2024. Ce suivi agronomique des 12 sondes représentait un budget d’environ 7 200 € par an. Le coût d'une sonde, environ 800 € pour son acquisition et 600 € pour son suivi annuel, est très vite amorti par les économies réalisées et permet à la ville d’en déployer d’autres.

Sonde tensiométrique pour l'arrosage

7.2. Les sondes capacitives : une mesure indirecte de l'humidité

Il existe un système similaire aux sondes tensiométriques : les sondes capacitives. Elles mesurent l’humidité du sol de façon indirecte, via une propriété physique : la permittivité diélectrique, qui correspond à la facilité qu’ont les molécules d’eau dans le sol à s’orienter sous l’effet d’un champ électrique ainsi qu’à leur nombre.

Retour d'expérience :Lors du renouvellement de son marché, la Ville de Paris a pu bénéficier d’un nouveau type de capteur, en plus des sondes tensiométriques : les sondes capacitives. Elle utilise ainsi les deux systèmes en parallèle.

7.3. Le suivi agronomique : une expertise pour l'autonomie hydrique

Des entreprises spécialisées proposent une expertise en agronomie urbaine et développent des capteurs connectés pour accompagner leurs utilisateurs dans le contrôle de l’arrosage de leurs espaces paysagers et le développement de leurs végétaux. Elles peuvent proposer des services de conception d’inventaire des espaces verts, de suivi tensiométrique à distance des arbres et des terrains, de gestion du patrimoine arboré via une plateforme cartographique, de préconisation de l’arrosage des plantations en fonction des mesures journalières, de fiabilisation du partage d’informations entre services, et de formations techniques à la pose de sondes. L'objectif étant d’atteindre l’autonomie hydrique, c’est-à-dire le stade où le végétal devient autosuffisant en eau et n’a plus besoin d’apports supplémentaires en dehors des pluies.

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