Guide complet du bac de jardinage commun et du compostage

Introduction

Le compostage est une pratique fondamentale en jardinage, qui permet de recycler la matière organique et d'enrichir le sol. Qu'il s'agisse de compostage de surface, de compost en tas, ou d'autres méthodes, l'objectif principal reste le même : transformer les déchets organiques en un amendement précieux pour le potager. Comprendre les différentes techniques et leurs avantages est essentiel pour tout jardinier soucieux de la santé de son sol et de la productivité de ses cultures.

Le compostage de surface : une méthode naturelle et efficace

Le compostage de surface est une façon rapide d’optimiser presque toute la matière organique en la mettant directement à la disposition des légumes, offrant un gain en temps et en fertilité. Cette technique consiste à déposer directement les déchets organiques sur les planches de cultures, reproduisant un cycle bien connu de la nature : une plante pousse, meurt, tombe au sol, et se décompose, améliorant ce dernier au passage. Au potager, vos déchets organiques sont déposés à même le sol et sont généralement recouverts par un paillage pour conserver un aspect esthétique.

Schéma du cycle naturel de la matière organique

Observation de la nature et préservation de l'énergie

En effet, dans la nature, le compostage par la chaleur n’existe pas ou quasiment pas. La quasi-totalité des matières organiques sont transformées dans les litières et subissent donc un compostage de surface. Si l’on regarde l’énergie contenue dans les matières organiques, on tient là un argument plus solide. Les végétaux captent l’énergie solaire via la photosynthèse et la stockent sous forme chimique dans leurs composés organiques (sucres notamment, mais aussi lignine, protéines). Cette énergie transite alors le long des chaînes trophiques et permet l’existence des formes de vie terrestre autres que les végétaux.

Cette énergie se trouve dans les matériaux que vous compostez, qu’ils soient d’origine végétale ou animale. Si vous compostez en tas, cette énergie est en grande partie transformée en chaleur et est donc dissipée et perdue pour la vie du sol. Si le matériau est apporté frais au sol, cette énergie sera alors mise à disposition de l’activité biologique du sol (vers de terre, micro-organismes, larves d’insectes). Même en considérant uniquement la nature des matières organiques, sans tenir compte de cet aspect énergétique, les matières non compostées sont composées de sucres, de protéines, de cellulose, qui sont là encore des composés qui participent à nourrir directement la vie du sol. Plus un compost est mûr, moins il contient de tels composés.

Simplicité de mise en œuvre

Un autre avantage est la simplicité de mise en œuvre. Ici, pas besoin de faire un tas dans les règles de l'art. Tout cela devient inutile, il suffit de déposer les matières compostables au contact du sol. Si vous paillez au jardin, vous pratiquez déjà une forme de compostage de surface.

Quels déchets pour le compostage de surface ?

Cet article est davantage axé sur les déchets organiques particuliers. N’hésitez pas à hacher vos restes de cultures. Généralement, et même si ce n’est pas obligatoire, les jardiniers déposent ces déchets sous un paillage déjà présent.

Tout sur le compost 💩 partie2- Comment faire ses différents composts? En surface, en tas...

Gilles Domenech explique pourquoi recouvrir les déchets : "Tout d’abord cela évite certaines nuisances visuelles. Et dans une moindre mesure olfactive, notamment s’il y a des résidus d’origine animale dans des déchets de cuisine." Le compostage de surface est à considérer à mi-chemin entre un paillage et un compost.

  • Déchets de cuisine : Certains vont même jusqu’à nettoyer et préparer les légumes dès la cueillette, permettant de laisser les fanes de betteraves ou de carottes pour ceux qui ne les cuisinent pas, ou encore les queues de haricots. Cela représente du temps gagné et moins de saletés ramenées à la maison. Tous les déchets de cuisine peuvent aussi être épandus au potager sous le paillage au fil des mois. Il est préférable d’éviter la viande, le poisson et les produits laitiers qui peuvent attirer les rats, et de les composter dans un silo. Pour l’anecdote, il a été expérimenté le compostage d'un gros saint Nectaire fait-maison, plein de vers, sous un paillage.
  • Déchets du terrain : Et tout ce que votre terrain produit ! Des feuilles, des restes de tailles bien hachées…
  • Plantes malades : Il est souvent déconseillé de composter les légumes atteints de maladie. Certains recommandent de brûler les tomates pour éviter toute propagation du mildiou par exemple. Brûler de la matière organique est une hérésie quand on connaît la richesse qu’elle représente. De plus, les spores des champignons restent dans le sol d’une année sur l’autre et sont présents partout dans l’environnement. Vous ne risquez donc pas grand-chose en les mettant en compostage de surface. Et si vous y tenez, vous pouvez toujours les mettre sur une planche de culture où vous n’implanterez pas de tomates la prochaine saison pour reprendre cet exemple.
  • Adventices : Bien sûr ! Elles sont pleines de minéraux. Lors du désherbage, laissez les adventices sécher, racines à l’air libre, durant quelques jours, en particulier les plus problématiques comme le chiendent. Pour les annuelles peu problématiques, vous pouvez les laisser croître jusqu’à ce qu’elles gênent les cultures. Par la suite, coupez-les au collet avec un Opinel par exemple. Toutes ces adventices relâcheront des minéraux dans le sol après leur décomposition.
  • Tonte : La tonte peut aussi être utilisée en compostage de surface et faire office de paillage par la même occasion.

Équilibre Carbone/Azote

Pour bien maîtriser ce paramètre, qui ne semble pas forcément évident, il suffit de regarder la consistance de ce que l’on met en paillage. Tout ce qui est tendre et humide contient majoritairement de l’azote (tonte, déchets de cuisine, reste de cultures). À l’opposé, tout ce qui est sec, dur et ligneux contient du carbone (bois, broyat, paille). Il est optimal de mélanger à la fois des déchets carbonés et azotés pour qu’ils se bonifient les uns les autres. Un apporte de l’eau, de l’azote, pendant que l’autre apporte du carbone et aère l’ensemble.

Généralement, le compostage de surface se fait en présence d’un paillage, qui reste aussi une forme de compostage de surface. Au-dessus ou en dessous, cela dépendra surtout de ce que l’on épand. Généralement, les déchets de cuisine sont enfouis sous le paillage pour des raisons esthétiques. La tonte, quant à elle, peut tout à fait être posée sur le paillage. En pratique, évitez les matériaux trop ligneux non broyés ou non hachés comme les branchages de grosse section que vous devrez déplacer et écarter à chaque plantation.

Diagramme des proportions Carbone/Azote pour différents déchets

Les avantages du compostage de surface

Nourrir la vie du sol

Le compostage de surface nourrit directement toute la petite faune qui grouille sous nos pieds. Dans un mètre cube de sol, on peut compter jusqu’à huit cents lombrics, nettement plus nombreux dans un sol argileux qu’un sol sableux et drainant. Tous ces êtres vivants décomposent la matière et rejettent dans le sol la nourriture indispensable aux végétaux que nous cultivons. En les nourrissant, on alimente donc directement nos futurs légumes et indirectement nos estomacs. Les vers de terre sont friands du compostage de surface et finiront par s’en nourrir.

Amélioration de la structure du sol

À moyen terme, le compostage de surface permet aussi une amélioration de la structure du sol. Ces derniers permettent de structurer les particules de terre entre elles. Au bout de quelques années de compostage de surface, la texture du sol devient souvent très intéressante, comparable à du couscous.

Guillaume se souvient la première fois que le compostage de surface a été pratiqué, au début de l’hiver. Tous les déchets de cuisine ont été mis dans la serre, sous le paillage. Le résultat en mars était un sol incroyable en surface, tout meuble et prêt à être ensemencé.

Gain de temps et efficacité

Le compostage de surface fait effectivement gagner beaucoup de temps. Une fois la vie du sol bien installée, les décomposeurs travaillent vite et bien. Vous pourrez directement planter dedans en veillant à écarter un peu les résidus des anciennes cultures et déchets de cuisine. Des laitues ont été repiquées à l’ancien emplacement de choux-fleurs, qui avaient été coupés et découpés sur place.

Maintien de l'humidité du sol

L’apport de déchets de cuisine au potager permet aussi d’augmenter l’humidité dans le sol. Ils sont constitués de 40 à 95 % d’eau. Cette économie peut sembler négligeable, mais à l’abri sous le paillage en été, ils délivreront au final une belle humidité au sol, lentement, et maintiendront la terre humide plus longtemps. C'est pratique pour limiter les effets d’une sécheresse. Les plantes, et en particulier les légumes, ont besoin d’eau pour pousser.

Il faut cependant prendre des précautions avec certaines cultures en particulier qui n’apprécient pas les sols trop humides, notamment l’ail ou l’oignon. Évitez donc le compostage de surface avec ces cultures.

Les inconvénients potentiels du compostage de surface

On aimerait bien répondre par la négative, mais il est vrai que cette nourriture et cette humidité disponible en attire plus d’un. C’est surtout le cas pour les restes de cuisine que l’on composte en surface. Vous aurez peut-être affaire occasionnellement à des ravageurs, mais le potager les attire dans tous les cas, compostage de surface ou non. Il serait donc dommage d’abandonner l’idée avant même d’avoir essayé : si vous avez l’envie, lancez-vous dans le compostage de surface. Vous pourrez toujours vous arrêter en cas de problèmes avec des ravageurs.

  • Limaces : Les voraces gastéropodes dévorent les plantules dès le début du printemps. Chez certaines personnes, les limaces se nourrissent du compostage de surface et épargnent les plants. Les déchets végétaux attirent les limaces.
  • Rongeurs : Ils trouvent souvent cachette sous les paillages, bien à l’abri des rapaces et autres prédateurs. En faisant du compostage de surface sous le paillage, on leur offre donc le gîte et le couvert au potager. Ils ne sont pourtant pas les bienvenus dans les cultures, en particulier pour les légumes racines qu’ils apprécient particulièrement. Pour limiter au maximum d’attirer les rats, excluez les déchets d’origine animale (viande, poisson, produits laitiers) à proximité des plantes cultivées. Vous pouvez les composter dans un massif d’ornement par exemple ou au compost. Pour ce qui est des campagnols et autres rongeurs souterrains, le paillage est dans tous les cas attractif pour eux.
  • Oiseaux : Les oiseaux, et en particulier les merles, raffolent des vers de compost. Pour se servir, rien de plus simple.

Le compostage en tas et autres méthodes : complémentarité et spécificités

Le compostage en tas reste une méthode importante et complémentaire au compostage de surface. Pourquoi s’embêter avec d’autres méthodes de compostage alors que déposer la matière organique en surface a tellement d’avantages ?

Le compost de surface génère moins de chaleur, de vapeur d’eau et de gaz que le compost en tas. Ainsi, il est possible de ne pas composter dans un tas séparé. Toutes les matières organiques (déchets de cuisine, restes de culture non malades, feuilles mortes, tontes, broyat) peuvent partir directement dans les plates-bandes. Il est préférable de casser et couper un peu les déchets les plus gros comme les restes de plants, mais à peine. Cette méthode a le mérite de la simplicité : vous minimisez les interventions et retirez un maximum de votre matière organique. En effet, les éléments compostent alors directement en place en nourrissant directement la vie du sol là où vous cultivez. Les jus de compost, très riches en éléments, partent bien dans les zones de culture.

En revanche, on n’a pas d’hygiénisation du tas de compost par cette montée en température. À noter aussi que si vous avez des problèmes de rongeurs, c’est une pratique à éviter car vous nourrissez le problème.

Photo d'un tas de compost fumant

Il est donc intéressant de faire un compost en tas ou en silo pour produire beaucoup de compost d’un coup. Il permet aussi de faire un substrat riche lors du repiquage des plants. Par ailleurs, contrairement à un bon compostage en tas, le compostage de surface ne détruit pas les adventices et leurs graines comme le dit Antoine. Il ne subit pas de montée en chaleur qui permet de "nettoyer" le compost plus classique. Le climat peut aussi parfois vous inciter à mieux valoriser vos déchets en tas où vous pourrez gérer aux petits soins le taux d’humidité.

Le compostage en tranchée

Pour faire un mix entre les deux, il existe aussi le compostage en tranchée. Il suffit de creuser une petite tranchée entre deux rangs de culture et de venir le remplir de matière organique. Cela permet d’enrichir un rang de légume disposé à côté par exemple, c’est une méthode éprouvée. Le compostage de surface est donc complémentaire avec un compost en tas ou en silo.

Comment faire son compost ?

Mais concrètement comment ça marche ? Quelle technique choisir ? Pour quel résultat ? Différentes utilisations du compost sont possibles.

Outil pour aérer un tas de compost

Le compost Bokashi et autres techniques innovantes

Un compost Bokashi ne sent donc rien s’il est bien fermé ! Le jus est extrait régulièrement du seau à compost Bokashi pour en faire du fertilisant.

Le lombricompostage ou vermicompostage permet de récupérer des jus de compost / thé de compost, qui est le liquide récupéré lors de ce processus.

Schéma d'un lombricomposteur

Que mettre dans votre compost ?

La liste des matières organiques compostables est vraiment conséquente !

Certaines collectivités territoriales et notamment les syndicats intercommunaux de gestion des déchets, s’engagent dans une démarche écoresponsable de valorisation des déchets récoltés sur leur territoire et distribuent, notamment via leurs réseaux de déchèteries publiques, du compost gratuit aux usagers résidents sur les communes concernées. Cela peut être une excellente source d'approvisionnement en compost de qualité.

Tout sur le compost 💩 partie2- Comment faire ses différents composts? En surface, en tas...

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