La Plantation de Mangroves au Bangladesh : Un Bouclier Naturel et une Source d'Espoir

Le Bangladesh, avec ses vastes étendues côtières, est un pays profondément lié aux mangroves. Ces écosystèmes uniques, souvent appelés «forêts intertidales», représentent une caractéristique fondamentale des littoraux tropicaux et subtropicaux du monde entier. Plus qu'une simple végétation, les mangroves constituent des barrières naturelles vitales, des poumons de biodiversité et une source de subsistance pour des millions d'habitants. Face aux défis croissants du changement climatique, tels que les inondations, les tempêtes tropicales et les cyclones, la plantation de mangroves au Bangladesh est devenue une mesure d'adaptation prioritaire. Cet article explore l'importance des mangroves au Bangladesh, les efforts de plantation en cours, et l'impact profond de ces initiatives sur la nature et les communautés locales.

Carte du Bangladesh montrant les zones de mangroves

Les Sundarbans : La Plus Grande Forêt de Mangroves du Monde

La Réserve forestière des Sundarbans (RFS), située au sud-ouest du Bangladesh entre les rivières Baleshwar à l’est et Harinbanga à l’ouest, voisine du Golfe du Bengale, est la plus grande forêt de mangrove d’un seul tenant au monde. Ce bien est situé entre 21° 27’ 30’’ et 22° 30’ 00’’ de latitude nord et 89° 02’ 00’’ et 90° 00’ 00’’ de longitude est. Il s’étend sur une superficie d'environ 10 000 kilomètres carrés, dont 60% se trouvent au Bangladesh et le reste dans le pays voisin, l’Inde. En Bangladesh, les Sundarbans occupent une superficie d'environ 6017 kilomètres carrés, ce qui représente 4,13% du pays et 38,12% des terres forestières de l'État.

Physiographie de la forêt de mangroves des Sundarbans au Bangladesh

Formées il y a environ 7000 ans par le dépôt de sédiments provenant des contreforts de l'Himalaya via le système fluvial du Gange, les Sundarbans sont une immense mangrove intertidale, en fait, une mosaïque d’îles de différentes formes et tailles, perpétuellement baignées par une eau saumâtre qui, dans un bruit strident, s’insinue dans un impressionnant labyrinthe infini de voies d’eau. Le système de drainage des Sundarbans se compose de trois sous-systèmes à l'est, au centre et à l'ouest, qui forment les estuaires de Bangra, Kunga et Raimangal. L'ensemble de la zone est traversé par de grandes rivières de marée, notamment le Baleswar, le Shibsha, le Passur, le Shela, le Kobadak-Sibsha, le Kobadak, l'Arpangasia et le Raimangal, avec d'innombrables petits canaux et criques.

Un Patrimoine Mondial de Biodiversité Exceptionnelle

Ce site est le lieu d’une exceptionnelle biodiversité dans ses habitats terrestre, aquatique et marin pour des espèces de faune et de flore de toutes tailles. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1997 et reconnu comme site Ramsar (zone humide d'importance internationale) en 1992 (et mis à jour en 2007 pour passer de 596 000 à 601 700 hectares, et maintenant appelé "Sundarbans Reserved Forest"), les Sundarbans sont d’une importance universelle pour des espèces en voie de disparition sur toute la planète comme le tigre royal du Bengale, les dauphins du Gange et de l’Irrawaddy, les crocodiles d’estuaire (crocodiles marins) et les tortues fluviales de l’Inde (Batagur baska), une espèce en danger critique d’extinction. C'est le seul habitat qui subsiste dans le bassin inférieur du Bengale pour un grand nombre d'espèces de faune.

Vue aérienne des différentes rivières et canaux de la forêt de mangroves des Sundarbans, Bangladesh

La biodiversité des Sundarbans est remarquablement riche en termes de diversité végétale et animale. Une flore très variée est présente, avec 334 espèces de plantes appartenant à 245 genres et 75 familles, 165 espèces d’algues et 13 espèces d’orchidées. Un total de 528 espèces de plantes vasculaires appartenant à 356 genres et 111 familles ont été recensées dans les mangroves des Sundarbans, dont 24 véritables mangroves et 70 espèces associées aux mangroves. Les communautés de phytoplancton, également connues sous le nom de microalgues des Sundarbans, comprennent un total de 111 espèces, y compris des nanoplanctons et des picoplanctons. D'autre part, un total de 28 espèces d'algues marines ont été enregistrées.

La faune est également très riche avec 693 espèces d’animaux représentées, dont 49 espèces de mammifères, 59 espèces de reptiles, 8 espèces d’amphibiens, 210 espèces de poissons blancs, 24 espèces de crevettes, 14 espèces de crabes et 43 espèces de mollusques. L’avifaune variée et colorée que l’on peut observer le long des voies d’eau constitue l’une des plus grandes attractions du bien, avec environ 260 espèces d'oiseaux. Un total de 447 espèces de vertébrés sauvages sont signalées, dont 10 amphibiens, 57 reptiles, 339 oiseaux et 41 mammifères. Parmi les mammifères aquatiques de cette forêt, on trouve les dauphins de l'Irrawaddy, les dauphins à bosse de l'Indo-Pacifique et les marsouins aptères.

Les Sundarbans sont une transition entre l'eau douce du Gange et l'eau salée de la baie du Bengale, ce qui se traduit par un assemblage unique de biodiversité aquatique diversifiée. La zone aquatique des Sundarbans représente environ 2 000 km², soit environ 33% de la forêt totale. Elle est l'un des écosystèmes naturels les plus biologiquement productifs du Bangladesh, avec une grande importance économique. Les principales ressources aquatiques des Sundarbans sont les poissons blancs, les crevettes, les poissons cartilagineux, les reptiles, les crabes, les mollusques, les dauphins, les post-larves de crevettes, la pêche sèche, etc. Les invertébrés benthiques constituent également une très bonne source de nourriture pour de nombreux poissons à nageoires et coquillages benthiques qui entrent dans les mangroves à marée haute pour se reproduire. Les Sundarbans sont habitées par une variété d'invertébrés benthiques, notamment des brachyoures, des polychètes, des crabes, des gastéropodes, des sipunculides, des bivalves, etc.

Exploring The Mystical Sundarbans: Bangladesh's Natural Wonder

Une étude sur la biodiversité aquatique des Sundarbans, menée par l'Université agricole Sher-e-Bangla avec le soutien technique de l'Institut coréen des sciences et technologies océaniques (KIOST) et du Département des forêts du Bangladesh (BFD) et financée par la Fondation Yeosu Korea, a estimé que 271 espèces de poissons, 65 espèces d'arthropodes aquatiques et semi-aquatiques, y compris les crevettes (30 espèces), les crabes (25 espèces) et les homards (2 espèces), 50 espèces de mollusques, 7 espèces d'amphibiens, 24 espèces de reptiles, 2 espèces de cnidaires, 44 espèces de zooplancton, 72 espèces d'oiseaux aquatiques et 4 espèces de mammifères aquatiques sont présentes dans les rivières et les canaux des Sundarbans et la zone maritime adjacente. Sur la base de cette étude, un livre illustré sur les espèces animales et végétales aquatiques des Sundarbans, intitulé «Biodiversité aquatique des Sundarbans, Bangladesh» (Habib et al, 2017), a été publié en 2017. Le livre a été bien conçu pour aider à comprendre la biodiversité marine et saumâtre des Sundarbans, intégrant des photographies, la taxonomie, les caractéristiques morphologiques, le statut de la liste rouge mondiale de l'UICN et le nom local de chaque espèce.

Processus Écologiques et Menaces

Les Sundarbans sont un exemple significatif des processus écologiques en cours car ils témoignent de la formation d’un delta et de la colonisation subséquente des îles du delta et des communautés de mangroves associées nouvellement formées. Ces processus incluent les pluies de mousson, les inondations, la formation de deltas, l’influence des marées et la colonisation végétale.

Cependant, des catastrophes naturelles telles que les cyclones ont toujours été des menaces pour les valeurs du bien. L’infiltration d’eau salée et l’envasement constituent également des menaces potentielles pour ses attributs. Les cyclones et les raz de marée, responsables d’une mortalité très élevée de certaines espèces de faune telles que le cerf axis, ont dégradé la forêt dans la zone tampon terrestre et aquatique. Bien que la protection juridique du bien interdise un certain nombre d’activités à l’intérieur de ses limites, la chasse, l’exploitation du bois et l’empiétement agricole constituent des menaces potentielles pour les valeurs du bien.

Gestion et Protection

Le bien, composé de trois sanctuaires de faune et de flore sauvages, jouit depuis le début du 19e siècle d’une protection juridique effective au niveau national de ses environnements terrestres, forestiers et aquatiques. Les trois sanctuaires de faune et de flore sauvages ont été créés en 1977 au titre de la Loi sur la faune et la flore sauvages du Bangladesh (Préservation) (Amendement), 1974, après avoir été, dans un premier temps, déclarés réserves forestières en 1878. Parallèlement à la Loi sur la forêt, 1927, la Loi sur la faune et la flore sauvages du Bangladesh (Préservation) (Amendement), 1974, prévoit le contrôle d’activités telles que les entrées, les déplacements, la pêche, la chasse et l’exploitation de produits forestiers.

Le bien est actuellement bien géré et régulièrement suivi selon des normes de gestion bien établies par un personnel régulier et des unités administratives. L’objectif principal de la gestion est la conservation de la biodiversité, des valeurs esthétiques et de l’intégrité. Un équilibre délicat doit être trouvé pour maintenir et faciliter durablement le processus écologique du bien. Une autre priorité en termes de gestion est le maintien des processus écologiques et hydrologiques en cours qui pourraient être menacés par le développement économique à l’extérieur des limites du bien.

Depuis qu’il a été déclaré réserve forestière, le bien a fait l’objet de plusieurs plans de gestion, de plus en plus généraux. Dans chaque plan, l’accent a été mis sur la gestion de la population de tigres et d’autres espèces de faune et de flore sauvages, une gestion envisagée comme une partie intégrale de la gestion forestière qui garantit la récolte durable des produits sylvicoles tout en maintenant la zone côtière dans un état qui puisse répondre aux besoins des populations humaines locales. Des recherches de grande envergure ont été entreprises sur l’écosystème et sur la faune et la flore sauvages des Sundarbans.

Les Mangroves Plantées Côtières du Bangladesh

Outre les Sundarbans, le Bangladesh abrite également d'autres zones de mangroves, dont les Chakaria Sundarbans et les forêts de mangroves côtières plantées. L'initiative d'afforestation et de reboisement des mangroves dans la zone côtière du Bangladesh a débuté en 1965. L'objectif de cette afforestation côtière dans les vasières ou les zones intertidales est d'accélérer le processus de dépôt et d'aider à stabiliser les terres accrétées. Le Département des forêts du Bangladesh (BFD) mène le programme d'afforestation et de reboisement sous l'égide du Ministère de l'environnement, des forêts et du changement climatique. Le BFD est responsable de la maintenance et de la gestion de l'initiative de plantation.

La zone plantée couvre actuellement environ 100 000 hectares, qui ont été introduits dans la ceinture côtière de Cox’s Bazar, Chittagong, Barisal, Patuakhali et les îles au large. La plantation de mangroves est toujours en cours. Des observations récentes sur le terrain, la littérature secondaire et les observations basées sur l'imagerie satellitaire affirment qu'il y a eu une augmentation des parcelles de mangroves et que les terres côtières ont également augmenté.

Image Landsat (2012) montrant les modèles d'utilisation des terres et une parcelle de forêt (à droite) des Chakaria Sundarbans dans le sud-est du Bangladesh

Les Chakaria Sundarbans : Un Avertissement

Les Chakaria Sundarbans sont une forêt de mangroves deltaïque de la rivière Matamuhuri à Chakaria, dans le district de Cox’s Bazar. La superficie initiale des Chakaria Sundarbans était d'environ 18 200 ha. Par la suite, 7 490 ha de terres ont été déclarées forêt réservée et le reste forêt protégée. Malheureusement, cette forêt a été presque entièrement dénudée ces dernières années. Ce trésor naturel n'existe plus que sur quelques centaines d'acres de sa taille originale (45 000 acres) s'étendant sur Purbo Borobeula, Paschim Borobeula, Rampura, Charandwip, Bodorkhali et Moheshkhali. Les vastes étendues de forêt ont été anéanties, principalement en trois décennies, ainsi que sa flore et sa faune.

Les facteurs responsables de la destruction de cette forêt de mangroves sont l'élevage de crevettes, la production de sel, la forte pression de pâturage, la pêche, la production de bois de chauffage et l'établissement humain. La forêt agissait autrefois comme un bouclier contre les catastrophes naturelles et servait de source de subsistance aux populations côtières. Elle abritait également le tigre du Bengale, le crocodile, le varan, le cerf, le langur, le chat sauvage, le python réticulé et une multitude d'oiseaux.

La forêt de mangroves des Chakaria Sundarbans, la plus ancienne forêt de mangroves du sous-continent indien, est aujourd'hui un espace dédié à la production de grandes quantités de crevettes et de sel plutôt qu'à la production de bois, de produits non ligneux ou naturels. Bien que cette production contribue grandement à l'économie nationale du Bangladesh, elle perturbe énormément la biodiversité et épuise les produits forestiers. Il est donc impératif de protéger cette forêt de mangroves du Bangladesh en mettant l'accent sur la prévention et la conservation de la biodiversité des mangroves par un contrôle strict de l'élevage de crevettes et du pâturage.

La Plantation de Mangroves : Une Réponse au Changement Climatique et un Leviez de Résilience Communautaire

Sur les côtes du Bangladesh, l’un des pays les plus touchés par le changement climatique, la population locale vit depuis des années au rythme des tempêtes, de la montée des eaux et de l’érosion. Dans ce contexte, des projets écologiques, tels que celui mené à Matarbari par Bangla-German Sampreeti (BGS) avec le soutien de LIFE à travers l’initiative Sapousse, offrent une réponse innovante pour protéger la nature et renforcer la résilience économique des familles locales.

Côte du Bangladesh, à l'exception de la Réserve forestière des Sundarbans

Les mangroves jouent un rôle vital dans la protection du littoral : elles stabilisent les sols et ralentissent l’érosion, absorbent l’énergie des vagues lors des tempêtes, filtrent l’eau et améliorent la qualité de l’écosystème, stockent du carbone et favorisent le retour d’espèces animales indispensables à l’équilibre écologique. De plus, les mangroves absorbent le CO2 plus rapidement que les autres forêts et stockent 3 à 5 fois plus de carbone par superficie équivalente que les forêts tropicales et 8 fois plus que nos forêts tempérées. Selon le GIEC, ce sont des écosystèmes de choix à protéger et restaurer.

Un exemple concret est le projet de Matarbari, dans le district de Cox's Bazar, où les habitants sont confrontés à des défis majeurs liés à leur proximité directe avec la mer : l’érosion constante des côtes, la salinisation progressive des terres, la disparition de la végétation, l’intensification des tempêtes et la perte des moyens traditionnels de subsistance. Dans certains villages, l’invasion d’eau salée a rendu la culture agricole quasi impossible, plongeant les familles dans la peur de perdre leur maison et ce qu’elles possèdent.

Un Double Objectif : Protection de la Nature et Soutien Économique

Le projet a été conçu avec un double objectif : protéger la nature pour assurer la sécurité et la protection des populations locales et soutenir les familles en développant des sources de revenus fiables malgré un environnement difficile et hostile. Il s’agit à la fois de préserver l’écosystème fragile et de permettre aux habitants de retrouver une stabilité économique durable par des activités adaptées à leurs conditions.

La plantation de 32 000 plants de mangroves sur 2,6 km de littoral à Matarbari a été un travail titanesque, réalisé en grande partie par les habitants eux-mêmes. Pour les habitants, cela signifie surtout plus de sécurité. Là où l’eau montait chaque année un peu plus, les familles voient maintenant un rempart vert se dresser et grandir. Comme en témoigne une personne ayant bénéficié du programme : «Nous avions l’habitude d’avoir peur à chaque saison des pluies. Maintenant, nous voyons les arbres pousser. Ils protègent notre maison, comme une barrière vivante.»

Pour que le projet soit durable, deux Village Model Farms ont été créées. Ces fermes jouent un rôle essentiel dans la formation et l’autonomisation des habitants. Elles permettent de produire de nouveaux plants pour l’entretien et l’expansion des mangroves, d’expérimenter des cultures résistantes à la salinité, de former les agriculteurs à des méthodes agricoles climato-intelligentes et de créer de véritables pôles économiques communautaires. Ces fermes ne sont plus seulement des lieux de production : elles sont devenues des centres de transmission, d’apprentissage et de coordination locale.

Formation d'un Village Model Farms au Bangladesh dans le cadre d'un programme de reforestation

Grâce à ce type de projet, ce sont des centaines de familles qui sont accompagnées dans le lancement ou le renforcement d’activités génératrices de revenus. Ce soutien est crucial : la plupart vivaient auparavant au jour le jour, sans sécurité financière, dépendantes de récoltes de plus en plus faibles. Chaque famille reçoit diverses variétés de graines, des plants fruitiers, des outils et intrants agricoles, des formations continues, un suivi personnalisé et un soutien financier et matériel pour lancer une activité. Cela leur permet de se créer au moins deux sources de revenus, afin de sécuriser leur avenir malgré les aléas climatiques.

Des femmes comme Hasina Begum, Nasima Begum et Yeasmin Akter, qui auparavant luttaient pour leur survie, ont retrouvé dignité et avenir grâce à ces programmes. Elles ont pu diversifier leurs revenus, améliorer leurs conditions de vie et assurer un meilleur avenir à leurs enfants.

Plantation de mangroves au Bangladesh grâce à un programme de reforestation

Sensibilisation et Engagement Communautaire

Parce qu’un projet n’est durable que s’il transforme les comportements, des sessions de sensibilisation sont organisées pour mobiliser toute la communauté autour de la protection de leur environnement. Les thèmes abordés incluent l'adaptation au changement climatique, la gestion des risques de catastrophes, la biodiversité, la gestion des déchets et l'entretien des mangroves.

Depuis 2017, Friendship, par exemple, a développé un vaste programme de plantation de mangroves dans des vasières situées entre les rivières et les digues, à proximité des Sundarbans. Dans un pays densément peuplé, il faut protéger activement les jeunes arbres contre la destruction pour garantir qu’ils arrivent à maturité tout en s’attaquant aux problèmes liés à la pauvreté qui pourrait acculer les riverains à endommager les zones plantées par nécessité. La plantation se fait donc de manière participative et inclusive, avec une attention particulière pour les femmes et les plus pauvres. Les personnes qui ont planté les arbres elles-mêmes et connaissent l’importance de la mangrove sur leurs conditions de vie en prendront naturellement soin.

Le programme de Friendship prévoit aussi des formations pour augmenter les capacités des bénéficiaires à générer de nouveaux revenus (production agricole adaptée ou alternative avec des techniques plus appropriées) et une information sur les institutions et les services publics disponibles, tels que le filet de sécurité sociale. L’implication directe des fonctionnaires locaux permet de garantir qu’après la fin du projet, ils veilleront à la préservation de la forêt et resteront aussi attentifs aux besoins des populations et à leur vulnérabilité au changement climatique, notamment en ce qui concerne l’amélioration des infrastructures. Suivant les recommandations des spécialistes locaux, il faut planter minimum 3000 arbres par hectare et, pour favoriser la biodiversité, au moins 5 espèces d’arbres différentes. L’approvisionnement en jeunes plants de mangroves étant parfois compliqué dans la région, Friendship a créé des pépinières, préparées par les communautés locales qui ont été formées à cet effet.

En une année, ces programmes ont restauré l’écosystème côtier, protégé les villages contre les tempêtes et l’érosion, formé des milliers d’habitants, offert des sources de revenus durables à des centaines de familles, créé un modèle reproductible pour d’autres régions et redonné dignité et espoir à des centaines de personnes. Ces projets montrent qu’en aidant la nature à reprendre vie, on permet aussi à des communautés entières de se reconstruire pleinement.

Visiter les Sundarbans : Une Immersion Unique dans la Nature Bangladaise

Visiter les Sundarbans, c’est partir à l’exploration d’un monde à part. Chaque détour de rivière réserve une nouvelle surprise. Entre croisières à travers les mangroves, rencontres avec une faune exceptionnelle et découvertes de villages reculés vivant au rythme des marées, ce voyage promet une immersion totale dans la vie et la nature bangladaise.

Comment s'y Rendre et Quand y Aller

Pour entrer dans les Sundarbans, il faut d’abord rejoindre Khulna ou Mongla, deux villes-ports qui servent de points d’accès. Depuis Dhaka, plusieurs options de transport s’offrent aux voyageurs : le bus, le train ou l’avion intérieur vers Jessore, suivi d’un trajet par la route. Une fois sur place, il est possible d'embarquer tôt le matin pour une croisière à travers les mangroves.

Le climat dans cette partie du pays est régi par deux grandes saisons : la saison sèche et la saison des pluies. Entre novembre et février, les températures sont douces et les précipitations faibles, ce qui facilite la navigation et offre de bonnes conditions d’observation de la faune. Pendant la mousson, de juin à septembre, les pluies abondantes peuvent perturber les croisières, mais la forêt affiche alors une végétation encore plus luxuriante. La période la plus confortable se situe en général entre novembre et février : températures plus douces, air plus sec, sorties en bateau plus agréables. Avant/après, la chaleur et l’humidité montent vite. Pendant la mousson, certaines zones deviennent plus compliquées (pluies, moustiques, logistique), donc cela se prépare plus sérieusement.

Précautions et Activités sur Place

Les Sundarbans se visitent essentiellement lors d’une croisière. En général, les voyageurs embarquent à bord d’un petit navire accompagnés de plusieurs membres d’équipage tel qu’un guide, un navigateur, un cuisinier, etc. Le confort sera assez sommaire, mais la «croisière» reste agréable. Il faut compter environ 2 à 4 jours pour la visite des Sundarbans pour en profiter pleinement : cela permet de s’éloigner des zones «faciles», de multiplier les balades en petit bateau, et de rendre l’ambiance beaucoup plus immersive. Une sortie trop courte donne souvent un aperçu frustrant, parce que les déplacements prennent du temps dans les canaux.

À plusieurs étapes de la croisière, le guide proposera des promenades à pied dans les Sundarbans, toujours accompagnés. La nature peut se montrer exigeante. Avant de partir, il est conseillé de prévoir un répulsif contre les insectes et de s’équiper de vêtements couvrants. De même, il est recommandé d’embarquer de bonnes chaussures de marche (pas trop neuves, elles finiront très sales !). Généralement, les repas et les bouteilles sont prévus par les membres d’équipage.

L’un des premiers points d’intérêt des Sundarbans est bien entendu son écosystème ! Il abrite un univers végétal et animal d’une richesse exceptionnelle. Les palétuviers, avec leurs racines enchevêtrées, forment une barrière naturelle qui héberge de nombreuses espèces. Parmi elles, on peut citer : le tigre du Bengale, emblématique des mangroves (bien que son observation soit extrêmement rare, le guide pourra généralement montrer des empreintes de l’animal), le crocodile d’estuaire, impressionnant reptile des eaux saumâtres, le cerf tacheté, visible parfois près des berges ou en lisière de forêt, le singe rhésus, qui se déplace souvent en groupes bruyants, de nombreuses espèces d’oiseaux (environ 260), parmi lesquelles des hérons et des aigles pêcheurs, des dauphins d’eau douce, notamment le dauphin du Gange, dans les canaux un peu plus profonds, et des varans, reptiles terrestres que l'on peut voir nager entre les racines de palétuviers.

La croisière fluviale est la meilleure façon de découvrir l’étendue des Sundarbans. Outre l’observation d’animaux depuis le pont du navire, cette croisière sera aussi l’occasion de profiter de l’ambiance des lieux. Naviguer sur les canaux au lever du jour offre un spectacle saisissant : la brume dévoile lentement la forêt, tandis que les chants d’oiseaux accompagnent la progression du bateau. En fin d’après-midi, la lumière dorée accentue la sérénité des lieux, offrant un moment idéal pour la contemplation. Plusieurs haltes permettent de marcher brièvement dans la mangrove et d’approcher la faune de plus près. Enfin, les soirs, les membres d’équipage préparent barbecues et petits plats qui seront dégustés au rythme du bateau.

En certains endroits plus sécurisés, un safari à pied permet d’explorer l’intérieur de la mangrove. L’accompagnement d’un guide expérimenté sera obligatoire. C’est lui qui décidera des endroits où les visiteurs pourront poser pied à terre pour randonner dans les Sundarbans. Si les sentiers balisés sont généralement courts, il faut s’attendre malgré tout à pouvoir découvrir quelques espèces animales et de beaux paysages.

Finalement, les Sundarbans s’imposent comme l’un des joyaux naturels les plus remarquables du Bangladesh. Ce parc national, qui constitue la grande mangrove du monde, est baigné par les marées et façonné par les eaux du Gange, du Meghna et du Brahmapoutre. Ce vaste territoire près de l’Inde abrite un écosystème exceptionnel, où se trouvent des crocodiles, des cerfs tachetés, des oiseaux rares et, peut-être, si les astres sont alignés, l’imperceptible tigre du Bengale. Cette mangrove est essentielle pour les habitants locaux, qui dépendent de ses ressources, mais elle reste vulnérable face aux cyclones qui frappent régulièrement la région. Un site d’une beauté saisissante, inscrit au patrimoine mondial, et un refuge unique pour la faune sauvage.

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