L'utilisation d'un puits pour l'arrosage d'un jardin et d'un potager représente une solution écologique et économique, mais elle impose une rigueur technique particulière pour garantir la pérennité du matériel et l'efficacité de la diffusion. La transition d'un pompage brut vers un réseau d'arrosage intégré nécessite la mise en place d'un système de pilotage de pression.

Principes de fonctionnement et nécessité du surpresseur
La pompe immergée, logée au fond du puits, assure le relevage de l'eau. Cependant, elle ne peut être utilisée seule pour un réseau d'arrosage automatique. Sans ballon de surpression, la pompe démarrerait à chaque sollicitation, provoquant une usure prématurée du moteur. Le rôle du ballon, couplé au pressostat, est de créer une réserve d'eau sous pression.
La pompe envoie l’eau dans un ballon de surpression, situé au plus près du puits. C’est la pression régnant dans ce ballon qui met en route et arrête la pompe, par le biais d’un pressostat. Par exemple, ce dernier met la pompe en route lorsque la pression du ballon tombe en dessous de 2,5 bars et arrête la pompe lorsque la pression atteint 3 bars. Le ballon est là pour éviter que ta pompe tourne sans cesse ou s'allume à la moindre baisse de pression.
Gestion des pressions et calibrage du système
Le dimensionnement d'une installation repose sur la Hauteur Manométrique Totale (HMT). La HMT additionne la hauteur d’aspiration géométrique, la hauteur de refoulement géométrique, et les pertes de charge linéaires et singulières dans les tuyauteries. Pour fixer un ordre de grandeur : 1 bar de pression équivaut à environ 10 mètres de hauteur d’eau.
Le réglage du pressostat
Le pressostat commande l'activation de la pompe. C'est un interrupteur qui fonctionne selon une plage de pression donnée.
- Réglage du ressort de mise en marche (repère 1) : Ce ressort permet de régler en même temps les pressions haute et basse du pressostat. Sous le ressort, vous trouverez un + et - vous indiquant le sens de rotation pour augmenter ou diminuer la pression de déclenchement.
- Réglage du différentiel (repère 2) : Ce ressort gère l'écart entre la pression d'arrêt (pression haute) et la pression d'enclenchement (pression basse).
L'entretien du ballon
L'air comprimé se transforme en eau et donc à la longue le volume d'air diminue. Il est nécessaire de contrôler régulièrement la pression d'air dans le réservoir à vessie. Il faut les gonfler autour de deux bars, et à vide. Si la pompe s'allume trop souvent, il faut arrêter la pompe, faire couler de l'eau pour faire chuter la pression et ouvrir la valve pour laisser l'eau descendre dans la cuve, remplacée par de l'air.

Pertes de charge et dimensionnement des réseaux
Une erreur fréquente est de sous-estimer les pertes de charge. Un tuyau d’arrosage de 25 mètres et 19 mm de diamètre fait perdre environ 0,5 bar à 3000 L/h. Sur 50 mètres et avec un coude raide, la perte atteint 1 bar. Si la pompe ne fournit que 3 bars en sortie, il ne reste qu’1,5 bar utile au point d’arrosage, insuffisant pour faire fonctionner certains arroseurs.
La pression ne sera pas constante si rien ne freine le débit. Dans votre montage actuel, il est normal que le mano n'indique pas de pression puisque rien ne freine le débit de la pompe. Si la diffusion est faite à la suite du tuyau PE de 25 par un tuyau d'arrosage plus fin ou un arroseur de jardin rotatif, cela limite le débit et fait travailler la pompe inutilement. Toutefois, les pertes de charge limitent de toutes façons la pression vue. L'idéal est d'avoir dans les trois bars, maintenant, si tu as plusieurs arroseurs, la pression se répartit. Plus tu as d'arroseurs, plus tu descends en pression. Compte en moyenne une perte d'un bar par asperseur.
Comment régler le pressostat de votre réservoir de surpression ?
Choix du matériel et contraintes techniques
La pompe immergée est la seule option physiquement viable au-delà de 8 mètres de profondeur. Le diamètre du forage conditionne le diamètre de la pompe : un forage de 4 pouces (102 mm) accepte des pompes de 3 à 3,5 pouces. Il faut toujours laisser au moins 1 mètre entre le fond du forage et la pompe pour éviter d’aspirer le sable de fond.
Pour les installations domestiques, la hiérarchie des critères est toujours la même : usage prévu, hauteur d’aspiration disponible, hauteur de refoulement nécessaire, débit utile et qualité de l’eau pompée. Une pompe parfaite sur le papier mais sous-dimensionnée pour la hauteur manométrique réelle ne fournira jamais la pression annoncée.
Pour un jardin de 200 à 500 m², une pompe de surface 1100 W auto-amorçante en inox suffit largement. Pour alimenter une habitation entière depuis un puits ou une cuve de récupération, le surpresseur 1,1 kW avec réservoir à vessie 100 litres reste le meilleur compromis. Il accepte les pointes de 4 robinets simultanés sans baisse de pression et démarre rarement.
L'installation doit être réalisée avec soin : utilisez du ruban Teflon pour l'étanchéité des raccords et assurez-vous que la commande de la pompe est placée dans un endroit sec, jamais dans l'eau. Enfin, vérifiez que les câbles d'alimentation ne sont pas pliés ni pincés. Pour descendre la pompe, utilisez un câble en nylon ou en acier, et non le câble électrique.