
Introduction à la Fertilisation Azotée Liquide
L'azote est un macronutriment primaire essentiel (NPK) influençant directement la croissance des plantes, la formation de chlorophylle, l'accumulation de biomasse et le rendement final des cultures. Face à la demande mondiale croissante d'une productivité agricole accrue, une gestion efficace de l'azote est devenue un facteur clé d'une agriculture durable. Les technologies de fertilisation avancées, telles que les engrais azotés à libération contrôlée et les solutions d'azote liquide, sont largement utilisées pour améliorer l'efficacité de l'utilisation des nutriments et réduire les pertes environnementales. L'engrais liquide prend aujourd'hui une place de plus en plus dominante, offrant de nombreux avantages dans le secteur agricole professionnel. En adoptant une bonne stratégie de fertilisation, il est possible d'assurer les rendements, d'augmenter les revenus, de réduire les dépenses et de réaliser des bénéfices durables.
Comprendre l'Azote et son Rôle Essentiel pour les Cultures
L'engrais azoté désigne tout produit fertilisant qui fournit de l'azote (N) sous des formes assimilables par les plantes pour soutenir la croissance et le développement des cultures. Les plantes absorbent principalement l'azote sous trois formes chimiques :
- Nitrate (NO₃⁻) : absorption rapide, très mobile dans le sol.
- Ammonium (NH₄⁺) : stable dans le sol, libération plus lente.
- Urée (CO(NH₂)₂) : convertie en ammonium avant l'absorption par la plante.
Ces sources d'azote sont essentielles à la synthèse des protéines, à l'activité enzymatique et à la production de chlorophylle. L'azote est souvent appelé le « moteur de croissance » des plantes en raison de ses fonctions biologiques essentielles. Il est un composant essentiel de la chlorophylle, permettant aux plantes de convertir efficacement la lumière du soleil en énergie. Il est également essentiel à la synthèse des acides aminés, des protéines et des enzymes qui soutiennent la structure et le métabolisme des plantes. L'azote favorise l'expansion rapide des feuilles, l'élongation des tiges et le développement de la canopée. Un apport adéquat d'azote améliore considérablement le rendement des cultures, le remplissage des grains et la qualité de la récolte. En l'absence d'azote en quantité suffisante, les cultures présentent généralement les symptômes suivants : jaunissement des feuilles plus âgées (chlorose), croissance végétative réduite, potentiel de rendement inférieur, et faible développement des racines et des tiges.

Calcul de la Dose Prévisionnelle et Optimisation du Fractionnement
Le calcul de la dose prévisionnelle repose sur la méthode des bilans, qui met en regard les besoins de la culture et les différentes sources de fournitures du sol. La précision des informations culturales utilisées est essentielle. Avant tout, réaliser des mesures de reliquats azotés de sortie d’hiver permet de construire un aperçu de la teneur en azote des parcelles. Chaque combinaison de culture en place (hiver/printemps), précédent et type de sol est idéalement à considérer. Une attention particulière doit être portée aux parcelles ayant reçu des apports organiques. Il est surtout indispensable de mesurer l’ensemble des horizons exploitables par la culture ! Pour les céréales, cela correspond au nombre de talles mises en place, hors imagerie satellite. En colza, 1 kg de biomasse en sortie d’hiver représente 65 U absorbées. L’estimation précise des biomasses à l’entrée et en sortie d’hiver est d’autant plus importante que les colzas sont développés.
Le dernier paramètre important est l’objectif de rendement. Réglementairement, il est égal à la moyenne des rendements des cinq dernières années en enlevant les deux extrêmes. L’outil MERCI peut être utilisé pour approfondir l’effet piège à nitrates des cultures intermédiaires. Cette méthode permet, à partir de simples pesées au champ de chaque espèce constitutive du couvert, d’estimer la quantité d’azote disponible pour la culture suivante. Choisir un outil dynamique permet une meilleure prise en compte de la minéralisation. Grâce à des modèles dynamiques prenant en compte les données climatiques, ces méthodes permettent une meilleure estimation dans le bilan de la minéralisation du sol et des apports de matières organiques. Ces paramètres sont particulièrement importants pour les cultures estivales comme la betterave.
Un élément à avoir en tête lors de la construction de son prévisionnel de fractionnement est que plus le délai entre l’apport et l’absorption de l’azote par les plantes est important, moins bonne est l’efficacité du fait de la volatilisation, de la lixiviation ou de la réorganisation par les micro-organismes du sol. Il est donc indispensable d’adapter son fractionnement afin de faire coïncider la quantité d’azote apportée avec les capacités d’assimilation de la plante.
- Apport tallage : prioriser l’azote du sol (RSH) car ce sont les apports les moins bien valorisés, avec un coefficient apparent d’utilisation de l’azote (CAU) les plus faibles (≈ 40-50 %).
- Apport début montaison : à cette période, les besoins de la plante deviennent importants. Le coefficient d’utilisation de l’azote (CAU) augmente pour atteindre 60-70 %.
- Apport de fin de cycle : le CAU avoisine alors 80-90 %. Cet apport sera donc le mieux valorisé. C’est un passage obligé pour obtenir un taux de protéines correct, mais il est à raisonner selon la capacité de la variété à « faire de la protéine ».
S'il est essentiel de viser des apports proches des besoins du blé, il est indispensable d’en assurer une bonne mise à disposition. On cherchera également à limiter les risques de perte par volatilisation ammoniacale. Dans ce contexte, il faut garder en tête que les stades d’apport ne sont que des stades-repères. Les apports peuvent être anticipés sans problème au profit de conditions favorables. Cela vaut principalement pour les apports autour du stade épi 1 cm. À partir du 8-10 mars, à l’annonce d’une pluie, le second apport peut être déclenché.
Avantages de la Fertilisation Liquide
La fertilisation liquide est devenue une méthode très efficace, offrant de nombreux avantages qui répondent aux exigences de la production intensive actuelle tout en restant rentable.
Efficacité et Absorption Améliorée
Contrairement aux granulés d’ammonitrate, l’engrais liquide n’est pas seulement absorbé par le sol, car les plantes recueillent ces nitrates également via leurs feuilles. Des études ont montré que lorsqu’elle est utilisée correctement, une solution UAN (Urée-Nitrate d'Ammonium) sous forme d’engrais liquide est aussi efficace que les engrais solides. Son efficacité est supérieure à l’ammonitrate durant les périodes de sécheresse grâce à cette double absorption. La concentration de nitrates n’est pas le seul facteur important ; la manière dont ils seront absorbés par les cultures doit également être prise en compte.
Précision de l'Application et Agriculture de Précision
L’utilisation d’un engrais liquide permet de doser et d’épandre avec précision selon les besoins. Les techniques de pulvérisation modernes permettent une application précise pour une fertilisation ciblée. Des capteurs performants tels que les N-Sensor permettent même une fertilisation spécifique à une zone définie, pour ce que l’on appelle l’« agriculture de précision ». Les buses FD sont particulièrement adaptées à l’épandage d’azote sur des surfaces délimitées, permettant l’utilisation d’un engrais azoté stabilisé liquide qui respecte l’environnement. Le traitement est plus précis et est possible par temps venteux (jusqu’à 25 km/h) avec des buses pendillard.
Rentabilité et Synergies
L’utilisation d’un engrais liquide représente généralement un avantage en termes de prix, puisqu’une solution UAN-30 est généralement moins chère que les granulés d’ammonitrate. L’épandage par pulvérisateur permet également de traiter les surfaces avec un rendement élevé. En associant l'épandage d'un engrais liquide avec du soufre liquide, il est possible de gagner un temps précieux et de rester efficace lors des périodes les plus exigeantes. Les coûts de mécanisation sont moindres en engrais liquide ; un seul matériel suffit pour épandre tous les produits (engrais et phytosanitaires) sans problèmes.
Facilité d'Utilisation et de Stockage
La plupart des exploitations agricoles qui décident de recourir aux engrais liquides peuvent se reposer sur la technologie qu’ils possèdent déjà : les pulvérisateurs agricoles utilisés pour les produits phytosanitaires conviennent généralement pour les engrais liquides tels qu’une solution azotée liquide UAN. Les cuves d’engrais liquide peuvent également permettre un stockage optimal tout en restant à portée de main. Il est possible de récupérer le fond de cuve de votre pulvérisateur pour le remettre facilement dans une cuve de stockage à la ferme.
Les avantages de l'engrais liquide
Types d'Engrais Azotés Liquides et leurs Spécificités
Différents types d'engrais azotés sont utilisés en fonction des besoins des cultures, des conditions du sol et des méthodes d'application.
Solution Azotée UAN (Urée-Nitrate d’Ammonium)
La Solution Azotée UAN est la plus couramment utilisée comme engrais liquide. Une solution azotée pure est constituée à 50 % d’azote sous forme uréique N, et à 25 % respectivement de nitrate et d’ammonium. Le nitrate et l’ammonium sont absorbés directement par les racines et les feuilles, mais l'Urée N ne l’est que plus tard, après un à deux jours. Une solution UAN de qualité possède une tension superficielle élevée et un pH neutre. La solution azotée 30 % contient 30% d’azote (N) en poids/poids ou 39 % d’azote (N) en poids/volume. Cette solution d’engrais azoté liquide (solaz), est un mélange à 50/50 d’urée et de nitrate d’ammonium.
Solution Azotée (UAN) + S (Sulfate d’ammonium liquide ou Thiosulfate d’ammonium liquide)
Une solution azotée + soufre peut être utilisée pour assurer un apport ciblé en soufre. La Solution Azotée (UAN) + S (Thiosulfate d’ammonium liquide) est la forme d'engrais la plus convoitée du marché, en partie car elle est la plus économique. Ce produit dose 29.4 unités d'azote pour 100kg (dont 14 unités uréique, 7 unités ammoniacal et 7 unités nitrique) soit 39 unités d'azote pour 100L, ainsi que 8.45 unités de soufre pour 100kg soit 12 unités de soufre pour 100L. Elle associe un élément indispensable à la synthèse des protéines, le soufre, qui participe à la formation de la chlorophylle dans les feuilles. Il est donc indispensable d'en apporter dès la sortie de l'hiver sur les cultures exigeantes. Le soufre inclus est exclusivement composé de thiosulfate d’ammonium, forme assurant une libération progressive de sulfate, nécessaire aux cultures. L’incorporation de thiosulfate ralentit le processus de nitrification et limite ainsi les pertes d’azote au printemps.
Sulfate d’ammonium liquide
Une solution de sulfate d’ammonium présente une teneur en soufre encore plus élevée. En règle générale, elle contient au moins 22 % de soufre soluble dans l’eau.
NP (Azote-Phosphate)
Une solution NP contient environ 14 % d’ammonium N et environ 48 % de phosphate.
Engrais Azotés Organiques
Les sources d'azote organique comprennent le compost, le fumier et les résidus végétaux. Elles améliorent la matière organique du sol, l'activité microbienne, assurent une libération d'azote lente et à long terme et soutiennent la gestion durable de la fertilité des sols. Cet engrais liquide concentré en azote organique accompagne efficacement la croissance de tous les végétaux dès le démarrage végétatif. Il est idéal pour les cultures à feuilles (salades, choux, poireaux), mais aussi pour les arbres, les arbustes et les haies. Son action est particulièrement précieuse pour densifier et reverdir un gazon affaibli. Au printemps, il dynamise les semis, jeunes plants et végétaux fragilisés par l’hiver. En automne, il revitalise les cultures éprouvées par la sécheresse, redonnant vigueur et couleur aux feuillages.
Précautions et Bonnes Pratiques d'Application
En principe, les engrais liquides peuvent être utilisés pour presque toutes les cultures. Comme lors de l’utilisation d’engrais solides, un épandage approprié au bon moment et avec la bonne technologie est primordial.
Conditions d'Application
Il faut préférer épandre l’engrais liquide sur feuillage sec par temps sec. Une période de pluie après épandage est nécessaire pour l’incorporation de l’engrais par le sol. Beaucoup d’agriculteurs font néanmoins cela lorsqu’il pleut finement, cela limitant la volatilité de l’azote. Les stades d’apport ne sont que des stades-repères ; les apports peuvent être anticipés sans problème au profit de conditions favorables. Il est recommandé de réaliser l’épandage systématiquement avant une pluie pour limiter la volatilisation ammoniacale. Ne pas traiter en période de gel ou de forte chaleur.
Éviter les Brûlures
L’engrais liquide a vocation à être pulvérisé sur le sol pour son absorption par les racines. Si le produit atteint les feuilles, notamment si des gouttelettes persistent sur le feuillage et en conditions d’hygrométrie élevée, il y a risque de brûlures. Le rendement n’en sera pas affecté selon des essais réalisés par Arvalis. Une fertilisation organique professionnelle est utilisable sans risque de brûlure dans des conditions normales.
Choix et Réglage des Buses
Un autre facteur décisif pour une fertilisation liquide efficace est la qualité et l’utilisation correcte des buses. La quantité d’engrais liquide nécessaire par hectare ne sera appliquée que si la machine et les buses sont correctement réglées. Le réglage optimal doit être calculé avec précision, car un engrais appliqué de manière insuffisante peut faire diminuer le rendement. Le débit volumique dépend de la pression de pulvérisation. Les calculs de débit volumique sont basés sur la densité de l’eau (1,0 kg/l). Une solution UAN (30), par exemple, a une densité de liquide de 1,32 kg/l, de sorte qu’un facteur de correction de 0,87 doit être inclus pour le calcul du débit volumique réel. L’angle et la hauteur de pulvérisation au-dessus de la surface déterminent la largeur de pulvérisation théorique. Des buses bouchées entraînent une application défectueuse. Leur nettoyage fait également perdre un temps précieux. Il faut s'assurer que le filtre est adapté à la taille de la buse. Après utilisation, les buses doivent toujours être nettoyées afin d’éviter les blocages. Les buses pendillard sont une alternative intéressante, capables de pulvériser à même le sol et sous couvert végétaux.
Stockage et Entretien du Matériel
Il est nécessaire d’entretenir son outil pour garantir sa durée de vie. À la fin de la saison, le pulvérisateur doit être hiverné correctement. Les cuves d’engrais liquide Duraplas sont conçues pour résister aux propriétés corrosives des solutions UAN et autres engrais liquides, ainsi qu’aux exigences climatiques de l’Europe centrale. Le produit est sensible à la cristallisation si les conditions climatiques hivernales conduisent à des températures négatives. Ce produit, en fonction de la capacité de stockage, peut être soumis à la règlementation des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE 2175), au règlement sanitaire départemental (RSD) et dans tous les cas aux dispositions de la loi Barnier 1992 qui tient pour responsable pénalement l’exploitant en cas de pollution du milieu naturel.
Impact Environnemental et Réglementations
Une utilisation inappropriée de l'azote peut entraîner des problèmes environnementaux tels que les nitrates s'infiltrant dans les eaux souterraines, les émissions de gaz à effet de serre d'oxyde nitreux (N₂O) et l'acidification des sols au fil du temps. Les technologies modernes de fertilisation, notamment les engrais à libération contrôlée et les systèmes d'application de précision, contribuent à réduire considérablement ces risques environnementaux.
La solution azotée est sensible au phénomène de volatilisation ammoniacale, qui varie selon les conditions climatiques et les types de sols. Son utilisation est par exemple peu recommandée sur des sols calcaires ou sableux où l’on a observé jusqu’à 20 % de pertes par volatilisation.
En France, les exigences actuelles de la loi Barnier sur l'environnement doivent être respectées dans le cas de toute fertilisation liquide. En 2016, l'article L110-2 du code de l'environnement a renforcé la réglementation : les exploitants agricoles stockant de l’engrais liquide doivent prendre les mesures nécessaires pour éviter toute pollution. Cette réglementation n’impose pas de moyens particuliers, mais elle exige en revanche des résultats. Les engrais liquides doivent également être approuvés par la législation européenne et ne peuvent être utilisés que conformément aux bonnes pratiques professionnelles.
Les engrais liquides doivent également permettre de :
- Favoriser la croissance des cultures et d’augmenter les rendements de manière significative.
- Améliorer sensiblement la qualité des sols, maintenir ou améliorer durablement sa fertilité.
Les engrais liquides ne doivent présenter aucun danger pour la santé humaine ou animale ou pour l’écosystème dans le cadre d’une utilisation appropriée.

Comparaison avec les Engrais Solides et Coûts de Production
Les engrais liquides sont devenus depuis longtemps une alternative extrêmement compétitive aux engrais solides. Environ 80% du coût de production de l'ammoniac est lié à l'utilisation de gaz naturel. Ce pourcentage passe à 55 à 60% pour les engrais solides de type ammonitrates, qui représentent plus de 50% de l'azote minéral utilisé en France et en Europe. L'ammoniac est la matière première de base de toute l'industrie des engrais azotés. L'urée est obtenue par combinaison de l'ammoniac et du gaz carbonique formé lors de la synthèse de l'ammoniac. Le nitrate d'ammonium est obtenu par réaction entre l'ammoniac et l'acide nitrique ; celui-ci, en mélange avec l'urée, permet d'obtenir des solutions azotées (la solution standard dose 30% d'azote). Par adjonction de produits soufrés (sulfate d'ammoniaque, thiosulfate d'ammoniaque), on obtient des solutions azotées soufrées dont les titres en N et en SO3 sont adaptés aux situations agronomiques.
Les ammonitrates, produit azoté le plus utilisé en France et en Europe, sont obtenus à partir du nitrate d'ammonium avec adjonction plus ou moins importante d'une charge inerte (carbonate de calcium ou dolomie). Ils contiennent de 21 à 33.5% d'azote total dont 50% d'azote ammoniacal et 50% d'azote nitrique. En utilisant une charge contenant du soufre (sulfate de calcium et/ou de magnésium), on obtient des ammonitrates soufrés. L'air composé de 78% d'azote N2 constitue en tout point du globe une ressource quasi illimitée d'azote N. Il faut une source d'hydrogène H2 pour obtenir la synthèse de l'ammoniac NH3, précurseur des principaux engrais azotés.
La production française couvre environ un tiers des besoins en azote de l'agriculture. Les pays proches (Belgique, Pays-Bas, Allemagne) disposent d'unités de production importantes et assurent 23% de l'approvisionnement. Les nouveaux États membres de l'UE (Lituanie, Pologne, Roumanie, Bulgarie) ont une part de 18% de l'azote livré. L'utilisation des ammonitrates, engrais de référence pour son efficacité agronomique et environnementale, est une particularité du marché européen. Dans le monde, les nouvelles capacités industrielles qui s'ouvrent en Asie, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient préfèrent produire de l'urée, un engrais solide concentré à 46% de N, moins cher à produire et plus facile à transporter et à stocker. L'Union Européenne est légèrement excédentaire en ammonitrates alors qu'elle a importé 4.1 millions de tonnes d'urée en 2010-11 (soit 1.89 M de t de N représentant 17% de sa consommation totale d'azote) en provenance principalement d'Égypte, de Russie et de l'Ukraine.
Les solutions azotées sont moins efficientes sur les plans du rendement et des protéines que l'ammonitrate. L’addition d’inhibiteur d’uréase est une solution éprouvée pour pallier en partie à ce manque d’efficience. Du côté des engrais foliaires, une étude d’ARVALIS montre qu’à quantité totale d’azote identique (40 kg/ha) appliquée en fin de montaison au stade « dernière feuille » du blé, ils sont aussi efficaces que l’ammonitrate sur le plan du rendement. En revanche, ils conduisent à des teneurs en protéines inférieures de 0,5 % en moyenne. Toutefois, la plupart de ces engrais sont préconisés par les fabricants à des doses inférieures, insuffisantes pour les besoins en fin de montaison.
Beaucoup de professionnels pensent que les débits de chantier en pulvérisation solide sont plus importants qu’en pulvérisation liquide. L’ammonitrate est titré à 27 % (27 unités pour 100 kg). La solution azotée la plus couramment utilisée l’est à 39% (39 unités pour 100 litres).
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