Besoin d'un conseil ? Parution du 6e rapport du GIEC, plus alarmant que les précédents… Flot incessant d'images de plus en plus dramatiques sur nos écrans… Qui nie encore le réchauffement climatique et ses effets ? Hélas, quand on analyse attentivement les évolutions du climat aux portes du Potager du Paresseux entre 1946 et 2021, mauvaise surprise : la situation est bien pire ! Cependant, rien n'est jamais totalement négatif : à condition d'innover, on peut s'adapter. Et même tirer avantage de la nouvelle donne !

Comprendre la méthode : Le Potager du Paresseux
Didier Helmstetter est né en 1953, en Alsace, dans une famille de petits paysans. Son père était aussi bûcheron et producteur de plants de légumes et de fleurs. Cette jeunesse rurale l'a profondément marqué. Ingénieur agronome diplômé, il s'occupe de développement agricole, en France et en Afrique, où il dirige notamment des programmes de recherche-action pour améliorer les systèmes de production paysans, avec les modestes moyens disponibles localement. Il a aussi été formateur, puis responsable d'un centre de formation agricole. Aujourd'hui, il consacre son temps au développement de son Potager du Paresseux, qu'il fait visiter.
Produire des légumes en abondance tout en protégeant la biodiversité et l'environnement ; réussir son potager sans aucun travail du sol, sans buttes et sans grelinette ; s'adapter au changement climatique ; se mettre à la phénoculture… Didier Helmstetter, jardinier paresseux et agronome ayant œuvré pendant une douzaine d'années en Afrique, propose de penser le potager comme un système vivant complexe. Une invitation à observer, à comprendre et à respecter la vocation naturelle d'un terroir, le vôtre, avec son climat, sa situation géographique, son exposition, son sol…
Top 10 des meilleurs paillages au jardin potager avec Didier du Potager du Paresseux
L'adaptation au changement climatique par l'innovation
Comment réussir cette adaptation ? La question est au cœur de cet ouvrage. Comment esquiver les étés, avec les risques récurrents de canicule ? Comment échapper aux débauches d'arrosage ? Sans trop se fatiguer, comment cultiver davantage, bien plus tard en automne et jusqu'en hiver ? Comment installer ses légumes bien plus tôt au printemps ? Comment échapper aux gelées qui, malgré le réchauffement climatique, restent en embuscade ?
Pour chacun de ces axes, l'auteur relate son expérience avec les innovations techniques qu'il met en œuvre : divers châssis, tampons thermiques, serre froide, voiles, espèces et variétés les plus adaptées… et toujours sans aucun travail du sol, sans engrais, sans compost et sans buttes. Qui a dit qu'il fallait jardiner de la même façon de Bonifacio à Terre-Neuve ? Quand le climat, ou la roche-mère, ou le relief ou encore l'exposition au soleil change, la nature réagit. Elle est sensible, elle s'adapte ! Au Potager du Paresseux, on ne perturbe pas, on ne détruit pas, on protège, on accompagne et on nourrit, délicatement.
La technique du foin : fondement de la fertilité
À l'origine c'était une prairie et Didier a procédé de manière très simple pour créer ses planches de culture : il tond à ras un bout de prairie puis il le recouvre de 20 cm de foin. Quelques mois plus tard, l'herbe de la prairie s'est décomposée sous le foin et Didier va pouvoir mettre en place des cultures de légumes. Chaque année en fin d'automne, pendant la seconde quinzaine de novembre, Didier place une couche de 20 cm de foin bien tassé sur la terre de chacune de ses planches de culture.
Pourquoi du foin et pas de la paille, des tontes de pelouse ou bien du BRF ? Parce que le foin a une composition équilibrée et qu'il représente le meilleur compromis en tant que paillis nutritif pour améliorer le sol. La paille est trop riche en cellulose et les tontes sont trop riches en azote. Le foin va être absorbé par le sol petit à petit jusqu'à la fin du mois d'août, et Didier va recharger si besoin en remettant une fine couche de foin avant les cultures d'automne.

Les quatre piliers de la réussite pour le jardinier paresseux
Didier explique que le foin étalé en couche épaisse va produire 4 effets bénéfiques pour le sol :
- Effet bâche : un effet "bâche plastique noire" qui va empêcher les graines de mauvaises herbes annuelles de germer par manque de lumière. Et les herbes déjà présentes vont dépérir, toujours par manque de luminosité. Plus besoin de passer la binette pour désherber entre les légumes.
- Effet nourrissant : un apport pour les vers de terre, ces grands travailleurs de l'ombre qui décompactent le sol et améliorent sa structure. Ils vont se multiplier et travailler encore plus. De même pour les bactéries et les champignons microscopiques qui font la qualité d'un sol vivant. Plus besoin de bêcher son sol pour le décompacter.
- Effet fertilisant : En se décomposant, le foin va apporter à la terre et donc aux légumes tous les éléments nutritifs dont ils ont besoin pour se développer. Plus besoin d'apporter de l'engrais, du fumier, ni même du compost.
- Effet protecteur : Abrité des rayons du soleil, l'eau ne peut s'en évaporer et les crevasses ne se forment plus dans les terres argileuses. Protégée de la pluie battante, la terre ne se tasse plus et reste préservée du froid, les légumes gagnant un sursis sur les gelées.
Vers une résilience globale : la bibliothèque du jardinier autonome
Tendre vers plus d'autonomie dans le but de gagner en indépendance nécessite une approche globale. Nous pensons que rien ne remplace les livres et manuels spécialisés pour apprendre et engranger de la connaissance survivaliste. En effet, regarder des vidéos YouTube est sympa et complémentaire, mais aussi sujet à la procrastination. À un moment donné, il faut se bouger et passer à l'action.
La lecture est bénéfique à de nombreux égards. Elle peut vous aider à développer votre vocabulaire et votre compréhension de l'écrit, à stimuler votre imagination et votre créativité, à vous détendre et à vous divertir, et à vous évader de votre vie quotidienne. Elle peut également être une source de connaissances et de nouvelles idées, et vous aider à mieux comprendre le monde qui vous entoure. Enfin, la lecture peut être bénéfique pour votre santé mentale en réduisant le stress et en vous aidant à mieux gérer vos émotions.

L'observation de la biodiversité comme levier de production
Les parasites (pucerons, etc…) sont limités par l'installation de "plantes martyres" comme la capucine car Didier part du principe que si l'on ne veut pas subir un parasite, il faut l'élever et favoriser ainsi l'apparition de ses ennemis naturels. D'une manière générale, les récoltes sont tout à fait satisfaisantes, et certainement pas moindres que dans un potager conventionnel. Didier a même observé une meilleure résistance au mildiou sur les tomates (du moment qu'elles bénéficient du soleil matinal), une meilleure tenue au gel des salades.
D'ailleurs, Didier ne se considère pas seulement comme un jardinier qui fait pousser des légumes, mais aussi, selon ses propres mots, "comme un cultivateur de champignons et un éleveur de vers de terre". Pour soulager encore plus le travail du jardinier, il reste une étape à franchir (après celle du non-travail du sol et celle du couvert permanent par le foin) : c'est le couvert vivant. Didier a pour idée de mettre en place des plantes couvrantes peu vigoureuses, telles que la véronique ou le mouron blanc. Ces plantes vont recouvrir les parcelles de légumes à la place du foin.
L'engagement du jardinier libre du XXIe siècle
Cet ouvrage donne des lignes conductrices, grâce auxquelles vous trouverez vos propres solutions, adaptées à vos envies et à vos contraintes, autant d'éléments qui feront de vous un jardinier libéré du XXIe siècle, engagé dans la défense des mécanismes naturels du vivant. Ce potager, de création relativement récente (quelques années), se trouve sur un terrain d'environ 500 m2 en légère pente. Toute la surface n'est pas cultivée, laissant de larges passages enherbés avec du trèfle blanc qui a été semé exprès.
Il est important de souligner que, depuis les premières observations, le potager de Didier se porte très bien et prouve l'efficacité de la méthode dans son contexte de sol et de climat. Je pense que ces techniques peuvent être appliquées dans la majorité des potagers, il faudra peut-être adapter un peu selon la région et le type de sol. Étant un adepte des engrais verts, je vais tenter à la fin de cet été de combiner les deux techniques : je vais semer l'engrais vert sous une fine couche de foin, et une fois que les plantules seront sorties, j'épaissirai la couche de foin au fur et à mesure.