Le tutorat au lycée : un levier essentiel pour la réussite et l'épanouissement des élèves

Besoin d’aide pour construire ton projet scolaire professionnel ou pour t’aider dans tes études ? Plusieurs formes d’accompagnement existent pour les jeunes dont le mentorat et le tutorat. Depuis 2010, un nouvel outil d’accompagnement des lycéens a été mis en place : le tutorat. Issu de la réforme du lycée entreprise en 2009, le tutorat a été organisé par une circulaire du 29 janvier 2010. Le principe est simple : « un tuteur référent conseille et guide les lycéens, il les aide à construire leur parcours de formation et d’orientation et les guide vers les ressources disponibles. Concrètement, les enseignants, professeurs-documentalistes et conseillers principaux d’éducation inclus, peuvent assurer le tutorat. Il s’agit de donner aux élèves qui le souhaitent la possibilité d’avoir un interlocuteur privilégié parmi les membres de l’équipe éducative, qui va le suivre pendant toute sa scolarité.

Schéma illustrant la relation de confiance entre un tuteur et un élève au sein d'un établissement scolaire

Le tutorat est une forme d’accompagnement destinée aux élèves du lycée. Il consiste à réaliser un suivi personnalisé avec l’élève. Ainsi, le tutorat permet aux jeunes d’être accompagnés, guidés et conseillés tout au long de l’année par une personne référente. La personne tutrice peut être une documentaliste, une enseignante ou une conseillère d’éducation. La mission de celle-ci est de guider les jeunes vers des personnes, des structures ou des ressources en fonction de leur demande. L’objectif de la personne tutrice est donc de fournir aux jeunes tous les éléments nécessaires à la construction de son parcours scolaire, mais aussi professionnel. L’accompagnement personnalisé constitue l’un des principaux dispositifs de la réforme du « nouveau lycée » mise en place à la rentrée 2010 dont l’un des objectifs est de proposer un parcours plus progressif et plus individualisé aux lycéens. Mis en place dès 2009 en lycée professionnel, l’accompagnement personnalisé est généralisé pour les séries générales et technologiques depuis la rentrée 2012. Intégré à l’horaire des élèves (72 heures annuelles), c’est un temps d’enseignement distinct des heures de cours traditionnelles qui a pour vocation de permettre aux élèves de mieux réussir leur scolarité au lycée et de mieux préparer l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Comprendre les nuances : Mentorat, tutorat et soutien scolaire

Il est crucial de distinguer ces différentes formes d'accompagnement. Le mentorat est une forme d’accompagnement très simple. Sur la base du volontariat, un mentor et une personne jeune forment un binôme pour aider celle-ci dans ses difficultés. Pour pouvoir faire du mentorat et trouver une personne dans le cadre du programme 1 jeune 1 mentor, il faut respecter certaines conditions comme le fait d’avoir moins de 30 ans, vivre dans un territoire moins favorisé (quartier prioritaire, zone rurale ou petite ville) ou avoir des ressources limitées. Le mentorat est un accompagnement global sur le long terme. Il repose sur une relation de confiance entre une personne expérimentée (le·la mentor·e) et un·e étudiant·e ou un·e jeune actif·ve (le·la mentoré·e).

Rappelons que le tutorat n’est pas du simple soutien scolaire, c’est aussi un accompagnement global d’un⋅e jeune tout au long de ses études. Cela inclut de l’aide pour les études mais aussi pour l’orientation et l’insertion professionnelle. En effet, plus que le seul soutien scolaire, le tutorat permet un suivi régulier de l’élève. Le⋅la tuteur⋅rice peut ainsi répondre aux questions que peuvent se poser l’élève en termes d’orientation et d’insertion professionnelle tout au long de sa scolarité. Le⋅la tuteur⋅rice peut alors l’aider à choisir son orientation, à monter les différents dossiers parfois complexes pour s’inscrire dans les établissements de formations (et notamment les universités), à le⋅la préparer à suivre des études supérieures en expliquant le fonctionnement des cours à la fac par exemple.

Un mentor, c'est quoi ? (définition, aide, lexique, tuto, explication)

Les objectifs pédagogiques et humains du tutorat

La connaissance n’est pas de prime abord source de compétition, la connaissance est une richesse qui se transmet. Pédagogiques d’abord puisqu’il s’agit par une voix (et voie) moins sacralisée que celle du prof de proposer des séances de remédiation de sorte que les élèves en difficulté (re)prennent confiance en eux et trouvent leur place dans le lycée. Ces séances ont pour objectif de débloquer des situations d’apprentissages en refaisant des exercices et devoirs. Mais il s’agit aussi de faire sens dans la micro société de notre lycée en interrogeant des valeurs comme solidarité, altruisme, bienveillance. En fait, voir l’autre. Si vous avez du pain, et si moi j’ai un euro, si je vous achète le pain, j’aurai le pain et vous aurez l’euro et vous voyez dans cet échange un équilibre, c’est-à-dire : A a un euro, B a un pain. Et dans l’autre cas B a le pain et A a l’euro. Donc, c’est un équilibre parfait. Mais, si vous avez un sonnet de Verlaine, ou le théorème de Pythagore, et que moi je n’ai rien, et si vous me les enseignez, à la fin de cet échange-là, j’aurai le sonnet et le théorème, mais vous les aurez gardés.

« Dans notre lycée, cette innovation a été mise en place à la rentrée dans l’idée d’une approche très individualisée des soucis des élèves, explique Guillaume Lambert, tuteur et professeur d’anglais à Amiens. Les professeurs détectent au premier trimestre les élèves à suivre et en font part lors des conseils de classe. Ensuite, on propose un système de tutorat à l’élève et à sa famille. « Au lycée Jean-Moulin, les premiers rendez-vous en tête-à-tête sont obligatoires pour tous les élèves. On le voit, chaque lycée possède une latitude sur la méthode d’application du tutorat. En revanche, l’objectif reste le même partout : « sortir ces jeunes d’une impasse en posant un autre regard sur eux car l’école est faite pour construire ces futurs adultes, comme le souligne Guillaume Lambert. Avec le tutorat, nous leur offrons des espaces de parole, d’échange et de réflexion. Lors de ces entretiens individualisés et réguliers, il s’agit de régler des problèmes globaux. Le tuteur pourra également être un médiateur entre un élève et un enseignant avec qui « ça coince ». Pour cela, le tuteur pourra faire appel à d’autres adultes : assistante sociale, infirmière, aide éducateur… « Le but est la réussite scolaire, mais surtout l’épanouissement maximal des élèves. « Le but du tutorat est de détecter finement les problèmes rencontrés par les élèves. On en distingue deux grands types : les vraies difficultés scolaires, pour lesquelles nous devons aller à la racine du problème et le cas des élèves capables mais qui n’exploitent pas leurs capacités et que nous devons motiver. Ce suivi présente donc l’avantage de faire des repérages plus poussés. On peut régler des cas aussi différents que l’ajustement d’une orientation malheureuse ou la lutte contre la solitude de l’élève.

Organisation et mise en œuvre pratique

Qui peut assurer le tutorat ? Tout élève nécessitant un suivi spécifique personnalisé, relève d’un tutorat. Le tutorat se fait pendant un créneau libre du tuteur et de son élève. Il se fait régulièrement, chaque semaine. Un professeur, un professeur-documentaliste, un CPE, un AED peuvent être tuteurs. Ce travail est fondé sur la confiance, les échanges, l’écoute et le dialogue. Des temps d’échanges réguliers permettent au tuteur de faire le point avec ses pairs. Un minimum de 3 séances permettra au tuteur de percevoir si le tutorat pourrait être positif. Si au bout de ce temps minimum, il n’y a pas d’efforts ou pas d’échanges, le tutorat pourra être arrêté. Par contre, il ne peut pas être fixé de temps maximum. Celui-ci pourrait être l’année scolaire. A tout moment, le tutorat doit pouvoir s’arrêter. Il s’exerce dans le cadre scolaire et dans l’enceinte du lycée (pas de suivi à l’extérieur de celui-ci). Il s’arrête en cas de refus de l’élève ou de refus du tuteur pour la poursuite de la relation.

Infographie détaillant le processus de mise en place d'une séance de tutorat

En ce qui concerne les interventions dans des établissements scolaires, il y a lieu de distinguer les interventions ponctuelles et les participations bénévoles de l’intervention de collectivités publiques ou d’associations. Si vous agissez en tant qu’association vous devez donc obtenir une habilitation de l’Education Nationale, qui établit ensuite la liste des associations habilitées à intervenir dans les établissements scolaires. De plus, lorsqu’il s’agit d’une intervention régulière dans le cadre scolaire, une convention d’une durée d’un an, doit être signée et l’action doit s’intégrer et compléter les enseignements dispensés. Si votre association souhaite proposer du tutorat, vous devrez donc obtenir un agrément de l’Éducation Nationale. De nombreuses associations interviennent déjà en milieu scolaire pour mener des actions de tutorat. On peut notamment penser à l’AFEV, ZUPdeCO, Article 1, Association PARTAGE et l’Association Tremplin. Ces associations agissent depuis longtemps en faveur de la réussite scolaire et l’égalité des chances. Organisées en réseau, elles sont présentes dans de nombreux endroits. C’est pourquoi, il vous sera plus facile de faire du tutorat si vous les rejoignez, elles-mêmes ayant besoin de tuteur⋅rice⋅s. Notez qu’il existe autant de formes de tutorat que d’associations qui mettent en œuvre du tutorat. Les choses ne sont donc pas figées.

Stratégies pour optimiser les séances de tutorat

Plus que du simple soutien scolaire, le soutien scolaire renforcé vous permettra d’approfondir les connaissances de vos élèves dans certaines matières. Proposez à vos élèves de regarder des séries ou des films en anglais, pour lesquels vous choisirez, ou non, de mettre les sous-titres. Montrez leur de petits passages et demandez leur ensuite de vous résumer ce qu’il⋅elle⋅s ont vu. Vous pouvez organiser des débats sur des questions d’actualité. À partir d’un quizz portant sur l’actualité récente, susciter des questions, des réactions et encourager vos élèves à discuter entre eux⋅elles. Vous pouvez aussi envisager des sorties culturelles dans des théâtres, salles de concert, et autres lieux habituellement assez onéreux. L’idée est de leur donner accès à des lieux qu’il⋅elle⋅s n’osent pas fréquenter mais surtout de leur permettre de développer un point de vue critique.

L’important dans le tutorat est d’essayer d’avoir un rythme régulier au moins au début avec des séances de 2h une fois par semaine ou toutes les deux semaines et faites des groupes de 15 élèves maximum, afin de pouvoir faciliter les échanges. Enfin, dans la mesure du possible, travaillez en binôme. Une séance se prépare un minimum en amont. Une rencontre avec les professeur⋅e⋅s juste avant est une bonne occasion pour prendre la température, cerner les difficultés des élèves et leurs questions. Souvent, si le contact est bien établi, cela permet aussi d’avoir un retour sur la séance précédente, toujours utile pour juger des attentes des élèves. En effet, il est important d’apprendre à connaître vos élèves pour ne pas risquer de passer à côté de quelque chose. Il faut par exemple bien connaître leur niveau scolaire pour ne pas risquer de leur apprendre des choses trop difficiles ou inadaptées. Pour cela, discutez avec eux⋅elles et tenez compte de leurs attentes. Enfin, même si la tentation est forte, essayez de ne pas développer une relation trop amicale pour maintenir votre autorité. À l’inverse, ne vous mettez pas dans la peau d’un⋅e professeur⋅e, ce n’est pas votre rôle.

Le tutorat au-delà du lycée : vers l'enseignement supérieur

À l’université, les jeunes de première année peuvent être suivis par une personne tutrice. Suite au contexte sanitaire inédit, le tutorat a été renforcé dans les universités françaises. Le tutorat, c’est aussi de l’accompagnement à l’orientation. En complément de toutes les actions menées par l’Éducation Nationale au cours de leur scolarité, vous pourrez répondre à leurs questions et partager votre expérience. En effet, il⋅elle⋅s n’hésiteront pas à vous demander des informations sur votre parcours et votre filière d’études. Vous pouvez également les encourager à se rendre au Salon de l’Étudiant. Vous pouvez ainsi décider de rester disponibles pour vos élèves durant leurs études supérieures. Un soutien méthodologique et scolaire se fera sous forme d’une permanence, qui a une organisation plus souple que le tutorat.

Diagramme montrant la continuité du tutorat du lycée vers l'enseignement supérieur

Les universités proposent souvent des dispositifs d’accompagnement pour mener les étudiant·es vers la réussite. Les tutorats peuvent être assurés par des étudiant·es (par exemple un·e étudiant·e en 3e année de médecine devient le·la tuteur·rice d’un·e étudiant·e de 1re année) ou des enseignant·es. Ce type de suivi est généralement gratuit et directement intégré dans la vie universitaire. Troisième solution pour trouver un·e tuteur·rice : passer par des plateformes spécialisées dans le soutien scolaire, le tutorat et la préparation aux examens comme Tutorax ou encore 100% Handinamique, un réseau d’entraide spécialement dédié aux personnes en situation de handicap. Tout comme un·e étudiant·e ou un·e bénévole, un·e tuteur·rice privé·e propose un suivi individuel et personnalisé adapté à vos besoins spécifiques. Les cours sont généralement payants et ils peuvent être donnés à domicile ou à distance. En résumé, le tutorat, c’est bien plus qu’un simple coup de pouce : c’est un vrai moteur pour avancer, reprendre confiance en soi et construire son avenir avec sérénité. Accessible, humain et motivant, il aide à mieux s’organiser et à ne pas rester seul face aux difficultés. Les petits + du tutorat ! Le tutorat aide à adopter une certaine discipline et des habitudes de travail qui serviront durant toute la vie. Le tutorat casse les codes du cadre strict de l’école. Cet accompagnement est plus souple, plus personnalisé et plus humain.

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