Auguste Baudry, bien que le nom ne soit pas directement mentionné dans les documents fournis, se révèle à travers les détails d'une vie militaire et civile riche et engagée. Les informations disponibles dessinent le portrait d'un homme au parcours exemplaire, marqué par une ascension graduelle dans l'armée, des faits d'armes remarquables et des engagements personnels profonds. Son histoire, entrelacée avec celle d'autres figures de son époque, éclaire une période charnière de l'histoire française.
Les Racines et les Premiers Pas
Les origines d'Auguste Baudry sont ancrées dans la vie rurale et laborieuse de la fin du XIXe siècle. Il est le fils d'Auguste BOUHIER, 26 ans, journalier, et de Marie CHABOT, 22 ans, journalière. Cette filiation indique un milieu modeste, où le travail manuel était une composante essentielle du quotidien. Né dans cette lignée de journaliers, il est le troisième en Ville des CC. Cette mention pourrait faire référence à une position spécifique au sein d'une communauté ou d'une organisation, bien que le contexte exact des "CC" ne soit pas entièrement précisé ici.

Les documents nous informent également sur des figures familiales d'autres individus dont les récits sont mêlés. Par exemple, le père d'un autre individu, maçon, est né à Trouhant (21) le 15/08/1753. Ces ancrages familiaux diversifiés offrent un aperçu des dynamiques sociales et professionnelles de l'époque.
L'Engagement Militaire : Une Ascension Fulgurante
L'histoire d'Auguste Baudry est indissociable de son engagement militaire, qui débute dès 1895. Immatriculé à La Roche-sur-Yon sous le n° 152 de la classe 1894, il fut appelé le 14 novembre 1895 au 114e régiment d'infanterie comme soldat de 2e classe. Cette première affectation marque le début d'une carrière militaire jalonnée de promotions rapides.
Son dévouement et ses compétences furent rapidement reconnus. Il accéda au grade de Caporal le 1er décembre 1896, puis à celui de Sergent le 19 septembre 1897. Ces promotions successives en un laps de temps relativement court témoignent d'une aptitude naturelle au commandement et d'une rigueur exemplaire.

La volonté de servir s'est manifestée par plusieurs rengagements. Il se rengagea le 25 août 1898 pour 2 ans à compter du 1er novembre pour le 32e R.I., où il fut promu Sergent fourrier le 15 mai 1899, puis Sergent major le 16 janvier 1900. Un nouveau rengagement intervint le 22 février 1900 pour 3 ans à compter du 1er novembre 1900. Enfin, il se rengagea le 5 décembre 1902 pour 5 ans à compter du 1er novembre 1903. Ces multiples rengagements soulignent un engagement profond et durable envers l'armée.
Vie Personnelle et Réseaux Sociaux
Parallèlement à son parcours militaire, Auguste Baudry fonda une famille. Il se maria le 25 octobre 1900 à Villaines-les-Rochers (37) avec Marie Blanche Fanellie BOURGUIGNON, 22 ans, née à Villaines le 15-04-1878. Marie Blanche était la fille de feu Louis Philippe BOURGUIGNON et de Mélanie HUAULT. Ce mariage fut célébré en présence de témoins issus de divers horizons, témoignant des réseaux sociaux de l'époque.
Parmi les témoins figuraient Pierre LEVRON, 29 ans, maréchal-ferrant à Dompierre (85), qui était le beau-frère de l'époux, et Victor TRIBOT, 35 ans, adjudant au 35e de ligne à Tours, un ami. La présence de Jean LIGEARD, 73 ans, propriétaire à Villaines, oncle de l'épouse, et Henri GUILLON, 63 ans, voyageur de commerce à Saumur (49), met en lumière la diversité des relations sociales et professionnelles des familles.

D'autres informations disponibles, bien que se rapportant à d'autres individus, illustrent la nature des liens familiaux et amicaux. Par exemple, les témoins du mariage d'une autre personne étaient Pierre BOUHIER, 44 ans, charpentier à Taizé-Auzie, oncle de l'époux, et Adolphe BOUHIER, 31 ans, cultivateur à Taizé-Auzie, frère de l'époux. Léopold FAURE, 49 ans, teinturier à Ruffec, ami de l'épouse, et Léon ROUSSEAU, 43 ans, boulanger à Monsijeau, complétaient cette liste, démontrant l'importance des réseaux de soutien dans la vie des individus à cette période.
Incidents et Reconnaissances dans l'Armée
La vie militaire d'Auguste Baudry ne fut pas exempte d'incidents. En service commandé le 6 août 1905, au cours d'une manœuvre de garnison, en allant occuper un fossé avec sa section, il fut atteint d'une entorse légère au genou gauche. Cet événement, bien que mineur, souligne les risques inhérents à la vie militaire, même en temps de paix.
Son avancement continu témoigne de son excellence. Il fut promu Adjudant le 27 décembre 1907, puis Adjudant-chef le 25 juin 1912, juste avant le déclenchement des hostilités.
La Grande Guerre : Blessures et Héroïsme
La Première Guerre mondiale fut une période de bouleversements majeurs et de démonstrations de courage. Auguste Baudry y participa activement, et son parcours fut marqué par des blessures et des actes d'héroïsme.
Il fut promu sous-lieutenant à titre temporaire le 2 septembre 1914, au début du conflit. Quelques jours plus tard, le 8 septembre 1914 à La Fère-Champenoise (Aisne), il fut blessé. La description de ses blessures est détaillée : "plaie superficielle à la face dorsale de la main gauche avec lésion du métacarpien par balle. Large plaie profonde anfractueuse au niveau de la pointe de l'omoplate gauche". Ces blessures graves témoignent de l'intensité des combats et des dangers auxquels les soldats étaient confrontés.

Malgré ses blessures, il continua son service. Il passa au 66e régiment d'infanterie le 17 septembre 1915. Sa bravoure fut reconnue par la nation, et il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur le 1er avril 1917, une distinction prestigieuse récompensant des services exceptionnels. Il reçut également la Croix de guerre avec palme, une autre marque de reconnaissance pour son comportement au feu.
La Légion d'honneur, c'est quoi ? | franceinfo INA
Son parcours régimentaire fut varié pendant le conflit. Il passa au 401e R.I. le 17 mai 1917, et fut promu lieutenant à titre temporaire le 11 août 1917. En octobre 1917, il fut confronté à des problèmes de santé, étant "malade le 16 octobre 1917 : 'rhumatismes subaigus des membres inférieurs et contusions, fatigue générale'". Cette description met en lumière les conditions difficiles et l'usure physique des soldats sur le front.
Versé au dépôt le 25 octobre 1917, il repassa au 66e R.I. le 17 novembre 1917. Une citation officielle vint confirmer son courage : "Officier très zélé et très dévoué, s'est fait remarquer en maintes circonstances par sa belle conduite au feu". Cette citation est un témoignage éloquent de son leadership et de sa bravoure au combat.
Il fut promu lieutenant à titre définitif pour prendre rang du 9 février 1913 par décret du 10-09-1919, consolidant ainsi son statut d'officier de carrière.
Après la Guerre : Une Carrière Militaire en Évolution
Après la fin de la Première Guerre mondiale, Auguste Baudry continua son service actif. Il passa le 1er avril 1921 au 90e R.I. Son ascension hiérarchique se poursuivit, et il fut promu capitaine par décret du 23 décembre 1921, étant affecté au 94e R.I.
Le 15 septembre 1922, il passa au 511e régiment de chars de combat. Cette affectation à une unité de chars, une arme relativement nouvelle à l'époque, témoigne de l'évolution de l'armée et de la capacité d'Auguste Baudry à s'adapter aux nouvelles technologies et stratégies militaires.
Un Réseau de Compagnonnage et des Rencontres Significatives
Les documents nous offrent également un aperçu des interactions d'Auguste Baudry avec le monde du compagnonnage. Dans ses Mémoires manuscrites (Souvenirs d'une famille de compagnons de 1740 à nos jours) éditées en 2013 par Garae Hésiode sous le titre Saint-Lys la Fidélité, compagnon charpentier, le C. passant charpentier du Devoir Joseph BOUAS, Saint-Lys la Fidélité, rapporte l'avoir rencontré lors de son séjour à Tours du 8 octobre 1893 au début mars 1894.
Cette rencontre est décrite avec vivacité : "Quelques jours après arrive le C. Bouhier Angoumois surnommé Rigolo parce qu'il souriait toujours même en parlant de choses tristes. Le C. Bouhier n'était pas un inconnu pour moi, nous étions à bordeaux et Nantes ensemble. Il arrive chez la Mère alors que nous étions à table, il touche la main à tous les CC. et lorsque mon tour arrive je lui dis : "Adieu Rigolo". Prenant subitement un air sérieux, il me répond : "Adieu sale bête". Tout le monde éclate de rire et je leur explique le motif de mon salut et de sa réponse." Cette anecdote révèle une personnalité chaleureuse et un sens de l'humour, tout en soulignant les liens étroits au sein des communautés compagnonniques.

L'adresse du C. Bouhier Angoumois est également mentionnée : le 18/01/1896, il résidait à Paris-19e, 161, rue d'Allemagne (siège des CC.). Cette information confirme l'existence de lieux de rassemblement pour les compagnons et la mobilité de ces travailleurs à travers la France.
Ces récits de compagnonnage, bien que se rapportant à un "C. Bouhier Angoumois", fournissent un contexte social et culturel précieux. L'Union Compagnonnique d'Angers, par exemple, comptait des adhérents comme Auguste Jean BOUHIRON en 1891 (n° 383), charron, né à Vihiers le 28/04/1861. Ce dernier était le fils d'André Jean BOUHIRON, 32 ans, charron, domicilié rue de Saumur, et de Jeanne ONILLON, 29 ans (décédée le 22/03/1894). Un graffito laissé dans la basilique de Saint-Maximin par Auguste BOUHIRON, relevé par F. et Cl., atteste de la présence et de l'activité des compagnons dans diverses régions.

Le 7/08/1898, à Vihiers, naquit Auguste Jean Joseph, fils d'Auguste Jean BOUHIRON, charron, 37 ans, domicilié à Vihiers, 2, rue Nationale, et de dame ROBIN Modeste Marie, son épouse âgée de 31 ans. Ces détails illustrent la transmission des métiers et des traditions au sein des familles de compagnons. Le parrain de l'enfant était Jacques MEUGNOT, vigneron, aïeul maternel, et la marraine Emée MONT… Ces liens familiaux et professionnels, souvent entrelacés avec le compagnonnage, formaient un tissu social complexe et solidaire.
Réflexions sur les Professions et les Époques
La mention d'Auguste Baudry en tant que "jardinier" dans le titre de la demande, bien que non explicitement développée dans les informations fournies, invite à une réflexion plus large sur les parcours professionnels de l'époque. Il est possible qu'Auguste Baudry ait exercé cette profession avant ou après son service militaire, ou en parallèle. De nombreux individus, en particulier dans les milieux ruraux, cumulaient plusieurs activités pour subvenir à leurs besoins.
Les informations disponibles sur d'autres individus enrichissent également notre compréhension des professions. Par exemple, l'exécution d'exercices militaires dans le 21e R.A. par un autre individu, puis son détachement au 22e R.A. le 18/01/1915, son passage au 10e R.A. à pied le 13/01/1916, au 11e R.A. à pied le 1/11/1916, au 69e R.A. à pied le 1/08/1917, et au 9e R.A., montrent la diversité des unités et des spécialisations militaires.
Le père d'un autre personnage, maçon, né à Trouhant (21) le 15/08/1753, ainsi que les charrons et maréchaux-ferrants mentionnés, soulignent l'importance des métiers artisanaux et manuels dans la société française de l'époque. Ces professions, souvent transmises de génération en génération, étaient le pilier de l'économie locale et jouaient un rôle crucial dans le développement des communautés.
Le parcours d'Auguste Baudry, avec ses rengagements militaires, ses promotions, ses blessures et ses reconnaissances, incarne le dévouement et le sacrifice de toute une génération. Son histoire, enrichie par les récits de compagnonnage et les liens familiaux, offre un aperçu précieux de la vie quotidienne, des défis et des aspirations des Français à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.