Optimiser la Production de Figues : Un Guide Complet pour un Figuier Abondant

Le figuier (Ficus carica), arbre spontané du pourtour méditerranéen et du Proche-Orient, est cultivé dans ces régions depuis des millénaires. Des fossiles de figues découverts dans la vallée du Jourdain suggèrent que l’humain cultivait cet arbre dès l'époque néolithique, plus de 11 000 ans avant Jésus-Christ, bien avant les premières céréales et les légumes. Cet arbre fruitier rustique, robuste et généreux, qui a même donné son nom au genre Ficus, demande peu pour survivre, mais davantage pour produire en abondance. Si vous souhaitez qu’il donne de belles figues, bien formées, sucrées et nombreuses, il faut parfois l’aider un peu. Booster un figuier ne signifie pas le forcer, mais simplement l’accompagner pour révéler son potentiel. Cela passe par des gestes ciblés : bonne taille, fertilisation adaptée, arrosage régulier et observation attentive. Même s’il supporte les conditions difficiles, le figuier a besoin d’un minimum pour produire correctement.

Illustration d'un figuier luxuriant et chargé de fruits

Comprendre le Figuier : Cycle de Vie et Variétés

Le figuier suit un cycle de croissance bien défini qui commence par la phase d’enracinement. Durant les trois à cinq premières années, l’arbre se concentre principalement sur le développement de son système racinaire. Cette période est essentielle pour assurer une bonne stabilité et une absorption optimale des nutriments. Ensuite, le figuier entre dans une phase de développement foliaire où les feuilles se multiplient, indiquant une préparation à la fructification. Un figuier peut atteindre une hauteur de 2 à 4 mètres, voire jusqu’à 10 mètres dans des conditions idéales, selon la variété et les conditions climatiques.

La fructification d’un figuier dépend de plusieurs éléments, dont la variété de l’arbre et les conditions de culture. En général, un figuier commence à produire des fruits entre trois et sept ans après sa plantation. Cette période peut être influencée par la qualité du sol, l’ensoleillement, et la disponibilité en eau.

Il existe plus de 700 variétés de figuiers à travers le monde, dont environ 250 en France. Ces variétés sont classifiées en deux groupes : unifères (qui ne donnent qu’une récolte) et bifères (à deux récoltes). Il est important de bien choisir la variété selon le climat de votre région.

Les Figuiers Unifères

Les figuiers unifères ne donnent qu’une récolte par an, des mois d’août à octobre. Ils produisent de nouvelles figues directement sur les branches, « à l’aisselle » des feuilles. Dans les régions plus froides, il est préférable de choisir les variétés unifères. Parmi celles-ci, on retrouve :

  • ‘Ronde de Bordeaux’ : produit une petite figue au très bon goût, arrivant à maturité entre fin juillet et début août.
  • ‘Noire de Barbentane’ : aux fruits goûteux et sucrés, à récolter durant le mois d’août.
  • ‘Pastillière’ ou ‘Rouge de Bordeaux’ : aux fruits juteux et peu sucrés.
  • ‘Violette de Solliès’ ou ‘Bourjassotte noire’ : variété autofertile donnant une figue aplatie et savoureuse.
  • ‘Marseillaise’ : aux figues jaunes sucrées qui possèdent un très bon goût. Leur maturité est tardive, intervenant en septembre ou octobre.
  • 'Bellone' : une variété unifère anciennement très connue et pratiquée dans la région de Nice, dont le fruit possède un caractère exceptionnel. Une figue Bellone bien mûre ne saura jamais vraiment ce qu'est une figue. Cette variété produit des fruits de taille moyenne.

Tableau comparatif des variétés unifères et bifères de figuiers

Les Figuiers Bifères

Les figuiers bifères fructifient deux fois dans l’année, en juillet et en septembre. Ils sont plus adaptés aux climats doux de la moitié sud de l’Hexagone. Sur les pousses qui ont porté les fruits en septembre, de minuscules « figues-fleurs » apparaissent le long des rameaux. Les figues-fleurs ou figues d'été se développent sur les rameaux apparus l'année précédente, alors que les figues d'automne naissent sur le bois de l'année. Les figues-fleurs sont moins sucrées que les fruits d’automne, plus grosses et plus molles.

Voici quelques variétés de figuiers bifères :

  • ‘Dorée’ ou ‘Goutte d’or’ : produit de grosses figues dorées, parfumées et juteuses pour une première récolte début juillet et une seconde au mois d’août.
  • ‘Madeleine des deux saisons’ : variété autofertile produisant des figues à la chair juteuse.
  • ‘Grise de Saint-Jean’ : à réserver au sud de la France, car sensible au froid. La récolte a lieu fin juin et fin août.

La Particularité du « Fruit » de la Figue

Le figuier est un arbre original en cela qu’il réunit dans sa production les fleurs, les fruits et les graines. En effet, ce que nous appelons « fruit », la figue, est en réalité une inflorescence arrondie et évasée, contenue dans un sycone, attachée à la branche par son plus petit côté. L’inflorescence est « ouverte » par un « œil » à l’opposé de l’accroche. À l’intérieur de ce sycone en creux se trouvent les fleurs unisexuées du figuier. Les fleurs mâles sont proches de l’œil, les femelles sont plus profondément installées. Ce sont les fleurs qui produisent les petits grains, les akènes qu’on retrouve également chez les fraises du fraisier. Cette inflorescence va évoluer pendant tout le temps de la végétation. Certains « fruits » vont mûrir quand d’autres resteront petits, à l’état d’embryons.

Schéma anatomique d'une figue montrant les fleurs internes

Préparer la Plantation pour une Fructification Maximale

La plantation d’un figuier est une étape cruciale pour assurer son bon développement. Un bon choix de l’emplacement et une préparation adéquate du sol sont déterminants pour la réussite de l’enracinement et la croissance future de l’arbre. Le meilleur moment pour planter un figuier est entre octobre et avril, en évitant les périodes de gel. Cette période permet aux racines de bien s’établir avant l’arrivée des fortes chaleurs estivales.

Choisir l'Emplacement Idéal

Le figuier aime avoir les pieds dans l’eau et la tête au soleil. Il a besoin d’un emplacement ensoleillé pour croître. Privilégiez une exposition sud ou sud-ouest, à l’abri des vents dominants et des vents froids. Il est idéal de le planter à l’abri d’un mur, qui l’abritera aussi des vents. Le figuier pousse sous les climats chauds mais s’adapte aussi aux climats plus froids, que l’on situe communément au nord de la Loire. Pour réussir votre plantation de figuier et récolter des figues, il faut lui offrir une exposition bien abritée des vents dominants et en plein soleil. Un figuier affaibli par des maladies ou des parasites perd vite en vigueur. Un figuier planté dans le jardin résiste bien aux températures allant jusqu’à -15°C. Il convient néanmoins de le protéger.

Conseil d'experts : où installer un figuier ?

Préparation du Sol et Plantation

Le sol doit être bien drainé et riche en nutriments. Vous pouvez planter le figuier dans tous les sols, calcaire comme argileux, en respectant une distance de 4 mètres entre les plants. Un sol argileux peut convenir s’il est allégé avec du sable ou du compost.

Plantation en Pleine Terre

Creusez un trou d’environ 5 fois le volume de la motte en décompactant la terre au fond du trou, ou d’au moins 50 cm de profondeur et de largeur. Immergez le plant du figuier avec sa motte dans l'eau. Placez le figuier dans le trou puis rebouchez un peu, rajoutez du terreau, puis terminez de refermer le trou avec de la terre. Il est possible de rajouter du terreau à la terre de jardin notamment si celle-ci est trop caillouteuse ou argileuse. Dans ce dernier cas, on ajoutera également du sable. Ajoutez du fumier composté et une poignée d’engrais pour favoriser la reprise racinaire. Créez une petite cuvette pour arroser, avec des rebords de cinq doigts de hauteur.

Plantation en Pot

Pour la culture en pot, optez pour un contenant d'au moins 50 cm de diamètre et de profondeur, muni de trous de drainage. Choisissez un contenant d’au moins 50 cm de diamètre. Assurez-vous qu’il soit percé pour éviter la stagnation de l’eau. Un figuier en pot nécessitera un rempotage tous les 2 à 3 ans environ, de préférence au début du printemps, pour renouveler le substrat et offrir plus d'espace aux racines. À la plantation, il n’est pas nécessaire de choisir un pot beaucoup plus grand que l’ancien. Le figuier risquerait de développer ses racines au détriment de son feuillage et de ses fruits. Utilisez un mélange de terreau fertile et bien drainant, enrichi de compost mûr. On peut cultiver des figuiers en pot à condition de bien les nourrir et de les arroser. Cependant, cet arbre vigoureux se sentira vite à l'étroit dans un bac et ne pourra pas y vivre très longtemps.

L'Entretien Essentiel pour une Production Abondante

Un entretien régulier est indispensable pour un figuier en bonne santé et une production abondante. La taille, l’arrosage, l’application d’engrais et la protection hivernale sont des pratiques essentielles à maîtriser. L’entretien annuel est essentiel pour maintenir l’équilibre entre végétation et production.

L'Arrosage : Un Pilier de la Fructification

Bien que le figuier supporte la sécheresse, un bon arrosage lui permettra de se développer plus rapidement et de fructifier plus abondamment. Le figuier doit être bien arrosé les deux premières années de sa vie, avec un arrosage toutes les semaines. En été, pendant la formation des figues, il doit être régulier mais modéré. Un arrosage espacé mais profond est préférable à un arrosage quotidien. Un arrosage du figuier deux fois par semaine est conseillé en été pour les régions du sud de la France. Maintenez le substrat humide mais non détrempé. Réduisez les arrosages en hiver pour éviter la pourriture des racines. En période sèche, si le figuier manque d’eau, sa fructification sera limitée.

La Taille : Stimuler la Production et Maintenir la Santé

La taille est essentielle pour revitaliser un vieux figuier et augmenter sa production. Elle stimule la ramification et la fructification. Elle doit être douce, mais régulière. On élimine les rameaux morts, les branches mal orientées, et on aère le centre de l’arbre pour laisser passer la lumière. La taille de fructification est surtout indispensable dans la moitié nord de la France. Dans le Midi, la production de figues-fleurs est moins importante que celle des figues d'automne.

Diagramme illustrant les différentes techniques de taille du figuier

Taille de fructification des figuiers bifères (Midi)

  • En mai : supprimez toutes les pousses apparaissant au niveau des figues-fleurs, sauf une ou deux placées le plus près possible de la base du rameau. Pour éviter d'épuiser le figuier par une trop forte production, éliminez quelques figues-fleurs lorsqu'elles sont bien formées. Détachez-les du rameau avec précaution.
  • En août, après la récolte des figues-fleurs : taillez la branche porteuse au-dessus du ou des deux rameaux conservés à la base, sur lesquels poussent des figues d'automne.

Taille de rajeunissement et d'entretien

Il n’est pas nécessaire de faire une taille de fructification, surtout sur des figuiers bifères, puisque chaque année des nouvelles pousses porteront des « figues-fleurs ». En revanche, vous pouvez réaliser une taille de rajeunissement (« en cépée »), c’est-à-dire éliminer les vieilles branches ayant porté des figues au plus près de leur point de départ. Le figuier étant un arbre vigoureux, il a aussi besoin de tailles d’entretien. Intervenez en fin d'hiver, avant la reprise de la végétation. Supprimez les branches mortes, malades ou mal orientées. Raccourcissez les branches principales d'un tiers pour stimuler de nouvelles pousses fructifères.

Taille en espalier ou palissage

Un autre type de taille, bien adapté aux régions plus froides, est le palissage, ou la « taille en espalier ». Conduisez le figuier en forme plate le long d’un mur ensoleillé qui l’abritera aussi des vents. Cette taille est intéressante aussi pour les petits jardins, car elle réduit l’encombrement en profondeur. Les branches charpentières et sous-charpentières sont conduites en oblique de manière à couvrir la surface que forme l’éventail en végétation pour une belle répartition des fruits et une récolte facilitée.

Conseils importants pour la taille

  • Mastiquez soigneusement les plaies de taille, aussi minimes qu’elles soient, l'espèce étant sensible à l'introduction de parasites via des plaies ouvertes, car cicatrisant avec difficulté.
  • Attendez le meilleur moment pour effectuer des tailles de branches de très gros diamètre : le début du printemps, juste avant que la plante ne débourre. La montée de sève va faciliter la cicatrisation des plaies.

La Fertilisation : Nourrir pour Fructifier

Au printemps, le figuier appréciera un apport de compost et d’engrais qui stimulera la production des fruits. Le figuier est exigeant en potasse. Un apport de compost bien mûr au pied du figuier suffit souvent à relancer la machine. Il est possible d’ajouter un peu de cendre de bois ou de corne broyée pour enrichir le sol en potassium. Si l’arbre semble stagner malgré tout, il est possible de griffer légèrement le sol autour des racines pour stimuler leur développement. Cela aide aussi à lutter contre la compaction des terres argileuses. Le sol au pied du figuier doit être dégagé, paillé ou couvert d’un compost mûr. Cela favorise la vie microbienne et limite l’évaporation. Le figuier aime les sols vivants, même s’il pousse dans des terrains secs. Appliquez un engrais organique équilibré, riche en azote (N), phosphore (P) et potassium (K), au début du printemps pour stimuler la croissance, puis une seconde fois en été pour favoriser la fructification. Appliquez un engrais spécial fruitiers au printemps et en été pour soutenir la croissance et améliorer la qualité des fruits.

Engrais naturels pour le figuier

  • Peau de banane : Très riche en potassium, la peau de banane coupée en petits morceaux et enterrée au pied de l'arbre, avec un arrosage régulier, enrichira le sol.
  • Coquilles d'œufs : Riches en calcium, les coquilles d'œufs séchées et broyées peuvent être mélangées au sol au pied de la plante.
  • Marc de café : Immensément riche en phosphate, vitamines et azote, le marc de café versé au pied du figuier et arrosé fréquemment stimulera la croissance.
  • Cendres de bois : Les cendres de bois sont un excellent engrais naturel. Il suffit d'en verser une quantité au pied du figuier et d'arroser régulièrement.
  • Eau de cuisson : Riche en sels minéraux, vitamines et autres substances nutritives, l'eau de cuisson est un engrais naturel efficace.
  • Purin d'ortie ou de consoude : Pour corriger une carence en potassium (feuilles pâles, fruits petits ou absents), l’ajout de compost de consoude ou de purin d’ortie peut corriger ce déséquilibre.

Infographie sur les engrais naturels pour le figuier

Protection Hivernale

Le bois du figuier gèle à -15 °C. Dans les régions aux hivers rigoureux, il est important de protéger le figuier du gel. Il convient de butter le pied et d'envelopper la ramure d’un voile d’hivernage. Paillez généreusement le pied de l’arbre et, en cas de fortes gelées, couvrez les rameaux avec un voile d’hivernage. Ce conseil est aussi valable pour les plants en pot. Si votre figuier est en pot, enveloppez le pot avec du liège ou des cartons pour maintenir une température stable autour des racines.

Résoudre les Problèmes de Croissance et de Fructification

Plusieurs raisons peuvent expliquer pourquoi votre figuier ne produit pas de fruits ou ne pousse pas de manière optimale. Une observation attentive et des actions ciblées peuvent souvent corriger ces problèmes.

Manque de Fructification

L’une des raisons principales est l’insuffisance de lumière solaire, car le figuier nécessite beaucoup de soleil pour fructifier. Le manque de nutriments dans le sol peut également être un facteur limitant, d’où l’importance d’un apport régulier d’engrais organique. Par ailleurs, certaines variétés de figuiers nécessitent une pollinisation spécifique, et l’absence de pollinisateurs adéquats peut empêcher la fructification. Enfin, un figuier trop jeune ou mal taillé peut également ne pas produire de fruits.

Carences et Excès

Même s’il est peu exigeant, le figuier peut souffrir de certaines carences qui ralentissent sa fructification. Une observation attentive de ses feuilles et de ses jeunes rameaux permet de repérer ces signaux. La carence en potassium est l’une des plus courantes. Elle se manifeste par des feuilles pâles, et des fruits petits ou absents. L’ajout de compost de consoude ou de purin d’ortie peut corriger ce déséquilibre. Autre point de vigilance : un excès d’azote, qui provoque une croissance excessive du feuillage au détriment des fruits. Cela se produit souvent après des apports trop riches en engrais universels.

Lutte Contre les Maladies et les Parasites

Bien que le figuier soit dans l’ensemble un arbre robuste et facile à cultiver, il peut être victime de maladies et parasites. Le figuier demande peu de traitements comparé aux autres arbres fruitiers. Un figuier bien nourri et bien aéré est moins sensible à ces attaques.

Maladies Courantes

  • Chancre du figuier : causé par un champignon. Bien qu’il n’existe aucun traitement curatif, il est possible de pulvériser l’arbre de bouillie bordelaise à titre préventif. Sur le figuier, des « pustules » apparaissent sur les branches principales et les rameaux secondaires. Coupez les parties atteintes en prenant de la marge.
  • Oïdium : maladie cryptogamique (champignon) qui nuit au développement de l’arbre. Les attaques interviennent lors des périodes chaudes et par manque d’eau. Les signes apparaissent, les feuilles se déforment, elles sont recouvertes de poudre blanche. Il n'y a pas de traitement : coupez les branches concernées.

Parasites Fréquents

  • Cochenille : provoque une décoloration des feuilles. Les jeunes pousses peuvent être engluées et déformées, avec la présence de filaments cireux et de fumagine sur les rameaux. Nettoyez le feuillage au jet d’eau puis pulvérisez un mélange d’eau et de savon noir. En cas d’invasion importante, traitez en plus avec un insecticide bio.
  • Teigne du figuier : peut être traitée à l’aide d’un insecticide comme le bacille de Thuringe. Vous pourrez également utiliser des pièges à phéromones, tout comme pour la mouche de la figue.
  • Psylle : de la même famille que les pucerons, elle ressemble à une petite cigale et se déplace en faisant des bonds. Cet insecte se nourrit de la sève de larve et produit une « cire » et du miellat, pouvant entraîner l'apparition de fumagine. Les larves sont très voraces et dangereuses pour l’arbre, provoquant des feuilles piquées, recouvertes de miellat et déformées. Nettoyez le feuillage au jet d’eau puis pulvérisez un mélange d’eau et de savon noir. En cas d’invasion importante, traitez en plus avec un insecticide bio.
  • Araignées rouges : Pulvérisez de l’eau sur le dessus et le dessous des feuilles. À noter : les araignées rouges peuvent corrompre beaucoup de plantes de proximité.

Prévention et Renforcement

Pour le booster durablement, il faut renforcer ses défenses naturelles dès le printemps. Pulvériser du purin de prêle ou de l’infusion d’ail peut renforcer ses tissus. Il est important de ramasser les figues tombées et de nettoyer le sol à l’automne pour éviter la propagation des maladies. Cela aide aussi à préparer l’arbre pour la saison suivante. Éliminez les mauvaises herbes, vous pouvez également déposer au pied de l’arbre des pierres, de manière à empêcher le développement de végétation dans laquelle peuvent se cacher de nombreux prédateurs.

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Multiplication du Figuier : Bouturage et Transplantation

Il existe plusieurs méthodes pour multiplier le figuier comme la greffe, les semis ou encore le bouturage. Les semis ne donnent pas toujours de bons résultats notamment car ils produiront autant d’arbres mâles (qui ne produiront pas de figue) que d’arbres femelles.

Bouturage du Figuier

On peut bouturer les figuiers pratiquement toute l’année, sauf quand il fait très froid. La meilleure période est à la fin de l’été, puisque la chaleur va booster le développement des racines. En gardant les jeunes plants à l’abri tout l’hiver, vous aurez un jeune figuier suffisamment développé et solide pour une plantation au printemps.

Technique de bouturage

Il suffit de prélever un rameau sain de 20 à 25 cm de l’année précédente et de le planter directement dans un pot à l’étouffée. Le bois de l’année est plus clair, marron presque beige. Le pot doit être au chaud et à l’abri, avec une température supérieure à 20°C.Une méthode de bouturage efficace :

  1. Prélever les baguettes : prélever des baguettes d’environ 20 cm du 5 février au 5 mars, avant le débourrement des feuilles (sur le littoral méditerranéen). Le diamètre optimal de la baguette est celui d'un pouce ou plus. Des diamètres inférieurs sont possibles, faute de mieux. Il s'agit de boutures simples, à talon ou en crossette, selon les possibilités. Toutes les boutures sont munies de l’œil terminal, même s'il peut en être autrement en fonction des possibilités de prélèvement. Prélever du bois de l'année exclusivement, en évitant les baguettes trop vertes, insuffisamment lignifiées, plus difficiles à bouturer. Si le choix est limité, il est possible de prélever des baguettes vertes, mais les résultats sont moins bons. Certains pépiniéristes prélèvent du bois de deux ans lorsqu'ils sont à court de bois de l'année.
  2. Préparer les containers : planter les boutures dans des containers de 3 litres de préférence, remplis d’un mélange bien fait, moitié terreau et moitié terre consistante. Dans le fond du container, avant de verser le mélange, placer une couche de 2 cm de terre pour éviter trop de fluidité de l’eau lors des arrosages.
  3. Planter les boutures : placer une à trois boutures par container, selon leur diamètre. Dans le cas de boutures nombreuses, pour gagner de la place, utiliser des containers de taille supérieure (5 à 20 litres) et planter plus de 3 boutures par container, en veillant à ce qu’environ 10 cm séparent en tous sens les boutures les unes des autres. Les boutures sont plantées au minimum à 5 cm du bord du container. Compter le nombre d'yeux présents sur la bouture, et enfoncer celle-ci dans le pot en veillant à ce que la moitié des yeux soit enterrée et que l'autre moitié se situe au-dessus du mélange. Dans le cas d'une bouture courte à trois yeux, en enterrer deux, un seul restant donc au-dessus du substrat.
  4. Tasser et arroser : avec la pointe des doigts, tasser légèrement le mélange autour des boutures sur toute leur longueur, puis combler les dépressions entre les boutures qui résultent de ce tassement en ajoutant du mélange. En fin de plantation des boutures, tasser le contenu du pot en frappant légèrement mais fermement sa base contre le sol et remettre à niveau le mélange en surface. Le niveau du mélange descendant par tassement au cours de l'arrosage, en fin de celui-ci combler à nouveau en surface en ajoutant du mélange et en tassant légèrement du plat des doigts (sans arroser ensuite).
  5. Conditions de culture : placer les containers à l’ombre, légère de préférence (pas de soleil direct) et veiller à arroser les boutures de façon à ce que le mélange reste légèrement humide en permanence (soit tous les jours ou tous les deux jours sous un climat méditerranéen).
  6. Utilisation d'hormones : pour certaines variétés dont le bouturage est difficile (par exemple 'Grise de la Saint-Jean'), tremper la partie de la bouture à enterrer dans de l’hormone de croissance. Dans ce cas, éliminer le surplus en secouant la bouture ou en faisant frapper le bas de celle-ci contre une surface dure. Puis, réaliser dans le substrat (avec un bout de bambou) un trou vertical assez large pour que la bouture soit enfoncée sans frotter, évitant ainsi que l'hormone ne soit enlevée.

Transplantation des boutures

Le succès des boutures se constate en fin d’été seulement (certains démarrages de végétation s'effectuent sans réel enracinement). Attendre la défoliation naturelle complète des boutures pour transplanter celles-ci hors du pot.

  • Bouture isolée et vigoureuse : Si une bouture a été plantée isolément dans un container de 3 L et que le développement a été vigoureux, la masse racinaire remplit pratiquement le container et le jeune plant peut être planté directement en motte à l'emplacement définitif du figuier.
  • Bouture isolée et faible : Si une bouture a été plantée isolément dans un container de 3 L et que le développement a été faible, laisser la bouture forcir une deuxième saison dans le même container, sans la dépoter.
  • Plusieurs boutures dans un container : Si plusieurs boutures ont été plantées dans le même container, dépotter l'ensemble du contenu du pot, maintenu compact par les chevelus racinaires des boutures. Pour cela, avant de tirer le contenu, coucher le container sur le sol ou sur du papier journal posé sur un support horizontal, les boutures étant alors à l'horizontale. Séparer délicatement les boutures enchevêtrées. Si du substrat reste accroché entre les racines, le conserver. Une fois les boutures dégagées avec chacune leur chevelu racinaire, les planter rarement directement en terre à l'endroit où le figuier va se situer. Laisser les boutures forcir une nouvelle saison en plaçant chacune d'entre elles seule dans un container de 3 à 5 L.
  • Boutures très nombreuses : Lorsque les boutures sont très nombreuses, les faire forcir en tranchée dans le sol, si possible à l'ombre légère, la terre étant amendée de terreau. La tranchée mesure 30 cm de large et de profondeur.

Transplantation de Sujets Adultes

La transplantation d'un figuier adulte, surtout s'il est de grande taille, est une opération délicate mais possible. Elle nécessite une préparation minutieuse et un suivi rigoureux pour assurer la reprise de l'arbre.

Préparation de l'arbre

Pour transplanter une touffe de figuier, il est crucial de l'alléger considérablement. Commencez par supprimer tous les longs jets latéraux, qu'ils soient de gros calibre, près du sol ou en hauteur, pour ne conserver que les troncs et les branches principales courtes. Ensuite, les troncs doivent être rabattus à une hauteur d'environ 2,5 m et dépouillés d'une partie de leurs branches principales, celles restantes étant raccourcies. Les branches secondaires sont taillées au ras des branches, à l'exception de quelques tire-sèves d'une cinquantaine de centimètres laissés dans la partie haute des branches. L'opération doit être réalisée à la mi-mars, lors de la montée de sève qui aide les plaies à cicatriser, en prenant soin de bien mastiquer toutes les plaies, aussi petites qu'elles soient, pour éviter les chancres. Pour un sujet en touffe, il ne faut pas hésiter à rabattre sévèrement le sujet, avec une hauteur des troncs inférieure à la taille d'un homme.

Excavation et Transport

Une pelleteuse est souvent nécessaire pour sortir le reliquat de touffe avec une grosse motte (par exemple 1 m de haut et 1,5 m de diamètre). Pour le transport, la touffe et son énorme motte doivent être suspendues au bras de la pelleteuse, une bâche entourant la motte de façon très serrée et étant liée sur le dessus.

Replantation et Soins Post-transplantation

La touffe doit être soigneusement plantée dans sa nouvelle parcelle d'accueil, sans engrais mais avec apport de terreau, le trou de plantation étant un peu plus grand que la motte. Une cuvette d'arrosage doit être confectionnée, avec des rebords de cinq doigts de hauteur. L'arrosage doit être très important, quasi déraisonnable au premier abord, même pour le littoral méditerranéen. Par exemple, un arrosage régulier tout au long de la saison sèche qui a suivi la transplantation, à raison de trois fois la cuvette pleine tous les deux jours, peut être nécessaire. La profondeur de la cuvette d'arrosage peut être augmentée (huit à dix doigts de hauteur) pour les transplantations ultérieures. Un lit de fumier de mouton séparé des racines par une bonne couche de terre au fond du trou de plantation peut également jouer un rôle important lors des premiers mois de pousse.

Séquence de photos illustrant la transplantation d'un grand figuier

Rabattage au sol et inclinaison

Si l'objectif est de remplacer le tronc unique par une touffe au même endroit, couper le tronc au ras du sol. Il s'ensuit le départ de plusieurs tiges. Un certain délai (pousse et taille de formation) est nécessaire pour reconstituer une touffe du volume et de la régularité des charpentières de l'arbre initial. Ceci est d'autant plus vrai que le sujet est plus âgé, même si le volume du système racinaire accroît alors la vigueur de la repousse, tout en restant sans effet sur la régularité souhaitable. On opère sans déterrer le figuier si la touffe doit remplacer le tronc unique au même endroit, mais on peut aussi, une fois le tronc coupé, transplanter le plant rabattu vers un nouvel endroit (motte ou racines nues).

Pour des sujets jeunes que l'on souhaite sauvegarder avec leur tronc, il faut employer une autre technique. Déterrer le sujet (en motte ou à racines nues) et le replanter, sur place ou à un autre endroit, en l'inclinant de façon que le tronc fasse un angle égal ou inférieur à 45° avec le sol. Retailler ou supprimer les charpentières qui touchent le sol et empêchent d'atteindre cet angle une fois le tronc incliné. Si l'inclinaison est suffisante (angle à 45° conseillé), et si la variété s'y prête, une tige va pousser au bas du tronc, de façon pratiquement perpendiculaire à celui-ci. Une plantation du tronc face à la position dominante du soleil pendant la journée facilite l'émission de la repousse dans le sens opposé au tronc. Indépendamment de la naissance de la tige précitée, qui peut ne pas s'effectuer chez certaines variétés, des rejets plus ou moins verticaux naissent au collet et seront supprimés ou conservés et taillés, selon la forme et le volume souhaités pour la touffe.

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