Les pompes de puits et la pression d'arrosage : Un guide complet pour un jardin florissant

L'utilisation d'une pompe de puits pour l'arrosage du jardin et du potager représente une solution écologique et économique pour maintenir une végétation saine, surtout lorsque l'été pointe le bout de son nez et que le soleil brille. Cependant, pour exploiter pleinement le potentiel de cette ressource, il est essentiel de comprendre le fonctionnement des pompes, les différents types disponibles, et les considérations techniques pour une installation efficace.

Schéma de fonctionnement d'une pompe immergée dans un puits

Comprendre le fonctionnement d'une pompe de puits

Une pompe à eau de puits fonctionne de manière simple mais ingénieuse. Généralement une pompe électrique immergée, elle est entièrement placée sous le liquide, qu'il s'agisse de la cavité du puits, d'un réservoir ou de l'irrigation du jardin. La machine aspire l'eau, lui donne de la pression et remonte le liquide à la surface. Ces pompes submersibles sont souvent des pompes centrifuges, utilisant l'énergie centrifuge pour puiser de l'eau de puits très profonds, parfois jusqu'à 250-300 mètres, en grande quantité et rapidement.

Une pompe de puits est habituellement divisée en trois parties. Le corps du moteur fournit la puissance nécessaire au pompage. L'eau est ensuite aspirée par la grille d'aspiration, la troisième partie, vers le corps de pompe, le deuxième élément.

Avantages d'une pompe à eau électrique pour puits

Les pompes de puits offrent de multiples avantages, notamment la capacité d'extraire l'eau de puits profonds et très profonds, à partir de 9-10 mètres jusqu'à plus de 100 mètres. Le principal avantage est donc de rendre l'eau souterraine facilement accessible pour diverses applications, telles que l'arrosage.

Ces pompes sont également équipées d'une fonction de marche/arrêt automatique, permettant à la pompe de s'enclencher et de s'arrêter en fonction de la demande en eau. Par exemple, si vous branchez votre pompe sur un robinet, elle se mettra en marche dès l'ouverture du robinet et s'arrêtera à sa fermeture.

Un autre avantage significatif est la protection contre le fonctionnement à sec. Si la pompe ne dispose plus de liquide à pomper, elle se met en sécurité pour éviter les dommages. De plus, les pompes de puits se refroidissent grâce à l'eau qu'elles aspirent, ce qui leur permet d'être partiellement ou totalement immergées, contrairement à certaines pompes de forage.

Installation d'une pompe de puits : étapes et précautions

L'installation d'une pompe de puits est relativement simple. Il est primordial de commencer par suspendre la pompe immergée dans l'eau à l'aide d'une corde ou d'un câble en inox. Il est crucial d'observer une distance minimale de 50 cm du fond pour éviter que la pompe n'aspire des déchets ou des particules pouvant se trouver au fond du puits ou de la citerne, ce qui pourrait l'endommager. La suspension de la pompe favorise l'aspiration et prolonge sa durée de vie.

Ensuite, il suffit de brancher le tuyau ou la canalisation sur la sortie de la pompe et de connecter le câble d'alimentation pour qu'elle fonctionne. Il est fortement recommandé d'utiliser un tuyau d'un diamètre égal ou supérieur à la sortie de la pompe. Un tuyau de plus petit diamètre créerait une résistance, empêchant la pompe d'atteindre sa pleine capacité et sa pression réelle. Si ces recommandations sont suivies, la pompe de puits s'enclenchera et s'arrêtera automatiquement en fonction de la demande en eau.

Étapes d'installation d'une pompe de puits

Choisir la pompe de puits adaptée à vos besoins

Le choix d'une pompe de puits nécessite de déterminer la puissance appropriée à votre situation. Pour cela, il faut calculer le débit nécessaire et la hauteur de refoulement en fonction de votre utilisation, comme la distance jusqu'à vos arroseurs ou votre système d'arrosage et le débit requis par ceux-ci.

Le marché de la pompe à eau domestique se segmente en six familles principales : pompes de surface auto-amorçantes, pompes immergées pour puits ou forage, pompes vide-cave pour eaux claires ou chargées, surpresseurs (groupes pompe + réservoir + pressostat), motopompes thermiques pour usages mobiles ou en zone non électrifiée, et pompes d’arrosage spécifiques (souvent une variante de pompe de surface).

La hiérarchie des critères est toujours la même : usage prévu, hauteur d’aspiration disponible, hauteur de refoulement nécessaire, débit utile et qualité de l’eau pompée. Une pompe parfaite sur le papier mais sous-dimensionnée pour la hauteur manométrique réelle ne fournira jamais la pression annoncée. À l’inverse, surdimensionner pèse sur le budget d’achat et la facture électrique sans rien améliorer du confort.

Pour un arrosage de jardin ou de potager, il existe différents types de pompes d'arrosage : de surface, immergée, etc. Chaque personne ayant des besoins particuliers en matière d'arrosage, votre pompe doit correspondre à vos critères. Pour cela, vous devez choisir la pompe d'arrosage automatique en fonction du laps de temps durant lequel la pompe fonctionnera. Ainsi, certaines pompes conviennent davantage à un arrosage manuel et d'autres à un arrosage automatique.

Pompe de surface : Conseils pour faire le bon choix

Pompes de surface vs pompes immergées

La pompe de surface tire son atout de l’accessibilité : posée hors de l’eau, elle se contrôle, se purge et se répare facilement. Sa limite reste la hauteur d’aspiration, plafonnée par les lois de la physique à environ 8 mètres pratiques. Le système d’aspiration d’une pompe de surface est comparable à boire un verre d’eau avec une paille. Le moindre petit trou dans la paille qui laisse entrer l’air ou un petit rétrécissement compliqueront l’aspiration de l’eau et demanderont bien plus d’efforts pour en boire ne serait-ce qu’un peu. C'est pourquoi il est conseillé d’éviter les rétrécissements et d’assurer l’étanchéité de tous les raccords à l’aide de ruban téflon ou d’autres matériaux d’étanchéité.

La pompe immergée, plongée directement dans le puits ou le forage, ignore ce plafond et peut remonter l’eau depuis 30, 50 voire 100 mètres de profondeur. C'est la seule option physiquement viable au-delà de 8 mètres de profondeur. Le diamètre du forage conditionne le diamètre de la pompe : un forage de 4 pouces (102 mm) accepte des pompes de 3 à 3,5 pouces, un forage de 6 pouces accepte tout. La pompe se descend au bout d’un tuyau de refoulement avec un câble électrique solidaire et un câble de sécurité (corde inox). Toujours laisser au moins 1 mètre entre le fond du forage et la pompe pour éviter d’aspirer le sable de fond. Les pompes immergées sont les plus silencieuses, l'eau amortissant le moteur.

Pour une habitation entière depuis un puits ou une cuve de récupération, un surpresseur 1,1 kW avec réservoir à vessie de 100 litres est un excellent compromis. Il accepte les pointes de 4 robinets simultanés sans baisse de pression, démarre rarement (toutes les 5-10 minutes en usage normal), et s’installe en 2 heures.

Paramètres clés : Débit, pression et hauteur manométrique totale (HMT)

Trois grandeurs résument toute pompe : le débit (litres par heure ou m³/h), la pression (bars), et la hauteur manométrique totale (HMT, mètres). La HMT additionne la hauteur d’aspiration géométrique (entre la surface de l’eau et la pompe), la hauteur de refoulement géométrique (entre la pompe et le point haut), et les pertes de charge linéaires et singulières dans les tuyauteries. Une pompe annoncée pour 50 m de HMT à 0 L/h ne fournit en réalité que 30 mètres à son débit nominal de 3000 L/h. Pour fixer un ordre de grandeur : 1 bar de pression équivaut à environ 10 mètres de hauteur d’eau. Une pompe qui doit alimenter un robinet d’arrosage situé 5 mètres plus haut que la pompe et délivrer 3 bars en sortie doit donc fournir au minimum 8 bars à la pompe (3 bars utiles + 5 bars de hauteur géométrique), soit 80 mètres de HMT.

Il est crucial de ne pas sous-estimer les pertes de charge. Un tuyau d’arrosage de 25 mètres et 19 mm de diamètre fait perdre environ 0,5 bar à 3000 L/h. Sur 50 mètres et avec un coude raide, la perte atteint 1 bar. Si la pompe ne fournit que 3 bars en sortie, il ne reste qu’1,5 bar utile au point d’arrosage, ce qui peut être insuffisant pour faire fonctionner certains arroseurs oscillants.

Qualité de l'eau et filtration

La nature de l’eau pompée détermine la conception interne de la pompe. Les pompes pour eau claire acceptent au mieux des particules de 5 mm, ce qui couvre l’eau de pluie filtrée, l’eau de puits propre et l’eau de cuve de récupération. Les pompes pour eaux chargées (dites « vortex » ou « à roue ouverte ») laissent passer des solides de 25 à 40 mm : feuilles, sable fin, eaux usées domestiques.

Si vous prévoyez utiliser une eau autre que celle du robinet (p. ex. d’une source, d’un canal, d’un fossé ou d'un étang), nous vous recommandons d'utiliser un préfiltre. Le préfiltre se place entre le tuyau/conduite d’aspiration et la pompe de surface. Sa fonction est de protéger la pompe contre d’éventuels dommages provoqués par les particules solides telles que les grains de sable.

Systèmes de contrôle et automatisation

Les pompes submersibles ont généralement un interrupteur à flotteur interne ou externe ou un AquaSensor. Cet interrupteur ou capteur permet à la pompe de détecter le niveau d'eau et de s'allumer et s'éteindre automatiquement, selon les limites qui ont été définies pour la hauteur d'aspiration et le niveau de démarrage. Les pompes de surface qui se trouvent à l'extérieur de l'eau, telles que les pompes de jardin ou les systèmes d'eau domestique, sont équipées soit d'un interrupteur marche/arrêt, soit d'un interrupteur de pression qui détecte automatiquement lorsque de l'eau est demandée et allume la pompe en conséquence.

Des systèmes actifs tels que le Système de Contrôle Électronique et le DAB Control-D entrent en action en cas de manque d'eau. Lorsque vous ouvrez un robinet, la pression tombe et la pompe s’enclenche pour alimenter le robinet. La pompe s'arrête automatiquement lorsque vous fermez le robinet. Votre pompe de surface se transforme ainsi en une pompe de surface active.

Tableau comparatif des types de pompes à eau

Questions essentielles avant l'achat

Avant d'acheter une pompe, posez-vous trois questions cruciales :

  1. Quelle est la hauteur réelle entre la surface de l’eau à pomper et le point le plus haut à atteindre (somme des deux côtés) ?
  2. Quel débit utile faut-il (calculer le pic d’usage simultané, pas le total) ?
  3. Quelle qualité d’eau (claire, chargée, alimentaire) ?Si les réponses à ces questions ne sont pas chiffrées, le risque d’erreur d’achat est maximal.

Erreurs courantes à éviter

  • Choisir une pompe sur le seul critère du débit maximal sans regarder la courbe HMT-débit.
  • Sous-estimer les pertes de charge dues à la longueur et au diamètre des tuyaux, ainsi qu'aux raccords et coudes.
  • Confondre pompe d’arrosage et surpresseur. L’alimentation d’une maison à partir d’un puits, d’un forage ou d’une cuve de récupération exige obligatoirement un surpresseur ou une pompe immergée avec coffret de pilotage pour maintenir une pression stable quel que soit le nombre de robinets ouverts.
  • Utiliser un tuyau d’arrosage plus fin ou un arroseur de jardin rotatif à la suite d'un tuyau PE de 25mm peut limiter le débit et faire travailler la pompe inutilement. Cependant, pour qu'il y ait explosion, il faut que ce qui est monté en aval ne soit pas adapté à la pression nominale de la pompe. Les pertes de charge limitent de toutes façons la pression vue.

Conseils pour un réseau d'arrosage efficace à partir d'un puits

Pour créer un réseau d'arrosage efficace et pratique à partir de l'eau d'un puits, plusieurs éléments techniques doivent être pris en compte.

Si la pompe immergée a en sortie un tuyau PE (polyéthylène) de diamètre 25mm, il est important de conserver un diamètre suffisant pour éviter les pertes de charge significatives. Si vous avez un arroseur de jardin rotatif ou un tuyau d'arrosage plus fin à la suite, cela peut limiter le débit et faire travailler la pompe inutilement. Un rétrécissement du tuyau peut créer une résistance importante et la pompe ne sera pas en mesure d'atteindre sa pleine capacité et sa pression réelle.

Il est par ailleurs recommandé d’utiliser un tuyau d’un diamètre de la même taille ou alors supérieure à la sortie de la pompe. Le fait que la pompe envoie l'eau dans un ballon de surpression, situé au plus près du puits, est une excellente pratique. C'est la pression régnant dans ce ballon qui met en route et arrête la pompe, par le biais d’un pressostat. Par exemple, ce dernier met la pompe en route lorsque la pression du ballon tombe en dessous de 2,5 bars et arrête la pompe lorsque la pression atteint 3 bars.

Préparer l'emplacement et l'installation

  • Préparer l'emplacement : Choisissez un emplacement pour la pompe qui est sec et bien ventilé.
  • Installer la crépine d'aspiration : Connectez la crépine d'aspiration (ou le filtre) à l'entrée de la pompe à l'aide d'un raccord approprié.
  • Installer la tuyauterie : Connectez la tuyauterie à la sortie de la pompe. Utilisez des raccords appropriés pour connecter la tuyauterie aux raccords de tuyau d'arrosage ou aux gicleurs.
  • Connecter l'électricité : Connectez la pompe à une prise électrique. Assurez-vous que la tension correspond à celle indiquée sur la plaque signalétique de la pompe.
  • Amorcer la pompe : Remplissez la pompe avec de l'eau pour amorcer la pompe.
  • Vérifier la pression : Allumez la pompe et vérifiez que la pression est conforme à vos besoins.
  • Vérifier les fuites : Vérifiez qu'il n'y a pas de fuites d'eau au niveau des raccords ou des tuyaux.

Schéma d'un système d'arrosage goutte à goutte

Système d'arrosage automatique et goutte à goutte

Si vous souhaitez connecter votre pompe d'arrosage à un système d'arrosage automatique, celle-ci doit être adaptée. Nous recommandons dans ce cas de figure des modèles comme le surpresseur 5XCSM100S, le surpresseur WP EVO 550 Pentair ou encore la pompe d'arrosage jardin de surface Pentax. L'irrigation goutte à goutte est un type de système d'arrosage qui achemine l'eau directement aux racines des plantes, soit par un réseau de tuyaux enterrés, soit par des goutteurs placés à la surface du sol. Pour un arrosage automatique multi-zones avec électrovannes, le débit nécessaire double souvent : visez 5000 L/h à 4 bars, ou un surpresseur dédié.

Durée de vie et entretien

L'entrée de gamme (50 à 150 €) couvre les usages très ponctuels : vide-cave d’urgence, transfert de quelques m³ par an, arrosage occasionnel d’un petit jardin. Durée de vie typique : 3 à 5 ans avec un usage modéré. Le milieu de gamme (200 à 500 €) cible les usages réguliers : arrosage hebdomadaire, alimentation d’un point d’eau extérieur, surpresseur d’appoint. Roulements de qualité, garniture mécanique au lieu de joint à lèvre, durée de vie de 8 à 12 ans. Le premium (au-delà de 500 €) intègre l’inox 304 ou 316, les électroniques inverter, les protections anti-marche à sec et les certifications alimentaires.

Un surpresseur exige un contrôle annuel de la pression d’air dans le réservoir à vessie (typiquement 1,5 bar pour un démarrage à 1,8 bar).

Le marché des pompes à eau domestiques en France

La sécheresse récurrente sur la moitié sud de la France et les restrictions d’arrosage prolongées poussent de plus en plus de foyers à valoriser leur récupération d’eau de pluie ou leur puits privé. Une pompe correctement dimensionnée transforme une cuve enterrée de 5000 litres en source d’arrosage autonome pour tout l’été, à hauteur de 15 à 20 m³ utilisables.

Le marché français de la pompe à eau domestique pèse environ 350 millions d’euros par an, en croissance de 4 à 6 % depuis 2021 selon les données du syndicat des fabricants. Les pompes immergées et surpresseurs représentent les deux tiers des achats en valeur, le reste se partageant entre vide-cave, motopompes et accessoires.

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