Entretenir ses fleurs et son potager en limitant les engrais est possible grâce au compost que chacun peut faire chez soi. Le compostage est l’un des meilleurs moyens de mieux valoriser les déchets organiques, à condition de bien distinguer ce qui relève du compost, du tri des emballages et des ordures résiduelles. Le compostage permet aux déchets organiques de se décomposer naturellement pour produire une matière utile aux sols.

Le bac à compost : une solution simple et accessible
Le bac à compost est la méthode de compostage la plus simple et la plus appréciée. Mais choisir son bac n’est pas toujours une affaire simple quand on débute en compostage. Le bac en compost est l'une des trois catégories de composteurs, avec le lombricomposteur et le compost rotatif. Ce modèle, le moins onéreux des trois, est soit en bois, soit en plastique.
Pourquoi privilégier le plastique recyclé ?
Souvent moins chers que les composteurs en bois, les composteurs en plastique sont faciles à entretenir et à nettoyer. Bien qu’ils soient moins isolants, ils sont imperméables et bénéficient donc d’une haute résistance à l’humidité. Pour les petits défauts, le bac en bois, en raison de la putrescibilité de son matériau, a une durée de vie moindre que celle du bac en plastique. Les phénomènes de chaleur et d'humidité liés au compostage accroissent cette dégradation. En parallèle avec son dernier « défaut », le bac en plastique est disponible en des modèles peu volumineux, donc parfaitement adaptés à d'étroits espaces.
Dimensionnement et installation du composteur
Afin de déterminer la taille de votre composteur, il vous faudra prendre en compte l’espace dont vous disposez ainsi que la taille de votre foyer. Pour une personne seule, un composteur de 300 L sera largement suffisant. Un couple, quant à lui, préfèrera opter pour un composteur de 400 à 500 L.
Si vous désirez cultiver une masse importante de compost, nous vous conseillons de prévoir deux à trois bacs de taille moyenne plutôt qu’un bac d’une grosse contenance. Le compostage étant un processus lent, cette méthode vous permettra de séparer votre compost en fonction de son stade de décomposition : le compost en phase de maturation d’un côté et le stock des déchets organiques du quotidien de l’autre.
L’autre donnée importante concerne l’emplacement du bac à compost : il doit être près des cultures auxquelles il est destiné mais loin du foyer et également loin d’une source d’eau.

Maîtriser le processus biologique : équilibre et aération
Le secret d’un bon compost tient dans le mélange des déchets. Lorsque l’on fait du compost, on superpose les matières sèches et les matières humides en couches égales. Ainsi, le carbone et l’azote que ces matières dégagent se mélangeront équitablement afin de commencer le processus de décomposition. On dépose d’abord des branches fines à la base du compost pour permettre une aération plus simple du tas.
La gestion des matières : que mettre au compost ?
Certains déchets ne sont pas compostables et c’est pourquoi il est important d’identifier les déchets à mettre au compost (épluchures de fruits et de légumes, restes de thé ou de café, feuilles mortes, …) de ceux qui y sont interdits (agrumes, plastique, mauvaises herbes, …). Les filtres à café et les sachets de thé (sans agrafes et sans plastique) sont compostables.
Pour une bonne qualité du compost, il faut un équilibre entre la matière carbonée et azotée. Les déchets humides, riches en azote, se décomposent rapidement et permettent au compost de murir plus vite mais il ne faut pas les utiliser seuls. Ils ont besoin de déchets secs pour ne pas asphyxier le compost et dégager une odeur nauséabonde.
Optimisation des conditions de décomposition
Parce qu’il ne suffit pas de mélanger les matières, il va falloir leur donner de bonnes conditions pour qu’elles réagissent entre elles : une bonne aération en retournant régulièrement les déchets pour faire circuler l’air et un bon degré d’humidité pour assurer la décomposition des matières. S’il est trop sec votre compost va mal se décomposer. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à l’arroser si besoin. S’il est trop humide il va sentir mauvais. Il vous faudra donc ajouter des déchets secs et bien aérer votre tas en mélangeant votre compost (au moins une fois par mois).
L’aération permet aussi de refroidir votre tas. S’il monte au-delà de 70 degrés, les bactéries meurent et le compost ne se dégrade plus aussi bien. Pour éviter les petites nuisances, utilisez la technique de la « lasagne » en déposant une couche de feuilles mortes (en saison) en alternance avec des résidus de table dans votre bac brun; cela limitera les odeurs et les mouches.
Comment faire du compost - La méthode la plus simple et la plus facile pour composter des tas !
Temps de maturation et récolte
Et pour finir, il faut être patient. Le compost étant un processus de décomposition, il faut laisser le temps aux matières de se décomposer et se mélanger. Dépendamment de la taille de votre composteur, le compost sera mûr au bout de 6 à 9 mois.
C’est au printemps et en été que ce processus est le plus rapide, vous permettant ainsi d'obtenir un compost mûr au bout de 3 à 6 mois. L’automne et l’hiver, ce processus est plus long et il faudra compter 6 à 9 mois avant de pouvoir utiliser votre compost. Une trappe de récupération du compost mature est un avantage non-négligeable pour faciliter l'accès à votre terreau riche.
Gestion des biodéchets en milieu professionnel et collectif
Dans les bureaux, les espaces café, les cuisines et les zones de restauration génèrent souvent plus de biodéchets qu’on ne l’imagine. Avant de choisir un contenant ou une fréquence de collecte, il faut observer les volumes réellement produits. Un audit simple permet d’identifier où les biodéchets apparaissent le plus souvent, à quels moments et sous quelle forme.
Dans les zones à fort passage, le tri se fait vite. Il faut donc des visuels lisibles, peu chargés et placés exactement là où les déchets sont déposés. Quelques exemples concrets valent mieux qu’une longue liste. Une fois le dispositif installé, il faut annoncer clairement son lancement, expliquer les consignes et rappeler régulièrement les bons gestes. Les résultats doivent ensuite être suivis dans le temps : volumes collectés, erreurs de tri, fréquence de vidage, retours des équipes.
Résolution des problèmes fréquents
Si le bac brun vous semble parfois complexe, il en est pourtant tout autre. Si des larves de mouches (vers blancs) apparaissent dans votre bac, pas de panique, elles seront tout simplement compostées ! Pour limiter les odeurs, mettez votre bac brun en bordure de rue à chaque collecte, même s’il contient peu de matières et entreposez-le à l’ombre. Pour éloigner les animaux, appliquez au besoin un peu d’onguent contre la toux autour des trous d’aération de votre bac brun et sur les rebords du couvercle.
N’utilisez pas de sacs de plastique, qu’ils soient recyclables, compostables, biodégradables ou oxobiodégradables. Par souci d’économie de nos ressources et favoriser la qualité des composts, il est préférable d’éviter l’utilisation de sacs en plastique même certifiés compostables. Les sacs de papier sont recommandés. Si vous avez un doute, consultez l'application mobile dédiée à la gestion des matières résiduelles de votre municipalité.

Vers un engagement citoyen durable
Au Canada, 63 % des résidus alimentaires que nous jetons auraient pu être mangés, l’équivalent de 1 300 $ par année pour un ménage moyen. Pour les résidus alimentaires non comestibles, votre participation au compostage représente un geste concret à la lutte contre les changements climatiques. Les citoyens de plus de 800 municipalités partout au Québec ont accès à la collecte des matières organiques. De nombreuses municipalités distribuent du compost gratuitement ou à coût réduit au printemps.
Le compostage contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre en valorisant les déchets organiques. Autant de déchets qu’il faut traiter de manière adaptée pour éviter qu’ils ne polluent l’environnement. Le compost et la collecte des biodéchets ne doivent pas devenir une poubelle fourre-tout. Il est essentiel de bien distinguer le compostage des autres flux de déchets comme le verre, les métaux ou les plastiques non dégradables. En adoptant ces gestes simples, vous transformez des déchets en ressources pour enrichir votre sol tout en protégeant l'écosystème local.