Une belle pelouse, verte et dense, conjugue esthétique, bien-être et maintien du sol. Conserver une belle pelouse demande néanmoins un peu de savoir-faire. Comme beaucoup de Canadiens, vous êtes sans doute fier d'avoir une belle pelouse. Apprenez à entretenir votre pelouse avec un minimum d'efforts, tout en minimisant le besoin d'utiliser des pesticides! Bien des gens utilisent des produits comme des herbicides et des insecticides pour entretenir leur pelouse. Toutefois, l'utilisation de pesticides à des fins esthétiques est maintenant restreinte et même proscrite dans de nombreuses régions du Canada. Il existe des façons de soigner sa pelouse sans se servir de pesticides. Avec un peu de travail, il est relativement facile d'obtenir une pelouse verte et saine.

La préparation du sol : le socle de la réussite
Quel que soit le gazon choisi, une belle pelouse passe par un sol bien préparé. Vous ne pouvez pas semer sur une surface jonchée de pierres et pleine de mauvaises herbes. Désherbez le sol, de préférence manuellement, puis retournez-le à la bêche ou au motoculteur. L’opération vous permet de retirer les cailloux et les racines indésirables. Il faut ensuite fertiliser le sol naturel. Répandez sur ce dernier un engrais adapté au gazon choisi. Votre préparation se finalise par un coup de râteau pour assurer l’incorporation de cet engrais et aplanir la surface. Un sol bien travaillé garantit la germination rapide des semences et un enracinement profond du gazon. Profitez de cette étape pour évaluer la texture du sol : s’il est trop argileux, incorporez du sable grossier pour faciliter le drainage ; s’il est trop léger ou sableux, ajoutez du compost ou un terreau riche en humus pour améliorer la rétention d’eau. Vérifiez également le pH du sol : un sol légèrement acide (entre 6 et 7) est idéal pour la plupart des gazons. En dessous de 6, un léger apport de chaux naturelle peut corriger l’acidité. Avant le semis, vous pouvez aussi semer un mélange d’engrais verts (comme la vesce ou la phacélie) pour aérer et enrichir naturellement la terre. Ces plantes améliorent la structure du sol et apportent de la matière organique, garantissant une meilleure implantation du gazon.
Sur une vieille pelouse que l'on veut reprendre, il n'est pas nécessaire de tout bêcher ou labourer et refaire complètement. La vieille pelouse va apparaitre par endroit, c'est pas important, tu laisses. Tu vas trouver que ça fait un peu "dégue" avec des bouts de vieux végétaux partout, c'est bon (cela fera des interstices pour les nouvelles graines). Ensuite, le secret de la réussite, c'est rouler, arroser (le soir), rouler, arroser. Ne jamais laisser sécher la surface avant la levée de tes graines.
RÉUSSIR son SEMIS de GAZON : TOUTES les ÉTAPES pour une PELOUSE PARFAITE
L'art du semis et du regarnissage
Semez en automne : la conjonction de températures encore chaudes et des pluies régulières facilitent la levée des graines ou l’enracinement des brins. Toutefois, si votre pelouse a souffert, vous pouvez aussi semer au printemps (mars à mai), lorsque les températures dépassent 10°C et que le sol n’est plus détrempé. Un semis réussi passe par le respect de la dose de graines au m² conseillée sur l’emballage de votre gazon. Les graines doivent être enfouies très légèrement, à environ 1 cm de profondeur : au-delà, elles risquent de manquer de lumière et de ne pas germer. Si vous pouvez semer à la main, l’utilisation d’un semoir est recommandée pour les surfaces importantes. Aussi appelé épandeur, cet outil de jardin assure une répartition uniforme des graines. Recouvrez ensuite d’une petite couche de sable et passez le rouleau sur toute la surface. En tassant correctement votre sol, le rouleau assure un contact optimal entre la terre et les graines pour un rendu final plus esthétique.
Malgré tous vos soins, vous ne pourrez pas empêcher le dégarnissage de certaines zones. Le regarnissage est la solution idéale pour restaurer les zones clairsemées sans refaire toute la pelouse. Grattez ces dernières de manière à enlever le gazon sec et à aérer le sol. Griffer légèrement le sol permet de créer des microfissures : celles-ci favorisent la germination et permettent aux graines de bien s’ancrer. Ensuite, semez un gazon de regarnissage et recouvrez d’un terreau adapté. Tassé à l’aide de votre rouleau et arrosez régulièrement, mais sans excès. Comme tout semis, le regarnissage doit être effectué au printemps ou en automne pour profiter de conditions météorologiques favorables. Gardez toujours un peu de semences de côté pour ces réparations, afin d’assurer l’uniformité.
Maîtriser l'arrosage et la fertilisation
L’arrosage est l’un des leviers pour avoir une belle pelouse toute l’année. Votre semis doit être arrosé quotidiennement, le matin entre 6 et 10 h ou le soir entre 16 et 19 h. Arrosez généreusement sans détremper le sol : un excès d’eau peut asphyxier les racines, tandis qu’un manque d’humidité ralentit la germination. Il suffit de maintenir la terre humide pour assurer la germination de vos graines. Celle-ci intervient généralement une semaine après le semis. Une pelouse en place doit, quant à elle, être arrosée deux fois par semaine par temps sec et chaud. Effectuez cet arrosage à partir de 20 h en délivrant 3 à 4 litres d’eau par m². En période chaude, privilégiez toujours un arrosage long et espacé plutôt que de petites quantités répétées : cela incite les racines à descendre profondément, rendant la pelouse plus résistante à la sécheresse. Évitez d’arroser en pleine journée : la chaleur accélère l’évaporation et peut brûler les jeunes brins.
Arrosez votre pelouse en profondeur (mais pas trop souvent), ce qui contribue à la formation de racines profondes. Vous pouvez placer une petite boîte de conserve de thon ou d'aliments pour animaux de compagnie sur la pelouse pour vous aider à mesurer la quantité d'eau déversée. Arrêter l'arrosage quand la boîte de conserve est pleine.
Une fertilisation équilibrée est la clé d’un gazon fort, résilient et durable. Le gazon est un organisme vivant qui a besoin de nutriments pour croître correctement et résister aux maladies. L’apport d’un engrais approprié lui permet de conserver toute sa vigueur. Pour une belle pelouse dense et verdoyante, utilisez un engrais comprenant de l’azote et du potassium. Les besoins varient selon la saison : au printemps, privilégiez un engrais riche en azote (N) pour stimuler la croissance et intensifier le vert du feuillage. En été, réduisez les apports azotés pour éviter un stress inutile. En automne, apportez un engrais plus riche en potassium (K) et phosphore (P) pour renforcer les racines et préparer la pelouse à l’hiver. Nourrissez votre pelouse de compost. Un léger terreautage au printemps avec du compost bien mûr peut remplacer une partie des apports chimiques et maintenir un sol riche en matière organique.

Les bonnes pratiques de tonte
La tonte joue un rôle majeur : une tonte régulière stimule le tallage (la multiplication naturelle des brins d’herbe) et permet d’obtenir un gazon plus dense et plus résistant. La première tonte peut intervenir 3 à 4 semaines après le semis. La pelouse obtenue sera ensuite tondue régulièrement. Au printemps, lorsque la croissance des brins est maximale, il faudra tondre une fois par semaine. Ne laissez pas votre pelouse devenir trop haute, mais ne tondez pas trop ras. À chaque saison sa hauteur de coupe idéale : 5 à 7 cm au printemps, 7 à 10 cm en été, 3 cm en hiver. Pour une pelouse jeune, humide, ou stressée par la sécheresse estivale, privilégiez une coupe haute. En toute circonstance, ne coupez jamais plus des deux tiers des brins. Si la pelouse n’a pas été tondue récemment, partez de son centre et rayonnez vers l’extérieur pour permettre aux insectes et petites bêtes de se réfugier dans une zone sans danger.
Avec une tondeuse mulcheuse, l’herbe finement coupée reste sur place et fertilise naturellement le gazon. Cela réduit la corvée de ramassage et limite les besoins en engrais, même si la fréquence des tontes augmente. Ce mode d’entretien est parfait pour les grandes surfaces ensoleillées ou si vous utilisez un robot tondeuse qui tond régulièrement.
Gestion durable des mauvaises herbes et de la mousse
Difficile d’empêcher la pousse de mauvaises herbes dans votre pelouse. Mousse, pissenlit, plantain et autres mauvaises herbes se développent surtout lorsque le gazon est affaibli : sol trop acide, manque de lumière, tonte trop rase, ou carence en nutriments. Pour plus d’efficacité et économiser vos efforts, utilisez un outil désherbeur ! La mousse se propage très rapidement, en particulier sur les sols acides. Afin de limiter ou stopper son développement, le gazon doit être traité. Pour agir durablement, il faut également veiller à restaurer l’équilibre du sol. Un pH trop bas (acide) favorise la mousse. Un apport de chaux douce ou cendre de bois peut rétablir un pH neutre (autour de 6,5 à 7). Privilégiez un désherbage mécanique (scarificateur, aérateur ou couteau désherbeur) avant tout traitement. Un gazon bien nourri et bien aéré est naturellement plus compétitif et laisse moins de place aux adventices.
La scarification vous aide à conserver une pelouse dense, saine et respirante. Elle permet d’éliminer le feutre végétal, cette couche compacte de débris qui empêche l’eau, l’air et les nutriments d’atteindre les racines. En aérant votre pelouse, la scarification favorise la densité de cette dernière et limite le développement des mauvaises herbes ou de la mousse. Un scarificateur électrique ou thermique élimine les résidus de tontes, les racines sèches et les mousses. En griffant le sol, l’appareil facilite la pénétration de l’eau de pluie et d’arrosage. Attention, cette opération assez stressante pour la surface doit être réalisée avec parcimonie ! Scarifiez votre pelouse au printemps et en automne lorsque ses brins sont en pleine croissance. Pour une pelouse déjà bien entretenue, une scarification légère une fois par an suffit. Si votre gazon est plus ancien ou envahi de mousse, effectuez deux passages croisés au printemps (mars-avril) et à l’automne (septembre-octobre). Évitez de scarifier en période de gel, de forte chaleur ou de sécheresse : la pelouse serait trop stressée pour se régénérer correctement.
Il est important de protéger les oiseaux, les insectes bénéfiques, les vers de terre et les autres organismes qui jouent un rôle important dans le maintien d’une pelouse saine. Les oiseaux et les insectes prédateurs (tels que les nématodes) se nourrissent de vers blancs et d’autres organismes nuisibles. Les insectes, vers de terre, champignons bénéfiques et autres microorganismes décomposent le feutrage et aèrent le sol. La meilleure façon de protéger ces animaux et insectes bénéfiques est de n'utiliser les insecticides et les fongicides qu'en cas de nécessité.
Stratégies de lutte intégrée et alternatives naturelles
Si quelques mauvaises herbes apparaissent, enlevez-les à la main. Les insectes bénéfiques (tels que la coccinelle et la guêpe parasite) peuvent tenir les insectes nuisibles à l’écart. Vérifiez régulièrement votre pelouse pour détecter rapidement la présence d’insectes nuisibles ou d’autres problèmes. Assurez-vous de bien cerner les problèmes, puis décidez des mesures à prendre. Il se peut que les dommages aux plantes ne soient pas causés par des organismes nuisibles. Les plantes peuvent être endommagées par de mauvaises conditions de croissance, un mauvais entretien, le sel de voirie ou l’urine de chien. La présence de quelques mauvaises herbes ou d’insectes nuisibles dans une pelouse saine ne doit pas nécessairement vous inquiéter. Une bonne connaissance de l’organisme nuisible et de son cycle de vie vous permettra de décider s’il est nécessaire d’appliquer un traitement, quand le faire, et de la façon de prévenir de futurs problèmes. Un problème d’organismes nuisibles qui revient sans cesse indique souvent qu’il est nécessaire de changer vos méthodes d’entretien de la pelouse.
N’utilisez pas de produits chimiques pour fertiliser ou pour chasser les parasites votre pelouse. En plus, bon nombre de produits sont désormais interdits. Passez au vert et trouvez des alternatives naturelles pour faire verdir votre gazon. Le marc de café peut devenir un excellent engrais naturel, le vinaigre blanc est utile pour éloigner certaines bêtes, on peut ébouillanter les mauvaises herbes avec de l’eau salée. Utilisez des coquilles d’œufs pour fertiliser votre jardin! Pour les mauvaises herbes de petite taille (véroniques, trèfles blancs, etc.), elles peuvent être retirées à l’aide d’un râteau scarificateur à main, souvent utilisé pour les perturber et empêcher leur pousse. Les pâquerettes et pissenlits doivent être retirés à l’aide d’un désherbeur manuel ; il est très important d’ôter le plus de racines possible afin d’empêcher la repousse. Si, malgré tout, vous devez vous avouer vaincu, envisagez l’utilisation d’herbicides. Si vous appliquez un pesticide sur votre pelouse, lisez bien la description du produit afin de choisir le produit qui correspond bien à l’insecte ou à la mauvaise herbe à supprimer. Suivez attentivement les indications et les mises en garde figurant sur l’étiquette. Vérifiez toujours si l’étiquette porte un numéro d’homologation, ce qui indique que le produit est approuvé par Santé Canada.
Optimisation de la structure et de la biodiversité
Assurez-vous que votre pelouse est constituée d'un mélange de plantes et de graminées. Un aménagement diversifié est meilleur pour l’environnement et peut être plus facile à entretenir, car il peut empêcher les organismes nuisibles d’envahir la pelouse. Aux endroits où il est difficile de faire pousser le gazon, choisissez des plantes mieux adaptées au milieu. La coexistence avec le trèfle est souvent débattue : si certains le considèrent comme une mauvaise herbe, il peut être un atout pour la pelouse, rappelant les jardins d'autrefois et fixant l'azote.

Que vous fassiez appel à un professionnel ou que vous vous occupiez vous-même de votre pelouse, vous devez prendre un certain nombre de décisions si vous souhaitez avoir une pelouse saine et avoir moins besoin de pesticides. Quel genre de pelouse est-ce que je veux? Suis-je prêt à tolérer quelques mauvaises herbes et autres organismes nuisibles? Comment puis-je prévenir la présence de mauvaises herbes et d’autres organismes nuisibles? Soyez pragmatique au sujet de l’apparence de votre pelouse. Il faudra peut-être attendre une saison ou deux avant que les méthodes d’entretien améliorées donnent les résultats souhaités. Si vous préférez ne pas faire le travail vous-même, sachez qu’il existe de nombreuses entreprises qui font l’entretien des pelouses et la lutte antiparasitaire. Certains de leurs programmes peuvent porter les appellations « biologique » ou « sans pesticides ». Renseignez-vous sur le type de programmes offerts par les entreprises de votre région, leur prix et les résultats auxquels vous pouvez vous attendre. Évitez les programmes comprenant l’application de pesticides même s’il n’y a pas d’organismes nuisibles. Si l’entreprise utilise des pesticides, assurez-vous que ceux-ci sont utilisés dans le cadre d’un programme de lutte intégrée.