
Au-delà d'une simple destination balnéaire, Hossegor incarne un véritable art de vivre, un équilibre harmonieux entre la forêt de pins, l'océan Atlantique impétueux, un lac marin apaisant et une lumière en constante évolution. C'est dans ce cadre enchanteur que se niche Les Hortensias du Lac, un établissement qui transcende les codes de l'hôtellerie de luxe pour se définir comme une œuvre d'auteur, fruit de la vision et de la passion de Frédéric Biousse et Guillaume Foucher. Loin de toute stratégie figée, leur approche se résume à une émotion : « On ne fait pas de stratégie, on tombe amoureux et ça marche. »
La Philosophie des Domaines de Fontenille : L'Hôtellerie d'Auteur
Les Domaines de Fontenille, dont Les Hortensias du Lac est la dernière acquisition en date au moment de l'écriture de cet article, représentent une nouvelle conception de l'hôtellerie. Pour Frédéric Biousse, cofondateur d'Experienced Capital, et Guillaume Foucher, le terme « d'auteur » est bien plus approprié que celui de « luxe » pour décrire leur philosophie. Ce duo d'entrepreneurs conçoit leurs établissements comme des maisons, leurs propres maisons, et les aménage en conséquence. Leur intervention est omniprésente, de la décoration intérieure pensée en collaboration avec Béryl Le Lasseur, aux objets d'art, en passant par les playlists musicales et même la vaisselle. L'objectif principal est de « respecter l’émotion éprouvée la première fois, en découvrant la maison », comme le précise Guillaume Foucher.

Guillaume Foucher, âgé de 42 ans et originaire de Charente, a un parcours riche et varié. Diplômé d'histoire de l'art et de l'École du Louvre, il a débuté sa carrière en tant que conseiller en vente et acquisition d'œuvres d'art, couvrant une période allant des impressionnistes aux années 1960, pour des collectionneurs privés et des musées. Sa passion pour la photographie l'a conduit à fonder La Galerie Particulière en 2009, spécialisée dans les œuvres contemporaines sur papier. Ses voyages fréquents entre Paris, Bruxelles (où était implantée la galerie) et le monde entier lui ont permis de rencontrer de nombreux artistes et d'exposer leurs œuvres dans ses galeries ou même son propre salon, un chapitre qu'il a choisi de clore fin 2019 pour se consacrer pleinement à ce nouveau terrain de jeu artistique.
Frédéric Biousse, 50 ans, a quant à lui suivi un parcours de businessman accompli dans l'univers du luxe. En 2016, il a cofondé Experienced Capital, un fonds d'investissement dédié au soutien et au développement de marques de mode françaises, avec ses associés de longue date, Elie Kouby et Emmanuel Pradère. Parallèlement au développement des Domaines de Fontenille, Frédéric Biousse s'engage également dans la défense des éléphants en Afrique avec The Ivory Association, une fondation qui multiplie les initiatives sociales et agricoles dans plusieurs pays subsahariens.
Les expériences respectives de Frédéric et Guillaume ont été cruciales pour donner vie à ce projet. Leurs qualités, et même leurs défauts, sont très complémentaires. Frédéric excelle dans la partie bancaire et administrative, tandis que les études d'historien de l'art de Guillaume lui ont conféré une connaissance et un grand respect du patrimoine. Leurs métiers passés, avec les galeries pour Guillaume et les marques lifestyle pour Frédéric, les ont amenés à beaucoup voyager et à visiter de nombreux hôtels. C'est de là qu'est née l'envie de créer une collection d'hôtels atypique, profondément ancrée dans le terroir mais surtout à taille humaine. Leurs adresses sont des boutiques-hôtels qui se vivent comme des maisons de famille, offrant une expérience intime et authentique.
La genèse de cette collection d'hôtels s'est faite de manière très empirique. Ils sont « tombés amoureux » de la Bastide de Fontenille, alors en ruine. La convertir en hôtel a permis de financer sa rénovation. Le succès immédiat de Fontenille et le plaisir de voir la maison revivre et accueillir du public ont été une grande fierté. Peu après, la situation exceptionnelle de l'hôtel qui allait devenir Les Bords de Mer, sur la Méditerranée, les a subjugués, les incitant à l'acquérir et le rénover. Le même processus s'est répété pour Minorque, puis Hossegor. À l'origine, il s'agit donc d'une véritable rencontre entre le duo et un bâtiment qu'ils souhaitent voir revivre. C'est également un « retour à la terre », comme en témoigne Fontenille, un vignoble qui nécessitait une restructuration. Leurs vies parisiennes, souvent déconnectées de la réalité, ont trouvé un nouvel ancrage dans cette aventure. L'art contemporain et la mode sont des milieux particuliers. Être responsables d'un environnement, dépendre des aléas de la météo, ne pas pouvoir aller plus vite que la nature : tout cela les a ramenés à une vision de la vie plus humble et plus hédoniste.
Au sein des Domaines de Fontenille, une toute petite équipe collabore étroitement. Frédéric et Guillaume, avec leurs collaborateurs, interviennent sur tous les sujets. Ils dénichent les maisons, dessinent les plans avec des architectes locaux, et imaginent intégralement la décoration avec leur décoratrice Béryl Le Lasseur. Chaque meuble, chaque assiette, chaque objet d'art est choisi avec soin, tout comme la musique diffusée et même les jardins qu'ils dessinent. Ils connaissent leurs hôtels mieux que leurs propres intérieurs. Ils sont également entourés de personnes très efficaces, intelligentes et très humaines. Éric Frechon est le « parrain » culinaire des hôtels, l'Agence Melchior gère la communication, et Laurent Branover supervise toute la partie opérationnelle.

Les Domaines de Fontenille ont pour vocation de proposer un « voyage particulier, aussi bien physique qu'intellectuel, sensoriel et initiatique ». Cette collection d'hôtels se déploie dans ce qu'ils considèrent comme les plus beaux sites d'Europe. Chaque maison est choisie pour représenter de manière particulière la région dans laquelle elle se trouve. La décoration est également en adéquation avec les spécificités de chaque lieu. Fontenille en Provence, par exemple, est meublée comme une maison noble de la fin du XVIIIe siècle, date de sa construction, tout en étant adaptée au goût du jour avec des éléments contemporains comme les grès céramiques de Patricia Urquiola dans les salles de bains. L'aménagement des Hortensias du Lac, en revanche, est totalement différent, avec un esprit « laid-back » proche de l'univers des Hamptons, reflétant l'ambiance des Landes. Chaque endroit développe ainsi son propre style. Cette diversité se retrouve également dans les restaurants. À Minorque, le chef espagnol Albert Riera propose une cuisine espagnole distincte de celle de la cheffe Camille Gandolfo aux Bords de Mer à Marseille. Des expériences uniques sont également proposées, telles que des cours d'œnologie à Fontenille, une visite privée de la Cité Radieuse à Marseille, ou un apéritif sur les falaises de Minorque.
Le choix des établissements à intégrer à leur offre est avant tout un coup de cœur pour une région et pour une maison. L'acquisition des fincas de Minorque, par exemple, s'est faite lors de leurs premières vacances sur l'île, séduits par son architecture incroyable, la beauté sauvage du paysage et ses plages. Chacun de leurs hôtels est finalement intimement lié à leur vie privée, reflétant une connexion personnelle profonde.
Les Hortensias du Lac : Une Villa Landais Balnéaire à Hossegor

Les Hortensias du Lac est une villa typique des années 1930, construite sur le lac marin d'Hossegor. Elle a été bâtie en même temps que la ville par des architectes qui ont créé un style basco-landais unique, comme en témoigne le sporting-club de la même époque. Abritée sous des pins, directement sur le lac, à quelques minutes à pied de l'océan, c'est un endroit incroyable. L'hôtel jouit d'une situation exceptionnelle, en première ligne sur le lac et à quelques pas de la plage mythique de la Gravière, idéale pour observer les marées, méditer au lever du jour ou s'adonner au surf. En toute saison, l'atmosphère y est apaisante, iodée et inspirante. Cet endroit est un sanctuaire naturel, ouvert sur l'extérieur et propice au lâcher-prise.
Avant son acquisition, Les Hortensias était déjà un hôtel, ce qui a facilité les démarches. La métamorphose entreprise par Frédéric et Guillaume a consisté à refaire intégralement la décoration de l'ensemble des bâtiments. Ils ont également créé un spa flambant neuf de plus de 450 m² à demi-enterré et un grand restaurant intégralement ouvert sur le lac.
La décoration a été réalisée en interne avec leur architecte Béryl Le Lasseur, les travaux ayant été conduits par l'agence de Patrick Arotcharen et l'agence 44 avril. Dès la réception, des planches de surf sont disposées sur des racks et offertes à la location, illustrant l'esprit décontracté du lieu, inspiré des grands surf hotels des Hamptons et de Californie. Les Hortensias déclinent ainsi un style balnéaire épuré, caractérisé par du bois clair, des matières naturelles, un design sobre et une lumière douce. Les 25 chambres et suites s'ouvrent sur le lac, les pins ou les dunes, invitant à vivre pieds nus, au rythme du soleil, entre paddle au petit matin et coucher de soleil sur la terrasse. Un art de vivre simple, esthétique et profondément ressourçant.
L'hôtel propose une expérience de plaisir dans un univers chic mais détendu. Le matin, les clients peuvent partir faire du surf ou du paddle sur les vagues de l'océan. L'après-midi, ils peuvent se détendre à la piscine face au lac marin, puis se faire masser ou se reposer dans un bain nordique. Le soir, ils découvrent la cuisine extraordinaire de Philippe Moreno.

Gastronomie et Bien-être aux Hortensias du Lac
Le restaurant des Hortensias, labellisé Relais & Châteaux, surplombe le lac et propose une cuisine iodée, locale et fraîche, signée par le chef Philippe Moreno. Passé par les cuisines de Gérald Passédat, Philippe Moreno et son équipe s'affairent à préparer de fabuleuses recettes gastronomiques qui évoluent au gré des saisons et mettent l'accent sur la fraîcheur et la qualité des produits. La simplicité parfaitement maîtrisée de sa cuisine sublime l'identité du terroir et de ses produits, offrant un luxe décomplexé.
Au midi, les saveurs des Landes et les grillades sont à l'honneur au Beach House. Le soir, le dîner se déroule face aux derniers reflets du jour, créant une ambiance magique. Les plats intègrent des produits frais, de saison et issus de producteurs locaux. Beaucoup de poissons proviennent de la criée de Capbreton, comme en témoignent les chipirons, un plat favori jugé « addictif ». Il est également possible de réserver un panier apéritif à savourer sur la plage au coucher du soleil, ou même de faire la connaissance du chef en l'accompagnant à la criée pour choisir le poisson du jour. De début avril à fin septembre, la Cabane des Estagnots ouvre ses portes à 2 km de l'hôtel, directement sur la plage. C'est le rendez-vous incontournable pour assister à un film ou un concert face aux magnifiques couchers de soleil qui enflamment chaque soir la côte landaise.

Paroles de chef : Philippe Colinet
L'immense spa de plus de 450 m², en partenariat avec la marque suédoise L:A Bruket, reconnue pour ses excellents cosmétiques naturels et bio, s'inspire du savoir-faire des pays scandinaves pour fournir une expérience de bien-être inédite. Il comprend un bain nordique extérieur, un sauna, un bain froid, un bain à remous, un hammam, une salle de repos et une tisanerie. Le plaisir est au rendez-vous à toute heure de la journée autour de la belle piscine à débordement. Pour assouvir toutes les envies sportives, l'hôtel loue également des paddles, des barques, des voiliers, des vélos et met à disposition une salle de fitness toute équipée avec des séances de yoga gratuites en été pour prolonger la relaxation.
Engagement Écoresponsable et Environnement Landais
Dans un endroit où la nature règne en maîtresse absolue, l'engagement écoresponsable des hôteliers est primordial. Aux Hortensias du Lac, une attention particulière est portée à la politique écoresponsable, tant dans la construction des hôtels que dans leur gestion opérationnelle. Les Landes sont un petit morceau de paradis entre lacs, pinèdes et océan, jouissant d'un environnement naturel exceptionnel. Il est bon d'y savourer les huîtres d'Hossegor dans un petit cabanon faisant face au lac, de se balader parmi les immenses étendues de pins maritimes, d'être tous les soirs témoin d'un merveilleux coucher de soleil sur les plages sauvages de l'Atlantique, ou de profiter d'un grand bain de nature dans une réserve naturelle aux faux airs d'Amazonie.
Hossegor, l'une des capitales européennes du surf, est également une ville tendance qui compte de nombreux artistes et artisans, ainsi qu'un grand nombre de restaurants et de boutiques. Seignosse, une jolie ville landaise imprégnée de nature, offre des forêts protégées et pas moins de 4 plages labellisées Pavillon Bleu qui s'étendent sur 6 km. Pour visiter les alentours, il est possible d'emprunter les 20 kilomètres de pistes cyclables ou d'explorer la voie verte qui relie Tosse à la plage du Penon, traversant de jolis paysages de dunes de sable. Les amateurs de sports nautiques seront enchantés par les nombreuses activités proposées à la plage, comme le surf, le paddle, le jet-ski ou même le rafting.
La réserve naturelle du Marais d'Orx, composée de plans d'eau et de marécages, est un lieu privilégié pour observer une grande variété d'oiseaux. Au départ de l'étang de Léon, des bateliers proposent une magnifique balade le long du Courant d'Huchet, surnommé l'Amazonie landaise.
Plus largement, la côte basque française, à mi-chemin entre les cultures françaises et espagnoles, est un territoire plein de personnalité et d'authenticité. Les maisons y sont typiquement basques, les tables toujours conviviales et les produits invariablement locaux. Le célèbre piment d'Espelette, qui relève les meilleures recettes, est omniprésent dans ce petit village où presque chaque maison est ornée de piments. Il est aisé de s'en procurer quelques cordes chez les producteurs locaux. Ainhoa, avec ses maisons traditionnelles joliment colorées, son histoire culturelle et la belle vallée qui l'entoure, fait partie des plus beaux villages de France, attirant randonneurs sur la route de Saint Jacques de Compostelle et vacanciers flânant dans ses rues pittoresques.
Bayonne, célèbre pour son délicieux jambon, est une ville qui respire la joie de vivre avec ses maisons aux volets colorés, ses rues animées, ses nombreux marchés et ses bars/restaurants en bord de fleuve. Biarritz est une station balnéaire où surfeurs et vacanciers se donnent rendez-vous dans une atmosphère à la fois chic et décontractée. La côte offre de superbes paysages à contempler depuis les nombreux sentiers pédestres ou cyclables. Le vieux port ou le marché sont idéaux pour déguster des tapas et profiter d'une ambiance locale. Le centre-ville compte des boutiques chics et sportives ainsi que des espaces culturels tels que le musée historique, l'aquarium ou l'église orthodoxe.

L'Hortensia : Une Plante Emblématique, de la Bretagne aux Jardins des Domaines de Fontenille
Le nom « Hortensias du Lac » n'est pas anodin et renvoie à une plante qui, au-delà de sa beauté ornementale, possède une histoire riche et une signification particulière, notamment en Bretagne.
L'Histoire de l'Hortensia en Europe et en Bretagne
La connaissance de l'hortensia en Europe et en France s'est développée progressivement grâce au Français Philibert Commerson (1727-1773), le premier botaniste à décrire la plante. Il la découvre lors d'une prospection sur l'île de la Réunion et prélève un échantillon dans « des jardins de Bourbon en avril & mai 1771 », pour le mettre en herbier. Cette plante avait été introduite du Japon par un Hollandais au cours du XVIIIe siècle.
Quant à l'introduction d'un pied vivant en Europe, la seule certitude est que Joseph Banks (1743-1820), directeur du futur jardin botanique royal de Kew, peut présenter début 1789 un hortensia en tant que plante vivante. En 1803, ce pied produira plus de 80 fleurs. Selon Louis Bosc, naturaliste français (1759-1828), les pieds qui arriveront en France sont d'origine anglaise.
En Bretagne, le premier enregistrement connu de l'existence de l'hortensia est celui du Jardin botanique de la marine à Brest. Antoine Laurent, responsable dudit jardin, dans son catalogue des plantes publié en 1809, indique qu'il possède comme plantes vivantes dans ses collections "Hortense et Hydrangée". Il s'agit donc de l'hortensia et sans doute Hydrangea arborescens originaire d'Amérique du Nord.
L'hortensia est rapidement sorti des institutions scientifiques et du microcosme des botanistes pour devenir une plante ornementale à caractère commercial pour les horticulteurs fleuristes. Initialement considéré comme gélif, l'hortensia n'était guère utilisé dans le jardin, du moins dans la Région parisienne. Il est devenu de « bon ton » pour une certaine société d'en posséder dans son orangerie ou d'en présenter en fleurs dans ses salons lors des réceptions. Ainsi, « Les élégantes du premier Empire se contentaient d'arroser un myrte ou de cueillir la fleur de l'oranger, jusqu'au moment où l'apparition de l'hortensia tournant toutes les têtes, vint donner le signal de l'engouement pour les ‘dons de Flore’, ainsi qu'on s'exprimait en 1810 ».
La question de l'origine et de la date d'entrée de l'hortensia au jardin botanique de Brest reste entière. La première diffusion de l'hortensia en Bretagne fut sans nul doute restreinte et liée à l'intérêt qu'une partie de l'aristocratie terrienne lui portait. Au début du XIXe siècle, la diffusion est restée peu importante, l'hortensia ornant les abords d'un certain nombre de châteaux et manoirs de la pointe finistérienne.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l'arrivée du chemin de fer et le développement des stations balnéaires sur les côtes bretonnes, occupées durant la saison estivale par une partie de la grande bourgeoisie des villes, vont modifier progressivement les paysages. Dans les jardins créés autour des villas, l'hortensia a trouvé sa place grâce en partie aux paysagistes parisiens qui venaient exercer leurs talents en Bretagne ou en Normandie. Non seulement ils citaient l'hortensia pour orner les jardins, mais le recommandaient pour agrémenter ceux proches du bord de mer. Le paysagiste français Édouard André, dans son ouvrage paru en 1879, cite l'hortensia « parmi les beaux arbres et arbustes dont j'ai relevé la nomenclature […] dans les jardins du littoral breton et des îles de la Manche ». Quelques décennies plus tard, divers autres paysagistes parisiens préconisaient l'hortensia pour les jardins des nouvelles villas qui s'implantaient sur la côte bretonne.
Cependant, la présence de l'hortensia dans les bourgs, villages et hameaux du centre Bretagne, loin des stations balnéaires, était encore très rare. La percolation vers l'habitat vernaculaire a été très lente et s'est faite surtout dans la seconde moitié du XXe siècle, après la Seconde Guerre mondiale. L'avantage de l'hortensia réside dans sa pérennité d'une année sur l'autre et dans sa facilité de multiplication par boutures au printemps, par marcottes ou rejets.
L'hortensia est resté pendant des décennies une plante de jardin, de bourgs et de villages avant une appropriation mentale essentiellement dans le dernier demi-siècle, portée par un courant touristique amplifié par des supports promotionnels, la photographie et la carte postale couleur. L'hortensia a alors changé de statut. Ce survol rapide montre toute la part d'ambiguïté portée par l'hortensia dans sa relation avec la Bretagne. L'hortensia est lié à la partie bâtie du parc et du jardin, comme accompagnement de la pierre - granite, schiste, gneiss, ardoise - qu'il révèle et réveille en mettant en valeur le côté austère des minéraux. L'hortensia semble avoir cette capacité de pleinement s'intégrer à l'essence même du territoire dans une forme de discrétion. L'inflorescence de forme naturelle en boule, formant une sphère, occupe un volume aux contours harmonieux, non agressifs, porteurs de douceur. Par leurs caractères complémentaires, plante et pierre, sont en harmonie. Avec des variations subtiles, la couleur des inflorescences ne capte pas toute l'attention, ne tue pas les autres taches colorées du bâti, mais en exacerbe les nuances, sans uniformiser la perception et donner une lecture unique à l'association pierre-hortensia.
Malgré cette forme d'harmonie, l'hortensia n'a jamais vraiment appartenu au monde des paysans, car il n'accompagne aucun des grands cycles agraires et des fêtes associées, ni celui du renouvellement des saisons, pas même celui de l'arrivée des estivants. L'hortensia est une image de la Bretagne, une image essentiellement touristique, parfois devenue obsolète. Si l'hortensia est ou fut l'un des symboles de la Bretagne ou d'une Bretagne, ce n'est pas pour autant une plante symbolique des Bretons, de la culture bretonne, de sa langue, porteuse de valeur, pour sa société actuelle ou future. Néanmoins, l'hortensia continuera de croître en terre bretonne car il a trouvé un climat et un sol qui lui sont encore favorables.
En 2016, l'Institut culturel de Bretagne a souhaité que la Bretagne soit représentée par une plante symbole. Après une consultation ouverte, l'ajonc a été plébiscité, mais la bruyère et l'hortensia sont arrivés juste derrière.

Le Circuit des Hortensias de Ploërmel
Unique en France, le Circuit des hortensias à Ploërmel offre aux visiteurs les plus beaux spécimens de la plante symbole de Bretagne. 5000 hydrangeas et 500 variétés agrémentent un parcours agréable qui longe le Lac au Duc et traverse des sous-bois. Le circuit des hortensias suit sa vocation : cultiver, conserver et faire découvrir au public cette plante venue d'Asie pour embellir la Bretagne. Au bord de l'eau, à l'ombre d'arbres centenaires, ces ombelles de dentelle, robes de mariée et autres inflorescences sont la haute couture de la botanique. Une exposition de photos en plein air est à découvrir toute l'année sur les bords du Lac au Duc.
L'initiative du Circuit des hortensias est née d'une rencontre en octobre 1997. Un reportage télévisé interpelle Guy Dacquait, adjoint au maire de Ploërmel. Au milieu de sa pépinière, Alain Dussine, pépiniériste de renommée internationale installé à Taupont, de l'autre côté du Lac au Duc, expliquait sa passion pour les hortensias. La rencontre fut créative. Quelques mois plus tard, le conseil municipal a décidé de créer une collection d'hortensias avec pour objectif le bien-être des Ploërmelais et la mise en valeur de la ville par la fleur symbole de Bretagne.
Les berges du Lac au Duc se sont avérées l'endroit idéal pour créer une promenade. Sur une boucle de 3 km, le sentier longe le lac et le golf. Le circuit des hortensias a été inauguré en août 2000. Aujourd'hui, 4900 hortensias de 510 variétés différentes agrémentent ce parcours en constante évolution. Le site est agréé par le Conservatoire National des Collections Végétales Spécialisées depuis novembre 2003. Fruit d'une rencontre entre une municipalité et un pépiniériste passionnés, le Circuit des hortensias est aujourd'hui une collection unique en Europe dans sa conception.
Pour compléter les connaissances sur les hortensias, à deux pas du circuit, se trouve à Taupont la pépinière Les Hortensias du Haut Bois. Il est possible de visiter librement serres, jardins aménagés et parcelles d'hortensias en plein champ. Les jardins de collection de la pépinière, situés en son cœur, permettent de découvrir les hydrangeas en situation, regroupés, situés, nommés et surtout conservés pour les générations à venir. Des balades commentées sont possibles.
Conseils pour la Culture des Hortensias
Les Hydrangea acceptent de nombreux types de terre différents. Ils sont généralement trouvés sauvages en sous-bois, dans un sol bien drainé riche en humus. Il faut se rappeler que souvent la couleur des fleurs dépend du pH de votre sol. Si vous avez un sol modérément acide ou modérément calcaire, vous pouvez ajuster le pH.
Terre
Si vous souhaitez obtenir du bleu/violet, vous devez incorporer une généreuse quantité de véritable terre de bruyère avant la plantation et penser à utiliser de l'eau de pluie, en évitant absolument l'eau de la ville. Le rose/rouge peut être obtenu en relevant le pH du sol en ajoutant de la cendre ou de la chaux en petites quantités régulièrement sur le système racinaire, en arrosant avec de l'eau de ville. Le changement de pH prend du temps et la couleur peut aussi changer sur des plantations récentes.
Il est important de noter que beaucoup de cultivars d'Hydrangea ont des couleurs stables et ne changeront pas, ou légèrement, si le pH est ajusté. Dans un sol très acide (moins de 5,5 de pH) ou très calcaire (plus de 7 de pH), il est presque impossible de modifier le pH de votre terre de manière suffisante pour changer la couleur d'un Hydrangea. Dans ce cas, vous pouvez choisir de les cultiver en conteneurs, où vous aurez un contrôle total du pH de la terre apportée, ou être satisfait de la couleur qui en résulte.
Fertilisation
Une bonne fertilisation pour vos Hydrangea n'assurera pas seulement plus de robustesse et une meilleure santé, mais aidera à intensifier la couleur. Pour un meilleur bleu/violet, appliquez un engrais à base de nitrate plutôt qu'à base d'ammoniaque avec un NPK de 25-5-30. De meilleurs bleu et violet peuvent être obtenus par un apport de sulfate d'alumine, disponible à la pépinière en sachets de 500 g. Évitez l'emploi de poudre d'os ou de corne broyée et de superphosphate à la plantation. Si ces étapes sont trop complexes, plantez-les simplement et appréciez-les tels qu'ils sont, vous ne serez pas déçu.
Eau
Arrosez-les régulièrement durant les deux premières années dans le jardin et ensuite pendant les périodes de sécheresse.
Lumière
Dans certaines zones géographiques au climat tempéré ou au sol toujours frais, il est possible de cultiver tous les Hydrangea en plein soleil. En climat plus chaud et sec, ils doivent être protégés du soleil de l'après-midi et des vents secs. Pour la majorité des espèces, une situation ombragée l'après-midi, sous des arbres ou au nord d'une maison, est excellente. Les Hydrangea paniculata apprécieront le soleil avec un sol frais, tandis que les Hydrangea quercifolia pousseront à n'importe quelle exposition dans un sol surtout bien drainé.
Taille
La taille est un concept délicat car toutes les espèces d'Hydrangea ne se taillent pas de la même manière. La taille pourra être effectuée juste après la floraison, mais pas plus tard que le début du printemps.
H. macrophylla et serrata : Ces espèces fleurissent principalement sur les nouvelles branches produites l'année précédente. Il est préférable de couper entièrement les vieilles branches qui ont déjà fleuri et de laisser les jeunes rameaux qui n'ont pas encore produit de fleurs. Si ces jeunes rameaux sont déjà très ramifiés, il est recommandé d'enlever quelques branches pour avoir moins de fleurs et par conséquent moins de poids pour éviter que la plante ne s'écroule. Coupez les fleurs fanées juste au-dessus des deux premiers bourgeons face à face les plus hauts sur la branche. Après le démarrage de la végétation, taillez le bois mort. Puisqu'il n'est pas possible de tailler un Hydrangea macrophylla ou un serrata pour le garder plus petit, la seule solution est de choisir le cultivar en fonction de sa hauteur adulte ou de son volume.
H. paniculata et arborescens : Ces deux espèces fleurissent sur le bois de l'année, ce qui rend possible une taille sévère en ayant toujours des fleurs l'été suivant. Durant les premières années, enlevez seulement les têtes de fleurs, juste au-dessus des bourgeons les plus forts. Lorsque les plantes grandiront, réduisez leur taille si nécessaire. Pour les Hydrangea paniculata, une taille de moitié tous les trois ans permet de les garder bien fournis avec de grandes hampes florales.
H. quercifolia : Ces Hydrangea fleurissent sur le bois de l'année précédente. Taillez seulement les fleurs fanées et le bois mort. Les cultivars 'Harmony' et 'Snowflake' ont des fleurs si lourdes que les cinq premières années, les fleurs traînent au sol. Pour éviter cela, il est recommandé de couper les fleurs dès leur apparition les deux premières années pour fortifier les branches.
H. aspera et involucrata : Taillez-les court le premier hiver après leur plantation. Bien qu'ils ne fleuriront pas l'été suivant, de nombreuses branches se formeront au niveau du sol, donnant une plante plus fournie et un sujet bien plus beau.
H. anomala, seemannii, serratifolia, Schizophragma, Decumaria, Pileostegia : Les Hydrangea grimpants et leurs proches sont auto-cramponnants et n'ont généralement pas besoin d'être taillés, à part leurs fleurs fanées. Coupez les fleurs fanées juste au-dessus des deux premiers bourgeons face à face les plus hauts sur la branche.
Fleurs séchées
Coupez les fleurs au pic de leur floraison, quand elles commencent à faner. Suspendez-les tête en bas dans un endroit frais mais sec, sans lumière. Elles seront un superbe complément à vos compositions de fleurs séchées et décorations hivernales. Même totalement fanées, vous pourrez appliquer de la peinture en bombe pour un meilleur effet.
Culture en pot
Dans des conditions climatiques difficiles ou un sol très ingrat (inondation, calcaire, etc.), il est possible de cultiver en pot un très grand choix d'espèces et de cultivars d'Hydrangea. En prenant soin de bien choisir le terreau et son pH, vous obtiendrez la couleur de fleur de votre choix. Choisissez un pot plus large que haut pour la stabilité et parce que le système racinaire des Hydrangea est horizontal. Déplacez les pots sous un porche, un garage ou une véranda durant l'hiver pour les protéger du gel seulement durant les températures les plus froides. La fertilisation et l'arrosage sont identiques à la culture en pleine terre mais à une fréquence plus élevée. Pensez à ne pas remplir le pot à ras bord afin d'apporter du fumier (Or Brun®) ou de l'engrais à libération lente. L'emploi d'une soucoupe sous le pot est aussi bienvenu pour éviter une perte d'eau mais aussi pour ne pas tacher par exemple une terrasse si l'on emploie de l'Or Brun®.
Pourquoi les hortensias changent-ils de couleurs ?
Les hortensias changent de couleurs par réaction chimique. Dans un sol acide (<6 pH) contenant des éléments minéraux (fer, aluminium, etc.), les fleurs deviennent bleues ou violettes. Dans un sol neutre (>6 mais <7 de pH), elles deviennent roses ou rouges. Les fleurs mauves, ou roses et bleues sur le même pied, apparaissent dans une terre avec un pH proche de 6. Dans ce cas, il est particulièrement facile de baisser le pH pour les bleuir en leur apportant du sulfate d'alumine ou de les rosir en augmentant le pH par un complément de cendre ou de chaux. Il n'existe pas de cultivar d'Hydrangea qui ne change pas de couleur, à part les blancs qui généralement se teintent parfois de bleu ou de rose.
La seule chose qui ne change que très peu est l'intensité de la couleur. Lorsque vous choisirez un Hydrangea, ne prêtez pas attention à sa couleur mais plutôt à son intensité. Il faut se demander si l'on souhaite un cultivar avec des fleurs de couleurs claires, vives, foncées ou très foncées. Ce qui donne dans un sol acide du bleu clair, bleu vif, bleu marine ou violet, et dans un sol neutre du rose clair, rose vif, rose foncé ou rouge. Il importe peu de choisir la couleur que l'on préfère, il est beaucoup plus important de prêter attention à la terre de plantation, au terreau qu'il convient d'ajouter et à l'eau employée pour s'assurer de la couleur désirée.
