Guide complet : Maîtriser l’arrosage des tomates sous châssis et en plein air

L'eau au jardin est l’une des clefs de fertilité. Même dans une logique de sobriété, pour offrir des rendements corrects, vous allez devoir arroser vos tomates. Nombreux sont les jardiniers qui aiment faire pousser leurs propres tomates dans leur jardin, pour profiter de ces fruits aromatiques et savoureux pendant tout l’été. Et c’est vrai que les tomates sont faciles à cultiver mais elles sont aussi relativement sensibles et capricieuses quand il s’agit de les arroser. Un bon arrosage est essentiel pour des plants de tomates sains et solides. La plupart des jardiniers amateurs font des essais et tâtonnent avant de savoir quand, à quelle fréquence et avec quelle quantité d’eau leurs tomates veulent être arrosées.

Schéma illustrant le système racinaire profond de la tomate et la zone d'arrosage idéale au pied

Comprendre le cycle hydrique de la tomate

La tomate est constituée de 90% d’eau. Une eau puisée dans le sol, qui sera présente grâce à la pluie quand le climat s’y prête, ou grâce à l’arrosage quand dame nature nous prive de la moindre goutte. La tomate a un système racinaire qui descend facilement à un mètre si le sol le permet. Elle va donc avoir des racines profondes pour avoir accès plus facilement à l’eau. En évitant de trop arroser les premières semaines, on encourage la tomate à s’installer afin qu’elle puisse d’elle-même aller chercher l’eau dont elle aura besoin hors période de sécheresse.

Les besoins en eau des tomates varient au fil de la culture. Peu exigeants au début, ils augmentent à partir de la formation du troisième bouquet floral. À ce stade-ci, les besoins moyens par jour oscillent entre 200 et 300 mL par jour. Lorsque les fortes chaleurs estivales arrivent, la tomate va beaucoup évaporer avec son feuillage. Elle consomme à ce stade 600 à 700 mL par jour. À partir de la nouaison du troisième bouquet de fleurs, à titre d’exemple, la tomate aura besoin d’un litre par jour en Bretagne contre 3 à 4 L dans le sud-est de la France !

L'arrosage sous abri et sous châssis

Sous serre, il ne pleut pas ! Cela en fait un abri privilégié pour nos solanacées qui sont sensibles à l’humidité. En été, les températures montent rapidement dans la serre et l’évaporation y est plus importante. Il faudra donc arroser en conséquence. Sous abri à tomates, généralement, on arrose au goutte-à-goutte, mais l’on s’équipe également d’une aspersion. Le goutte-à-goutte devra faire des apports réguliers et en conséquence des températures. L’aspersion servira quant à elle à faire chuter temporairement les températures lors des journées les plus chaudes de l’année.

Il est préconisé si les tomates sont installées sous un tunnel. On peut les arroser pot à pot. C’est une bonne idée, surtout dans les régions les plus fraîches, notamment celles au nord du pays. Les nuits y sont plus froides, l’humidité ambiante plus conséquente. Un arrosage du soir risque de laisser une humidité nocturne trop importante pouvant favoriser les maladies, notamment le fameux mildiou.

Comment installer un arrosage goutte à goutte ?

Méthodes et techniques d'apport en eau

La tomate n’apprécie pas d’avoir le feuillage mouillé, vecteur de propagation des maladies. On va donc, dans la mesure du possible et sauf exception, essayer d’arroser bien au pied, sans éclabousser les feuilles.

  • L’arrosoir : Méthode peu onéreuse, sans installation, l’arrosoir est une bonne méthode pour arroser vos tomates. Généralement, ils contiennent 10 L d’eau. Cela permet d’avoir une idée de ce que l’on apporte à chaque pied.
  • Le goutte-à-goutte : Très utilisé par les maraîchers et producteurs de tomates, le goutte-à-goutte est très efficace pour l’arrosage des tomates. Il permet un arrosage maîtrisé, programmable, sous le paillage et sans mouiller la partie aérienne de la tomate.
  • Les Ollas : Les ollas sont des réservoirs d’eau en terre cuite, à enterrer près des cultures.
  • L'aspersion : L’arrosage en aspersion est généralement déconseillé pour les tomates. Il existe un cas de figure où l’on arrose les tomates en aspersion : lorsque les températures sont très élevées, au-dessus de 30°C, et que l’humidité ambiante est très faible.

Gestion du sol et facteurs externes

Le sol joue un rôle déterminant dans l'efficacité de l'arrosage. S’il est mal drainé, il favorise la stagnation de l'eau, ce qui favorise le développement de maladies comme le mildiou et la fusariose vasculaire. Si le sol est sableux, vous devinez qu’il retient moins bien l’eau qu’un sol argileux. Au contraire, dans un sol argileux, la réserve utile est beaucoup plus conséquente.

Un paillage vaut deux binages ou encore, un paillage vaut quatre arrosages. Vous prendrez les grandeurs que vous voudrez, quoi qu’il en soit un paillage réduit drastiquement les besoins en eau. Notamment l’évaporation au sol qui se résume au strict minimum. Néanmoins, les feuilles transpireront tout autant et auront besoin d’eau. Alors attention au raccourci « paillage = zéro arrosage ».

Graphique comparatif de la rétention d'eau entre un sol nu et un sol paillé

Prévenir les maladies liées à l'arrosage

La maladie du cul noir de la tomate est souvent la conséquence d’un arrosage irrégulier. Un arrosage irrégulier aura souvent pour impact deux soucis : l’enroulement des feuilles et le cul noir. Ces problèmes sont en réalité dûs à une mauvaise assimilation du calcium par les tomates qui résulte d’une mauvaise gestion de l’arrosage. Trop ou trop peu, essayez d’apporter ce dont chaque pied a besoin. On préfèrera les arrosages copieux et espacés plutôt qu’un arrosage régulier et en surface.

L’un des deux pires ennemis des tomates est l’excès d’eau et leur arrosage devient donc tout un art, car il conditionne sans appel leur succès ou leur échec au jardin. Un excès d'arrosage peut entraîner le pourrissement du plant. Les feuilles se flétrissent, le plant fera moins de fruits. Lorsque les tomates manquent d'eau le feuillage se flétrit, fane, puis jaunit, en partant du bas des tiges.

Adaptation des apports au stade de développement

La culture de la tomate demande des besoins en eau très différents selon le stade de développement. Avant la fructification, les besoins sont restreints. On peut se baser sur une moyenne d’un demi-litre par plant et par jour. Après fructification, il va falloir faire grossir les tomates et répondre à un besoin en eau bien plus conséquent.

À la plantation, on peut arroser les tomates copieusement pour leur permettre d’étendre leurs racines dans le sol. Pour assurer une bonne reprise des plants, le sol qui reçoit les tomates doit être bien humide. On va alors chercher à ce que notre pied de tomate fasse descendre ses racines en profondeur. Pour cela, tant que le sol n’est pas complètement sec à 5 cm et que la tomate ne montre pas de signe de faiblesse, on va éviter de trop arroser.

Infographie montrant les stades de développement de la tomate et les besoins en eau associés

Le bon compromis entre goût et production

Sachez qu’un trop plein d’arrosage sera presque aussi néfaste qu’un manque d’eau. De plus, plus vous arrosez, plus vous augmentez le calibre de vos fruits et leur rapidité à mûrir, cela au détriment du goût. On voit clairement la différence entre les tomates du jardin, goûteuses, charnues, avec de la matière sèche et certaines tomates du supermarché. Ces dernières sont bien souvent sous « perfusion » d’eau dans un objectif d’augmenter les rendements. À vous de trouver le bon compromis entre goût et production !

tags: #arrosage #tomate #sous #chassis