Le bouturage est une technique de jardinage largement utilisée pour reproduire des plantes à partir de morceaux prélevés sur la plante mère. Cette méthode est particulièrement appréciée des jardiniers, qu'ils soient débutants ou expérimentés, car elle offre une manière accessible et efficace d’élargir leur jardin et de créer de nouvelles plantes. Au-delà de son aspect pratique, le bouturage est un des grands plaisirs des jardiniers, permettant de multiplier et de créer ses propres végétaux. Ce guide a pour objectif de vous accompagner pas à pas dans le processus de bouturage, en vous dévoilant les étapes essentielles, les astuces pratiques pour garantir le succès de vos boutures, et les informations clés pour comprendre et maîtriser cette technique fondamentale.

Les Fondamentaux du Bouturage : Comprendre et Préparer
Le bouturage est une technique de jardinage qui consiste à reproduire une plante à partir d’un morceau prélevé sur la plante mère. Le premier intérêt du bouturage, c'est qu'il donne lieu à une multiplication d'un végétal à l'identique. Cela signifie que la nouvelle plante sera un clone de la plante mère, possédant les mêmes caractéristiques génétiques.
Pourquoi Bouturer ? Avantages et Objectifs
Bouturer offre de nombreux avantages, tant sur le plan économique qu'esthétique, et permet également de préserver des variétés spécifiques.
Préservation des variétés : Cloner des rosiers, par exemple, permet de conserver des variétés spécifiques qui pourraient ne plus être disponibles dans le commerce. Chaque rosier possède des caractéristiques distinctes, telles que la couleur des fleurs, le parfum et la résistance aux maladies. En bouturant, vous assurez la continuité de ces traits uniques.
Avantages économiques et esthétiques : Bouturer des rosiers peut réduire considérablement les coûts d’achat de nouvelles plantes. En multipliant vos propres rosiers, vous pouvez créer un jardin luxuriant sans dépenser une fortune. Cela vous permet d'agrandir votre collection de plantes sans impacter votre budget.
Conservation des caractéristiques : En résumé, le bouturage offre une manière efficace de multiplier vos rosiers tout en préservant leur essence unique, assurant que chaque nouvelle plante possède les qualités de la plante mère. Quasiment toutes les plantes (approximativement 90%) peuvent être bouturées, même s'il existe des exceptions comme les Magnolias qui sont difficiles à bouturer, ou certains conifères qui ne se multiplient que par greffe.
L'Équipement Essentiel du Jardinier Boutureur
Nul besoin d’investir dans des outils coûteux pour bien bouturer ses plantes. Il faut juste être un peu patient et ne pas abandonner si ça ne fonctionne pas tout de suite. Les informations essentielles pour bien s'outiller sont simples et accessibles.
Sécateur ou couteau bien aiguisé : Un outil de coupe propre et tranchant est indispensable pour réaliser des coupes nettes. Un sécateur bien nettoyé et incliné à 45 degrés de la façon la plus nette possible est idéal.
Substrat adapté : Un bon substrat est essentiel pour la réussite du bouturage. Il doit être à la fois léger et bien drainant, permettant aux racines de s’établir sans excès d’humidité.
Pots, godets ou caissettes : Pour le repiquage, un pot, un godet, une jardinière ou des caissettes sont nécessaires.
Hormone de bouturage (facultatif) : Bien que non obligatoire, l'hormone de bouturage peut aider à stimuler l'enracinement.
Film alimentaire ou couvercle : Pour créer une atmosphère humide "à l'étouffée", un film alimentaire ou un couvercle transparent est utile.
Le Calendrier du Bouturage : Choisir le Bon Moment
Le succès du bouturage des rosiers, comme pour de nombreuses autres plantes, dépend en grande partie du moment choisi pour réaliser cette opération. Les conditions climatiques jouent également un rôle crucial dans l’enracinement.
Périodes Optimales Selon les Types de Boutures
Le bouturage peut s'effectuer à différentes périodes de l'année, en fonction du type de bois prélevé.
Boutures herbacées (printemps-début été) : Pour tous les bois tendres, la bouture se pratique vers les mois de mai-juin. C’est souvent considéré comme la meilleure période pour prendre des boutures de rosiers. Les températures sont douces, et la sève commence à circuler dans les tiges. Les parties prélevées sont les parties apicales, là où le bois est encore vert. Coupez des extrémités de 8 cm pour les plantes herbacées et de 20 cm pour les arbustes. L’enracinement est très rapide : comptez 3 à 4 semaines environ.
Boutures semi-ligneuses (été) : Les boutures semi-ligneuses peuvent être réalisées en été, particulièrement entre juillet et août. En cette fin d’été, les rameaux de l’année se transforment, se durcissent peu à peu. On dit que le bois s’est semi-aoûté.
Boutures ligneuses (automne-hiver) : Bien que moins courante, la prise de boutures ligneuses est possible en automne lorsque les feuilles commencent à tomber. Bouturés à l’automne, arbustes et rosiers émettent leur système racinaire tranquillement pendant la saison hivernale, alors que nous pensons que tout somnole au jardin. On peut même les oublier car ces boutures ne sont pas à la merci des coups de chaleur, sécheresse et vents desséchants. La bouture ligneuse se fait sur bois aoûté (durci) de septembre à novembre et concerne les plantes ligneuses.
Bouturage de racines (dormance) : Le bouturage de racines s’effectue toujours en période de dormance de la plante, soit de fin octobre à fin janvier.
L'Impact des Conditions Climatiques
Vous devez veiller à ce que les températures ne soient ni trop élevées ni trop basses. Pour garantir un taux d’enracinement élevé, maintenez une humidité constante autour des boutures. L’entretien des boutures est essentiel durant cette phase.
Mes secrets pour réussir les boutures - Monjardindansleslandes
Les Différentes Techniques de Bouturage : Geste par Geste
Le jardinage offre plusieurs méthodes pour multiplier vos plantes. Pour multiplier les plantes par bouturage dès la fin de l’été, il y a différentes techniques dont le geste varie un peu mais qui sont toutes éprouvées. Indiquer laquelle convient le mieux reste difficile, chaque jardinier faisant son expérience au fil des ans ; au final, il n’y a pas forcément de “meilleure méthode”.
1. La Bouture Simple : La Base du Bouturage
C’est la plus connue, celle que pratiquent joyeusement les enfants avec succès ; la bouture simple consiste à planter un bout de “bois” dans le sol. Pour les boutures semi-ligneuses ou ligneuses, on prélève des boutures de 10 cm sur des rameaux non florifères. Toutes ces boutures ne s’enracinent pas aussi vite que les boutures de printemps mais présentent l’avantage d’être solides, moins sensibles aux risques de pourriture. Elles se réalisent dans un grand pot ou un conteneur.
Choix de la tige : Choisir une tige saine et robuste est crucial pour réussir le bouturage des rosiers. Une tige de qualité assure un enracinement efficace et favorise le développement ultérieur de la plante. Avant de commencer, il est recommandé de choisir une bouture saine qui ne présente pas de maladies, insectes ou blessures. Ensuite, vérifiez que votre bouture dispose bien de 3 ramifications ou yeux au minimum. Attention, ne récupérez pas les résidus de taille, les vieilles branches, les rameaux maigrichons ou mal formés : ils ne donneront pas une descendance vigoureuse et de bonne qualité.
Prélèvement de la bouture : Prélevez les boutures en coupant des rameaux de l’année. Si vous prélevez beaucoup de boutures en même temps, ne les laissez surtout pas traîner en plein air. Éliminez la partie terminale trop molle et recoupez à 18-20 cm de haut, en sectionnant à 5 mm sous un nœud (une naissance de feuille). Ôtez les feuilles de la base et, pour les sujets à larges feuilles, recoupez de moitié les feuilles restantes. La technique de coupe en biais consiste à tailler la tige à un angle de 45 degrés.
Préparation du substrat : Préparez un substrat composé de 50 % de terreau de semis, 30 % de terre légère et 20 % de compost très mûr (et trois poignées de sable, ou de vermiculite, pour alléger et drainer). Le rôle du substrat est crucial : la qualité du substrat impacte directement l’enracinement des boutures. Un bon substrat est essentiel pour la réussite du bouturage.
Plantation : Insérez délicatement la bouture dans le substrat préparé, en veillant à ce qu’au moins un nœud soit enterré. Pour le repiquage, creusez un petit trou de 5 cm de profondeur avec un bâtonnet par exemple ou une paille. L’essentiel est de former un trou équivalant à la largeur de la bouture pour la loger dedans. Arrosez tout doucement et maintenez juste humide.
Conditions post-plantation : Placez le pot sous serre froide ou châssis. Les boutures ont besoin d’une humidité adéquate pour éviter le flétrissement. Un environnement chaud favorise le processus. Maintenir une humidité constante est essentiel.

2. La Bouture à Talon : Augmenter les Chances de Succès
La technique de la bouture à talon permet d’augmenter la surface d’échange à la base de la bouture, qui conserve une partie de sa “branche-mère”, et donc de multiplier l’activité cellulaire au niveau de la coupe, amenant ainsi à la formation des radicelles.
Prélèvement : Séparez ces rameaux latéraux de la branche principale, en tirant dessus doucement ou en les détachant en biais au sécateur, de façon à conserver un petit morceau de cette branche attachée à la bouture.
Substrat et plantation : Repiquez à l’aide d’un bâtonnet dans un pot rempli d’un mélange constitué de 50 % de terreau de semis, 30 % de compost bien mûr et 20 % de sable ou vermiculite.
Entretien et protection : Arrosez en pluie et tenez humide sans excès. Placez le pot sous un châssis ou une serre froide pour protéger les jeunes boutures des intempéries hivernales. Elles supportent jusqu’à -7 voire -8 °C et, surtout, craignent l’excès d’humidité.
3. La Bouture à l'Eau : Un Jeu d'Enfant
Consistant à faire s’enraciner une bouture simple dans un bocal d’eau, cette méthode est un jeu d’enfant ! L’enracinement est très rapide : comptez 3 à 4 semaines environ.
Qualité de l'eau : La qualité de l’eau compte beaucoup dans la réussite du projet ! Évitez celle du robinet, trop chargée en chlore, ainsi que les eaux stagnantes qui peuvent contenir des bactéries. Astuce : pour les boutures de petite taille, préparez un bocal rempli d’eau additionnée de charbon de bois. Chapeautez-le d’un film alimentaire, maintenu par un élastique.
Surveillance : Ajoutez de l’eau au fur et à mesure de l’évaporation et changez-la complètement si elle se trouble. Vous laisserez se développer un chevelu convenable (ici, un forsythia) avant de les transplanter. Résistez à l’envie de sortir la plante de l’eau pour voir si ça pousse bien !
Transition vers le sol : Le passage au milieu terrestre, à l’automne pour cette technique, est un stade un peu délicat car les radicelles cassent facilement. Utilisez un mélange très léger (60 % de terreau de semis, 20 % de compost tamisé et 20 % de vermiculite ou sable). Tassez à peine puis arrosez.
4. La Bouture de Racines : Multiplier les Vivaces
La bouture de racines est celle pratiquée par le liseron et le chiendent : dès qu’on les débite en morceaux, il en repousse à foison. Heureusement, des plantes autrement plus intéressantes se multiplient selon le même procédé.
Période : Le bouturage de racines s’effectue toujours en période de dormance de la plante, soit de fin octobre à fin janvier.
Préparation du substrat et du contenant : Préparez un mélange comprenant 40 % de terreau de semis, 30 % de terre de jardin et 30 % de vermiculite ou sable. Placez un drain de cailloux au fond d’un conteneur puis remplissez avec le mélange.
Prélèvement des racines : Creusez autour du pied-mère ou dégagez son collet pour sélectionner une racine ayant une belle grosseur, le diamètre d’un crayon idéalement. En cas de difficulté, soulevez une partie du pied-mère à la grelinette. Coupez la racine sélectionnée puis déterrez-la avec précaution, en conservant le maximum de fines racines. Débarrassez-la de la terre et découpez des tronçons de 5 à 10 cm de long au sécateur. Sectionnez droit le haut du tronçon et le bas en biais, afin de les reconnaître et de ne pas vous tromper de sens de plantation.
Plantation : Pour les vivaces, placez les morceaux couchés sur le substrat (ici, de la consoude) et recouvrez d’un mélange de terreau et de sable (moitié-moitié), sur 1 cm. S’il s’agit de tronçons de racines d’arbustes, plantez-les verticalement, en respectant le sens initial de la racine, et en gardant 1 cm à l’air. Arrosez et maintenez juste humide.
Attente : Placez la caissette sous serre froide ou au pied d’un mur, à l’abri du vent. Patientez jusqu’au printemps car il faudra souvent attendre plusieurs mois avant de voir un signe de reprise.

L'Entretien des Boutures : Clé de la Réussite
L’entretien des boutures est essentiel durant cette phase. Après la plantation, surveillez régulièrement l’humidité du substrat. Maintenir une humidité constante est essentiel pour la réussite du bouturage. Pour garantir un taux d’enracinement élevé, maintenez une humidité constante autour des boutures.
Humidité et Température
Humidité constante : Les boutures ont besoin d’une humidité adéquate pour éviter le flétrissement. Cela favorise l’enracinement et augmente les chances de succès. Ces conseils permettent de garantir une humidité constante lors du bouturage des rosiers, essentielle pour leur développement sain. Placez les alvéoles dans des conditions favorables, à savoir une atmosphère très humide (à l'étouffé).
Surveillance de la température : Un environnement chaud favorise le processus d'enracinement. Veillez à ce que les températures ne soient ni trop élevées ni trop basses. Conservez dans un endroit mi-ombragé votre bouture une fois toutes les étapes effectuées.
Repiquage et Acclimatation
Lorsque les boutures émettent leurs premières racines (entre 4 semaines et deux mois), les boutures sont transférées dans une serre d'acclimatation. Ensuite, creusez un petit trou de 5 cm de profondeur avec un bâtonnet par exemple ou une paille. L’essentiel est de former un trou équivalant à la largeur de la bouture pour la loger dedans. Les boutures sont ensuite plantées directement en pleine terre. Puis placez une petite étiquette sous forme d’ardoise par exemple dans le pot. Et voilà !
Allonger l'Expérience du Jardinage : Au-delà du Bouturage
Le jardinage offre plusieurs méthodes pour multiplier vos plantes. La complexité : la division est généralement plus simple que le bouturage, car elle nécessite moins d’outils et de techniques précises. L'efficacité : le bouturage peut offrir un taux de réussite élevé pour certaines plantes, tandis que la division produit instantanément plusieurs nouvelles plantes.
Podcast et Échanges : Partager les Connaissances
Découvrez notre podcast jardinage, une ressource précieuse pour approfondir vos connaissances sur le bouturage et d’autres techniques de jardinage. Écouter ce podcast vous permettra d’enrichir votre expérience de jardinier débutant et d’approfondir vos compétences.
Les échanges de plantes sont une excellente manière de renforcer la communauté jardinage. Échanger des boutures, des divisions ou des semis permet non seulement de diversifier votre jardin, mais aussi d’apprendre des expériences des autres passionnés. Partager vos réussites en matière de bouturage peut se faire à travers des échanges de plantes avec d’autres jardiniers passionnés.
