La bonne gestion de l’arrosage fait partie des clés pour garder des plantes en bonne santé. Mais il suffit d’un petit excès de zèle pour friser le dépérissement. Heureusement, il est parfois encore possible d’agir pour sauver une plante trop arrosée. Une surhydratation peut causer la mort d’une plante, car l'excès d'eau est l'une des premières causes de mort des plantes d’intérieur, et il vient presque toujours d’une attention trop généreuse. Rien de honteux là-dedans. Ce qui compte maintenant, c’est d’intervenir vite, dans le bon ordre.
Nous ne vous apprenons rien : les plantes ont besoin d’eau pour survivre. Une bonne irrigation va permettre aux végétaux de bien assimiler les nutriments du sol et de procéder à leur photosynthèse. L'eau est essentielle à la croissance et au développement des plantes. Elle est utilisée par les plantes pour la transpiration (pour abaisser la température des feuilles), elle agit comme solvant, elle est impliquée dans des réactions chimiques comme la photosynthèse, et elle transporte les minéraux à l'intérieur de la plante. Cependant, toutes les plantes n’ont pas les mêmes besoins hydriques : si certaines peuvent se passer d’eau pendant plusieurs semaines, d’autres auront besoin d’un sol humide continuellement. L'évolution les a dotées de mécanismes qui leur permettent de faire face à un manque d’eau temporaire, et elles nous envoient des signes clairs lorsqu’elles ont réellement besoin d’être arrosées. À l’inverse, un excès d’eau chasse l’oxygène présent dans la terre où poussent les racines. Le substrat gorgé d’eau ne contient plus suffisamment d’oxygène et les racines pourrissent. La pourriture remonte jusqu’à la plante et à partir de là elle sera difficile à endiguer.
Comprendre les mécanismes et les dangers de l'excès d'eau
Lorsqu'il y a trop d'eau dans la terre, il n'y a plus de place pour l'oxygène. Les racines pourrissent et, si vous ne faites rien pour la sauver, votre plante risque de mourir. C'est d'ailleurs l’une des causes les plus courantes de dépérissement des végétaux cultivés en pot, et ceux cultivés dans un sol compact qui ne leur convient pas ne vivront pas non plus très longtemps. En effet, lorsque le sol est très compact, ce qui est le plus souvent le fait de sols très riches en argile, l’eau y reste piégée longtemps, les racines sont donc noyées et s'asphyxient. Excepté bien sûr les plantes des zones plus ou moins humides.
Noyées, les racines s’affaiblissent rapidement, donnant le top aux champignons pathogènes présents dans le sol pour s’y attaquer. Le phytophthora et le pythium sont deux de ces champignons pathogènes. Ils vont se nourrir des tissus des racines. Celles-ci ne peuvent plus faire leur travail de pourvoyeuses de nutriments et d’eau. De plus, l'excès d'eau attire certains nuisibles, comme les moucherons de terreau et les cochenilles. Une humidité excessive favorise en plus le développement de champignons. Si vous les repérez sur la tige, sur les feuilles ou à la surface du pot, pas de doute : vous avez noyé votre plante. La compaction est un autre problème associé à des arrosages excessifs. La compaction diminue la porosité à l'air parce que les macropores (pores de grande taille entre les particules) s'effondrent, formant plusieurs petits micropores.

Identifier les symptômes d'une plante trop arrosée
Si l’asphyxie racinaire due à l’excès en eau chez une plante est un problème si courant, c’est parce que, au départ, tout se passe sous la surface, et que lorsque les parties aériennes, donc visibles, sont touchées, il est bien souvent trop tard pour agir. Avant d'intervenir, vous devez vérifier que votre plante est victime d'un excès d'eau. Plusieurs signes vous indiquent que vous êtes face à un sur-arrosage :
- Les feuilles jaunissent ou brunissent. Un excès hydrique (pluies abondantes, arrosages mal maîtrisés, sols trop lourds) est une cause fréquente de jaunissement des feuilles, notamment pour les plantes en pot. Les feuilles commencent à jaunir, généralement en partant du bas, et sont plus ou moins ramollies. Des feuilles jaunes sont aussi le symptôme d'une mauvaise exposition ou d'un manque d'eau.
- Le feuillage est mou, flétri et retombant. Un feuillage retombant est souvent la conséquence d'un sur-arrosage. La plante perd ses feuilles, qu’elles soient déjà jaunes ou encore vertes.
- Les tiges deviennent molles ou noircissent à la base ; la tige est souple. La base de la tige devient sombre, parfois visqueuse, et de la moisissure peut apparaître au niveau du collet de la plante, voire à la surface du substrat.
- Peuvent se former des pustules ou des petites zones liégeuses, qui correspondent aux endroits où les cellules végétales ont été détruites du fait de la pression de l’eau.
Pour confirmer votre diagnostic, examinez le terreau. Plusieurs signes indiquent un excès d'eau :
- La motte est très humide au toucher ; la terre est devenue de la boue. Le substrat trop détrempé induit le pourrissement des racines: la plante ne peut plus se nourrir correctement, ses feuilles ramollissent et jaunissent, puis se nécrosent et meurent. Si la terre est gorgée d’eau, par exemple, n'attendez pas et passez à l'étape suivante.
- Des flaques se sont formées à la surface.
- De la mousse et des algues poussent au pied de votre plante. La croissance d'algues vertes à la surface du substrat indique que celui-ci reste excessivement mouillé.
- Une odeur de moisi provenant du substrat. La terre sent la vase ou, du moins, une mauvaise odeur. Au niveau du sol, vous pourrez aussi voir des moucherons qui tournent au-dessus de la terre.
Le problème d'arrosage excessif peut être corrigé en réduisant la fréquence des arrosages. Un moyen facile de savoir si des plantes sont arrosées trop souvent consiste à surveiller la présence d'algues à la surface du substrat.
Les mythes et fausses interprétations de la soif des plantes
Souvent, on confond les symptômes d'un arrosage excessif avec ceux d'un manque d'eau, ce qui peut aggraver la situation si on se trompe de traitement. Parce que oui, allez savoir pourquoi, quand on voit une feuille jaunir, on pense direct que la plante a soif. C’est une croyance qui amène à une autre croyance puisque les plantes meurent les unes après les autres : « je n’ai pas la main verte ! » Et c’est là que réside le mythe : celui de penser que toutes les plantes vont mourir de soif alors qu’en réalité, chez les aracées du moins, nos plantes en pot sont exposées à un risque de noyade bien supérieur au risque de sécheresse.
En réalité, les plantes disposent de quelques mécanismes pour faire face à un manque d’eau. Elles vont commencer par refermer leurs stomates, pour limiter l’évapotranspiration. La plupart des espèces disposent également de réserves d’eau, stockées dans leurs tissus (dans les feuilles épaisses de certains anthurium par exemple, dans les racines tubérisées des alocasia, dans les tiges etc.). Attention, je ne dis pas qu’elles peuvent résister longtemps. Évidemment que si vous les privez d’eau, elles finiront par mourir. Mais avant cela, elles vous envoient plusieurs signes qui vous montrent qu’elles ont soif. Certaines personnes attendent d’avoir ces signes pour arroser. Au contraire, en cas d’excès d’eau, les dégâts infligés à la plante sont plus importants et surtout moins facilement réversibles.
mmm, j'pense que j'arrose trop mes plantes...
Sauver une plante trop arrosée : les gestes d'urgence
Maintenant que vous êtes sûr que votre plante a été trop arrosée, vous pouvez agir. Si les dégâts sont légers, un simple séchage suffit. Mais en cas de grandes eaux, vous devrez sans doute tailler et rempoter. Il est impératif d’agir pour l’aider.
1. Stopper l'apport d'eau et optimiser l'environnement immédiatStoppez tout apport d’eau et videz la soucoupe si elle contient de l’eau stagnante. Si vos plantes disposent de soucoupes ou sont mises dans des cache-pots, videz-les environ 30 minutes après l’arrosage. Éloignez la plante de toute source d’humidité ambiante.Ensuite, enlevez le cache-pot. De l'eau stagne peut-être au fond et elle remonte par capillarité. Et même vide, il crée une double épaisseur qui contribue à conserver un substrat humide. Sans lui, la terre séchera plus vite.Enfin, placez votre protégée à l'ombre. Si le soleil aide la motte à sécher, il peut abîmer le feuillage fragilisé. En effet, comme les racines ne jouent plus leur rôle et n'alimentent plus les feuilles, les limbes s'assèchent et sont vulnérables. Ils risquent de brûler si la luminosité est trop forte. La consigne s'applique pour les plantes d'intérieur ou d'extérieur en pot que vous pouvez déplacer à un endroit ombragé. Elle vaut également pour les espèces en pleine terre. Installez un parasol ou un voile d'ombrage au-dessus de vos arbustes, buissons et plates-bandes le temps qu'ils se remettent.Ces trois actions suffisent quand le sur-arrosage a été modéré. Après quelques jours, votre plante va se redresser, le terreau va sécher et vous observerez les premiers signes de reprise.
2. Faire sécher le substrat (Niveau d'intervention 1)Si les dégâts sont plus importants (la terre est gorgée d'eau, par exemple), n'attendez pas et passez à l'étape suivante. Lorsque le substrat est humide, mais pas détrempé, vous pouvez vous contenter de le faire sécher à l'air libre. Pour espérer sauver une plante trop arrosée, il va être impératif qu’elle puisse sécher. Retirez la plante de son pot. Pour cela, retirez la plante de son contenant et éliminez délicatement la terre qui entoure les racines. Le mieux est de la placer sur un récipient aéré pour que chaque partie de la terre puisse sécher. Posez la motte, toujours dans sa terre, à l'ombre pendant quelques jours. Quand les racines ont commencé à pourrir ou qu'elles sont peu nombreuses, la motte n'est pas assez compacte pour tenir toute seule. Pour éviter qu'elle se délite, vous pouvez remplacer le pot par un contenant ajouré, comme un panier. Si vous n'en avez pas, utilisez du papier journal pour emballer la motte. Une épaisseur ou deux suffit pour contenir la terre tout en laissant l'air circuler.Les cactées et les succulentes résistent très bien à la sécheresse, mais elles sont particulièrement vulnérables aux arrosages excessifs. Plus vite leur sol sèche, mieux ces plantes récupèrent. Pour accélérer le processus, placez une feuille d'essuie-tout sous ou autour de la motte. Laissez la motte à l’air libre, à l’abri du soleil direct, pendant 1 à 4 heures sur du papier absorbant. N’utilisez pas de sèche-cheveux : la chaleur directe brûle les racines déjà fragilisées. Le temps de séchage va dépendre de l’excès d’humidité. Il vaut mieux laisser trop de temps que pas assez. Lorsque vous remarquez que le sol devient plus clair et plus sec, c’est que vos végétaux commencent à absorber l’eau.Après quelques heures à l'ombre et à l'air libre, la terre sera sèche. Vous remettrez alors la plante dans son contenant. Cette technique évite le stress lié à un rempotage. Mais elle est parfois insuffisante.

3. Le rempotage d'urgence et la taille des racines (Niveau d'intervention 2)Le sol est complètement saturé d'eau ? Le terreau est infesté de champignons, de mousses et d'algues ? Vous avez remarqué de la pourriture sur les racines lorsque vous avez sorti votre plante de son pot ? Alors vous allez devoir employer les grands moyens.Tournez le pot en tapotant les bords pour libérer la motte sans forcer. Ne tirez jamais sur les tiges : les racines fragilisées se cassent facilement.
Couper les racines pourriesUne fois que vous avez dépoté la plante, enlevez la terre délicatement avec vos doigts. Mieux vaut la jeter et ne pas la réutiliser. Elle abrite peut-être des parasites ou alors le surplus d'eau a fait partir tous les nutriments.Observez le système racinaire de votre plante. Une fois que les racines sont à nu, observez-les. Vous reconnaîtrez facilement les racines pourries : elles sont marron et molles ; elles sentent l'œuf pourri ou le soufre ; elles sont recouvertes de moisi. Les racines saines sont fermes, blanches ou beige clair. Si vous remarquez que certaines parties dégagent une odeur nauséabonde de pourriture, qu’elles sont molles et brunâtres, coupez-les. Vous devez les couper afin qu'elles ne contaminent pas les racines en bonne santé. À l'aide d'un sécateur ou d'une paire de ciseaux propres et affûtés, retirez la partie abîmée. Celles qui sont blanches et fermes sont saines, il faut les garder. Bien sûr, si toutes les racines sont pourries, vous ne pourrez rien faire. Tout le système racinaire est touché ? Il est sans doute trop tard pour sauver votre plante. Vous pouvez tout de même couper les racines à ras et replanter. Les voies de la botanique sont impénétrables et l'on assiste de temps en temps à des miracles. Lorsque plus de la moitié des racines sont pourries, la situation est sérieuse. Si des tiges saines subsistent, le bouturage d’urgence est votre meilleur recours : prélevez une tige encore verte, laissez sécher la coupe 24 heures, puis repiquez dans un substrat propre et drainant. Vous préservez ainsi la plante même si le pied principal est perdu. Si aucune racine saine ne subsiste, aucun soin ne pourra inverser la situation.
Tailler les parties abîméesTaillez les feuilles et les tiges jaunes ou brunes. Elles ne repartiront pas et ne contribuent plus à la photosynthèse. Cela aidera aussi votre plante à reprendre sa croissance.
RempoterUne fois la taille terminée, rempotez dans un pot percé. En prévention, nous vous conseillons soit de changer de futur contenant, soit de bien nettoyer l'ancien avec de l'eau tiède, du savon doux et quelques gouttes de vinaigre blanc. Attention à choisir impérativement un contenant dont le fond est percé d'un ou de plusieurs trous.Placez un nouveau substrat adapté (terreau ou terre de jardin) dans le contenant. Vous pouvez garnir le fond avec des billes d'argile ou des graviers pour améliorer le drainage. Pensez à ajouter dans le fond, des éléments drainants sur environ 3 à 5 cm d’épaisseur, afin de favoriser l’écoulement d’eau. Un mélange terreau + perlite (30%) ou terreau + pouzzolane assure un bon écoulement de l’eau. Ne tassez pas la terre, posez la plante à la même profondeur qu'avant, et n'arrosez pas pendant les 5 à 7 jours suivants.Versez une couche de terreau adapté aux exigences de votre plante verte. Installez votre spécimen au centre et ajoutez du substrat. Arrêtez-vous deux ou trois centimètres au-dessous du bord ? Ainsi, l'eau ne débordera pas pendant les arrosages.Arrosez votre plante. Oui, je sais. Nous avons dit au début que vous deviez stopper les apports d'eau. Mais l'arrosage est indispensable après un rempotage. Il facilite l'enracinement. Arrosez généreusement, pour humidifier l'ensemble de la terre. Lorsque l'eau s'écoule par les trous de drainage, arrêtez. Laissez l'eau s'égoutter avant de remettre votre pot sur sa coupelle. Contrôler la soucoupe 20 minutes après. Si elle contient de l'eau, videz-la.
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Après le sauvetage : soins et récupération
Après quelques jours à l'ombre, votre plante retrouvera toute sa splendeur. À ce stade, vous avez fait tout votre possible pour sauver votre plante trop arrosée. Il ne vous reste plus qu'à attendre la reprise. La récupération prend de quelques jours à plusieurs semaines selon l’espèce et l’état des racines. Les premiers signaux positifs sont de nouvelles feuilles et des tiges qui se redressent.
Gardez votre plante à l'ombre jusqu'à l'apparition de nouvelles pousses. Quand des feuilles ou des bourgeons apparaissent, vous pouvez la réinstaller dans un endroit ensoleillé ou à la mi-ombre, si c'est ce qu'elle préfère. Vous pouvez aussi ôter le voile d'ombrage pour les végétaux en pleine terre.Après le sauvetage, votre plante demeure vulnérable. Ne la fertilisez pas. L'engrais risque de lui causer un stress supplémentaire. De plus, si vous avez rempoté, le substrat neuf est riche en nutriments et il n'est pas nécessaire de fertiliser pendant le mois qui suit. Vous avez conservé le même terreau ? Patientez jusqu'à la reprise de la croissance pour démarrer les apports d'engrais.En revanche, n'attendez pas les nouvelles feuilles pour donner à boire à votre plante ! Touchez la terre quelques jours après le sauvetage. Si les deux ou trois premiers centimètres sont encore humides, ne faites rien. Arroser seulement quand le terreau est sec en surface. Attendez que la terre soit sèche sur 3 à 4 cm avant de reprendre un arrosage. Comme après le rempotage, ne laissez pas d'eau stagner dans la soucoupe ou le cache-pot.

Gérer l'excès d'eau pour les plantes en pleine terre
Le sur-arrosage concerne surtout les plantes en pot, qu'elles soient dans la maison ou en extérieur. En pleine terre, l'eau s'écoule naturellement et elle est captée par les nappes phréatiques. Cependant, en cas de fortes pluies ou d'inondations, votre jardin peut se retrouver noyé. Tout n'est pas perdu pour autant. Les arbres, les arbustes et les autres plantes sont capables de survivre quelques jours, même en étant immergés.Attendez que l'eau se soit totalement retirée pour intervenir. Résistez à la tentation d'aller voir vos plantes, même s'il ne reste que quelques centimètres d'eau. En marchant sur le sol détrempé, vous risquez de tasser la terre et d'aggraver son état. Une fois que l'eau est partie, direction le potager pour récolter les fruits et les légumes qui peuvent être sauvés. Cueillez également les autres, pour que la pourriture ne s'étende pas aux autres plants et à l'ensemble de vos cultures.
Pour les rosiers, les Camélias du Japon et autres plantes fleuries, tout dépend de l'ampleur des dégâts. Coupez les fleurs fanées, les feuilles et les tiges pourries pour éviter la propagation des maladies. Examinez ensuite la plante pour savoir si elle a survécu. Vous aurez peut-être besoin de déraciner votre pied pour voir les racines. Tant qu'elles sont en bonne santé, l'espoir subsiste. Effectuez une taille radicale pour conserver ce qui vit encore et aider à votre plante à reprendre sa croissance.Si une plante du jardin subit un excès d’eau, par exemple suite à un aléa climatique, laissez-la se remettre de ses émotions sans intervenir. Par contre, si votre sol est lourd et si l’eau stagne en formant des flaques autour de la plante pendant plusieurs jours, il est impératif d’agir pour l’aider. Avec une bêche, sortez-la de terre. Déterrez la plante et enlevez avec délicatesse la terre autour de ses racines. Si certaines d’entre elles sont noires ou brunes, molles et dégagent une odeur nauséabonde, coupez-les avec un sécateur bien désinfecté. Ensuite, il est possible de la planter dans un autre endroit où le sol est moins argileux, ou bien de la planter dans un pot.Si la zone est en pente, creusez une tranchée à proximité de la plante, plus ou moins profonde selon la taille du système racinaire, afin de donner à l’eau présente une voie d’écoulement. Si c’est efficace, vous pourrez pérenniser le système en installant un tuyau et en le recouvrant de terre. Utilisez une grelinette ou autre fourche-bêche pour creuser des trous profonds tout autour de la plante et remuez afin de créer des cheminées d’aération.Vous voudriez déplacer votre laurier rose au sommet d'une butte pour le protéger ? Vos laitues sont noyées et il n'est pas trop tard pour en semer de nouvelles ? Laissez passer au moins trois semaines après le retrait de l'eau pour replanter. C'est le temps nécessaire au ressuyage, le processus qui permet à la terre de sortir de l'état de boue et d'être à nouveau sèche, prête à accueillir vos cultures.
Prévenir l'arrosage excessif : les meilleures pratiques
Cultiver des végétaux en leur offrant les conditions les plus proches possibles de leurs besoins est la meilleure manière de les conserver longtemps en bonne santé et de les voir s’épanouir. Les apports en eau sont une de ces conditions, et certainement parmi les plus importantes. Car en quantité insuffisante comme en quantité trop importante, l’apport en eau peut avoir des effets dévastateurs sur la santé des végétaux. Et l’on ne se méfie pas assez de l’excès en eau pour nos plantes.
1. Connaître les besoins spécifiques de chaque planteL'idéal est bien sûr de connaître les besoins en arrosage de chaque plante. Un cactus (habitué à la sécheresse) et un papyrus (plante aquatique) n’auront par exemple absolument pas les mêmes besoins hydriques. La fréquence et la durée (la quantité d'eau) des arrosages dépendent de l'espèce de plante, du stade de développement de la plante, du substrat de culture utilisé et de l'environnement de culture. Toutes les plantes ont besoin d'une plus grande quantité d'eau pendant leur période de croissance. De plus, les plantes à croissance rapide, comme les géraniums et les pétunias, ont besoin de plus d'eau que les plantes à croissance plus lente comme les arbustes, le thym, le romarin, etc. Par conséquent, les jeunes plantes et les plantes à croissance lente doivent être arrosées moins fréquemment que les plantes matures ou les plantes à croissance rapide.Nos plantes, qu’elles soient d’intérieur ou d’extérieur, ont des besoins différents. Par exemple, certaines plantes sont acidophiles. Cela signifie qu’elles ne supportent pas les sols riches en calcaire. Pour cela, il faudra utiliser une eau non-calcaire pour arroser vos plantes.
2. Adopter les bonnes habitudes d'arrosageLa plupart des excès d’arrosage viennent d’un même réflexe : arroser par calendrier ou par habitude, sans vérifier l’état réel du sol. Pour savoir quand arroser la plupart des plantes, il suffit de tâter le substrat, sur environ 2 cm de profondeur (environ 1 phalange). Si je sens que c’est humide, je n’arrose pas. S’il est encore bien humide, qu’il colle au doigt et qu’il dégage une sensation de fraîcheur, il est inutile d’arroser. Si tu as un doute, si tu ne sais pas trop, alors je te conseille de ne pas arroser. Parce que si c’est très sec, tu le sentiras, et tu le verras avec le port de la plante, l’aspect de ses feuilles. Donc si tu n’es pas sûr(e), je te conseille de ne pas arroser, et d’observer attentivement l’apparence de ta plante dans les heures puis jours qui suivent.Arrosez par trempage. Cela consiste à plonger la plante dans une bassine d’eau ou dans un évier, puis à la laisser pendant 15 minutes environ. Par capillarité, la motte va pouvoir s’hydrater correctement et sans excès.En dehors des périodes de canicule, n'arrosez pas le soir. Le substrat a plus de mal à sécher la nuit et quand les températures baissent.Si tu sais que tu arroses un peu trop de manière générale (en anglais il existe même un mot pour cela « overwaterer », c’est-à-dire celui qui arrose trop), le fait d’utiliser un substrat plus drainant, d’opter pour des pots en terre cuite et un peu trop petits et de créer des conditions favorables à un séchage plus rapide pourra également t’aider à limiter les dégâts.
3. Choisir le bon pot et le bon substratCes quelques astuces et conseils vous éviteront de noyer votre plante une seconde fois.
- Utilisez toujours un pot percé. Les trous sont indispensables pour le drainage. Sans eux, l'excès d'eau ne peut pas s'écouler. La terre se gorge d'eau et votre plante se noie.
- Choisissez un pot en terre cuite plutôt qu'en plastique. L'argile est poreuse et laisse le sol respirer. Si vous arrosez trop, le substrat séchera plus vite et les racines auront moins de risque de pourrir.
- Évitez les cache-pots, surtout s'ils sont trop étroits. Ils empêchent l'air de circuler et augmentent le degré d'humidité. Videz l'eau qui stagne dans la coupelle ou le cache-pot après l'arrosage. Si votre pot est trop gros pour être manipulé, remplissez le fond du cache-pot ou la soucoupe avec des billes d'argile. Elles absorberont le surplus d'eau.
Pour que l’eau stagne moins dans le substrat, l’ajout d’éléments drainants est évidemment très efficace. Il faut augmenter les proportions des composants qui assurent le drainage, à savoir, entre autres : la perlite, la pouzzolane, le pon, la pumice ou les écorces.Si les arrosages excessifs représentent un problème, un producteur peut opter pour une autre taille de contenant ou utiliser un substrat de culture ayant une plus faible capacité de rétention de l'eau.La perlite est une matière inerte pouvant être utilisée en différentes tailles de particules. Dans le cas du PRO-MIX HP, la perlite augmente la porosité à l'air du mélange puisque celui-ci retient moins d'eau que la tourbe de sphaigne.L'enveloppe de coco est coupée en morceaux, lavée pour lessiver les sels, séchée puis comprimée. Elle est ensuite hydratée et ajoutée à nos substrats de culture. Les plantes utilisent l'eau plus efficacement, aidant à réduire les arrosages excessifs. Naturellement, le coco contient une forte concentration de sodium et de chlorure. La qualité du coco dépend du pays d'origine et du processus de fabrication. Il est très important de choisir du coco offert par une entreprise réputée dont les standards de qualité sont élevés.La dernière composante utilisée pour réduire la capacité de rétention de l'eau des substrats est l'écorce, que l'on retrouve dans les produits PRO-MIX® BK et PRO-MIX® BKI. L'écorce de pin vieillie et compostée ajoute de la densité apparente, réduit la capacité de rétention de l'eau et fournit de l'aération. La qualité de l'écorce est très importante pour les substrats de culture.
Parfois, du sable est ajouté à un substrat de culture dans le but d'améliorer le drainage, mais cela fait plutôt diminuer la porosité à l'air et augmente la teneur en eau puisque les macropores sont remplis de sable. Une autre erreur courante commise par les producteurs est l'ajout d'une couche de perlite ou de sable au fond des pots. Le substrat par-dessus la couche de perlite ou de sable ne se drainera que lorsqu'il sera saturé d'eau. Lorsqu'un substrat de culture est trop brassé, les fibres se décomposent en petites particules, ce qui augmente la rétention de l'eau. Le problème est plus évident lorsque la dernière portion du substrat dans une empoteuse / foisonneur de terreau est utilisée pour remplir des contenants. Habituellement, le fond d'un foisonneur de terreau contient le terreau ayant subi la plus grande transformation. Ce type de terreau retient plus d'eau, ce qui fait que la rétention de l'eau ne sera pas la même que dans les premiers contenants remplis.
4. Solutions innovantes pour l'arrosageNe demandez pas à n'importe qui d'arroser vos plantes d'intérieur. Si vous devez vous absenter et que vous n'avez pas de pro du jardinage sous la main, optez pour un système de goutte-à-goutte, de réserve d'eau ou du gel d'arrosage.Testez les oyas ou ollas. Pour les plantes qui apprécient les sols frais (qui ne sont jamais totalement secs), les poteries d’irrigation permettent une hydratation par capillarité, en fonction des besoins de la plante. Dès que la terre se dessèche, l’eau peut suinter à travers la paroi des ollas. Cela assure un arrosage tout en douceur. Une Oya est un pot en terre cuite qui permet d’irriguer vos végétaux par porosité. En simple, ils viennent d’eux-mêmes s’hydrater par la racine et il n’y a aucun risque de surplus, de manque ou d’eau stagnante.
5. Améliorer le drainage en pleine terreEn pleine terre, c’est un sol compact qui entraîne des excès d’humidité.
- Plantez sur des buttes de 15 à 20 cm. L’eau s’écoulera dans les sillons créés entre les buttes. C’est la méthode idéale pour les oignons, échalotes, aulx.
- Apportez à votre sol de la matière organique, compost ou fumier, toujours bien décomposé.
- Évitez les outils qui bouleversent les couches du sol, préférez les grelinettes et autres outils aérateurs.
- Entre deux cultures, semez des engrais verts à racines puissantes et profondes, qui vont décompacter efficacement le sol.
- Au jardin, installez un récupérateur d'eau de pluie et créez un puits perdu pour limiter la quantité d'eau qui stagne sur votre terrain.
- En extérieur, vous pouvez creuser des tranchées pour favoriser l'évacuation de l'eau et épargner vos massifs et certaines de vos plantes.
6. Facteurs environnementauxLa dynamique de l’eau chez la plante est très étroitement liée à la température de son environnement. L’ensoleillement est également important : une plante de mi-ombre exposée au soleil direct peut montrer des signes de jaunissement. L’excès hydrique n’est pas toujours la cause d’une mauvaise habitude d’arrosage. L’environnement peut aussi impacter la croissance de vos végétaux.Il s’agit d’offrir à vos plantes une température qui facilitera le séchage du substrat (globalement, plus de 20°C, et idéalement 25°C) et une forte exposition qui stimulera la photosynthèse et donc l’absorption de l’eau par les racines. C’est coûteux en énergie et à moins d’avoir une pièce « spéciale plantes », c’est compliqué à mettre en œuvre.Les arrosages excessifs peuvent devenir un problème courant lors d'une saison pluvieuse ou des mois d'hiver pendant lesquels les journées sont courtes et fraîches. Pour régler ce problème, diminuez la fréquence des arrosages, espacez les plantes pour que l'humidité s'échappe du couvert végétal et augmentez la circulation de l'air dans la serre.
Soutenir la plante en prévention et en traitement
Comme en prévention, une décoction de prêle ou des mycorhizes vont aider la plante à mieux résister à ces conditions difficiles. Néanmoins, cela ne dispense pas d’offrir à la plante un substrat plus sec.Calibrachoas en corbeilles arrosés de manière insuffisante se développent souvent mal et sont chlorosés en raison d'une faible absorption de nutriments et/ou de maladies racinaires. Dans un tel cas, le séchage des plantes améliorera la qualité de la culture et réduira les maladies racinaires, et cela pourrait aussi minimiser la chlorose.
Il est temps de se détendre et de ne pas stresser inutilement pour nos plantes. Non, elles ne mourront pas de soif en deux temps trois mouvements. L’évolution les a dotées de mécanismes qui leur permettent de faire face à un manque d’eau temporaire, et elles nous envoient des signes clairs lorsqu’elles ont réellement besoin d’être arrosées. Pour éviter les problèmes liés à l’arrosage, il sera donc préférable de bien connaître tes plantes et leurs besoins, de surveiller leur aspect et d’adopter une approche plus parcimonieuse.