La gestion des déchets verts, et plus particulièrement de la tonte de pelouse, représente un enjeu quotidien pour de nombreux jardiniers. Entre les sacs d'herbe qui s'accumulent et les questions sur le compostage, il est essentiel de comprendre comment transformer ces résidus en une ressource précieuse plutôt qu'en une contrainte. L'herbe coupée contient des nutriments essentiels et des propriétés utiles qu'il serait dommage de simplement évacuer.

Les fondamentaux du compostage et du cycle des déchets
Restes de repas, épluchures de fruits et légumes sont encore jetés alors qu’ils sont faciles à composter. Les végétaux durs, longs et encombrants sont plus difficiles à composter. En sectionnant, fragmentant, écrasant ou broyant ces déchets, vous facilitez l’action des micro-organismes. Ces déchets favorisent l’aération des matières en compostage. Les micro-organismes utiles au compostage ont besoin d’oxygène. Trop d’humidité empêche l’aération : le compostage est freiné et des odeurs désagréables se dégagent. Si c’est le cas, on peut étaler le compost quelques heures au soleil ou le mélanger avec du compost sec ou de la terre sèche.
Si le compost n’est pas assez humide, les déchets deviennent secs, les micro-organismes meurent et le processus de décomposition s’arrête. Vous pouvez remédier facilement à ce problème en arrosant un peu le compost. Pour garantir une bonne humidité dans le compost, nous vous conseillons de choisir un emplacement qui pourra bénéficier à la fois d’ombre et de soleil. Un compost laissé en plein soleil tout l’été risque de s’assécher assez vite. Bien surveiller son compost, par exemple au moment de l’apport de déchets frais, permet de déceler un excès ou un déficit d’humidité, des zones mal décomposées, des odeurs.
Ce qu'il faut savoir sur les déchets de jardin et de cuisine
Les déchets de cuisine et les déchets de jardin composent environ 1/3 de notre poubelle. Les déchets très ligneux ou durs (tailles, branches, os, noyaux, trognons de chou…) : parce qu’ils se dégradent plus difficilement, ils peuvent être broyés au préalable. Les mauvaises herbes : leurs graines résistent au compostage et peuvent germer. La viande : il est préférable de la placer en petits morceaux au centre du tas, hors d’atteinte des animaux. Les végétaux malades : si la plupart des germes pathogènes, concurrencés par les micro-organismes du compostage, sont éliminés, on ne peut pas garantir une hygiénisation totale et la destruction des graines.
Les produits synthétiques non biodégradables (verre, métaux, plastiques, tissus synthétiques, contenu des sacs d’aspirateur), les couches-culottes, les bois vernis ou peints (souvent traités chimiquement) et les produits chimiques (huile de vidange…) doivent être exclus. Les coquillages et les coquilles d’œufs ne se décomposent pas mais ils peuvent être placés dans le compost en petite quantité car en se désagrégeant en petits morceaux, cela apporte des éléments minéraux au compost et cela facilite l’aération du compost.
La gestion spécifique de la tonte de pelouse
C’est précisément en été lorsque le gazon pousse à toute vitesse qu’il faut régulièrement passer la tondeuse et que de grandes quantités d’herbe coupée s’accumulent. Une tonte régulière du gazon est une des mesures d’entretien les plus importantes pour avoir un beau gazon dense et bien vert. Des quantités considérables d’herbe coupée peuvent s’accumuler entre la première et la dernière tonte de gazon de l’année.
Bien TONDRE sa PELOUSE : Mes Conseils pour une Tonte Parfaite !
Aujourd’hui, certaines collectivités n’acceptent plus les tontes de pelouse pour des raisons écologiques. Il s’agit d’utiliser les végétaux pour recouvrir le sol, autour des plantes et ainsi de protéger la terre du froid l’hiver, et de la chaleur l’été. L’idéal est de faire sécher sa pelouse tondue en petits tas allongés (andains) et de la retourner régulièrement, pour éviter qu’elle pourrisse, durant une semaine. Ensuite, il suffit de l’utiliser en couche plus épaisse pour pailler les cultures moyennes à longues (tomate, courgette, aubergine…) et d’autres parties du jardin (fleurs annuelles ou vivaces, haies, rosiers…).
Composter les tontes de gazon : précautions et équilibre
Trop humides et riches en azote, les tontes de gazon peuvent faire pourrir votre compost si elles sont ajoutées en trop grande quantité ou de manière inappropriée. Mauvaise décomposition, odeurs désagréables, apparition de moisissures… Les conséquences peuvent être nombreuses. Un compost réussi repose sur un bon équilibre entre matières riches en azote (déchets verts) et matières riches en carbone (déchets bruns). Or, l’herbe fraîchement coupée est particulièrement riche en azote et en eau.
La règle d’or : ne pas dépasser 25 % d’herbe fraîche dans le compost. Il est essentiel de bien la mélanger avec d’autres matières plus sèches, comme des branchages broyés, des feuilles mortes ou des épluchures. Pour éviter les désagréments liés à l’accumulation d’herbe coupée :
- Incorporez progressivement : ajoutez l’herbe de tonte en petites quantités au fil des tontes.
- Alternez les couches : répartissez l’herbe en fines couches, séparées par des matières sèches.
- Brassez régulièrement : remuez le compost une à deux fois par mois pour éviter qu’il ne devienne trop humide.
- Faites sécher l’herbe avant de l’ajouter : si vous avez une grande quantité de tonte, laissez-la sécher au soleil quelques heures.
Alternatives : Mulching, paillage et écopâturage
Si vous souhaitez vous dispenser d’éliminer la tonte de gazon, plusieurs solutions s'offrent à vous. Le « mulching » consiste, à l’aide d’une tondeuse mulcheuse ou mulching, à broyer l’herbe coupée directement et à la propulser en très petits morceaux sur la pelouse pour servir d’engrais vert et de paillis. Cela limite aussi la survenue de mousse et de mauvaises herbes.
Le paillage au potager est également très efficace. L’herbe sèche peut être utilisée comme paillis au pied des plantes et arbustes. Elle forme une couche protectrice qui limite l’évaporation de l’eau, empêche la pousse des mauvaises herbes et nourrit le sol en se décomposant progressivement. Pour un bon paillage, étalez une couche d’herbe de tonte bien sèche, pas trop épaisse (maximum 2 à 3 cm), afin d’éviter la fermentation.
Enfin, l’écopâturage consiste à mettre son terrain à la disposition d’un éleveur de moutons, de chèvres ou autres ruminants, afin que ces derniers broutent l’herbe. Procédé gagnant-gagnant, il favorise la préservation de l’environnement, la réduction de l’empreinte carbone et améliore la qualité des sols. Pour les adeptes de la simplicité, la solution la plus éco-responsable reste parfois de ne rien faire, à l'instar de l'opération « No mow may » (ne pas tondre en mai), qui permet aux pollinisateurs de se régaler dans les zones laissées en friche.

Questions d'entretien et erreurs à éviter
Il est important de souligner que l'élimination en forêt des déchets de jardin est interdite. L’herbe fraîchement coupée commence vite à moisir, ce qui provoque de mauvaises odeurs et pollue le sol et les nappes avec des nitrates. De même, évitez d’ajouter de l’herbe traitée chimiquement (pesticides, désherbants) dans votre compost, car ces substances pourraient contaminer votre terre.
Si vous disposez de résidus de tonte en trop grande quantité, contactez par exemple le centre équestre le plus proche pour lui demander si vos résidus d’herbe peuvent servir à nourrir les animaux. Si vous devez jeter la tonte, utilisez la poubelle bio et non les déchets ménagers, en veillant à la mélanger avec des matières carbonées pour limiter la putréfaction. Rappelez-vous que la gestion des déchets verts est un processus dynamique : l'observation de votre tas de compost, de sa température et de ses odeurs vous indiquera rapidement si l'équilibre entre carbone et azote est respecté.