Le Massif central, s’étendant sur un territoire vaste de 85 000 km² de moyenne montagne, occupe le centre de la moitié sud de la France. Il constitue le plus grand massif métropolitain. Après des centaines de millions d’années d’érosion, son socle de roches cristallines forme une terre où l’agriculture est peu rentable, à la faveur du pâturage. Dans ce contexte, l’agriculture est orientée vers la production herbagère, incluant notamment la production de broutards, la production ovine laitière et la production d’agneaux.

Origines et expansion de la race Blanche du Massif Central
La Blanche du Massif Central (BMC) peut être considérée comme un rameau d’une vaste population de moutons dits « Caussenards », peuplant les Causses, régions sèches au sol caillouteux et pauvre, qui bordent le Massif central du Sud-Ouest au Sud. Originaire du massif de la Margeride, on la connaît tout d’abord sous le nom de Blanche de Lozère.
À partir de son berceau lozérien, la race s’est développée au cours du XXe siècle dans le Cantal et la Haute-Loire, pour ensuite s’étendre en Ardèche, dans le Gard, le Lot, le Puy-de-Dôme, l’Hérault et la Drôme. Cette expansion s'est faite soit par diffusion de femelles, soit par utilisation de béliers pour absorber certains troupeaux ou populations locales.
Face au déclin de la filière ovine dans les années 1970, dû à la diminution générale des élevages sur le sol français à la suite du passage d’exploitations familiales à des exploitations spécialisées, des éleveurs lozériens créent en 1967 l'Association des Éleveurs de la race ovine Blanche du Massif Central. Le but est de mettre en place un livre zootechnique, et le nom de Blanche du Massif Central est officialisé en 1975. Aujourd’hui présente sur l’ensemble du Massif central, la population BMC est avant tout concentrée sur son berceau, à savoir l’Auvergne et Languedoc-Roussillon (73 % de la population). La population totale est estimée à 359 000 brebis, ce qui en fait la première race ovine allaitante française.
Caractéristiques morphologiques et rusticité
La Blanche du Massif Central présente une tête fine blanche, plutôt longue et dépourvue de cornes. Ses muqueuses sont claires ; ses oreilles sont longues, portées et un peu tombantes. La toison est blanche, laissant à découvert la tête, le dessous du cou et le ventre, et s’arrêtant au-dessus du genou et du jarret. Ses mèches sont tassées et en carapace. Les brebis adultes pèsent en moyenne de 60 à 80 kg et les mâles de 90 à 140 kg.
La race se caractérise par sa rusticité et son aptitude à la marche dans les zones de parcours. La BMC, race robuste, s’adapte parfaitement aux conduites d’élevages en milieu difficile, qui vont du quasi plein air des régions arides et sèches du sud du Massif central, aux conduites en bergerie en zones plus continentales et montagnardes de l’Auvergne. Généralement, les animaux restent à l’abri pendant les heures chaudes des journées estivales ou pendant toute la saison hivernale.
Dynamique de reproduction et conduite d’élevage
La taille des troupeaux est importante, avec environ 400 brebis. Les périodes et rythmes d’agnelages sont variables : les troupeaux sont majoritairement conduits sur un agnelage d’automne ou de printemps. Une part significative des exploitations met en place un système de reproduction accéléré. L’accélération du rythme d’agnelage dans de nombreux troupeaux se traduit par 17 % de bre