L'art du bonsaï, cette pratique millénaire venue d'Orient, fascine par sa capacité à capturer l'essence de la nature dans un format miniature. Que l'on soit un passionné de longue date ou un novice curieux, le choix et l'entretien d'un bonsaï, qu'il soit d'intérieur ou d'extérieur, peuvent sembler intimidants. Pourtant, avec les bonnes connaissances et un peu de patience, chacun peut créer et maintenir ces véritables œuvres d'art vivantes. Un bonsaï est avant tout un végétal qui a besoin de lumière pour se développer et réaliser la photosynthèse. Nous avons compris que la lumière est étroitement liée à la quantité d'eau apportée aux bonsaï. Le bonsaï symbolise l’éternité, un lien entre la terre et le ciel, et conduit le jardinier vers le spirituel. La forme du triangle est omniprésente et prend différentes formes selon la silhouette du bonsaï.

Les fondamentaux de l'emplacement et de l'exposition
Le plus important est de connaître les conditions qu’il est possible d’offrir à l’arbre et quels arbres peuvent vivre dans ces conditions. Une idée fausse répandue à propos des bonsaïs est qu’ils devraient être maintenus à l’intérieur. En fait, la plupart des arbres doivent vivre dehors, exposés aux quatre saisons, comme des arbres normaux. Il est déconseillé de garder un bonsaï d’extérieur à l’intérieur, car il a besoin de variations saisonnières pour prospérer. Vous bénéficiez d’un jardin ou d’un balcon et pouvez conserver votre arbre à l’extérieur, et voulez un arbre d’extérieur. Un bonsaï d'extérieur ne doit pas être soigné comme une simple plante en pot. La raison principale en est que le bonsaï est planté dans un pot de petite taille et que, par conséquent, il dispose d’une réserve d’eau et de nutriments limitée.
L'exposition à la lumière : un critère essentiel
La lumière est essentielle pour la photosynthèse, le processus par lequel le bonsaï produit son énergie. La plupart des bonsaïs d’extérieur ont besoin de la lumière du soleil au moins quelques heures par jour. Leurs entre-nœuds et leurs feuilles vont croître exagérément sinon, et ils deviendront sensibles aux maladies et aux parasites. Les bonsaïs d’extérieur préfèrent la lumière directe du soleil pendant plusieurs heures par jour.
Comment débuter en Bonsai? Conseil débutant
Pour les bonsaïs d’extérieur, il est toujours difficile de juger un endroit comme propice à la croissance. En effet, chaque bonsaï a des besoins spécifiques. En général, dehors les feuillus aiment un endroit frais et lumineux sans soleil durant les heures les plus chaudes. Préférez toujours une exposition Est, nord-est à un endroit situé entièrement au nord. Bien que recevant moins de lumière en ces lieux, les feuillus ne manqueront jamais d’eau et leur motte reste toujours légèrement humide. Pour les conifères, préférez toujours un endroit exposé en plein soleil avec un sol drainant. La lumière est pour eux indispensable, et ils redoutent l’excès d’eau. Une exposition ouest sud-ouest convient.
Si vous êtes exposé au plein soleil toute la journée, vous avez le choix entre de nombreuses variétés, mais il faudra peut-être installer des ombrières pour les espèces sensibles, en particulier si les bonsaïs se tiennent sur un espace pavé entouré de murs. Si vous avez un jardin très ombragé ou un balcon orienté au nord ou à l’est, il n’y a que peu d’options. Vous pouvez tenter un if ou un faux-cyprès mais bien qu’ils puissent survivre, ils ne seront pas parfaitement heureux. Les jours de chaleur et dans un espace pavé entouré de murs, les arbres peuvent souffrir d’une faible humidité ambiante.

Sensibilité aux rayons ultraviolets et variations environnementales
En fonction de leur habitat naturel, les espèces possèdent des sensibilités différentes au rayonnement ultraviolet. Les espèces méditerranéennes, comme celles de haute montagne ont développé des stratégies de protection. Elles ont mis en place des filtres anti-UV à la surface de leurs feuilles et souvent réduit la taille de celles-ci. Cependant, au début du printemps, les jeunes feuilles des caducs sont extrêmement sensibles à des variations d’environnement : celles qui étaient à l’ombre et qui se retrouvent exposées soudainement au plein soleil peuvent se dessécher dans la journée.
L'importance de la rotation du pot
Placés le long d’une haie ou d’un mur, nos bonsaïs ne reçoivent de la lumière que d’un seul côté. Il est donc nécessaire de faire régulièrement tourner leur pot de manière à exposer plus uniformément la ramure. On oublie trop souvent de tourner l'exposition de ses bonsaïs en intérieur. Cela provoque un déséquilibre de l'arbre et on peut observer une croissance sur une seule partie de l'arbre. Votre bonsaï est bien plus fragile qu'un arbre classique. Trouvez-lui un endroit bien éclairé mais pas trop chaud, et ne le déplacez pas chaque semaine : tout déplacement demande à l'arbre un petit effort pour s'adapter au nouvel éclairage.
Le rôle de l'environnement immédiat
Le support sur lequel les pots sont posés joue également un rôle significatif. Les voisins de nos bonsaïs peuvent être dérangeants.
Les supports de culture
Les tables de culture sont traditionnellement en bois non verni. Ce matériau présente l’avantage de ne pas trop chauffer en été et de s’imprégner de l’eau excédentaire d’arrosage qu’il restitue doucement à l’environnement par évaporation, faisant baisser la température en été et procurant un microclimat favorable à nos bonsaïs au printemps. Les planches de terrasse en composite, si elles peuvent constituer une alternative intéressante pour leur facilité d’entretien et leur durée de vie plus longue, ne possèdent pas ces qualités. Sur un support en pierre (une terrasse par exemple), l’intensité du rayonnement solaire est renforcée par la lumière réfléchie ; la température peut devenir très élevée en plein soleil et la chaleur emmagasinée dans la journée est restituée pendant la nuit. La base sur laquelle sont posées nos étagères exerce également une influence. Les supports minéraux (pierre ou goudron) absorbent la chaleur et laissent s’échapper l’eau, à l’image des îlots de chaleurs des villes. Une zone engazonnée est plus favorable à l’environnement de culture dans la mesure où elle limite la montée en température, par l’évaporation par les feuilles de l’herbe, et maintient une certaine humidité.
L'influence des plantes voisines
Les arbres et arbustes placés à proximité des tables de cultures sont soumis aux attaques des maladies et ravageurs auxquels leur espèce est sensible. La famille des rosacées, présents dans les vergers et jardin d’ornement (cotonéaster, cerisiers, pommiers, pyracantha, rosiers, …), sont des hôtes appréciés de tous ces organismes. Intégrer des petits potagers autour de vos bonsaïs peut créer un écosystème miniature harmonieux.
Les soins essentiels pour la santé du bonsaï
L’entretien est crucial pour le bonsaï d’intérieur et d’extérieur. En suivant ces conseils, vous assurerez la santé et la longévité de vos bonsaïs d’intérieur et d’extérieur. L’art du bonsaï demande patience et attention, mais les résultats en valent la peine, vous offrant une connexion profonde avec la nature et la culture japonaise.
L'arrosage : une technique délicate
La règle la plus importante est de ne jamais arroser par habitude. Surveiller chaque arbre et ne l'arroser que quand il en a besoin. Ce peut être une fois tous les trois jours ou plusieurs fois par jour, selon la météo, l’espèce et la taille. Il est important d’arroser régulièrement, mais d’éviter l’excès d’eau qui pourrait causer le pourrissement des racines. La fréquence dépend de l’espèce et des conditions ambiantes. Les pots les plus petits (moins de 15 cm de longueur) ont des réserves d’eau très limitées. Ils peuvent nécessiter jusqu’à trois arrosages par jour en été. Face à un soleil trop chaud l’arbre commence par tenter de réguler la température de ses feuilles en ouvrant les stomates situées sous leur surface. On constate qu’en pleine canicule il n’est pas rare de ne devoir arroser des bonsaï placés à mi-ombre qu’une fois par jour, voire un jour sur deux.
L’arrosage doit se faire avec doigté, car le bonsaï craint les excès d’eau qui font pourrir ses racines. Les feuilles finissent alors par sécher. Souvent, on arrose alors davantage pensant que le bonsaï a soif ! Attendez que la surface du substrat sèche légèrement pour arrooser à nouveau. Évitez de laisser de l’eau dans la soucoupe. N’arrosez jamais quand il gèle. Si un arrosage par semaine suffit en hiver, passez à une fréquence quotidienne en été. Profitez des arrosages pour vaporiser le feuillage pendant toute la belle saison. Ce bassinage rafraîchit le bonsaï, nettoie son feuillage et limite les attaques de parasites. Il est possible d’augmenter le taux d’humidité à proximité de votre bonsaï en le plaçant sur un plateau rempli d’eau et en vaporisant l’arbre plusieurs fois dans la journée. Les bonsaïs sont souvent originaires de régions humides.
La fertilisation
Fertilisez votre bonsaï d’extérieur du début du printemps jusqu’en fin d’été avec un engrais pour bonsaï ou un engrais organique à lente assimilation. Nourrissez plus fréquemment un bonsaï cultivé dans un petit pot. Fertilisez modérément pendant la période de croissance, généralement au printemps et en été.
Le rempotage : une étape cruciale
Le rempotage est une étape cruciale dans l’entretien d’un bonsaï. Rempotez au début du printemps tous les 2 ans pour les essences caduques jusqu’à 4/5 ans pour les conifères. Fiez-vous à la motte de racines. C’est le moment de rempoter quand celles-ci ont colonisé le pot. Retaillez-les légèrement. Choisissez un contenant de la taille juste supérieure. Côté substrat, un bon substrat doit offrir un équilibre entre drainage, aération et rétention d’eau. Optez pour un mélange drainant composé d’akadama, de pouzzolane et d’écorce de pin. Mélangez terre de jardin, terreau et sable de rivière à parts égales ou utilisez un substrat spécial bonsaï. Inutile de mettre du sable pour les arbustes à fleurs et les fruitiers. Protégez du soleil direct, arrosez peu, mais bassinez fréquemment et ne fertilisez pas pendant 6 à 8 semaines après l’opération.
La taille et la ligature : l'art de la sculpture
La taille du bonsaï est tout un art. Si la taille de formation du bonsaï est affaire de spécialiste, soyez attentif à conserver sa forme, à fortifier sa ramure tout en le nanifiant. Il s’agit de pincer les nouvelles pousses, généralement au printemps, de pratiquer une taille en vert du feuillage en été pour limiter la taille des feuilles ou éclaircir la ramure, et enfin de raccourcir ou d’éliminer des rameaux du printemps jusqu’en automne selon l’essence. Les passionnés peuvent continuer à « sculpter » leur bonsaï en ligaturant le tronc et les branches avec du fil de cuivre ou de laiton. Ces ligatures forment l’arbre et ralentissent sa croissance en gênant la circulation de la sève. Dans les sujets à tronc unique, on trouve quatre styles principaux (« Chokkan » au tronc vertical, « Shakan » au tronc penché, « Kengai » retombant ou cascade et « Bankan » enroulé en torsade) et des styles dérivés. Il existe également des sujets à troncs multiples ou à plusieurs individus évoquant une forêt.
La prévention des maladies et parasites
Un bonsaï même bien entretenu et inspecté régulièrement peut être attaqué par des parasites (pucerons, araignées rouges, cochenilles…) et des maladies peuvent apparaître (oïdium, rouilles…). Si vous lui offrez les conditions idéales de luminosité, d’arrosage et de fertilisation, il sera rarement malade. Qu’ils soient cultivés à l’intérieur ou à l’extérieur, les bonsaïs peuvent être sujets à diverses affections.
Les spécificités des bonsaïs d'intérieur et d'extérieur
Vous êtes passionné par l’art du bonsaï et souhaitez savoir comment entretenir efficacement vos bonsaïs d’intérieur et d’extérieur ?
Bonsaïs d'extérieur : Fiche d'identité et rusticité
Grâce au bonsaï d’extérieur, offrez une véritable œuvre d’art végétale à votre terrasse ou votre balcon. Cet arbre miniaturisé venu d’Orient confère un cachet intemporel au décor. Soyez aux petits soins pour le conserver longtemps. La beauté, ça se mérite !
Voici une fiche d’identité pour le bonsaï d’extérieur :
- Nom : Ficus, Juniperus, Pica, Quercus, Betula…
- Mode de vie : extérieur.
- Type : arbre ou arbuste miniaturisé, à port variable selon le style, forme triangulaire constante.
- Dimensions : 0,05 à 1,20 m de hauteur et 0,05 à 0,80 cm de largeur.
- Floraison : variable selon l’essence.
- Exposition : soleil, mi-ombre.
- Sol : humifère et bien drainé.
- Rusticité : 0 à -10 °C, selon la taille du pot et l’essence choisie.
Les arbres d’extérieur peuvent supporter des températures élevées tout comme un temps très froid, s’ils sont entretenus correctement. Il est important pour de nombreuses espèces d’avoir une protection contre les forts gels en hiver. La majorité des bonsaïs d’extérieur sont adaptés à la vie à l’extérieur toute l’année et sont résistants au gel. Néanmoins, certaines espèces (agrume, jasmin, olivier) craignent le froid. Facteur aggravant : le faible volume de substrat protège mal les racines et diminue la rusticité naturelle de l’arbre. Protégez ces bonsaïs du gel en plaçant leur coupe dans une caisse emplie de paillis. En climat froid (continental ou montagnard), hivernez le bonsaï dans une pièce claire non chauffée. Si vous protégez votre bonsaï d’extérieur du gel dans une pièce chauffée, ne le laissez pas plus de trois jours. En effet, ce printemps artificiel va provoquer une mise en végétation précoce et le sensibiliser encore plus au froid hivernal.
Durant les mois les plus doux de l'année, votre bonsaï d'extérieur se plaira au jardin, à l'ombre de préférence et à l'abri du vent.
Bonsaïs d'intérieur : adapter les conditions ambiantes
Les bonsaïs d’intérieur sont parfaits pour ceux qui souhaitent profiter de la beauté de ces arbres miniatures sans disposer d’un espace extérieur. Toutes les espèces ne sont pas adaptées à la vie en appartement. Ces espèces ont en commun leur capacité à s’adapter aux conditions de luminosité et d’humidité typiques de nos intérieurs.
- Emplacement : Placez votre bonsaï près d’une fenêtre orientée sud ou ouest pour un maximum de lumière naturelle. Bonsaïs d’intérieur : Ils ont besoin de beaucoup de lumière indirecte.
- Humidité : Maintenez une humidité constante en utilisant un plateau d’humidification rempli de graviers et d’eau.
- Arrosage : Arrosez régulièrement, mais évitez l’excès d’eau qui pourrait causer le pourrissement des racines. La fréquence dépend de l’espèce et des conditions ambiantes.
- Fertilisation : Fertilisez modérément pendant la période de croissance, généralement au printemps et en été.
En intérieur, les bonsaïs ont tendance à allonger leurs entre-nœuds et chercher la lumière là où elle se trouve. Ne vous inquiétez pas pour autant, il s'agit d'une auto-régulation que votre arbre effectue en fonction de l'intensité de la photosynthèse nécessaire. Pour les bonsaïs d'intérieur, il est important de choisir un lieu lumineux, mais pas trop près d’une vitre ou d’une véranda. Choisissez une exposition Ouest voire Sud-ouest. Évitez absolument les endroits sombres et les pièces exposées nord et est. Le mieux étant une serre froide pièce lumineuse gardant une température n’excédant pas 20°C.
Prendre soin d’un bonsaï d’intérieur est un art qui combine patience, précision et dévouement. Ces arbres miniatures apportent une touche de nature et de sérénité à nos espaces de vie, mais ils requièrent des soins spécifiques pour prospérer.
L'éclairage artificiel
Dans les régions où la lumière naturelle est insuffisante, l’éclairage artificiel devient un allié précieux. Une fenêtre claire sans voilage est vivement recommandée. La hauteur idéale est comprise entre 45 cm et 90 cm pour l’ensemble des arbres. Exposition nord à limiter aux petits bonsaïs. Une exposition à l'est et à l'ouest est idéale pour l’ensemble des variétés. Plus un arbre sera gros, plus il pourra être placé loin de la fenêtre, en général d’une fois la taille du bonsaï. Exposition sud parfaite en hiver. On peut laisser un voilage léger, mais une fenêtre claire est souhaitable. Choisissez une ampoule de 75 à 100 W (ou équivalent en basse tension + ou - 15 W en fluo compact). Placez la lampe à 55 / 60 cm (100 W) du bonsaï si la lampe n’est pas équipée d’un déflecteur inox ou aluminium. Utilisez un petit temporisateur pour laisser la lampe fonctionner automatiquement de 8h le matin à 8h le soir. Une durée de 12 heures est conseillée. N’oubliez pas que l’éclairage artificiel ne remplace pas totalement la lumière naturelle.
Choisir le bon bonsaï
La diversité des espèces disponibles pour le bonsaï est vaste. Conifères : Incluent des pins, des genévriers et des bambous. Feuillus : Comprennent des érables, des prunus, et des azalées. Choisir un bon bonsaï est crucial pour le succès de votre projet.
Essences adaptées au climat tempéré et subtropical
Les régions à climat tempéré sont bénéfiques pour de nombreuses essences, en particulier pour les belles essences japonaises importées qui vont y croître avec succès. Olivier (Olea europea), Grenadier (Punica granatum), Fuchsia (Fuchsia), Orme de Chine (Ulmus parvifolia), Mûrier (Morus), Chêne liège (Quercus suber), Troène de Chine (Ligustrum sinensis) conviennent bien. Les érables palmés (Acer palmatum) et les érables tridents (Acer buergerianum) peuvent croître correctement si les hivers sont suffisamment froids pour que les arbres puissent profiter d’une dormance hivernale. Micocoulier de Chine (Celtis sinensis), Pin noir du Japon (Pinus thunbergii), Cyprès chauve (Taxodium distichum) et certaines espèces méditerranéennes de genévriers peuvent aussi prospérer dans un climat subtropical ou méditerranéen.
La taille du bonsaï : un critère de délicatesse
Il existe trois types de bonsaïs. Les plus petits font de 5 à 15 cm de hauteur. Ce sont les plus délicats en extérieur vu leur faible quantité de terre qui les rend sensibles à la sécheresse. Ils sont à réserver aux collectionneurs. Le bonsaï classique mesure jusqu’à 60 cm tandis les plus grands dépassent 1,20 m, de véritables bonsaïs géants d'extérieur.
Des préférences personnelles aux conditions réelles
Il est aussi important de prendre en compte les conditions spéciales de votre jardin ou de votre balcon. Certains aiment les arbres à fleurs comme les azalées ou rêvent d’un pommier avec des petits fruits en automne, d’autres aiment les genévriers ou préfèrent les pins. Si vous voulez acquérir une essence très particulière, informez-vous correctement au préalable pour savoir si elle s’épanouira dans votre climat et dans votre jardin ou quelles conditions spécifiques vous avez, comme une serre pour l’hiver, des ombrières ou un coin spécialement ensoleillé. Si vous n’y parvenez pas, ne l’achetez pas s’il vous plaît.
L'art d'exposer un bonsaï : le Keido
Pendant ma longue carrière comme artiste de bonsaï, j’ai visité de nombreuses expositions de bonsaï, au Japon mais aussi dans plusieurs autres pays. Je suis toujours impressionné par le respect que le public japonais a pour chacun des arbres en exposition. La file des visiteurs avance très lentement, chaque spectateur prenant une longue pause directement devant chaque bonsaï, quelquefois s’abaissant pour mieux en examiner le point central. Par la suite, le visiteur bouge de droite à gauche afin d’observer les côtés et l’arrière du bonsaï. Enfin, il peut se passer quelques minutes pour que le visiteur puisse percevoir l’ensemble de l’installation, le rouleau (kakemono ou kakejiku), la table (shoku), la plante compagne (shitakusa) et sa plaque (jiita). L’étiquette est aussi lue attentivement, révélant le nom japonais de l’arbre et du propriétaire ainsi que des informations au sujet du pot et de son fabricant. En contrepartie, les bonsaïs présentés lors de nos expositions locales semblent faire l’objet de peu d’attention ! Les visiteurs marchent de façon désinvolte devant les arbres, prenant peu de temps pour les étudier attentivement, encore moins pour les contempler admirativement. On pourrait presque dire qu’il s’agit d’un affront tant envers les propriétaires des arbres que leurs créateurs. Quelqu’un en effet a mis temps et énergie pour créer une œuvre d’art et cette personne est fière d’en montrer le résultat.
L’art d’exposer est appelé keido au Japon. L’exposition devrait avoir un thème : il peut s’agir d’une saison ou d’un événement, et même évoquer des souvenirs d’un paysage favori en montagne ou d’un bord de mer. Dans ce dernier cas, par exemple, le rouleau (kakemono) devrait illustrer la scène, soit des vagues déferlantes ou une mer agitée ; le bonsaï quant à lui serait un pin battu par le vent comme ceux poussant sur une île de la mer intérieure du Japon ; et, plutôt qu’un shitakusa, un suiseki (paysage de roche) serait l’accompagnement en représentant une île ou la côte rocheuse.
Les éléments d'une exposition harmonieuse
Alors, que devrions-nous faire lors d’une exposition ? S’il s’agit d’un conifère, les arbres décidus, quant à eux, devraient montrer le summum de l’élégance, avec des courbes gracieuses du tronc et des branches fines et délicates. Le propriétaire a-t-il fait le bon choix de la table ? Les proportions sont aussi importantes. Les arbres courts devraient être élevés sur des tables plus hautes et vice versa pour des arbres hauts. Le pot de l’arbre ne devrait jamais couvrir la table, s’ajustant à l’intérieur du panneau central. Est-elle développée de manière excessive ? Finalement, et de façon plus importante, la plante compagne ou la combinaison des plantes respectent-elles l’environnement naturel où le bonsaï croît ? Le jiita devrait être naturel et sobre. Les jiita polis, fabriqués à partir de nœuds, sont des choix populaires. Ils peuvent être ronds, carrés, rectangulaires, ovales. Tous les éléments exposés forment-ils un tout harmonieux ?

Enfin, si vous connaissez le propriétaire de l’arbre que vous venez d’admirer, prenez quelques instants pour le féliciter et le remercier de ses efforts.