Guide complet pour l'installation d'un système d'arrosage enterré pour terrain rectangulaire

L'installation d'un système d'arrosage automatique dans un jardin est une solution efficace pour gagner du temps et préserver les plantes, tout en assurant une distribution d'eau uniforme. Pour un terrain rectangulaire, comme une surface de 200m² (20m x 10m) destinée à l'implantation de gazon, la planification est une étape indispensable pour une installation réussie, permettant d'éviter des erreurs coûteuses.

La planification : une étape cruciale pour un arrosage optimisé

La planification est la base de tout système d'arrosage automatique. Elle permet d’éviter les erreurs coûteuses et d’assurer une distribution d’eau uniforme. Un système bien conçu simplifie l’entretien du jardin et réduit la consommation d’eau. Il permet d’arroser efficacement sans gaspiller, tout en maintenant un sol humide. Plusieurs critères influencent le choix du système, notamment la surface à irriguer, les besoins des plantes et la topographie du terrain.

Mesure et plan du jardin

Pour commencer, il est essentiel de mesurer la taille de votre jardin et de dessiner un plan détaillé à l'échelle 1/100 ou 1/200. Ce plan doit inclure les zones à irriguer, les obstacles éventuels et la source d’eau. Ce schéma guide l’installation et évite les erreurs coûteuses. Vous pouvez tracer un chemin autour de votre jardin pour mesurer la superficie avec précision. Pour identifier les zones, regroupez les plantes par besoins en eau. Une pelouse nécessite généralement 40-50 mm d’eau par semaine, tandis qu'un potager requiert 2-10 mm. Le type de sol influence également la répartition de l'eau.

Plan détaillé du jardin pour un système d'arrosage

Évaluation des besoins en eau et types de systèmes

Plusieurs systèmes d’arrosage automatique coexistent pour les jardins résidentiels. On distingue l’arrosage de surface (avec des tuyaux visibles), l'arrosage enterré (un système discret) et l'arrosage ciblé (goutte-à-goutte ou micro-aspersion). Pour une pelouse et de grandes zones, l’arrosage de surface et par aspersion est souvent adapté. L’arrosage goutte-à-goutte et la micro-irrigation, quant à eux, délivrent l’eau au pied des plantes à basse pression, réduisant l’évaporation et prévenant les maladies. Pour la mise en place d'un gazon sur une surface rectangulaire, un système enterré avec des tuyères ou turbines est la norme absolue, car il est esthétique et permet de passer la tondeuse sans risque.

Comprendre la pression et le débit d'eau

La compréhension de la pression et du débit est fondamentale pour concevoir un système d'arrosage efficace. Ces deux paramètres déterminent la capacité de votre système à alimenter les arroseurs correctement.

Mesure du débit et de la pression de l'alimentation

La mesure du débit d’eau démarre par un test simple : remplir un seau de 10 litres et chronométrer le temps. Le calcul est le suivant : (contenance en litres / temps en secondes) x 3,6 = votre débit en m³/h. Un débit de 1800 litres/heure est conseillé pour un bon fonctionnement.

Pour calculer la pression, on utilise la Hauteur Manométrique Totale (HMT), qui inclut le dénivelé, la pression utile et les pertes de charge. Vous connaîtrez la pression en contactant votre fournisseur, ou tout simplement en utilisant un manomètre. Par exemple, si vous avez 5,4 bars au départ de votre alimentation, il est crucial de comprendre comment cette pression évolue lorsque le circuit est divisé pour alimenter plusieurs tuyères. La pression n'est pas simplement divisée par le nombre de tuyères. Elle est influencée par les pertes de charge dues aux frottements dans les tuyaux, les raccords et les arroseurs eux-mêmes.

ARROSAGE AUTOMATIQUE de A à Z, buse, programmateur, électrovanne, débit, pression - Hors-serie LJVS

Gestion de la pression dans un circuit d'arrosage

Dans un circuit d'arrosage divisé en plusieurs branches pour alimenter des tuyères, la pression ne se divise pas équitablement entre chaque sortie. Chaque tuyère a une consommation spécifique en eau (débit) à une pression donnée. La pression disponible à chaque tuyère dépend de la pression au point de départ, des pertes de charge accumulées le long du tuyau jusqu'à la tuyère, et des débits simultanés des autres tuyères sur le même circuit.

Une pression trop forte pourrait faire exploser vos tuyaux d'arrosage. On considère qu’au-delà de 5 bars, l’installation d’un réducteur de pression est indispensable. Si vous avez 5,4 bars au départ et que vous alimentez 3 tuyères sur un circuit, la pression ne sera pas de 1,8 bar par tuyère. Il faut calculer les pertes de charge pour chaque section de tuyau et chaque raccord.

L'intérêt de réduire les sections de tuyaux après chaque arroseur jusqu'à arriver au dernier, comme mentionné dans certains documents, est de maintenir une pression plus constante pour les arroseurs situés en fin de ligne. En réduisant le diamètre du tuyau, la vitesse de l'eau augmente, ce qui peut compenser certaines pertes de charge et assurer une distribution plus uniforme de l'eau, en particulier dans les systèmes où les arroseurs ont des débits différents. Cela permet de minimiser les variations de pression et de garantir que tous les arroseurs reçoivent une quantité d'eau suffisante pour fonctionner correctement.

Quant à la capacité nominale du système, elle est utile même si vous avez mesuré vous-même le débit et la pression au départ. La capacité nominale représente la performance théorique optimale du système dans des conditions idéales, souvent basée sur les spécifications des fabricants des composants. Comparer vos mesures réelles à la capacité nominale peut vous aider à identifier d'éventuels problèmes (comme des pertes de charge excessives, un dimensionnement incorrect des tuyaux, ou des arroseurs sous-performants) et à optimiser votre installation. Cela donne une référence pour évaluer l'efficacité de votre propre système.

Composants essentiels d'un système d'arrosage automatique enterré

Un système d'arrosage automatique se compose de plusieurs éléments clés qui travaillent ensemble pour assurer une irrigation efficace.

Programmateur et électrovannes

Le programmateur est la base de tout système d’arrosage automatique. Il permet de planifier l’arrosage de la pelouse en fonction des besoins. Fonctionnant à l’électricité (réseau ou piles), il existe des modèles sans fil et même solaires qui le rendent totalement autonome et économe. Les modèles sont plus ou moins perfectionnés, pouvant proposer 1 à 6 zones d’arrosages différents, ce qui permet de gérer l’arrosage de votre pelouse et de vos massifs et/ou potager.

Il est judicieux d’associer le programmateur à un pluviomètre, ce qui évitera des arrosages inutiles. La sonde d’humidité est un autre accessoire utile qui va indiquer au programmateur que le sol est assez humide.

Les électrovannes s’installent dans un regard à 40 cm de profondeur. Elles sont reliées au programmateur et sont responsables de l'ouverture et de la fermeture de l’arrivée d’eau de chaque tuyau. Un fil relie chaque électrovanne au fil neutre (COM) du programmateur. Les modèles extérieurs se placent près d’une alimentation électrique.

Les arroseurs : tuyères et turbines

Pour un système enterré, on distingue deux types d’arroseurs fixes :

  • Les tuyères : Elles sont enterrées dans le sol et sortent partiellement grâce à la pression de l’eau lorsque l’arrosage est en marche. Elles sont gérées par une buse qui permet à l’utilisateur de régler le débit et la surface d’arrosage. Elles arrosent des petites surfaces, jusqu’à 5 m².
  • Les turbines : Plus puissantes, elles arrosent jusqu’à 30 m autour d’elles et sont également enterrées.

Pour une surface rectangulaire de 20m x 10m, une simulation suggérant 2 circuits de 3 tuyères semble cohérente, mais l'adéquation dépendra des caractéristiques précises des tuyères choisies (portée, angle d'arrosage) et de la pression disponible. Le positionnement des arroseurs dépend de leur type et de la pression. Un espacement en triangle équilatéral optimise la couverture.

Tuyaux et raccords

Vous trouverez dans le commerce des tuyaux à basse densité et à faible diamètre, utilisés pour les systèmes de goutte-à-goutte, et des tuyaux à haute densité et à gros diamètre (de 25 à 32 mm) qui sont capables de supporter la pression nécessaire à un réseau d’arrosage automatique. Les arroseurs secondaires peuvent éventuellement être de plus petit diamètre. Les tuyaux primaires en PEHD se déroulent au fond des tranchées. Les raccords à compression ou cannelés garantissent l’étanchéité.

Les raccords permettent d’assembler deux tuyaux pour une plus grande longueur ou pour changer de direction. Les divers modèles de raccords correspondent aux assemblages possibles : en coude pour tourner, en manchon pour prolonger un tuyau par un autre de même diamètre, en Y pour raccorder un tuyau à deux autres de même diamètre, en T pour raccorder un ou deux tuyaux à un troisième partant à la perpendiculaire, de même diamètre. La résistance des tuyaux pour un système enterré est moins importante puisqu’il ne subira aucune agression, mais il est préférable d'éviter les tuyaux bas de gamme.

Étapes de l'installation d'un système d'arrosage enterré

L'installation d'un système enterré demande de la précision et le respect de certaines étapes clés pour garantir sa durabilité et son efficacité.

Marquage et creusement des tranchées

Après avoir réalisé votre plan, le marquage du tracé se fait avec de la peinture blanche écologique, appliquée via un pulvérisateur ou un rouleau. Cette méthode offre une visibilité sur le gazon, résiste à la pluie et sèche en moins de 20 minutes.

Il est nécessaire de creuser des tranchées d’environ 30 centimètres de profondeur. Les tranchées pour les réseaux primaires doivent être à 60 cm de profondeur et celles pour les secondaires à 40 cm. Utilisez une pelle à tranchée, une bêche ou une mini-pelle mécanique. Complétez avec du sable en terrain caillouteux. Avant creusement, consultez les plans DT/DICT pour localiser les réseaux existants et identifier les regards et tampons visibles. Une déclaration DT-DICT conjointe est obligatoire pour éviter d'endommager les infrastructures souterraines existantes.

Pose des tuyaux et raccordements

Versez une couche de 10 cm de gravier dans le fond des tranchées avant de poser le réseau en place. Installez les tuyaux en les découpant lorsque c’est nécessaire et assemblez-les grâce aux raccords en suivant le plan réalisé à l’échelle. Les tuyaux doivent être enterrés à environ 25 cm pour les arroseurs qui arrivent au ras du sol. Ces tranchées doivent être en V, avec un fond plat. Placez les arroseurs aux endroits que vous avez définis.

Installation des tuyaux d'arrosage enterrés

Test d'étanchéité et réglages

Avant de remblayer, il est impératif de tester le système pour repérer les fuites. Le test d’étanchéité se réalise en remplissant le système d’eau ou en utilisant un fumigène. Une perte de pression ou de la fumée visible indique une fuite. Faites les modifications si besoin, ajustez les orientations ou déplacez les arroseurs.

La purge élimine l’air et les impuretés en ouvrant les vannes de purge ou les arroseurs, évitant ainsi les blocages et les surpressions. Une fois le test validé, remblayez les tranchées en déposant d’abord 10 cm de sable propre. Tassez manuellement les premiers 20 cm pour éviter d’endommager les tuyaux. Recouvrez ensuite de 10 cm de gravier puis de terre, tassez et semez votre gazon.

Réglez chaque arroseur selon sa zone. Un arc de 90° pour un angle de pelouse, 360° pour un massif circulaire. Tournez la vis centrale avec une clé Hunter pour ajuster la portée et l’angle avec une clé Hunter.

Purges pour l'hiver

Pour un réseau d’arrosage enterré, il faut installer des purges. C’est un petit système qui permet de vider l’eau des tuyaux à la fin de l’automne. C’est indispensable pour ne pas que l’eau gèle pendant l’hiver, ce qui ferait éclater toute votre installation souterraine.

Programmation et entretien pour un jardin durable

Une fois le système installé et opérationnel, une programmation judicieuse et un entretien régulier sont essentiels pour un arrosage efficace et économique.

Programmation de l'arrosage

Programmez le système selon les besoins saisonniers. En été, arrosez 10 min/jour pour un goutte-à-goutte, 15 min pour une pelouse. En hiver, réduisez la fréquence. L’arrosage automatique n’a pas besoin d’être en fonction tout au long de l’année. Favorisez les périodes de croissance et les périodes chaudes et sèches, donc du printemps au début de l’automne.

Prenez en compte ces éléments :

  • Le vent accentue le dessèchement.
  • Un gazon tondu ras s’assèche beaucoup plus vite qu’un gazon tondu haut (l’herbe haute va garder un peu d’humidité et protéger le sol de la déshydratation).
  • Un sol très léger, sableux, est très drainant ; l’eau inutilisée immédiatement va partir dans les couches profondes. Les arrosages doivent donc être plus fréquents mais plus courts. Ils seront également de ce type dans le cas d’un sol lourd qui retient beaucoup l’eau.
  • Un gazon qui a soif va de toute façon présenter des signes caractéristiques : il devient plus pâle et moins souple, vous laissez des traces lorsque vous marchez dessus.

La quantité d’eau moyenne nécessaire pour un gazon est de 4 mm par jour. Si vous habitez dans une région où la pluviométrie est faible, surtout en été, programmez l’arrosage automatique pour un arrosage tous les 3 jours, voire tous les 2 jours dans les régions chaudes, ou encore si votre pelouse semble plus souffrir de la chaleur (certaines variétés de graminées sont peu résistantes à la sécheresse), de préférence de nuit, réglé à 5 l/m².

Il est préférable de programmer l’arrosage tôt le matin au printemps, pour éviter que les graminées ne gèlent durant la nuit. Durant les périodes chaudes par contre, il est plus judicieux d’arroser en fin de soirée. La température baissant durant la nuit, cela laisse le temps à l’eau de s’infiltrer dans le sol. La plupart des bons systèmes modernes sont équipés d’une petite sonde de pluie. Si un orage éclate pendant la nuit, la sonde le détecte et coupe l’arrosage prévu le lendemain matin. Le système s’adapte à la météo en temps réel pour ne jamais gaspiller une seule goutte.

Programmateur d'arrosage automatique avec sonde de pluie

Maintenance et résolution des problèmes courants

Les problèmes courants incluent des fuites, une pression irrégulière ou des électrovannes défectueuses. Vérifiez les raccords, nettoyez les filtres et ajustez la programmation. Pour la maintenance du matériel en cas de panne, il peut être compliqué de s'en occuper, celui-ci n'étant pas accessible directement une fois enterré.

Pratiques durables et économie d'eau

Pour aller plus loin dans la démarche écologique, il est tout à fait possible de privilégier un arrosage automatique à l’eau de pluie. Au lieu de vous brancher sur l’eau potable de la ville, on installe une pompe dans une grande cuve de récupération d’eau enterrée dans votre jardin. Votre programmateur va alors puiser cette eau gratuite pour arroser vos plantes. C’est un investissement vite rentabilisé. Pour économiser l’eau, associez un récupérateur de pluie à un système goutte-à-goutte. Ce duo réduit la consommation d’eau du robinet d’arrosage.

Quelques gestes pour un jardin durable et responsable :

  • Dans les régions chaudes, choisissez des variétés de graminées adaptées à la sécheresse.
  • Limitez la surface de gazon pour installer des plantes de type méditerranéen.
  • Réglez la hauteur de coupe au plus haut durant l’été (ou ne tondez pas !).

Contrairement aux idées reçues, arroser à la main est souvent la méthode la moins efficace : on arrose trop vite, l’eau reste en surface et s’évapore aussitôt sans atteindre les racines. Automatiser, ce n’est pas un luxe, c’est adopter une gestion raisonnée de l’eau. Un système bien conçu apporte la juste dose au meilleur moment (souvent la nuit, entre 3h et 5h du matin). La terre boit calmement, sans perte par évaporation, ce qui favorise des racines profondes et des végétaux plus résistants. Que vous soyez au bureau ou en vacances à l’autre bout du monde, votre jardin est autonome.

tags: #arrosage #pour #terrain #rectangulaire