Phénomène de la bise et dynamiques de lisière : influences climatiques et écologiques

La bise, vent froid et sec venant du nord-est, balaie le Plateau suisse, provoquant des maux de tête et d'autres troubles physiques chez beaucoup de personnes. Ce que la plupart des gens ignorent, c’est que ce vent particulier n’existe qu’en Suisse. La Suisse aussi a son propre vent: la bise. Normalement, en Suisse, le vent souffle de l’ouest. Pour que la bise puisse se former, il faut une zone de haute pression au-dessus de la partie nord de l’Europe centrale ou septentrionale et une zone de basse pression au-dessus de la Méditerranée. Une bise peut survenir à n’importe quel moment de l’année.

Schéma de formation de la bise en Suisse avec zones de haute et basse pression

Si nous observons d’un peu plus près le Plateau suisse du côté nord des Alpes, entre la chaîne du Jura et les Alpes, nous constatons qu’il se rétrécit de plus en plus vers l’ouest en direction du lac Léman. «Ce qui est particulier, c’est que la bise utilise idéalement le ‘canal’ entre le Jura et les Alpes et ne peut pas se déplacer vers le nord ou le sud, précise Sabine Balmer. La bise, qui pénètre en Suisse par le lac de Constance, peut finalement atteindre des vitesses de 100 km/h ou plus dans la région autour du lac Léman. La bise peut provoquer de grosses vagues sur le lac Léman.

Impacts structurels et météorologiques de la bise

Sur les routes, la bise peut entraîner des interruptions de trafic en raison de la chute d’arbres et de branches. Dans le trafic ferroviaire, les caténaires peuvent être endommagées et provoquer des retards. De plus, les petits lacs peuvent geler plus rapidement. Si la bise frappe en hiver, elle peut entraîner une vague de froid, ce qui peut perturber particulièrement les transports et le secteur de l’énergie. La dernière a été enregistrée en février 2012. Des températures extrêmement négatives ont également été mesurées en 1986 et 1963. Mais la vague de froid de février 1956, également provoquée par la bise, a été encore plus extrême : «La température moyenne mensuelle de ce mois de février exceptionnel était de -9 degrés.

Le phénomène de la bise s'étend au-delà de la Suisse. Par exemple, pendant plusieurs jours et notamment dans la nuit du lundi 11 mai au mardi 12 mai, le vent a soufflé très fort dans le Perche (Orne), jusqu’à 100 km/h. Un phénomène que l’on appelle la « bise », vent caractéristique de secteur nord à nord-est. En témoigne la chute de plusieurs arbres sur des lignes électriques. Dans la forêt de Bellême ou chez les particuliers, les arbres sont également tombés en nombre. « Dans notre langage, on appelle cela un chablis », décrit Luc Souchet, responsable territorial des forêts. L’hiver a été particulièrement venteux et a occasionné la chute de 800m² de bois depuis le début de l’année.

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L’effet de bordure : interactions aux confins des écosystèmes

En écologie, l'effet de bordure, ou effet-lisière, est un phénomène qui intervient lorsque deux habitats naturels très différents se côtoient dans un écosystème. On qualifie généralement les effets de bordures comme les changements physiques et biologiques des conditions d’un écosystème frontière ou d’écosystèmes adjacents. Les effets abiotiques sont principalement liés à l’évolution de variables physiques telles que les rayonnements, l’humidité, la température, la vitesse du vent ou les nutriments du sol. Les effets biotiques se réfèrent eux à des variables biologiques telles que la composition spécifique (faune et flore), la prédation, le parasitisme.

L’effet de bordure peut impacter l’écosystème sur une profondeur variable suivant les paramètres : de plusieurs dizaines de mètres concernant la modification de l’humidité du sol, à plusieurs kilomètres concernant des paramètres biologiques comme le recrutement. Plusieurs paramètres sont susceptibles de renforcer la présence et l’ampleur de l’effet de bordure. C’est le cas notamment de la vitesse du vent, de la température ou encore de la présence d’espèces exotiques et envahissantes. L’effet-bordure est souvent utilisé pour faire référence aux limites créées entre un environnement naturel et un autre créé artificiellement par l’homme, tel que le défrichement des forêts. Les effets de bord créent une fragmentation de l’habitat.

Illustration graphique illustrant l'effet de bordure entre une forêt et une zone agricole

Dynamiques forestières et pressions environnementales

La forêt d’Eu, en Normandie, illustre bien la richesse de ces écosystèmes. La richesse de sa faune et de sa flore ont contribué à lier son histoire à celle des hommes. Au sein de cet écosystème sauvage, chaque bosquet, chaque arbre, est la promesse d’une découverte. Il suffit de marcher, et d’ouvrir les yeux. Le « Quesne à Leu », ou chêne au loup, aura vaillamment fait face aux intempéries et aux loups pendant plus de 300 ans, avant de s’écrouler. Son tronc creux héberge désormais ronces, fougères, rongeurs et insectes, prouvant ainsi qu’on peut avoir été, être, et devenir.

Cependant, ces espaces subissent des pressions humaines et climatiques. À Basse-Goulaine, dans la banlieue de Nantes, une vingtaine d'arbres ont été abattus sur une parcelle privée en bordure de route. En Moselle, dans le Jura ou encore dans l'Hérault, la presse locale se fait souvent l'écho de vols de bois dans les forêts. Il ne s'agit pas seulement de bois de chauffage, mais bien de vol de grumes. Ces coupes sauvages ont un impact désastreux sur la faune et la flore locale. La coupe est brutale et définitive, le propriétaire n'aura plus les moyens de reconstruire une forêt derrière, cela coûte très cher. À cela, s'ajoute le préjudice moral de perdre une forêt transmise de génération en génération.

Équilibre et biodiversité en zone de transition

L’effet de bordure est généralement considéré comme ayant un impact négatif sur l’écosystème, toutefois il n’est pas nécessairement préjudiciable pour toutes les espèces, en particulier lorsqu’il y a un faible contraste entre la structure des deux écosystèmes adjacents. Le phénomène de plus grande variété de plantes et d'animaux d'une communauté située à la jonction de deux communautés biologiques, l'écotone, est également appelé effet de bordure et est principalement dû à un plus grand nombre de conditions environnementales ou de niches écologiques au niveau local.

Eugene P. Odum, professeur d'écologie, écrivait en 1971 : « C'est un effet de bordure qui tend à accroître la variété et la diversité lorsque deux communautés sont citées. » En plus des effets négatifs, des effets de bordure positifs ont déjà été prouvés : il peut y avoir une accumulation d'habitats adjacents avec des espèces. En raison de l'effet de frontière, un échange d'espèces animé aurait lieu ici. Les bordures de champ font également disparaître des zones dans lesquelles de nombreuses espèces animales recherchent une protection en cas de perturbation du fait de la culture de plein champ ou de la gestion des pâturages dans les zones adjacentes.

La conservation vise à contrer les effets de frontière en créant des zones tampons. Dans le réseau de biotopes, ils doivent être pris en compte pour évaluer l'efficacité des îlots et des corridors de biotope. Des recherches menées en Nouvelle-Zélande ont montré que, même avec de petits Coléoptères, il y avait des effets détectables sur la faune à un kilomètre de la frontière d'une zone protégée. Des effets plus importants sont naturellement attendus chez les espèces qui dépassent régulièrement les limites de la zone protégée, par exemple les carnivores. Il est donc crucial de comprendre ces mécanismes pour protéger au mieux la biodiversité face aux variations climatiques comme celles induites par la bise ou par l’action humaine.

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