L'agriculture moderne est en quête constante de solutions innovantes pour optimiser le désherbage, réduire la dépendance aux herbicides chimiques et garantir la rentabilité des exploitations. Dans ce contexte, la bineuse chimique, souvent associée à des techniques de désherbage mécanique, émerge comme un outil polyvalent et efficace, offrant une souplesse d'intervention remarquable. Son développement s'étend au-delà de l'agriculture biologique, séduisant également les agriculteurs conventionnels par sa capacité à intervenir tardivement et à gérer des situations complexes.

L'écimeuse : une intervention tardive et flexible
L'utilisation des écimeuses, un type d'outil mécanique souvent confondu avec la bineuse chimique dans son application plus large, se développe considérablement. L'intérêt principal de ce matériel réside dans sa capacité à permettre une intervention très tardive dans la culture, offrant ainsi une dernière chance de sauver la parcelle d'un salissement incontrôlé. Olivier Henquinbrant, agriculteur bio à Juvancourt, met en avant la souplesse d'utilisation de ces engins. « Les écimeuses coupent facilement les adventices grâce aux contre couteaux qui maintiennent la végétation droite », explique-t-il. L'efficacité de l'écimeuse repose sur une condition clé : l'adventice doit dépasser de la culture d'au minimum 10 centimètres, voire 20 centimètres dans le cas de cultures basses. Cette spécificité confère à l'écimeuse une fenêtre d'intervention moins étroite que celle d'une herse ou d'une bineuse traditionnelle. Sur des cultures comme les lentilles, Olivier Henquinbrant réalise deux passages d'écimeuse pour venir à bout des folles avoines. À une vitesse de 6 à 7 km/h, le débit de chantier atteint 7 hectares par heure, démontrant ainsi son potentiel pour des interventions rapides sur de grandes surfaces. L'écimeuse est ainsi perçue comme un outil de rattrapage précieux lorsque les autres solutions s'avèrent insuffisantes.
Francis Bour, agriculteur conventionnel à Bergères, utilise également une écimeuse de la Cuma, mais dans un contexte différent. Il l'a employée pour gérer les betteraves montées, une situation où l'intervention se révèle plus délicate. « Idéalement, il faudrait passer plusieurs fois l’écimeuse pour gérer les betteraves montées et détruire chaque nouvelle hampe florale qui repousse depuis la racine », estime Francis Bour. Cette approche souligne la nécessité d'une approche répétée pour un contrôle optimal dans des cas spécifiques.
La stratégie "herbisemis puis binage" : une réduction significative des herbicides
Une technique particulièrement innovante pour réduire l'usage des herbicides est la stratégie "herbisemis puis binage". Elle consiste à appliquer l'herbicide de prélevée de manière localisée sur le rang, le jour même du semis, grâce à un kit de traitement monté sur le semoir, appelé "herbisemis". Cette approche permet une économie substantielle d'herbicides, pouvant atteindre jusqu'à deux tiers par rapport à un traitement en plein. L'utilisation d'un produit haut de gamme devient alors économiquement viable.

Le semis et le traitement herbicide sont ainsi réalisés en un seul passage, la seule contrainte étant de remplir la cuve de bouillie tous les 7 à 8 hectares. Environ un tiers de la surface est traité (une bande de 20 centimètres pour un écartement de 60 centimètres entre les rangs), ce qui justifie l'économie réalisée. Des soutiens à l'investissement pour ce type de matériel ont souvent été accordés dans le cadre du Plan Végétal Environnement et d'actions régionales visant à la réduction des pesticides, rendant cette technologie plus accessible aux agriculteurs.
Le temps nécessaire pour le binage est estimé à 45 minutes par hectare, mais cette durée peut varier en fonction de la largeur de la bineuse, du système de guidage utilisé et du contexte parcellaire. Cette technique ne peut s'adapter qu'aux sols à ressuyage rapide. Un traitement dirigé sur le rang est associé en même temps à un binage inter-rang. Cette synergie est rendue possible par la mise sur le marché de solutions herbicides de post-levée, telles que Pulsar 40 ou Express SX, utilisables uniquement avec des variétés de tournesol tolérantes.
Le "désherbinage", testé depuis 2010 sur des variétés tolérantes et réalisé au stade des 4 feuilles du tournesol, a procuré des résultats tout à fait corrects en conditions favorables, légèrement en deçà de la post-levée appliquée en plein. Cependant, la souplesse d'intervention est réduite car il faut répondre simultanément aux exigences du désherbage chimique et mécanique en post-levée. Les conditions favorables à ces deux opérations (traitement herbicide et binage) sont rarement réunies : un sol ressuyé et un temps séchant pour le binage, et une hygrométrie suffisante pour le traitement chimique. De plus, du fait de l'intervention relativement précoce, un binage supplémentaire peut s'avérer nécessaire.
La stratégie "herbisemis puis binage" démontre une performance de désherbage régulièrement égale ou supérieure à la référence en plein. En faisant l'économie d'un passage de pulvérisateur en plein, elle permet une diminution significative de l'usage d'herbicide (jusqu'à -66%) et une maîtrise totale des coûts de production. Compte tenu du coût élevé des herbicides de prélevée (80 à 90€/ha) et du coût estimé d'un binage (environ 25€/ha, matériel, traction et main d'œuvre comprise), il devient possible d'envisager un, voire deux binages, sans alourdir le poste désherbage du tournesol. Cette technique ouvre également la voie à la maîtrise des flores qui ne sont pas contrôlables par la seule voie chimique, comme l'ammi majus, la mercuriale ou la renouée liseron.
Le désherbinage, réalisé au stade des 4-6 feuilles du tournesol (variété tolérante), a globalement procuré des résultats tout à fait corrects, à peine inférieurs à la post-levée en plein. Toutefois, la souplesse d'intervention est réduite car il faut répondre simultanément aux exigences du chimique et du mécanique en post-levée. Outre les conditions climatiques, le stade des adventices au moment du passage étant trop avancé, elles sont plus difficiles à détruire. Pour ces raisons, le désherbinage semble moins fiable et sécuritaire que la stratégie précédente.
La stratégie de binage seul, de par son action exclusive sur l'inter-rang, était, dans les conditions testées, insuffisante pour aboutir à un désherbage acceptable, même répétée deux fois. Or, sur le rang, la compétition des mauvaises herbes pour l'eau et les éléments nutritifs est forte. Il convient donc de sécuriser au mieux la ligne de semis par un traitement adapté à la flore dominante. Ainsi, l'efficacité du traitement localisé de prélevée couplé au semis (herbisemis) succédé par le binage est clairement supérieure à celle du traitement localisé de post-levée couplé au binage (désherbinage sur variété tolérante) sur les flores classiques du tournesol. L'herbisemis présente l'avantage de sécuriser précocement la ligne de semis, à condition de choisir le ou les produits adaptés à la flore. Le binage de l'inter-rang du tournesol élimine en tendance plus de 80% des adventices présentes. L'association des deux, herbisemis puis binage, procure des résultats globalement supérieurs au traitement de référence en prélevée en plein et à peine inférieurs au traitement de post-levée en plein (imazamox ou tribénuron-méthyl).
Binage du Tournesol Bio avec caméra et GPS RTK (2021)
La bineuse agricole : un pilier du désherbage mécanique contemporain
La bineuse agricole s'impose comme un pilier essentiel des stratégies de désherbage mécanique contemporaines. En intervenant avec précision dans les espaces entre les rangs de culture, elle joue un rôle déterminant dans la limitation de la concurrence exercée par les adventices, contribuant ainsi à sécuriser et optimiser le potentiel de rendement des exploitations agricoles. L'efficacité de cet outil réside dans sa capacité à travailler le sol de manière ciblée, offrant une alternative ou un complément précieux aux solutions de désherbage chimique.
Diversité et adaptation des bineuses aux contextes agricoles
Il est crucial de comprendre que chaque type de bineuse doit être rigoureusement adapté aux spécificités du sol, aux cultures implantées et à l'écartement des rangs. Le choix du matériel agricole adéquat est intrinsèquement lié à la structure du sol, à sa portance et à sa sensibilité intrinsèque à l'érosion. Les agriculteurs sont donc amenés à comparer attentivement les bineuses en fonction de ces paramètres, tout en considérant le coût des herbicides et la valeur du temps de travail. Le prix d'une bineuse agricole est un facteur déterminant, qui varie considérablement en fonction du nombre de rangs, de la complexité des éléments bineurs et de la présence d'un système de guidage.
Dans des régions aux pratiques agricoles distinctes, comme la Nouvelle-Aquitaine, le Val de Loire ou la Franche-Comté, les besoins en matière de désherbage mécanique diffèrent de manière significative. Les cultures emblématiques de ces territoires, telles que le maïs, la betterave ou les légumes de plein champ, imposent l'utilisation d'outils de sol spécifiques et de socs particulièrement adaptés. Les annonces de matériel agricole constituent une source d'information précieuse, mettant en avant le détail des équipements et l'année de fabrication des machines. Une bineuse récente est souvent synonyme d'un confort de travail accru et d'une précision d'intervention plus performante sur les inter-rangs.
Le choix du type de bineuse dépend avant tout de la culture visée et de l'écartement des rangs. Une bineuse conçue pour le maïs, par exemple, ne s'ajustera pas de la même manière qu'une machine destinée aux cultures maraîchères en plein champ. Sur des sols limoneux, particulièrement sensibles au phénomène de battance, les outils de sol doivent impérativement rester légers et peu agressifs. L'utilisation de socs fins ou de pattes d'oie étroites est alors préconisée pour limiter la formation de mottes et préserver la structure du sol.
Les éléments bineurs : le cœur de la machine
Le cœur d'une bineuse agricole réside incontestablement dans ses éléments bineurs et les socs qui les composent. Chaque élément est conçu pour travailler le sol sur un inter-rang défini, tout en veillant scrupuleusement à respecter la culture en place. Les socs droits, les pattes d'oie et les étoiles désherbeuses constituent les principaux outils de travail du sol. Les pattes d'oie excellent dans la coupe des adventices en surface, tandis que les socs plus profonds permettent une légère aération du sol.
Sur une bineuse moderne, chaque élément bineur offre une grande modularité, permettant des réglages précis en profondeur, en angle et en pression. Cette flexibilité est essentielle pour adapter le travail aux exigences des cultures sensibles, telles que le maïs doux ou certaines variétés de légumes. Les agriculteurs ont tendance à comparer le prix des bineuses en tenant compte de la richesse de l'équipement en éléments bineurs. Plus les outils sont nombreux et spécialisés, plus le prix d'une bineuse est susceptible d'augmenter.

Systèmes de guidage : de la précision manuelle à l'automatisation
Le guidage manuel reste la méthode la plus simple et la plus accessible pour piloter une bineuse agricole. L'opérateur doit alors corriger en permanence la trajectoire de la machine pour s'assurer qu'elle reste bien centrée sur les rangs de culture. Cependant, les systèmes de guidage modernes apportent un soulagement considérable à l'opérateur, tout en améliorant significativement la précision de l'intervention entre les rangs.
Les systèmes de guidage par caméra ou par capteurs suivent la culture en temps réel et corrigent automatiquement la position de la bineuse. Des constructeurs renommés ont développé des solutions innovantes et spécifiques, comme les bineuses Econet ou les équipements Monosem Multicrop. Ces matériels agricoles combinent des éléments bineurs performants avec des systèmes de guidage avancés, garantissant un travail d'une grande précision. Le prix d'une bineuse équipée d'un système de guidage est certes plus élevé, mais le calcul du coût doit impérativement intégrer la réduction significative des pertes de culture. Moins de plants sectionnés, une diminution des reprises manuelles et un meilleur contrôle des adventices se traduisent par un retour sur investissement plus rapide.
Dans des régions comme le Centre-Val, le Pays de Loire ou la Franche-Comté, ces innovations technologiques se diffusent progressivement. Les annonces de matériel agricole mettent désormais en avant le détail des capteurs, des caméras et des interfaces de guidage.
L'occasion : une voie d'accès privilégiée aux bineuses performantes
L'économie d'une bineuse agricole ne se résume pas à son prix d'achat initial. Il est indispensable d'intégrer dans le calcul le temps de travail nécessaire, la réduction de l'utilisation des herbicides et, in fine, l'impact positif sur le rendement global de l'exploitation. Le marché de l'occasion agricole offre une multitude d'annonces de matériel agricole, proposant des bineuses de différentes années de fabrication et de diverses configurations.
Une bineuse plus ancienne peut conserver une excellente performance si ses éléments bineurs, ses socs et ses pattes d'oie sont en bon état. Les régions telles que la Nouvelle-Aquitaine, le Val de Loire, le Centre-Val, le Pays de Loire, la Rhône-Alpes ou la Franche-Comté présentent des contextes agricoles très variés. Les cultures pratiquées, les types de sols rencontrés et les systèmes de culture adoptés influencent de manière déterminante le choix du matériel agricole. Les agriculteurs comparent avec attention le prix des bineuses entre les modèles neufs et d'occasion, souvent exprimé en euros par rang ou par mètre de largeur de travail. Certains privilégient une bineuse simple avec guidage manuel, tandis que d'autres investissent dans un système de guidage plus sophistiqué et automatisé.
Optimisation du travail du sol et gestion des adventices
Pour optimiser l'ensemble de la chaîne du travail du sol, il est pertinent de considérer également les équipements complémentaires. Par exemple, le choix d'un matériel adapté au paillage en élevage est une décision importante qui peut être abordée en parallèle.
La réussite du désherbage mécanique par bineuse agricole repose fondamentalement sur une organisation rigoureuse du travail. Il est impératif de planifier les passages de la bineuse en tenant compte du stade de développement des cultures et de la pression des adventices présentes. Les réglages de précision sur les éléments bineurs, les socs et les pattes d'oie demandent du temps, mais conditionnent directement la qualité du résultat obtenu. La profondeur de travail, l'angle d'attaque et l'écartement par rapport aux rangs doivent être ajustés avec soin pour chaque culture.
Les agriculteurs expérimentés ont souvent l'habitude de noter leurs réglages optimaux par type de sol, par culture et par région (que ce soit le Centre-Val, le Pays de Loire ou la Rhône-Alpes). Cette capitalisation de l'expérience facilite grandement la mise en route rapide et efficace de la bineuse à chaque nouvelle saison.
Innovations et perspectives futures
Les innovations technologiques, telles que les bineuses Econet, les équipements Monosem Multicrop ou les systèmes de guidage avancés, continueront sans aucun doute à se développer. Ces avancées visent à améliorer la précision des interventions sur les inter-rangs, à réduire la pénibilité du travail pour les opérateurs et à sécuriser davantage les cultures contre la concurrence des adventices.
Dans ce contexte en constante évolution, le suivi attentif des annonces d'occasion agricole et des nouveautés technologiques permet aux agriculteurs de saisir les bonnes opportunités. Ils peuvent ainsi ajuster progressivement leur parc de bineuses, en combinant judicieusement des modèles simples et éprouvés avec des matériels plus sophistiqués et à la pointe de la technologie.
Le choix final du type de bineuse dépendra toujours de la nature du sol, de l'écartement des rangs et des cultures implantées. Sur des sols légers, des outils de sol peu agressifs suffiront, tandis que les sols lourds exigeront des socs plus robustes et plus résistants. Un système de guidage, qu'il soit manuel assisté ou automatique par caméra, augmentera le coût d'une bineuse par rapport à un modèle de base. Cependant, ce surcoût se compense souvent par une meilleure précision des interventions et une réduction des dégâts potentiels sur la culture.
Pour une acquisition en occasion, il est essentiel d'examiner attentivement l'année de fabrication, l'état général des éléments bineurs, des socs et des pattes d'oie, ainsi que le bon fonctionnement du système de guidage. Le détail de l'annonce doit impérativement préciser le nombre de rangs, le type de culture pour lequel la machine est adaptée et les réglages possibles.
La fréquence des passages de bineuse est directement liée à la pression des adventices, au type de sol et aux conditions météorologiques. En règle générale, plusieurs interventions sont nécessaires, depuis le stade végétatif jeune de la culture jusqu'à la fermeture des rangs. Les bineuses modernes ont la capacité de s'adapter à la plupart des régions agricoles, qu'il s'agisse de la Nouvelle-Aquitaine, du Val de Loire, du Centre-Val, du Pays de Loire, de la Rhône-Alpes ou de la Franche-Comté. Néanmoins, les configurations spécifiques des outils de sol, des socs et des systèmes de guidage doivent toujours être choisies en fonction des cultures et des conditions locales spécifiques à chaque exploitation.

Études de cas et applications concrètes
Olivier Marrec, agriculteur à Péaule, a fait l'acquisition d'une bineuse Garford autoguidée. Si le binage classique est réalisé dans l'interligne, c'est dans le rang que cette bineuse se distingue. Un soc spécifique, positionné à l'avant, tourne autour des plants de céleri, de salade ou de choux, éliminant ainsi les jeunes plantules d'adventices. Olivier Marrec cultive 63 hectares, dont 28 dédiés au maraîchage, avec une conversion progressive à l'agriculture biologique pour une partie de ses terres.
La parcelle de céleri en culture conventionnelle, semée en semaine 18, a bénéficié d'une fertilisation organique et n'a pas subi de traitement chimique. Un anti-limaces autorisé en bio a été utilisé. Un premier binage a été effectué une semaine après la plantation, suivi d'un second en semaine 21 avec la bineuse Garford. Un troisième passage est prévu ultérieurement avec une bineuse classique munie de doigts Kress, une fois les plants de céleri plus développés et résistants.
Pour maîtriser la pousse des adventices, Olivier Marrec utilise deux bineuses. La Garford autoguidée, récemment acquise, requiert des réglages assez fins. Sa caméra détecte les plants de culture et les distingue des jeunes adventices. L'opérateur peut visualiser les rangs et les plants sur un écran dans la cabine du tracteur, qui est attelé en permanence à cette machine. La bineuse opère à faible vitesse (environ 2 km/h) sur les cultures nouvellement implantées, réduisant ainsi le recours à la binette manuelle et à la main-d'œuvre. La seconde bineuse, équipée de doigts Kress pour un travail au plus près du rang, permet des passages plus rapides (jusqu'à 8 km/h) sur des cultures plus avancées, mais n'intervient pas dans le rang lui-même.
La gestion du salissement des terres est également abordée en amont. L'implantation d'un mélange ray-grass/trèfle, maintenu en place pendant 18 mois, contribue à nettoyer les parcelles et à enrichir le sol en matière organique. Le fourrage issu de cette culture est exporté ou broyé. Un apport de compost acheté est réalisé au printemps. En interculture, Olivier Marrec privilégie les couverts végétaux composés d'avoine et de légumineuses (trèfles, féverole, pois). Il a constaté que le seigle semblait attirer les limaces, d'où son choix de ne plus en semer.
Les solutions de désherbage entre les planches de cultures légumières posent des défis depuis la suppression de l'homologation du produit Basta. L'outil développé par TerraTeck combine l'action d'un disque qui ouvre la terre entre le passe-pied et le paillage, avec celle d'une dent de binage. Des brosses viennent ensuite nettoyer l'inter-rang, au plus près du paillage, sans risque de le dégrader. La coiffe des brosses est constituée de trois types de poils (durs, intermédiaires ou très fins) qui éliminent mécaniquement les adventices. Deux à trois passages sont généralement nécessaires pour obtenir une bonne efficacité, à une vitesse de 3,5 à 4 km/h. Un jeu de brosses coûte environ 70 €.
Payen Import a élargi son offre grâce à un partenariat avec le constructeur autrichien CFS (Cross Farm Solution). Pour démontrer la simplicité d'utilisation de leur matériel, des démonstrations au champ ont été organisées pour la presse agricole française, présentant les dernières nouveautés. CFS est une jeune marque autrichienne, fondée en 2015 par Leopold Krupp et Andreas Eggelwolf. Soucieux d'apporter des solutions à l'agriculture, notamment dans la perspective de l'après-glyphosate, ils ont conçu des outils innovants et particulièrement simples d'utilisation.
La bineuse mécanique Vario Hoe illustre parfaitement cette philosophie de simplicité de réglage. Son principal avantage réside dans la suppression du besoin de sortir les outils pour modifier les réglages. La largeur entre rangs, le type de dents, l'écartement, les disques de protection, les doigts Kress… tout peut être adapté par l'agriculteur à sa culture et aux conditions, sans avoir à utiliser une caisse à outils. Cela représente un gain de temps considérable.
Des verrous à ressort permettent de faire coulisser les éléments sur la poutre de 180 mm de section. Contrairement aux modèles concurrents, il n'y a pas de double châssis pour gérer la translation des organes de binage. Le système est directement intégré au bâti, ce qui limite le déport arrière des éléments et réduit ainsi le phénomène de "fouettement" lors des repositionnements hydrauliques de l'outil. En termes de guidage, le constructeur fait appel à la caméra Tillet & Hague, équipée de deux feux à LED pour éclairer le rang et faciliter le guidage, y compris de nuit. L'équipement est également monté sur une glissière, permettant de le déplacer face au rang, indépendamment du tracteur.
La technique de pulvérisation localisée d'herbicide sur le rang, combinée au binage, est pertinente. L'inconvénient majeur du désherbinage est que les conditions favorables à la fois au traitement et au binage sont rarement réunies (sol ressuyé et temps séchant pour le binage et hygrométrie suffisante pour le traitement). Par conséquent, il est préférable de séparer les deux opérations. La pulvérisation localisée sur le rang au moyen d’une rampe grande largeur adaptée (de type Maréchal) puis binage dans l’inter-rang a été évaluée par le projet Ecophyto II du nom de PLEVOP (Pulvérisation Localisée En Végétation sur Oléagineux et Protéagineux), financé par l’OFB. Des essais sur tournesol réalisés en Lorraine entre 2017 et 2020 ont montré que la technique de désherbage mixte (herbicide localisé sur le rang puis binage) en post-levée du tournesol (sur variété tolérante) était tout à fait pertinente et semblable à un traitement en plein, à condition de pouvoir biner au moins une fois.
Les outils de désherbage mécanique KUHN, tels que la bineuse ROWLINER, la herse étrille TINELINER et la houe rotative STARLINER, proposent des solutions adaptées aux cultures en rangs et aux semis en ligne. La bineuse ROWLINER, par exemple, est conçue spécifiquement pour le désherbage des cultures en rangs, avec des configurations de 6, 8 et 12 rangs. Chaque élément de binage comporte un parallélogramme et une platine indépendante permettant la mise en place de dents (ou socs) pour un recouvrement optimal. Les socs de type "patte d'oie" sont disponibles en différentes largeurs, et deux types de durabilité sont proposés (standard ou durci). Tous les modèles ROWLINER disposent d'un châssis offrant un dégagement de 70 cm du sol, assurant une bonne capacité de passage même dans des cultures déjà bien développées. Le système ROWLINK permet un binage à 4 cm de la plante, même à des vitesses de travail élevées, ce qui est impossible à réaliser avec un simple guidage GPS du tracteur. Le Section Control permet de biner entièrement les pointes de champ sans arracher de plantes, une optimisation importante pour les parcelles de petite taille ou aux formes irrégulières.
La herse étrille TINELINER, quant à elle, est disponible dans des largeurs de travail allant de 6 à 12 mètres et est spécialement conçue pour le désherbage des semis en ligne. Elle permet de détruire les jeunes mauvaises herbes dans les cultures déjà en place, et est souvent utilisée en sortie d'hiver pour désherber les céréales. Ces passages de herse étrille permettent d'éviter un désherbage chimique et de casser la croûte formée pendant l'hiver, améliorant ainsi la porosité de surface du sol. Les dents de 7 mm de diamètre et 540 mm de long, avec un espacement de 3,1 cm entre elles, assurent une bonne vibration et une couverture complète de l'espace au sol. Le réglage hydraulique depuis la cabine permet de modifier l'agressivité des dents en cours d'utilisation, sans avoir à descendre du tracteur.
La houe rotative STARLINER, quant à elle, est conçue pour éliminer les croûtes de battance, aérer le sol et déchausser les adventices. D’une largeur de 6,30 m, elle est équipée d'étoiles rotatives et est utilisée pour un travail superficiel du sol.
En conclusion, la bineuse chimique, en synergie avec le désherbage mécanique, représente une approche stratégique et durable pour la gestion des adventices. Elle offre une flexibilité d'intervention, une réduction significative de l'usage des herbicides et une amélioration de la structure du sol, contribuant ainsi à une agriculture plus respectueuse de l'environnement et économiquement performante. L'évolution technologique continue de renforcer le potentiel de ces outils, ouvrant la voie à des pratiques agricoles toujours plus précises et efficientes.